Une file se forme devant un bureau de scrutin d'Atlanta, mardi

Élections de mi-mandat: de longues files et de machines défectueuses en Géorgie

ATLANTA - De longues files d’attente et des machines défectueuses ont été signalées à travers les États-Unis mardi, lors des premières heures des élections de mi-mandat. Des millions d’Américains sont appelés aux urnes pour renouveler l’ensemble de la Chambre des représentants, le tiers du Sénat et plusieurs postes de gouverneurs.

Certains des pires problèmes ont été rapportés en Géorgie, où le poste de gouverneur est chaudement disputé. Des électeurs disent avoir dû patienter pendant trois heures avant de pouvoir voter.

Dans la municipalité de Snellville, en Géorgie, plus d’une centaine de personnes qui patientaient en file s’échangeait des chaises pour enfants et des places assises au sol tellement l’attente s’éternisait. Dans le comté de Gwinnett, des bulletins de vote provisoires ont été distribués aux électeurs en attendant que les machines défectueuses aient été remplacées.

Une électrice a rapporté qu’une vingtaine de personnes étaient reparties sans avoir pu voter en raison de l’attente. D’autres, méfiants, ont refusé d’utiliser les bulletins de papier.

On rapportait également des problèmes d’équipement et de longues files à Atlanta, à New York et en Arizona.

Au cours des derniers jours, le vote anticipé avait révélé plusieurs problèmes concernant les systèmes de vote et d’enregistrement à travers le pays - des machines qui modifiaient la sélection des électeurs aux formulaires d’inscription rejetés à la suite d’erreurs bureaucratiques.

Les responsables électoraux et les groupes de défense du droit de vote craignent que la confiance des électeurs dans les résultats ne soit affaiblie si ces problèmes devaient se généraliser le jour du scrutin.

«Nous nous attendons à ce que les membres des bureaux de vote soient débordés, tout comme les électeurs seront débordés, et il y aura bon nombre de bulletins de vote provisoires», a déclaré Sara Henderson, responsable de l’organisation Common Cause en Géorgie, où des groupes de défense du droit de vote ont exprimé de nombreuses inquiétudes concernant la sécurité électorale et l’accès des électeurs.

Des questions relatives à l’intégrité des élections ont émergé ces derniers jours en Géorgie, où la course au poste de gouverneur compte parmi les plus suivies du pays. La démocrate Stacey Abrams, qui pourrait devenir la première gouverneure afro-américaine de l’histoire des États-Unis, affronte le républicain Brian Kemp qui, en sa qualité de secrétaire de l’État, supervise le processus électoral dans lequel il est lui-même candidat, ce qui lui a valu de nombreuses critiques des démocrates.

Le bureau de M. Kemp a de son côté affirmé - sans fournir de preuve - que les démocrates avaient tenté de pirater le système électoral. Les démocrates ont rejeté cet argument, affirmant que M. Kemp cherchait à détourner l’attention des électeurs.

À travers le pays, quelque 6500 observateurs ont été déployés par une coalition de groupes de défense des droits civils et de défense du droit de vote afin d’aider les personnes aux prises avec des difficultés lors du scrutin.

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Un bureau de scrutin de Brooklyn, à New York, mardi
Des électeurs se présentent pour voter dans un bureau de scrutin de Doylestown, en Pennsylvanie, mardi.

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Facebook bloque 115 comptes

Par ailleurs, Facebook a bloqué 115 comptes soupçonnés de «comportement inauthentique coordonné» en lien avec des groupes étrangers qui essayeraient d’interférer avec les élections de mi-mandat aux États-Unis, mardi.

Le géant des réseaux sociaux a annoncé lundi sur un blogue qu’il a fermé 30 comptes Facebook et 85 comptes Instagram, et qu’il les examine plus en détail.

La société est intervenue après avoir été informée dimanche soir par les forces de l’ordre américaines d’activités en ligne récemment découvertes «qui, selon elles, étaient possiblement liées à des entités étrangères», a écrit le responsable de la cybersécurité chez Facebook, Nathaniel Gleicher.

Les entreprises de technologie américaines renforcent la sécurité et luttent contre les campagnes de désinformation pour empêcher les fauteurs de troubles en ligne de diviser les électeurs et de discréditer la démocratie. La purge de Facebook fait partie des mesures visant à prévenir les abus tels que ceux utilisés par des groupes russes il y a deux ans pour influencer l’opinion publique avant les élections présidentielles américaines de 2016.

M. Gleicher a indiqué que la société fournirait une mise à jour dès qu’elle en apprendrait davantage, «notamment quant à savoir si ces comptes sont liés à l’Agence de recherche Internet basée en Russie ou à d’autres entités étrangères».

Presque toutes les pages Facebook associées aux comptes bloqués semblaient être en français ou en russe. Les comptes Instagram étaient principalement en anglais et portaient soit sur des célébrités, soit sur des débats politiques. Aucun autre détail n’a été fourni concernant les comptes ou les activités suspectes.

Le mois dernier, Facebook a supprimé 82 pages, comptes et groupes liés à l’Iran, destinés à attiser les conflits sociaux aux États-Unis et au Royaume-Uni. En août, une campagne encore plus large a été menée. Twitter indique avoir identifié plus de 4600 comptes et 10 millions de micromessages, principalement affiliés à l’Agence de recherche Internet, qui seraient liés à une ingérence étrangère dans les élections américaines, y compris le vote présidentiel de 2016.

L’Agence de recherche Internet est essentiellement une ferme de trolls russes inculpée par l’avocat spécial américain Robert Mueller pour ses actions lors des élections de 2016.

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Un membre de la communauté juive de New York vient de voter dans un bureau de scrutin de Broklyn, mardi.