Le dernier sondage New York Times/Siena College sur l'Iowa rendu public samedi a donné le sourire à Bernie Sanders et son équipe. Le sénateur du Vermont, battu en 2016 par Hillary Clinton à l'issue d'une primaire acharnée, est en tête avec 25 %, contre 18 % à Pete Buttigieg, 17 % à Joe Biden et 15 % à Elizabeth Warren.
Le dernier sondage New York Times/Siena College sur l'Iowa rendu public samedi a donné le sourire à Bernie Sanders et son équipe. Le sénateur du Vermont, battu en 2016 par Hillary Clinton à l'issue d'une primaire acharnée, est en tête avec 25 %, contre 18 % à Pete Buttigieg, 17 % à Joe Biden et 15 % à Elizabeth Warren.

Fuir Washington, retrouver l'Iowa: les candidats démocrates veulent en découdre

AFP
Agence France-Presse
CEDAR RAPIDS, Iowa — Scotchés sur les bancs du Sénat depuis le début de la semaine pour le procès en destitution de Donald Trump, ils ont retrouvé l'Iowa, quelque 1500 kilomètres plus à l'ouest, avec un plaisir évident.

Les sénateurs Bernie Sanders, 78 ans, et Elizabeth Warren, 70 ans, qui rêvent de porter les couleurs démocrates lors de la présidentielle américaine du 3 novembre, entendent rattraper le temps perdu.

Pendant qu'ils écoutaient —en silence et privés de leur téléphone portable— les réquisitoires et plaidoiries d'un procès acrimonieux, leurs principaux rivaux, Joe Biden et Pete Buttigieg, qui ne siègent pas au Congrès, sillonnaient l'Iowa à leur guise à l'approche du rendez-vous du 3 février.

Cet État rural occupe une place à part dans le théâtre politique américain : premier rendez-vous dans la course pour l'investiture démocrate, il donne le ton pour la suite. Un bon résultat et la dynamique peuvent s'enclencher. Un revers et l'aventure peut s'arrêter net.

«Je suis ravi d'être ici ce soir!» : depuis Ames, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Des Moines, capitale de l'État, Bernie Sanders n'a pas caché sa joie samedi soir, rappelant que son «devoir constitutionnel» l'avait retenu à Washington.

«Nous avons eu de la chance que les débats aient été ajournés en milieu de journée», a-t-il ajouté amusé, promettant de revenir «aussi souvent que possible» dans les neuf jours à venir.

Saluant la présence de l'un de ses soutiens les plus médiatiques, le jeune élue du Congrès Alexandria Ocasio-Cortez, il a tracé la carte d'un cercle vertueux de victoires.

«Si nous gagnons ici dans l'Iowa, nous avons une très bonne chance de l'emporter dans le New Hampshire. Je pense que nous serons vainqueurs dans le Nevada, et en Californie. Et je suis convaincu que nous l'emporterons dans nombre d'autres États et décrocherons la nomination démocrate!».

Bons sondages pour «Bernie»

Le dernier sondage New York Times/Siena College sur l'Iowa rendu public samedi a donné le sourire à son équipe. Le sénateur du Vermont, battu en 2016 par Hillary Clinton à l'issue d'une primaire acharnée, est en tête avec 25 %, contre 18 % à Pete Buttigieg, 17 % à Joe Biden et 15 % à Elizabeth Warren.

Mais les chiffres varient d'un institut à l'autre, et personne ne se hasarde à faire des pronostics.

D'autant que les candidats sont départagés d'une façon singulière lors de «caucus», soirées électorales au cours desquelles les électeurs se rangent physiquement d'un côté ou l'autre de la salle pour désigner leur candidat.

Elizabeth Warren a reçu un coup de pouce bienvenu —mais à la portée réelle incertaine— avec le soutien du Des Moines Register, plus grand quotidien de l'Etat.

«La compétence de Warren, son respect pour les autres et son statut de première femme à la Maison-Blanche offrirait une réponse adaptée à l'ignorance, au sexisme et à la xénophobie de la présidence Trump», a écrit le journal.

En réponse, l'ancienne professeure de droit à Harvard a promis de «se battre de tout son cœur dans l'Iowa et à travers le pays».

Pete Buttigieg, 38 ans, qui apporte «un optimisme rafraîchissant» sur la campagne, selon les termes du DesMoines Register, est lui omniprésent.

«Nous avons tout ce qu'il faut pour surprendre beaucoup de monde», a lancé dimanche soir l'ancien maire de South Bend (Indiana) qui espère suivre les traces de Barack Obama dont la victoire dans cet État en 2008 l'avait placé sur la rampe de lancement pour la Maison-Blanche.

Il a profité d'un débat avec des électeurs organisé par Fox News pour marteler sa conviction qu'il était le mieux placé pour grappiller de précieuses voix républicaines dans les États-clés face à Donald Trump.

«Je suis candidat pour être le président de tous les Américains, y compris ceux qui regardent Fox News», a-t-il tweeté juste avant de monter sur scène.

Le milliardaire républicain observe, lui, le combat démocrate depuis la Maison-Blanche. Et tente, comme en 2016, d'alimenter les divisions à coups de tweets à double tranchant concernant Bernie Sanders.

«Bernie-le-cinglé prend la tête dans les primaires démocrates, mais il est de plus en plus clair que les démocrates ne le laisseront jamais gagner!» a-t-il lancé vendredi sur son réseau social préféré.