Clay Danec, 18 ans, Olivia Myers, 18 ans, et Zavier Waggoner, 17 ans, considèrent que seul Donald Trump représente leurs valeurs.

Des jeunes s’affichent pour Trump en 2020

COLUMBUS — Ils aiment son franc-parler, sa politique migratoire ou son bilan économique. Ils ont moins de 20 ans ou à peine plus et ces jeunes de l’Ohio, État-charnière de la présidentielle américaine, comptent bien accorder en novembre 2020 leur tout premier vote à Donald Trump. En connaissance de cause.

Casquette et hoodie «Make America Great Again» pour elle, t-shirt de la campagne de réélection de Trump pour lui, Olivia Myers et Clay Danec, 18 ans, ont déjà une idée assez précise du nom qu’ils cocheront sur leur bulletin dans un an.

Les échanges auxquels ils viennent d’assister ce soir à Columbus, la capitale de l’Ohio, État à la fois rural et industriel, ont encore renforcé les convictions de ces deux élèves d’une école chrétienne du coin.

«Élevée dans une famille conservatrice», Olivia, pour s’assurer que son choix n’était pas biaisé, a fait «des recherches sur la droite et la gauche» qui ont confirmé ce qu’elle pensait déjà : Donald Trump est le plus à même de défendre deux de ses priorités, la lutte contre l’immigration illégale et le droit des Américains à «détenir des armes pour se protéger».

Il s’agit surtout pour son camarade Clay, au visage tout aussi poupin, d’une question de «valeurs et de croyances». «Je viens d’une famille qui a travaillé dur pour grimper l’échelle sociale et le fait que Trump soutienne les familles qui peuvent continuer à gagner de l’argent sans être trop taxées est très important», développe-t-il alors que se vide autour d’eux l’auditorium de l’Ohio State University où faisait étape mardi la tournée automnale de Turning Point USA.

Prêcher la bonne parole

Bien qu’indépendante de la campagne Trump 2020, sur le papier, l’organisation, qui revendique une présence dans plus de 1500 universités à travers le pays, entend tout de même y apporter sa pierre en allant prêcher la bonne parole conservatrice sur les campus des «swing states», ces États susceptibles de virer de bord d’une élection à l’autre.

Attaques contre les médias et l’establishment de Washington, éloge de l’économie florissante et de la grandeur de l’Amérique... À mi-chemin entre stand-up et réunion politique, le numéro du fondateur et égérie de Turning Point Charlie Kirk — un clone de Trump de 26 ans, la tignasse blonde en moins — est bien rodé.

Les Trumpistes, ces nouveaux punks?

Face à lui, dans l’amphithéâtre haut de plafond : plusieurs centaines de jeunes que les trois premières années de la présidence Trump semblent avoir désinhibé, à l’image de John McCary. Ce néo-Trumpiste décomplexé n’a que 17 ans, mais sera en âge de voter le 3 novembre 2020 et la fameuse casquette rouge MAGA qu’il coiffe fièrement sonne comme une déclaration politique.

«Lorsque je porte cette casquette, les gens pensent que je suis d’accord avec tout ce que dit Trump», témoigne-t-il. «Ce n’est pas le cas, mais ils ne m’écoutent pas et c’est pour ça que j’adore la porter. Je peux avoir mes propres idées et il n’y a aucun mal à ça».

Les sympathisants de droite avaient gagné un peu plus tôt l’auditorium sous les huées et les slogans acerbes de militants «révolutionnaires».

Pour Chris Battisti, l’un des membres de ce comité d’accueil très à gauche, voter Donald Trump à 20 ans, c’est faire «un doigt d’honneur au système». Un basculement surprenant par rapport aux générations précédentes, mais le milliardaire new-yorkais est si politiquement incorrect que le soutenir passerait presque pour un acte de rébellion. «La culture punk d’aujourd’hui...», soupire le socialiste, étudiant en histoire.

Alors, quitte à y laisser quelques amitiés en route, les jeunes conservateurs n’hésitent plus à faire leur coming-out politique, affirme Andrea Spiegler, 20 ans.

Spécialisée en économie, elle ne croit pas aux promesses démocrates sur la couverture santé universelle ou l’effacement total de la dette étudiante : «Si vous voulez quelque chose, il faut s’en donner les moyens. J’ai deux petits boulots et paie ma dette étudiante sans problème».

Les accusations de racisme et de misogynie contre Donald Trump?

«Les gens ne l’aiment pas principalement à cause de ça, mais beaucoup de ces choses qui les énervent tant aujourd’hui ont eu lieu il y a si longtemps», balaie une autre jeune femme, Janie Kopus, 19 ans, réserviste de la Garde nationale.

Nate Turner, responsable local de Turning Point, garde lui, du haut de ses 21 ans et de ses deux mètres, une certaine distance critique vis-à-vis du président et de sa rhétorique polarisante.

«Il écrit parfois des choses très drôles sur Twitter, que je vais liker», explique ce républicain modéré, crucifix autour du cou. «Mais il ferait aussi mieux de se taire parfois s’il ne veut pas repousser certains électeurs qui seraient prêts à voter pour lui». Quel que soit leur âge.