Avec son mari Bruce Mann, la sénatrice Elizabeth Warren a rencontré les médias jeudi devant chez elle.

Elizabeth Warren abandonne la course  à l’investiture démocrate

CAMBRIDGE — Elle était la dernière femme pouvant encore peser dans la course à l’investiture démocrate. La sénatrice Elizabeth Warren a décidé d’abandonner la course à la Maison-Blanche après une série de défaites cuisantes dans les premières étapes des primaires, confirmant le grand duel entre Bernie Sanders et Joe Biden.

«Je ne me présenterai pas à la présidence en 2020», a-t-elle déclaré devant la presse dans le même décor que lors de son lancement dans la course, devant sa maison du Massachusetts, entourée de son mari et de son chien, Bailey.

Elizabeth Warren a indiqué qu’elle n’était pas prête à déclarer «aujourd’hui» son possible ralliement à Bernie Sanders, avec lequel elle partage beaucoup d’idées marquées très à gauche, ou à l’ex-président modéré Joe Biden, qui a récupéré sa position de favori ces derniers jours.

M. Sanders, qui se revendique «socialiste», a applaudi la «campagne extraordinaire des idées» menées par la candidate notamment sur le front de l’écologie, la dette étudiante, la couverture médicale universelle et la protection des droits des femmes.

«Sans elle, le mouvement progressiste ne serait certainement pas aussi puissant qu’il l’est aujourd’hui», a-t-il assuré sur Twitter.

Le soutien de cette ancienne professeure en droit, pourfendeuse de Wall Street, qui dispose d’un grand réseau de volontaires très motivés, est désormais très courtisé.

À 70 ans, Mme Warren avait grimpé jusqu’au sommet des sondages à l’automne avant de retomber.

Elle n’a pas réussi à arriver en tête dans une seule de la vingtaine de primaires démocrates organisées à ce jour, essuyant des défaites particulièrement humiliantes dans l’État du Massachusetts qu’elle représente au Sénat et dans celui où elle a grandi, l’Oklahoma.

De nombreuses personnes rendaient hommage à la sénatrice sur Twitter avec le mot-clic ThankYouElizabeth (#MerciElizabeth).

«Je continuerai à me battre pour ceux qui travaillent dur à travers le pays et qui se sont sans cesse retrouvés perdants», a-t-elle insisté jeudi.

«La sénatrice Elizabeth Warren est la combattante la plus farouche pour les familles de la classe moyenne», a salué Joe Biden sur Twitter après l’annonce de son retrait. «Nous avions besoin de sa voix dans cette course.»

Manque d’«espace»

Elizabeth Warren avait été la première des grands candidats à entrer dans la course à la Maison-Blanche, dès décembre 2018.

«Rêvons en grand, battons-nous fort, à nous de gagner!» : la foule, d’abord quelques centaines, puis des milliers, reprenait en coeur son cri de ralliement à travers les États-Unis.

Combative, elle se targuait d’avoir «un projet» pour toutes les grandes questions et espérait pouvoir rassembler les ailes gauche et plus centriste du parti.

Elle a regretté jeudi ne pas avoir réussi à trouver «l’espace» pour faire campagne entre ces deux tendances.

Ancienne électrice républicaine, née de parents modestes, Elizabeth Warren a été visée sans relâche par les piques de républicains, Donald Trump en tête, sur les origines autochtones qu’elle a longtemps revendiquées et qui se sont révélées être en fait très diluées.

Le président républicain a d’ailleurs commenté rapidement son départ en employant de nouveau l’un des sobriquets qu’il aime distribuer. «Elizabeth “Pocahontas” Warren, qui n’allait nulle part [...], vient juste de quitter la primaire démocrate... trois jours trop tard», a-t-il tweeté en affirmant qu’elle avait empêché ainsi Bernie Sanders de remporter plusieurs États.

Elle était la dernière femme figurant parmi les candidats favoris dans les primaires démocrates, dans une course qui avait pourtant débuté sous le signe de la diversité.