Le juge a ordonné l’émission de mandats d’arrêt européens et internationaux pour l’ancien président Carles Puigdemont, qui se trouve en Belgique.

Carles Puigdemont accusé de rébellion

MADRID — Un juge de la Cour suprême espagnole a déposé vendredi des accusations de rébellion contre 13 séparatistes catalans pour leurs tentatives de sécession — un coup dur pour le mouvement indépendantiste de la région, dont l’élite politique pourrait passer les prochaines décennies derrière les barreaux.

Le juge Pablo Llarena a ordonné la détention immédiate de cinq des politiciens catalans qui s’étaient présentés à une convocation du tribunal.

L’indépendantiste Marta Rovira, qui avait elle aussi été convoquée, n’a pas respecté l’ordre et a annoncé dans une lettre qu’elle fuyait le pays pour vivre «en exil». Selon des médias espagnols, elle se serait réfugiée en Suisse.

Le juge Llarena a ordonné l’émission de mandats d’arrêt européens et internationaux pour Mme Rovira et cinq autres politiciens catalans ayant quitté le pays, dont l’ancien président Carles Puigdemont, qui se trouve en Belgique.

Deux autres politiciens catalans étaient déjà en prison. Un total de 25 séparatistes seront traduits en justice pour rébellion, détournement de fonds et désobéissance.

Ces accusations ont été déposées en raison de la déclaration d’indépendance illégale annoncée au Parlement catalan en octobre. Une accusation de rébellion est passible de 30 ans de prison en vertu de la loi espagnole.

Parmi ceux qui ont pris le chemin de la prison, vendredi, il y avait l’ancien ministre Jordi Turull, l’actuel candidat à la présidence de la Catalogne. Il est le troisième candidat à se présenter pour le poste depuis l’élection de décembre. M. Turull n’avait pas récolté assez d’appuis parmi les élus régionaux jeudi, mais en théorie, il pouvait se soumettre à un deuxième vote samedi. On ne sait pas si le vote aura lieu même si le principal intéressé ne pourra être présent.

Les emprisonnements de vendredi risquent de causer tout un émoi en Catalogne, où les politiciens catalans détenus sont décrits comme des «prisonniers politiques».

Des manifestations ont d’ailleurs eu lieu dès vendredi soir dans la région.

Le mouvement indépendantiste de la Catalogne, une région riche de 7,5 millions d’habitants, a provoqué une crise constitutionnelle sans précédent depuis des décennies.

Les accusations déposées vendredi ont semblé éloigner toute possibilité de régler l’impasse politique qui plane dans la région.

Les partis politiques indépendantistes et les groupes de la société civile ont défié le gouvernement espagnol dans les derniers mois afin de déclarer l’indépendance de la région et de créer une nouvelle république. Ils ont cependant été déboutés plusieurs fois par les tribunaux espagnols.

Selon les sondages, les Catalans sont fortement divisés sur l’indépendance elle-même, mais la vaste majorité d’entre eux appuie l’idée de tenir un référendum sur la question.