Le révérend Al Sharpton a riposté contre le président Trump en écrivant sur Twitter : «Je crée en effet des problèmes pour les bigots.»

Après Elijah Cummings, Donald Trump s'en prend au révérend Al Sharpton

WASHINGTON — Confronté à des accusations croissantes de racisme pour ses propos incendiaires sur Twitter, le président Donald Trump cherche à faire dévier la critique en qualifiant un élu noir de raciste.

Dans sa plus récente attaque contre des élus issus de minorités, M. Trump a déclaré que ses commentaires du week-end décrivant le district majoritaire noir de Baltimore représenté par Elijah Cummings comme «un endroit dégoûtant, infesté de rats et de rongeurs» où «aucun être humain ne voudrait vivre» n'étaient pas racistes. Il a ajouté que «si le raciste Elijah Cummings consacrait davantage de son énergie à aider les gens de son quartier, et Baltimore elle-même, des progrès pourraient peut-être être réalisés pour réparer le désordre».

Après un week-end d'attaques contre M. Cummings, le puissant président du Comité de surveillance et de réforme de la Chambre, M. Trump a élargi sa cible, lundi, pour inclure aussi un défenseur éminent de M. Cummings, le révérend Al Sharpton, qui se rendait à Baltimore afin de tenir une conférence de presse pour dénoncer le président.

«Al est un escroc, un fauteur de troubles», a écrit M. Trump avant la conférence de presse, ajoutant que le défenseur des droits civils et animateur de MSNBC «n'aime pas les Blancs et les policiers!»

M. Sharpton a riposté contre le président, lui aussi sur Twitter, écrivant: «Je crée en effet des problèmes pour les bigots.»

M. Trump semblait s'enfoncer encore davantage alors même qu'un conseiller de la Maison-Blanche cherchait à apaiser la controverse en décrivant ses commentaires comme une hyperbole. Il y a deux semaines, M. Trump a provoqué un tollé dans tout le pays avec des messages racistes adressés à quatre élues démocrates, alors qu'il cherchait à attiser les divisions raciales afin d'obtenir un gain politique à l'approche des élections de 2020.

Lors d'entretiens à la télévision, le chef de cabinet par intérim, Mick Mulvaney, a déclaré que M. Trump réagissait avec frustration aux enquêtes sans fin des démocrates et aux discussions sur la destitution. Il a ajouté que M. Trump s'en était pris fortement à M. Cummings et son district de Baltimore, parce qu'il estime que de tels détracteurs sur la colline du Capitole négligeaient de graves problèmes dans leur région, dans leur détermination à miner injustement sa présidence.

«Je comprends que tout ce que Donald Trump dit est offensant pour certaines personnes», a déclaré M. Mulvaney. «Le président s'oppose à ce qu'il considère être une erreur. C'est ce qu'il a fait dans le passé et ce qu'il continuera de faire dans le futur.»

M. Mulvaney, un ancien membre du Congrès, a dit comprendre pourquoi certaines personnes pouvaient percevoir les paroles de M. Trump comme étant racistes.

M. Mulvaney a affirmé que les paroles de M. Trump étaient exagérées - «le président parle-t-il de manière hyperbolique? Absolument» - et visent à attirer l'attention sur les enquêtes sur le président républicain et son équipe menées à Washington, soutenues par les démocrates.

«Au lieu d'aider les gens chez eux, ils se concentrent sur le scandale à Washington DC, ce qui est exactement le contraire de ce qu'ils ont dit qu'ils feraient s'ils se présentaient aux élections de 2018», a noté M. Mulvaney, en désignant les démocrates qui contrôlent maintenant la Chambre.