Des policiers fouillent un véhicule à la résidence d'un des suspects arrêtés.

Attentat «majeur» déjoué aux Pays-Bas

LA HAYE — Un «attentat terroriste majeur» a été déjoué aux Pays-Bas, selon le parquet néerlandais, qui a annoncé jeudi l’arrestation de sept hommes soupçonnés de vouloir passer à l’acte lors d’un «grand événement» afin de faire de «nombreuses victimes».

«La police a arrêté sept hommes jeudi (...) soupçonnés d’être à un stade très avancé dans la préparation d’un attentat terroriste majeur aux Pays-Bas», a déclaré le ministère public dans un communiqué.

«Le ministère public et la police sont convaincus qu’une attaque terroriste a été empêchée avec l’arrestation des suspects» en fin d’après-midi à Arnhem (est) et à Weert (sud), a indiqué le parquet.

Au cours d’une enquête qui a duré plusieurs mois, la police a observé un «groupe terroriste» gravitant autour d’un homme d’origine irakienne âgé de 34 ans, condamné en 2017 pour avoir tenté de se rendre en territoire contrôlé par le groupe État islamique, a-t-il poursuivi.

L’homme, identifié comme Hardi N. par les médias locaux, est soupçonné d’être le cerveau de l’attentat déjoué. Il planifiait une attaque «lors d’un grand événement aux Pays-Bas et voulait faire de nombreuses victimes, selon les services de renseignement néerlandais (AIVD)», poursuit le parquet.

Menace «extrêmement grave»

«Nous sommes intervenus maintenant car la planification de l’attentat était à un stade très avancé», la menace était «extrêmement grave», a affirmé auprès de la télévision publique néerlandaise Jirko Patist, porte-parole du parquet, ajoutant que tous les membres du groupe avaient été arrêtés.

L’âge des accusés, originaires d’Arnhem, Rotterdam et de villages proches de ces villes, varie de 21 à 34 ans. Deux d’entre eux ont également été condamnés pour avoir essayé de rejoindre l’Irak ou la Syrie.

Les suspects prévoyaient de perpétrer l’attentat «à l’aide de ceintures explosives et de kalachnikovs AK47 lors d’un événement et de faire exploser une voiture piégée à un autre endroit», a précisé le ministère public.

L’enquête n’a pas encore permis de déterminer la cible exacte des suspects, qui seront présentés à un juge d’instruction à Rotterdam vendredi.
Les arrestations ont été effectuées par des équipes antiterroristes du Service d’interventions spéciales (DSI), appuyées par des équipes d’observation et des hélicoptères. Au total, 400 personnes ont été déployées.

Ceintures explosives et bombes

Au moment de leur arrestation, les hommes étaient en possession d’armes à feu et étaient «à la recherche de grenades, de ceintures d’explosifs et de matières premières pour fabriquer d’autres bombes», selon les enquêteurs.

En juin, deux hommes soupçonnés de préparer des attaques terroristes en France et aux Pays-Bas avaient été arrêtés à Rotterdam. Le parquet avait précisé en septembre qu’ils étaient «proches» d’un passage à l’acte.

La cible de l’éventuelle attaque en France n’avait pas été précisée. Aux Pays-Bas, selon les enquêteurs, les hommes avaient «identifié plusieurs cibles possibles» à Rotterdam, dont «un poste de police et le pont Erasme».

Le 31 août, un Afghan de 19 ans avait attaqué au couteau deux Américains à la gare d’Amsterdam. Selon les ministère public, il visait les Pays-Bas car il estimait que l’islam y est «fréquemment insulté».

L’attaque à la gare d’Amsterdam était survenue au lendemain d’un appel des talibans afghans à des attaques contre les troupes néerlandaises après la tentative du député d’extrême droite néerlandais Geert Wilders d’organiser un concours de caricatures du prophète Mahomet.