Une panne d’électricité, consécutive à un violent orage, a provoqué l’arrêt des ascenseurs et empêché dans la matinée la remontée de l’équipe de nuit de la mine de Beatrix, près de la ville de Welkom, en Afrique du Sud. Neuf cent cinquante-cinq mineurs étaient bloqués sous terre depuis 24 heures.

Afrique du Sud : un millier de mineurs rescapés sous terre

THEUNISSEN — Un millier de mineurs ont été bloqués sous terre pendant plus de 24 heures dans une mine d’Afrique du Sud, faute d’électricité.

Cette panne, consécutive à un violent orage, a provoqué l’arrêt des ascenseurs et empêché dans la matinée la remontée de l’équipe de nuit de la mine de Beatrix, près de la ville de Welkom, propriété de la compagnie Sibanye Gold.

Les 955 employés sont finalement sortis sains et saufs de leur fâcheuse position tard en soirée, jeudi.

La région de Welkom a été frappée mercredi soir par un violent orage qui a provoqué la chute de plusieurs pylônes électriques et coupé les deux lignes qui alimentent la mine.

Les techniciens de la compagnie nationale d’électricité Eskom sont parvenus à en rétablir une quelques heures après, permettant ainsi de remettre en service un ascenseur et de remonter à la surface 272 employés, selon M. Wellsted. Mais leurs efforts s’étaient jusque-là avérés vains pour rétablir le courant au puits numéro 3, au fond duquel restaient coincés 955 de leurs collègues.

Maintenues à distance par les agents de sécurité de la mine, une dizaine de familles de mineurs patientaient nerveusement devant le puits, éclairé par de puissants projecteurs, dans l’attente de nouvelles de leurs proches.

«Je n’ai plus de nouvelles de lui depuis 21h hier soir», a confié sous couvert de l’anonymat à l’AFP une femme de mineur. «Normalement il m’appelle vers 5h, mais ce matin son chef m’a appelé pour me dire que la mine était privée de courant», a-t-elle ajouté, «ça commence à être long [...] mon Dieu j’espère qu’il va pouvoir sortir cette nuit».

Négligence

La profondeur à laquelle les mineurs étaient bloqués restait à préciser. Les galeries les plus basses de la mine de Beatrix descendent jusqu’à 1000 m sous la surface.

Sitôt connu, cet incident a relancé la controverse sur la sécurité de l’industrie minière.

La principale centrale syndicale du pays, la Cosatu, a demandé «une enquête» et exigé que la compagnie soit «tenue responsable pour négligence».

Les accidents miniers sont fréquents en Afrique du Sud, qui possède les mines les plus profondes au monde. En 2015, 77 personnes y sont mortes, selon la Chambre sud-africaine des mines.

En août dernier, 5 mineurs sont morts dans une mine d’or proche de Johannesburg, ensevelis par l’effondrement d’une galerie.