De gauche à droite : le ministre japonais des Affaires étrangères Taro Kono, la ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland, le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas, le directeur politique du Royaume-Uni Richard Moore, le ministre italien des Affaires étrangères Enzo Moavero Milanesi, le Secrétaire d'État adjoint John J. Sullivan, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et la haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Federica Mogherini sont réunis à Dinard, en France.

Des divergences se manifestent au G7 au sujet du Moyen-Orient

DINARD — La rencontre des ministres des Affaires étrangères des pays du G7 a permis de constater de profondes divergences sur le Moyen-Orient.

La réunion, dont l'objectif était de trouver des terrains d'entente sur une foule de sujets controversés, a surtout été marquée par l'absence du secrétaire d'État américain Mike Pompeo.

Les diplomates présents ont tenté de projeter un front uni avant de publier le communiqué final dans lequel on faisait mention d'engagements communs modérés sur des questions comme la lutte contre la cybercriminalité, le renforcement du rôle des femmes dans la consolidation de la paix et la lutte contre le trafic de migrants dans le Sahel.

Toutefois, ce qui a été omis de mentionner est aussi révélateur de ce qui a été inclus dans le communiqué. Ces divergences pourraient ouvrir la voie à des tensions à l'occasion du sommet du G7 qui se tiendra en août.

Un responsable de l'Union européenne a exprimé ses «regrets au sujet des omissions flagrantes allant à l'encontre des positions non négociables de l'UE. Il a déploré notamment qu'il n'y ait pas de référence à une solution à deux États dans le conflit israélo-palestinien et aucune mention de la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies en faveur de l'accord nucléaire iranien.

La déclaration commune des ministres des Affaires étrangères a elle-même reconnu des «différences nettes» sur le conflit israélo-palestinien après «un échange de vues».

Samedi à Dinard, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a diffusé sur Twitter une photo d'elle en compagnie de ses homologues allemand, français et japonais.

«Plusieurs des plus grands défis actuels sont mondiaux et ne peuvent être résolus que lorsque nous travaillons ensemble. C'est pourquoi le Canada travaille de concert avec ses amis allemands, français et japonais», a écrit Mme Freeland.

Le secrétaire britannique aux Affaires étrangères, Jeremy Hunt, était également absent de la dernière photo de groupe après avoir assisté à la séance de vendredi.

Les représentants américains ont reconnu des points de discorde lors des discussions animées par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drain.

Le secrétaire d'État adjoint américain John J. Sullivan, a annoncé que les États-Unis comptaient utiliser le forum du G7 pour mobiliser des appuis en soutien au chef de l'opposition vénézuélienne, Juan Guaido, dont les prétentions à la présidence sont soutenues par une cinquantaine de pays.

Mais la réunion n'a pas réussi à changer la position de l'Italie, seul État membre du G7 à ne pas soutenir M. Guaido.

L'Italie a également irrité les alliés de l'Union européenne et des États-Unis en devenant le premier membre du G7 à souscrire à un plan chinois visant à créer un réseau commercial mondial baptisé Nouvelle Route de la Soie.

Toute référence au plan controversé d'un milliard de dollars était absente des textes de samedi.