Les présidents démocrates des trois commissions de la Chambre des représentants qui enquêtent dans le cadre de la procédure de destitution de Donald Trump ont transmis des injonctions au chef du Pentagone, Mark Esper, et au directeur du budget à la Maison-­Blanche, Russell Vought, dans deux lettres envoyées lundi.

Destitution de Trump: le Pentagone sommé de livrer des documents

WASHINGTON — Les élus démocrates enquêtant dans le cadre de la procédure de destitution de Donald Trump ont exigé lundi du Pentagone et du responsable budgétaire de la Maison-Blanche qu’ils leur livrent des documents concernant l’affaire ukrainienne.

Ces documents, qu’ils exigent de recevoir d’ici le 15 octobre, sont «nécessaires» pour enquêter sur «la décision de la Maison-Blanche de suspendre une aide militaire cruciale pour l’Ukraine», précisent, dans un communiqué, les présidents démocrates des trois commissions qui enquêtent à la Chambre des représentants.

Cette aide «avait été autorisée par le Congrès pour lutter contre l’agression russe», soulignent-ils.

Ils ont informé de ces injonctions le chef du Pentagone Mark Esper et le directeur du budget à la Maison-­Blanche, Russell Vought,  dans deux lettres envoyées lundi.

Le Pentagone avait publiquement annoncé jeudi se préparer à coopérer avec le Congrès sur l’enquête.

«Comme nous l’avons déclaré auparavant, nous sommes prêts, le cas échéant, à travailler avec le Congrès et les parties concernées sur les questions concernant l’aide à l’Ukraine», a déclaré lundi à l’AFP une porte-parole du Pentagone, Jessica Maxwell.

Elle a souligné que le ministère américain de la Défense avait, «de sa propre initiative, publié la semaine dernière une directive interne pour que les documents liés à cette question soient conservés».

L’opposition soupçonne le président américain d’avoir fait pression cet été sur son homologue ukrainien pour qu’il cherche des informations compromettantes sur son rival démocrate Joe Biden, en mettant notamment cette enveloppe d’assistance dans la balance.

La Maison-Blanche avait suspendu en début d’été plusieurs centaines de millions de dollars d’aide militaire destinée à l’Ukraine.

Le 25 juillet, Donald Trump s’était entretenu avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et avait évoqué Joe Biden.

Un lanceur d’alerte s’est alarmé de cette conversation téléphonique, jugeant que M. Trump avait «sollicité l’ingérence» de l’Ukraine dans la campagne pour sa réélection en 2020, avec une telle demande sur un rival politique.

L’aide avait finalement été débloquée le 11 septembre.

La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a annoncé le 24 septembre l’ouverture d’une enquête en vue d’une mise en accusation (impeachment) de Donald Trump.

Rythme soutenu

Depuis, trois commissions — affaires étrangères, renseignement et supervision de l’exécutif — mènent l’enquête à un rythme soutenu, en multipliant les auditions et les injonctions, déjà envoyées à la Maison-Blanche, au département d’État et à l’avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani.

Selon une source parlementaire, les commissions entendront mardi l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne, Gordon Sondland, un proche de Donald Trump qui a contribué à sa campagne.

Puis ce sera vendredi au tour de Marie Yovanovitch, l’ancienne ambassadrice des États-Unis à Kiev, que Donald Trump avait critiquée lors de son appel.

Un deuxième lanceur d’alerte est sorti du silence pour livrer des informations sur l’affaire ukrainienne, a annoncé dimanche son avocat. Il s’agirait, comme le premier, d’un membre des services de renseignement, mais avec cette fois des informations de «première main».