Un enterrement dans le cimetière d'Azcapotzalco à Mexico.
Un enterrement dans le cimetière d'Azcapotzalco à Mexico.

Coronavirus: nouveau bond des décès aux États-Unis, un million de cas en Afrique

Agence France-Presse
WASHINGTON — Plus de 2000 morts en 24h aux États-Unis, la barre des 50 000 décès dépassée au Mexique et celle du million de cas en Afrique: de nouveaux chiffres mettent en lumière l’alarmante progression de la COVID-19 qui pousse de nombreux pays à durcir leurs mesures sanitaires.

Les États-Unis ont enregistré jeudi 2060 nouveaux décès liés au coronavirus, un sombre bilan journalier qu’ils n’avaient pas atteint depuis trois mois, selon l’université Johns Hopkins. Ce rebond porte à plus de 160 000 le nombre total de morts du nouveau coronavirus dans le pays, de loin le plus touché au monde par la pandémie devant le Brésil.

Les autorités américaines ont toutefois annoncé jeudi la levée de leur recommandation appelant les citoyens américains à éviter tout voyage à l’étranger.

La diplomatie américaine a fait savoir qu’elle traiterait désormais à nouveau au cas par cas chaque pays. La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne sont classés «au niveau 3» (voyage à éviter si possible).

Se démarquant de ses propres experts, plus prudents, le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu’un vaccin pourrait être produit avant la présidentielle américaine du 3 novembre.

«Conscience tranquille»

Au Brésil, où le bilan a atteint jeudi 98.493 morts, le président Jair Bolsonaro a affirmé jeudi avoir «la conscience tranquille».

«Avec nos moyens, nous pouvons vraiment dire que nous avons fait tout notre possible, et même l’impossible, pour sauver des vies», a affirmé le chef de l’État, qui depuis le début de l’épidémie s’oppose aux mesures de confinement et de distanciation physique et minimise la gravité de la maladie.

Au Mexique, troisième pays le plus endeuillé au monde, la barre des 50 000 décès a été franchie jeudi alors que les critiques montent concernant la gestion de l’épidémie et de la crise économique par le gouvernement. Et l’Argentine, où la maladie a fait 4251 morts, a recensé pour le troisième jour consécutif un nombre record de nouvelles contagions.

Huit mois après l’apparition de l’épidémie de COVID-19, l’Afrique quant à elle a franchi jeudi la barre du million de cas de nouveau coronavirus, dont plus de la moitié en Afrique du Sud, selon un décompte AFP. La pandémie a fait plus de 21 000 morts sur le continent, qui reste toutefois le moins touché dans le monde.

Ces chiffres ne reflètent qu’une partie de la réalité, nombre de pays africains aux systèmes de santé défaillants ne disposant que de capacités de dépistage limitées.

Un million de cas en 4 jours

À l’échelle mondiale, plus de 19 millions de cas ont été déclarés au total, dont un million en quatre jours, et plus de 712.000 personnes sont décédées.

Face à la pandémie qui ne faiblit pas, de nombreux pays ont mis en place de nouvelles mesures de confinement ou de restriction des voyages.

En Grande-Bretagne, les autorités ont annoncé que les voyageurs en provenance de Belgique, d’Andorre ou des Bahamas arrivant en Angleterre et en Écosse seront de nouveau soumis à une quarantaine à partir de samedi, en raison d’une «importante augmentation» des cas de nouveau coronavirus dans ces pays.

La Finlande, un des pays du continent les plus épargnés, a annoncé jeudi qu’elle préparait de nouvelles mesures pour répondre à une accélération de l’épidémie.

«La situation est extrêmement délicate», a déclaré la directrice stratégique du ministère de Santé, Liisa-Maria Voipio-Pulkki, ajoutant qu’une «forme de deuxième phase avait commencé», même s’il était trop tôt pour parler de «seconde vague».

La Norvège a quant à elle annoncé repasser la France en zone rouge du fait de la résurgence des cas de coronavirus, conduisant à une quarantaine obligatoire de dix jours pour tous les voyageurs arrivant de France dans le pays scandinave.

En France, où le nombre de personnes diagnostiquées positives au virus a augmenté de plus de 30 % en une semaine, le masque est devenu obligatoire même à l’extérieur dans les zones les plus fréquentées de villes comme Toulouse ou Saint-Tropez, la célèbre station prisée de la jet-set sur la Côte d’Azur. Il en sera prochainement de même à Paris, alors que l’instance scientifique qui guide le gouvernement a jugé «hautement probable qu’une seconde vague épidémique soit observée à l’automne ou l’hiver».

Une mesure similaire est entrée en vigueur dans le Quartier Rouge d’Amsterdam et dans les quartiers commerçants de Rotterdam.

L’Irlande a pour sa part décidé de repousser la dernière phase de son déconfinement, qui comprend notamment la réouverture de tous les pubs.

Et l’Allemagne vient de classer la province belge d’Anvers zone à risque, avec quarantaine obligatoire pour les voyageurs qui en viennent, sauf présentation d’un test négatif.

En Espagne, la Catalogne a poursuivi une vaste campagne de détection, parfois au porte-à-porte, dans trois villes moyennes afin de tenter de freiner la hausse des contagions.