Des travailleurs inspectent des vêtements chirurgicaux dans une manufacture d’Ahmedabad, en Inde, lundi. La Chine a signalé avoir un urgent besoin d’équipement médical alors que le bilan de l’épidémie a grimpé à 425 morts, mardi.

Coronavirus: la Chine s’avoue dépassée

PÉKIN — Le bilan de l’épidémie du coronavirus en Chine est monté à 425 morts après 64 nouveaux décès annoncés mardi par le gouvernement qui a admis des «insuffisances» dans sa réaction à la crise sanitaire.

Les autorités chinoises ont fait état d’un besoin urgent de masques de protection et de matériel médical pour faire face à l’épidémie dont le nombre de morts dépasse désormais largement celui du SRAS qui avait tué 349 personnes en 2002-2003.

De leur côté, les ministres de la Santé des pays du G7 ont convenu lundi de se coordonner «autant que possible dans les conseils de voyage et les mesures de prévention» face au coronavirus.

Pour sa part, la Banque mondiale a appelé tous les pays à «renforcer leur surveillance sanitaire et les réponses données» à l’épidémie, et elle a dit examiner les ressources financières et techniques mobilisables rapidement.

Les bourses plongent

Dix jours après le début de la crise, marqué par le confinement de la métropole de Wuhan et de sa province, le Hubei, les places boursières chinoises de Shanghai et de Shenzhen ont plongé d’environ 8 % après une interruption de dix jours des cotations. Soit la plus forte baisse des indices chinois depuis le krach boursier de 2015.

Dans le contexte de la paralysie de la Chine par la peur du virus, Pékin a reconnu lundi des «insuffisances» dans sa réaction et a aussi admis compter sur le reste du monde pour répondre à la crise.

Le Comité permanent du Bureau politique du Parti communiste a demandé une amélioration du dispositif de réaction aux situations d’urgence à la suite d’«insuffisances et de difficultés apparues dans la réponse apportée à l’épidémie», a écrit l’agence officielle de presse Chine nouvelle.

«Ce dont la Chine a besoin d’urgence, ce sont des masques, des combinaisons et des lunettes de protection», avait précédemment déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hua Chunying.

Elle a précisé que plusieurs pays, parmi lesquels la France, le Royaume-Uni, le Japon et la Corée du Sud, avaient déjà envoyé des fournitures médicales.

La Chine s’efforce d’en importer d’Europe, du Japon et des États-Unis, selon le ministère de l’Industrie.

À Genève, la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a mis en garde contre l’utilisation de masques de mauvaise qualité, qui peuvent donner «un faux sentiment de protection».

Le virus a également fait un mort pour la première fois en dehors de Chine, un Chinois de 44 ans originaire de Wuhan qui a succombé aux Philippines, a annoncé dimanche l’OMS.

Le système hospitalier déborde

La commission provinciale de la Santé a fait état mardi d’une forte augmentation du nombre de personnes infectées, avec 2345 nouveaux cas confirmés dans le Hubei. Au total, 19 950 personnes sont infectées sur l’ensemble du territoire chinois, selon les statistiques du gouvernement central.

La plupart des décès et des cas de contamination sont à déplorer à Wuhan et dans sa province où quelque 56 millions d’habitants sont coupés du monde depuis le 23 janvier.

Face à un système hospitalier débordé, cette métropole a accueilli lundi les premiers malades dans un nouvel hôpital construit en dix jours, a indiqué le Quotidien du Peuple.

Un autre hôpital encore plus grand (1600 lits) est en construction et devrait ouvrir dans quelques jours.

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3700 PERSONNES CONFINÉES À BORD D'UN BATEAU DE CROISIÈRE AU JAPON

Il y a 3711 personnes en quarantaine à bord du bateau de croisière «Diamond Princess».

Les autorités japonaises vérifiaient mardi l’état de santé de 3711 personnes en quarantaine à bord d’un bateau de croisière près de Tokyo, après un cas avéré de coronavirus parmi l’un des passagers ayant débarqué à Hong Kong.

La télévision japonaise montrait des images de plusieurs officiers de quarantaine montant à bord du Diamond Princess, un navire de croisière de la compagnie américaine Princess Cruises (groupe Carnival Corp), pour vérifier l’état de santé des 2666 passagers et 1045 membres d’équipage.

Ces mesures ont été décidées après des tests positifs du virus meurtrier chez un passager âgé de 80 ans qui avait débarqué à Hong Kong le 25 janvier.

Le porte-parole du gouvernement Yoshihide Suga avait annoncé lundi que le navire, arrivé au port de Yokohama (ouest de Tokyo) avec un jour d’avance, serait placé en quarantaine.

Une femme d’une vingtaine d’années qui voyageait avec sa mère a déclaré mardi à la chaîne de télévision privée TBS qu’il avait été «demandé à tous les passagers de rester dans leur cabine en attendant de subir le test de détection du virus».

Elle a précisé avoir attendu avec sa mère dans leur cabine depuis lundi et être toujours mardi matin sans informations sur le moment où elles seraient examinées.

Le navire avait déjà été placé en quarantaine samedi à Naha, sur l’île méridionale japonaise d’Okinawa. Mais une seconde quarantaine a été organisée après la découverte du coronavirus chez l’octogénaire débarqué à Hong Kong.

Le Japon a répertorié sur son territoire 20 cas de personnes infectées, dont quatre sans symptômes, selon les dernières données du ministère de la Santé diffusées lundi.

Depuis samedi, le pays refuse l’entrée sur le territoire aux étrangers ayant récemment séjourné dans la province chinoise du Hubei, l’épicentre de l’épidémie, dans le centre de la Chine.

Le Japon a affrété trois avions jusqu’à présent pour rapatrier 565 de ses ressortissants de Wuhan, capitale du Hubei.