Des manifestants ukrainiens devant le parlement à Kiev, lundi, ont demandé au gouvernement de rompre ses relations diplomatiques avec la Russie.

«Agression» russe en mer: le Parlement ukrainien vote la loi martiale

MOSCOU — Le Parlement ukrainien a voté lundi pour imposer la loi martiale dans certaines parties du pays afin de lutter contre ce que son président a qualifié «d’agression croissante» de Moscou, à la suite d’un affrontement naval en fin de semaine, au cours duquel la Russie a ouvert le feu sur trois navires ukrainiens dans le détroit de Kertch. Les navires ont ensuite été saisis et les membres d’équipage arrêtés.

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies, l’ambassadrice des États-Unis, Nikki Haley, a exhorté la Russie à «mettre immédiatement un terme à son comportement illicite» en mer Noire.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a déclaré par communiqué que le Canada condamnait «fermement les actions menées par la Russie contre l’Ukraine dans la mer d’Azov et le détroit de Kertch».

Mme Freeland a indiqué que le gouvernement canadien exhortait la Russie «à désamorcer immédiatement la situation en libérant les navires capturés et leur équipage et en s’abstenant d’entraver les déplacements dans le détroit de Kertch».

Disant avoir parlé dimanche au ministre ukrainien des Affaires étrangères, Mme Freeland a affirmé lui avoir «assuré que le Canada appuie inconditionnellement la souveraineté de l’Ukraine». Le Canada est également en contact avec ses alliés du G7 et de l’OTAN à ce sujet, précise-t-on.

«Le gouvernement du Canada soutient sans équivoque l’Ukraine et condamne catégoriquement l’invasion et l’annexion illégales de la Crimée par la Russie. Le Canada sera toujours un partenaire loyal du peuple ukrainien et continuera de travailler avec ses alliés pour demander à la Russie de rendre des comptes par rapport à son comportement inacceptable», a affirmé la ministre.

Après un débat de cinq heures, le Parlement ukrainien a approuvé par une écrasante majorité l’imposition de la loi martiale pendant 30 jours dans 10 des 27 régions de l’Ukraine limitrophes de la Russie, de la Biélorussie et de la Transnistrie — une république séparatiste moldave prorusse. Les régions choisies sont celles que le président ukrainien, Petro Porochenko, a identifiées comme potentielles premières lignes d’une éventuelle attaque russe. La loi martiale ne s’appliquera pas dans la capitale, Kiev.

Menaces de Moscou

Le président ukrainien a fait valoir la nécessité d’une telle mesure par des renseignements sur «une très sérieuse menace d’opération terrestre contre l’Ukraine». Il n’a pas donné plus de détails. L’Ukraine n’était pas encore allée jusqu’à adopter la loi martiale, même au plus fort des affrontements dans l’est du pays ayant tué environ 10 000 personnes.

«Adopter la loi martiale ne veut pas dire déclarer une guerre», a affirmé M. Porochenko. «Elle est mise en vigueur dans le seul but de renforcer la défense de l’Ukraine devant la perspective de l’agression croissante de la Russie.»

Le ministère ukrainien de la Défense avait déjà annoncé plus tôt lundi que ses troupes étaient en alerte de combat dans le pays.