Sayfullo Saipov

Attentat à NY en 2017: la justice américaine veut la peine de mort

NEW YORK — La justice américaine a indiqué vendredi qu’elle demanderait la peine de mort en cas de condamnation de Sayfullo Saipov, le jihadiste d’origine ouzbèke accusé d’avoir tué huit personnes dans un attentat à la voiture bélier le 31 octobre 2017 à Manhattan.

M. Saipov, 30 ans, a été inculpé par la justice fédérale de 22 chefs d’accusation en novembre dernier suite à cette attaque perpétrée le jour de la fête d’Halloween, la plus meurtrière qu’ait connue New York depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Il avait été arrêté après avoir lancé sa camionnette sur des piétons et des cyclistes dans un lieu de promenade très fréquenté du sud de Manhattan.
Arrivé aux États-Unis en 2010 grâce à un visa gagné par un système de loterie, l’enquête avait montré qu’il s’était progressivement radicalisé. Il avait revendiqué son allégeance à l’organisation État islamique (EI) et s’était dit «fier de (son) acte» après son arrestation, selon les enquêteurs.

Au-delà des huit personnes tuées, dont cinq Argentins, et des 12 autres blessés dans l’attaque, le procureur fédéral de Manhattan invoque notamment, pour justifier sa requête de la peine capitale, le fait que Sayfullo Saipov ait voulu «avancer la cause de l’État islamique», dont «l’un des buts est de tuer le plus de citoyens américains à travers le monde».

Le procureur cite aussi «la dangerosité future» de l’accusé, qui a choisi le lieu de l’attentat pour «maximiser» le nombre de victimes, et son «absence de remords», dans un document enregistré vendredi auprès du tribunal.

Dès que l’allégeance de M. Saipov à l’EI avait été rendue publique en novembre, Donald Trump s’était prononcé, dans un tweet, pour la peine de mort.
Le président américain avait aussi dénoncé le programme de loterie qui lui avait permis de s’installer aux États-Unis.

Sayfullo Saipov a plaidé non coupable aux chefs d’accusation retenus contre lui.

Son procès est prévu pour octobre 2019, mais ses avocats ont indiqué qu’il était prêt à plaider coupable si le gouvernement renonçait à demander son exécution, selon le New York Times.

Les affaires requérant la peine capitale sont rarissimes à New York, et elle a été abolie au niveau des crimes d’Etat.