On suppose que se trouvent dans la fosse «les restes de plus de 50 personnes présentées légalement comme victimes des combats», a indiqué le Tribunal spécial pour la paix dans un communiqué. Sept «corps complets» ont été exhumés.
On suppose que se trouvent dans la fosse «les restes de plus de 50 personnes présentées légalement comme victimes des combats», a indiqué le Tribunal spécial pour la paix dans un communiqué. Sept «corps complets» ont été exhumés.

Colombie: exhumations dans une fosse commune de civils tués par l'armée

BOGOTA — Le Tribunal spécial pour la paix en Colombie a procédé à des exhumations dans un cimetière du nord-ouest du pays où selon un militaire repenti se trouve une fosse commune avec les corps de «plus de 50 civils» exécutés par des soldats, a-t-il annoncé samedi.

«Il est important de signaler que ces faits n'ont jamais fait l'objet d'investigations de la justice ordinaire», a déclaré le Tribunal spécial pour la paix (JEP), chargé d'enquêter sur les violations des droits de l'homme commises pendant le conflit armé entre le gouvernement et les rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

Un militaire ayant accepté de collaborer avec ce tribunal, mis en place dans le cadre des accords de paix de 2016, a mené les enquêteurs au cimetière Las Mercedes, dans la commune de Dabeiba (nord-ouest).

On suppose que s'y trouvent «les restes de plus de 50 personnes présentées légalement comme victimes des combats», a indiqué la JEP dans un communiqué. Sept «corps complets» ont été exhumés.

Selon le Tribunal, il s'agit «d'exécutions extrajudiciaires suivies de disparitions forcées».

À Las Mercedes, situé à quelque 170 km de Medellín, ont été enterrés des hommes âgés entre 15 et 56 ans originaires de cette ville, capitale du département d'Antioquia, selon les éléments de l'enquête recueillis par le JEP.

Au moins 2248 personnes ont été victimes d'exécutions extrajudiciaires dans le cadre du conflit entre le gouvernement et les FARC. 59 % de ces meurtres ont été commis entre 2006 et 2008, durant le mandat du président Álvaro Uribe.

L'enquête au cimetière de Dabeiba a commencé avec la dénonciation d'un soldat qui a décidé de collaborer avec le Tribunal.