Des membres de la Croix rouge aident des vénézuéliens pour la collecte d'eau.

Caracas qualifie les sanctions américaines de «crimes contre l’humanité»

CARACAS — Les sanctions américaines contre le Venezuela constituent des «crimes contre l’humanité», a accusé jeudi Caracas, au lendemain d’une salve de sanctions de Washington contre sa Banque centrale destinées à accentuer la pression sur le gouvernement de Nicolas Maduro.

«Ces actions dont ils se vantent constituent, sans l’ombre d’un doute, des crimes contre L’HUMANITE. Nous allons agir», a déclaré le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Jorge Arreaza, sur Twitter.

Le président américain Donald Trump et son administration «se plaisent à prendre des décisions qui bloquent le développement économique et affectent tout un peuple», a-t-il dénoncé.

Ces nouvelles sanctions du Trésor américain visent la Banque centrale du Venezuela et sa directrice Iliana Josefa Ruzza Teran. Elles sont destinées à empêcher que l’institution soit «utilisée par le régime illégitime de Maduro, qui continue à piller les biens vénézuéliens et à exploiter les institutions gouvernementales pour enrichir des initiés corrompus», selon le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin.

Mercredi, le président Nicolas Maduro avait qualifié ces mesures d’»illégales et immorales».

Le chef de l’Etat, de nombreux responsables et organismes vénézuéliens sont déjà sous le coup de sanctions de Washington qui reviennent, selon M. Maduro, à imposer un «blocus» au Venezuela. Le dirigeant socialiste accuse Donald Trump d’avoir «volé» au total 30 milliards de dollars à son pays par le biais de sanctions.

A partir du 28 avril, Caracas devra aussi faire face à un embargo des États-Unis sur son pétrole.

L’antagonisme déjà marqué entre Washington et le gouvernement de M. Maduro s’est fortement accentué depuis le début de l’année, lorsque le chef de file de l’opposition Juan Guaido s’est auto-proclamé président par intérim et qu’une cinquantaine de pays, dont les États-Unis, l’ont reconnu comme tel.

M. Maduro voit dans les efforts de Juan Guaido pour le déloger de la présidence une tentative de coup d’Etat orchestrée par Washington au Venezuela, pays aux immenses réserves pétrolières qui traverse une crise sans précédent.

Plus de 2,7 millions de Vénézuéliens ont pris le chemin de l’exil depuis 2015, selon l’ONU, fuyant les pénuries aggravées par des pannes d’électricité à répétition. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une chute du PIB de 25% cette année au Venezuela, ainsi qu’une hyper-inflation de 10 000 000% et un taux de chômage de 44,3%.