La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying

Chine: nouveau procès pour un Canadien accusé de trafic de drogue

PÉKIN — Une cour d’appel du nord-est de la Chine a renvoyé samedi devant les tribunaux le cas d’un Canadien accusé de trafic de drogue, estimant que sa condamnation à 15 ans de prison en première instance était «trop indulgente», dans un contexte de tensions diplomatiques grandissantes entre Pékin et Ottawa.

La Haute Cour du peuple du Liaoning, devant laquelle Robert Lloyd Schellenberg comparaissait en appel samedi, a indiqué que le précédent jugement rendu en novembre, le condamnant à 15 ans de prison et à 150.000 yuans d’amende (environ 19.000 euros), était «clairement inapproprié» au vu de la gravité de ses crimes.

M. Schellenberg est accusé d’avoir joué un «rôle important» dans un trafic de stupéfiants ainsi que d’avoir pris part à un réseau international de trafic de drogue, a indiqué la cour, renvoyant son dossier devant la cour basse de Dalian (également dans la province du Liaoning), où il avait été jugé en première instance. Aucune date n’a été fixée pour ce nouveau procès.

Robert Lloyd Schellenberg a subi un premier procès en 2016, et son cas est revenu à l’avant-plan de l’actualité en Chine, depuis l’arrestation de la grande patronne de l’entreprise Huawei, à Vancouver, le 1er décembre, à la demande des États-Unis.

Contactée par l’AFP, la Haute Cour du peuple du Liaoning n’a pas voulu faire de commentaire pour le moment, mais a signalé que des membres de l’Ambassade du Canada en Chine et des médias étrangers avaient assisté à l’audition.

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La Chine applique une politique de tolérance zéro concernant le trafic de drogue et a déjà condamné à mort plusieurs étrangers jugés coupables de trafic impliquant de grandes quantités de drogue.

En 2014, un Japonais avait été condamné à mort à Dalian pour des infractions liées aux drogues, selon des médias et des diplomates japonais. Quatre autres Japonais avaient été exécutés en 2010 pour le même chef d’accusation.

La Chine avait aussi condamné à mort en 2013 un trafiquant de drogue philippin, ignorant la requête de Manille d’épargner sa vie, selon le ministère philippin des Affaires étrangères.

Si une sanction aussi rude que la peine de mort était prononcée à l’encontre de M. Schellenberg, elle pourrait mettre à rude épreuve les liens entre Pékin et Ottawa, déjà mis à mal ces dernières semaines après l’arrestation en Chine de deux ressortissants canadiens.

L’ancien diplomate Michael Spavor et l’homme d’affaires Michael Kovrig ont été arrêtés le 10 décembre pour activités «menaçant la sécurité nationale» de ce pays.

Ces incarcérations ont été largement perçues en Occident comme une mesure de rétorsion après l’interpellation de Meng Wanzhou, la directrice financière de Huawei.

Washington soupçonne cette dirigeante d’entreprise de complicité de fraude pour contourner les sanctions américaines contre l’Iran. Elle a été libérée sous conditions.

Une enseignante canadienne accusée d’avoir travaillé illégalement avait également été interpellée en Chine, avant d’être libérée vendredi.

Erreur?

D'ailleurs, la tante de celle-ci croit que sa nièce a été arrêtée en raison d’une erreur de son employeur.

Sarah McIver a été arrêtée plus tôt ce mois-ci relativement à un problème sur son permis de travail, lié à son emploi d’enseignante. Mais selon sa tante Rhona McIver, la dame est maintenant revenue dans sa ville natale de Drumheller, en Alberta.

Lorsque Sarah McIver est arrivée en Chine, l’école où elle devait enseigner n’avait plus de travail pour elle, donc les autorités chinoises lui avaient donné un emploi ailleurs, a relaté sa tante.

C’est à ce moment qu’une erreur a été commise, a indiqué Mme McIver en entrevue depuis Drumheller.

La Chine et le Canada ont tous deux affirmé que le dossier de Mme McIver n’avait rien à voir avec les autres arrestations de MM. Kovrig et Spavor.

Une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères affirmait la semaine dernière qu’une Canadienne avait reçu une sanction administrative pour un emploi illégal, mais elle n’avait pas fourni plus de détails.

Un porte-parole d’Affaires mondiales Canada a confirmé vendredi qu’une citoyenne canadienne qui avait été arrêtée en Chine ce mois-ci avait été libérée et qu’elle était revenue au Canada. Le ministère n’avait pas donné d’autres informations en raison de la Loi sur la protection de la vie privée.  Avec l'Associated Press