China's President Xi Jinping, left, and Canada's Prime Minister Justin Trudeau, right, attend the session 3 on women's workforce participation, future of work, and aging societies at the G-20 Summit in Osaka Saturday, June 29, 2019 (

Impasse Canada/Chine sur le sort des détenus canadiens

OSAKA, Japon — Justin Trudeau s’est abstenu de jouer cartes sur table, samedi, à l’issue du sommet du G20 à Osaka, au Japon. Le premier ministre a reconnu que l’impasse persiste dans les relations avec la Chine, sans fournir plus de détails sur les efforts visant à faire libérer les deux Canadiens piégés au coeur de ce conflit.

Les arrestations de Michael Kovrig et de Michael Spavor - considérés comme des victimes collatérales des tensions entre les États-Unis et la Chine - ont été soulevées lors de discussions avec le président chinois en marge du sommet, selon ce qu’a indiqué Justin Trudeau avant de s’envoler vers Ottawa.

Lors de sa conférence de presse de clôture, M. Trudeau ne s’est pas avancé davantage sur cette «période difficile» que traversent le Canada et la Chine, insistant sur l’importance pour lui de s’entretenir directement avec le président Xi Jinping.

Aucune rencontre formelle n’a eu lieu entre les deux dirigeants pendant le sommet, mais le cabinet du premier ministre assure qu’ils ont eu des «interactions constructives».

Une des stratégies du Canada était d’aller chercher l’appui d’autres pays du G20 pour faire libérer Michael Kovrig et Michael Spavor. Le cabinet du premier ministre dit avoir reçu un «large» soutien de ses alliés européens.

L’engagement du président américain Donald Trump à soulever cette question lors d’une rencontre hautement anticipée avec son homologue chinois représentait toutefois la première véritable lueur d’espoir pour les deux Canadiens détenus.

En conférence de presse au terme du sommet, Donald Trump n’a toutefois fait aucune mention de cette affaire.

Il a précisé que le président chinois et lui n’ont pas parlé de l’arrestation de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, le 1er décembre dernier, à Vancouver, en vertu d’un mandat d’extradition américain - l’événement à l’origine de la querelle diplomatique entre Ottawa et Pékin.

Si le nom de Mme Meng n’a pas été prononcé lors de leur tête-à-tête, il aurait toutefois été question de Huawei, selon les dires du président Trump.

Une opportunité ratée

Le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, a reproché à Justin Trudeau d’avoir raté une «opportunité idéale» de montrer au gouvernement chinois qu’il y a des conséquences à ses actes.

«Aujourd’hui, je le demande à nouveau, et j’exhorte une nouvelle fois Justin Trudeau à répondre avec vigueur aux transgressions de la Chine et à faire passer le message suivant : le Canada ne se laissera pas marcher sur les pieds», a-t-il écrit sur sa page Facebook samedi.

«Tant et aussi longtemps que le gouvernement chinois retiendra nos exportations et nos citoyens en otage et qu’il continuera d’enfreindre les droits de l’homme, nous n’avons pas d’autre choix que de contre-attaquer», a-t-il fait valoir.

Pour cette contre-attaque, le chef conservateur suggère une série de mesures commerciales, telles qu’un resserrement des inspections des importations chinoises et des représailles tarifaires.