Le président Trump devait trouver un remplaçant au directeur de la CIA, Mike Pompeo, devenu le nouveau secrétaire d’État, remplaçant Rex Tillerson.

Gina Haspel devient la première femme à diriger la CIA

«Nous l’avons fait!»: Gina Haspel a prêté serment lundi, en présence de Donald Trump, devenant à 61 ans la première femme à diriger la CIA, où elle a passé plus de 30 ans.

Évoquant «l’énorme fierté» que représente le fait d’être la première femme à la tête de l’agence de renseignement américaine, Mme Haspel a loué le «courage» de générations de femmes avant elle qui ont «combattu les stéréotypes» et «ouvert des portes».

«Je suis à ici grâce à ces héroïnes qui n’ont jamais recherché la gloire mais ont été une source d’inspiration», a-t-elle dit. «Nous l’avons fait!», a-t-elle ajouté à l’attention de deux jeunes filles de 6 et 7 ans présentes dans l’assistante qui lui avaient adressé un mot d’encouragement.

Dans son allocution lors d’une cérémonie au siège de l’agence de renseignement, M. Trump a brièvement souligné «l’étape» que représentait l’accession d’une femme à la tête de la CIA.

Confirmée par le Sénat américain malgré son rôle controversé dans des programmes de torture après les attentats du 11-Septembre, Mme Haspel succède  à Mike Pompeo nommé secrétaire d’Etat.

Sa candidature avait créé la polémique car elle a dirigé pendant au moins une partie de l’année 2002 une prison secrète de la CIA en Thaïlande, où les détenus suspectés d’appartenir à Al-Qaïda étaient fréquemment torturés. Ils ont subi des simulacres de noyade («waterboarding»), une technique illégale selon le code militaire mais qui figurait parmi celles autorisées par le président George W. Bush après les attentats du 11-Septembre.

Trump accuse la CIA d’Obama

Le président américain Donald Trump a relancé lundi ses attaques contre l’enquête russe du procureur spécial Robert Mueller en accusant la CIA sous l’administration Obama d’avoir voulu commettre un «assassinat politique» en infiltrant son équipe de campagne.

«C’était un assassinat politique, pas une enquête du renseignement», a-t-il écrit sur Twitter en reprenant les accusations d’un commentateur de Fox News, Dan Bongino. Ce dernier accusait directement John Brennan, patron de la CIA sous l’administration Obama et fervent opposant à M. Trump, d’être à l’origine de l’enquête sur une éventuelle collusion entre l’équipe du candidat républicain et la Russie pour l’aider à gagner l’élection présidentielle de 2016.

La semaine dernière, la presse a révélé qu’un informateur de la CIA basé en Grande-Bretagne avait rencontré des membres de l’équipe du candidat Trump. Cet informateur travaillait dans le cadre de l’enquête ouverte à l’été 2016 par le FBI.

Donald Trump a demandé dimanche l’ouverture d’une enquête par le ministère de la Justice sur cette affaire, dénonçant une surveillance menée «pour des raisons politiques».

«Si quelqu’un a infiltré ou surveillé des participants à une campagne électorale pour de mauvais objectifs, nous devons le savoir et répondre de la bonne façon», a affirmé dimanche soir dans un communiqué le ministre-adjoint de la Justice, Rod Rosenstein.

Cette contre-enquête, qui sera menée par l’inspecteur général du ministère, devra notamment «déterminer s’il y a eu des irrégularités ou une motivation politique dans l’enquête [des services du renseignement] du FBI sur les personnes suspectées de s’être impliquées avec des agents russes qui ont interféré dans l’élection», a précisé dans un communiqué séparé la porte-parole du ministère, Sarah Isgur Flores.

Donald Trump, qui dénonce inlassablement l’enquête russe comme une «chasse aux sorcières», est déterminé à prouver que des éléments au sein du pouvoir judiciaire veulent miner sa présidence.

Affaiblir l’enquête

Un an après son ouverture, le 17 mai 2017, l’enquête du procureur spécial touche le premier cercle du milliardaire. De nombreux proches et collaborateurs ont été interrogés, et quatre ont été inculpés pour des délits financiers ou autres. Mais jusqu’ici, aucune preuve concrète d’une collaboration entre l’équipe de M. Trump et le gouvernement russe n’a été rendue publique.

Le camp du président tente désormais d’affaiblir l’enquête en dénonçant des motivations politiques de la part des démocrates dont le but serait d’engager une procédure de destitution contre lui.

Les républicains veulent utiliser cet argument pour glaner des voix lors des prochaines élections parlementaires en novembre, alors qu’une majorité de l’électorat se dit opposée à cette procédure.

Selon le New York Times, l’avocat de Donald Trump, Rudy Giuliani, a fait le parallèle entre l’enquête russe et une enquête sur les courriels d’Hillary Clinton, rouverte par le FBI quelques semaines avant le scrutin et qui lui aurait coûté la victoire selon elle.

M. Giuliani a indiqué dimanche que le procureur Mueller souhaitait conclure son enquête d’ici au 1er septembre, afin de ne pas interférer avec le scrutin de mi-mandat. Mais ce délai est subordonné à la condition que le procureur spécial interroge le président à la mi-juillet.

M. Trump s’est dit prêt à répondre aux questions des enquêteurs. Ses proches tentent pourtant de l’en dissuader, craignant que son caractère tempétueux le desserve.

Dans un autre volet de l’affaire, le New York Times a indiqué dimanche que le fils aîné de M. Trump, Donald Jr, aurait rencontré en 2016 un consultant israélien et un émissaire de dirigeants du Golfe, qui lui auraient proposé leur aide pour la campagne.

Le président a réfuté les informations du quotidien.

Un autre proche conseiller de M. Trump, Roger Stone, a aussi indiqué dimanche à NBC News qu’il s’attendait à être inculpé dans le cadre de l’enquête russe.

«Il semble que ce soit un effort pour réduire au silence et punir les soutiens du président», a-t-il dit, fustigeant des enquêteurs «qui tentent d’inventer un crime concernant mes affaires».