Du point de vue de l’opposition hongkongaise militant pour la démocratie, de plusieurs pays occidentaux dont les États-Unis, du G7 ou de l’Union européenne, cette loi est au contraire une attaque contre l’autonomie et les libertés locales.
Du point de vue de l’opposition hongkongaise militant pour la démocratie, de plusieurs pays occidentaux dont les États-Unis, du G7 ou de l’Union européenne, cette loi est au contraire une attaque contre l’autonomie et les libertés locales.

Hong Kong : la Chine réplique aux USA avec des restrictions de visas

PÉKIN — L’escalade Pékin-Washington autour de Hong Kong continue : la Chine a annoncé lundi des restrictions de visas contre les Américains «s’étant mal comportés» en critiquant une loi controversée sur la sécurité nationale dans ce territoire autonome.

Il s’agit d’une mesure de rétorsion. Le gouvernement du président Donald Trump avait décidé de prendre des mesures similaires la semaine dernière contre des responsables chinois accusés de vouloir avec ce texte museler l’opposition pro-démocratie hongkongaise.

Hong Kong, une ex-colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997, a été secoué en 2019 par des manifestations monstres. Elles avaient principalement pour objet de dénoncer l’influence du gouvernement central, dirigé par le Parti communiste chinois (PCC).

Échaudé par ces événements, Pékin veut imposer depuis mai cette loi sur la sécurité nationale en contournant le Conseil législatif local. Elle fait craindre à l’opposition hongkongaise un recul sans précédent des libertés dans cette région de 7,5 millions d’habitants.

Le texte, actuellement en discussion au parlement national, pourrait être voté dans les prochaines heures. L’objectif est notamment de lutter contre le séparatisme, le terrorisme, la subversion et la collusion avec des forces étrangères.

Pour le gouvernement central, il s’agit de mettre fin aux violences ayant émaillé les manifestations de l’an passé dans ce territoire autonome, ainsi que d’y réprimer le courant en faveur de l’indépendance, la ligne rouge absolument infranchissable pour le pouvoir.

Du point de vue de l’opposition hongkongaise militant pour la démocratie, de plusieurs pays occidentaux dont les États-Unis, du G7 ou de l’Union européenne, cette loi est au contraire une attaque contre l’autonomie et les libertés locales.

«Jamais»

Anticipant l’adoption de ce texte auquel ils sont opposés, les Américains avaient annoncé dès vendredi des restrictions de visas à l’encontre de fonctionnaires chinois «considérés responsables, ou complices, de la remise en cause du haut niveau d’autonomie» de Hong Kong.

Donald Trump «a promis de punir les responsables du Parti communiste chinois à l’origine du démantèlement des libertés de Hong Kong», avait martelé le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo.

«Les États-Unis ne parviendront jamais à entraver les efforts de la Chine pour faire progresser la législation hongkongaise en matière de sécurité nationale», a réagi lundi Zhao Lijian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

«En réponse aux (mesures annoncées par les) États-Unis, la Chine a décidé d’imposer des restrictions de visas aux ressortissants américains s’étant mal comportés vis-à-vis des questions relatives à Hong Kong», a-t-il annoncé au cours d’un point presse régulier.

Liberté d’expression

Depuis la rétrocession, Hong Kong jouit en vertu du principe «Un pays, deux systèmes» d’une large autonomie par rapport à la Chine continentale dirigée par le PCC.

Ses habitants bénéficient notamment de la liberté d’expression, de la liberté de la presse, d’une justice indépendante et d’un système capitaliste qui a fait son succès.

Mais la «région administrative spéciale» est dirigée par un exécutif dont les membres sont systématiquement inféodés à Pékin, aux termes d’un processus de sélection qui écarte les personnalités militant pour davantage de droits.

L’actuelle cheffe de l’exécutif, la Hongkongaise Carrie Lam, est ainsi dénoncée par ses adversaires comme une marionnette du gouvernement central.