Un peu plus tôt, plusieurs centaines de personnes manifestaient à nouveau dans plusieurs villes du pays, en tapant sur des casseroles et des marmites pour des «cacerolazos», forme de protestation jusque-là inédite en Colombie.

Colombie: le président appelle à une «conversation nationale»

BOGOTA — Le président colombien Ivan Duque a appelé à une «conversation nationale», au lendemain de manifestations massives contre son gouvernement, qui ont fait trois morts et qui ont débouché vendredi sur des violences à Bogota, où a été décrété un couvre-feu.

«À partir de la semaine prochaine, je lancerai une conversation nationale qui renforcera l’actuel agenda de politique sociale, en travaillant ainsi de manière unie avec une vision à moyen et long terme, qui nous permettra de combler les écarts sociaux», a déclaré le chef de l’État lors d’une allocution télévisée.

Le président de droite, impopulaire après à peine plus de 15 mois au pouvoir, s’était montré la veille réticent à un dialogue direct. Il s’est résolu à un premier pas vers les organisations sociales ayant appelé à la plus grande mobilisation de ces dernières années.

«Cette conversation aura lieu dans les régions avec tous les secteurs sociaux et politiques. J’utiliserai des moyens électroniques et des mécanismes participatifs [...] pour que tous nous puissions édifier une voie significative de réforme», a-t-il ajouté.

M. Duque a fait cette déclaration peu après que le maire de Bogota, Enrique Peñalosa, ait décrété un couvre-feu dans la capitale, en réponse à des troubles et à des affrontements dans la journée entre manifestants et forces de l’ordre, dans le sud de cette ville de sept millions d’habitants.

Le chef de l’État a ajouté avoir «décidé de renforcer la présence de la force publique» et ordonné «le déploiement de patrouilles mixtes de la police et de l’armée de terre dans les lieux les plus critiques».

Un peu plus tôt, plusieurs centaines de personnes manifestaient à nouveau dans plusieurs villes du pays, en tapant sur des casseroles et des marmites pour des «cacerolazos», forme de protestation jusque-là inédite en Colombie.