Les spectateurs brandissaient de petites banderoles jaunes sur lesquelles était inscrit en catalan et en anglais «République de Catalogne - LIBERTÉ - prisonniers politiques».

Concert en soutien aux «prisonniers politiques» catalans

MADRID - Des dizaines de milliers de personnes ont assisté samedi dans un stade de Barcelone à un concert de soutien aux 10 anciens dirigeants indépendantistes catalans incarcérés, à l'appel d'une puissante association indépendantiste.

Les spectateurs, emmitouflés, brandissaient de petites banderoles jaunes sur lesquelles était inscrit en catalan et en anglais «République de Catalogne - LIBERTÉ - prisonniers politiques», selon les images du concert diffusées en direct sur Internet.

Certains étaient coiffés de bonnets jaunes, la couleur choisie pour symboliser les détenus, tandis que d'autres avaient jeté sur leurs épaules des drapeaux indépendantistes catalan (rayures jaunes et rouges - étoile blanche sur fond bleu).

L'objectif de l'événement est de «recueillir des contributions pour la caisse de solidarité en soutien aux prisonniers politiques catalans», selon un communiqué de l'Assemblée nationale catalane (ANC), qui vendaient les billets entre 10 et 30 euros.

Environ une demi-heure après le début du concert, une partie des gradins restait vide.

Mais «on peut estimer qu'il y aura environ 50 000 personnes», proche de la capacité totale du stade (55 000 places en configuration concert), a assuré un porte-parole de l'ANC à l'AFP, expliquant que 45 000 billets avaient été écoulés en pré-vente et que le reste serait acheté directement aux guichets.

Les morceaux étaient entrecoupés de discours de proches des détenus, lisant parfois des lettres écrites depuis leurs cellules. «En deux mois, vous avez fait plus pour la liberté et la démocratie que ce qu'ont fait ceux qui gouvernent aujourd'hui l'Espagne pendant la dictature franquiste», a ainsi déclaré le chef de file de l'ANC Jordi Sanchez dans une missive lue par son fils.

«Je suis sûr que je sortirai bientôt de prison», ajoute le séparatiste inculpé pour «sédition» et incarcéré le 16 octobre aux côtés de Jordi Cuixart, patron de l'autre grande association séparatiste Omnium Cultural, qui a prévu un autre concert dimanche sur l'une des places principales de Barcelone.

Outre ces deux chefs d'association, huit membres du gouvernement catalan, destitués fin octobre par Madrid après la proclamation d'indépendance du parlement régional, sont en détention provisoire dans le cadre d'une enquête pour «rébellion» et «sédition».

Parmi eux, l'ancien vice-président catalan Oriol Junqueras.

Ils sauront lundi si leur demande de remise en liberté a été acceptée par le juge de la Cour suprême en charge de l'instruction, qui les a interrogés vendredi.

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PUIGDEMONT RESTERA EN BELGIQUE APRÈS LES ÉLECTIONS

MADRID - Le président catalan destitué, Carles Puigdemont, et ses ministres, réclamés par la justice espagnole, resteront en Belgique au-delà des élections prévues en Catalogne le 21 décembre, en raison des recours qui seront déposés contre leur extradition, a affirmé samedi son avocat.

«Quoi qu’il arrive, ils seront [à Bruxelles] au minimum jusqu’au 21 décembre, et je calcule que cela ira même jusqu’à mi-janvier en principe», a déclaré Jaume Alonso Cuevillas à la radio catalane Rac1.

«Je suis convaincu que quoi qu’il se passe il y aura recours en appel et recours en cassation» pour éviter que la Belgique les renvoie en Espagne, a-t-il expliqué.

L’ancien président s’est réfugié en Belgique avec quatre de ses ministres après que le gouvernement espagnol a mis sous tutelle la Catalogne qui venait de déclarer unilatéralement l’indépendance le 28 octobre.

Comme les autres dirigeants indépendantistes catalans qui ont préparé cette tentative de sécession, il est accusé de rébellion, sédition et détournement de fonds public. Après sa fuite, les autres membres du gouvernement destitué ont été placés en détention préventive.

M. Puigdemont est cependant candidat aux élections régionales, à la tête de sa propre liste, et prétend s’il l’emporte être rétabli comme «président légitime» du gouvernement catalan.

En cas de victoire, M. Puigdemont «a manifesté son intention de venir être investi comme président de la Generalitat [l’exécutif catalan], indépendamment de ce qui se passe avec la justice belge», a ajouté l’avocat.

À propos de l’audience prévue lundi devant la justice belge, à laquelle l’Espagne a demandé l’extradition de M. Puigdemont, «nous ne savons pas combien de temps cela durera, ni si les personnes mises en cause seront appelées à déclarer», a-t-il précisé.