La Gendarmerie royale du Canada mène une enquête sur la cause de ce mal qui a affecté des diplomates en poste et des membres de leur famille, mais aussi plusieurs diplomates américains à La Havane.

14 diplomates canadiens atteints par le «mal mystérieux» à La Havane

OTTAWA — Le mystérieux mal qui afflige le personnel diplomatique à La Havane a touché un quatorzième Canadien.

Des responsables, sous couvert de l’anonymat, ont indiqué qu’Affaires mondiales Canada envisage maintenant de réduire de moitié son personnel diplomatique dans la capitale cubaine, qui passerait de 16 à huit personnes. Les diplomates qui resteraient en poste ne fourniraient que les services consulaires essentiels.

Déjà, en avril dernier, Ottawa avait décidé que les diplomates en poste à Cuba ne seraient plus accompagnés de leur famille ni de personnes à charge, en raison de l’incertitude persistante concernant ce mal.

Le plus récent cas concerne un diplomate arrivé l’été dernier et qui a signalé, le 29 décembre, les symptômes de la maladie mystérieuse — nausées, vertiges, maux de tête et troubles de la concentration.

Le fait qu’un diplomate récemment installé à Cuba a fait état de symptômes souligne la probabilité que la maladie non diagnostiquée qui a affecté les diplomates canadiens et américains constitue toujours une menace.

En novembre, un treizième Canadien a signalé des symptômes, déclenchant une nouvelle série d’examens de santé ayant révélé le cas suivant en décembre. Le cas en novembre était le premier à être signalé depuis octobre 2017, ont indiqué des responsables.

«Ces récents cas confirmés démontrent que ces incidents ont toujours cours», a indiqué un responsable.

La Gendarmerie royale du Canada mène une enquête sur la cause de ce mal qui a affecté des diplomates en poste et des membres de leur famille, mais aussi plusieurs diplomates américains à La Havane.

La cause de ce mal demeure mystérieuse et les responsables canadiens affirment que le gouvernement cubain, frustré par ces événements, apporte sa collaboration.

Cependant, ces incidents ont aggravé les relations déjà tendues entre Cuba et les États-Unis. Le gouvernement cubain a déclaré que le gouvernement Trump profitait de la situation pour annuler de nouvelles mesures instaurées par le gouvernement Obama afin de renouer le dialogue avec son voisin insulaire des Caraïbes après cinq décennies de tensions remontant au plus fort de la guerre froide.

Les États-Unis ont retiré la majorité de leur personnel diplomatique non essentiel en septembre 2017, mais pas le Canada.

Des responsables ont affirmé que le gouvernement avait évalué les éléments de preuve dans sa décision de réduire progressivement l’empreinte diplomatique du Canada à Cuba, qui accueille en moyenne un million de touristes canadiens par année.

«Rien ne démontre un danger pour les voyageurs canadiens à Cuba», a affirmé mercredi Affaires mondiales Canada, ajoutant que les voyageurs devraient continuer à consulter les avis du gouvernement.

Les responsables canadiens ont déclaré coopérer pleinement avec leurs homologues américains, tout en refusant de dire si la discorde entre les Cubains et les Américains a un effet sur la recherche de la cause mystérieuse.

Les spéculations ont porté sur des attaques acoustiques ou à micro-ondes, des contaminants inconnus et même des grillons. Les responsables ont pratiquement exclu les facteurs environnementaux — tels que les toxines dans l’air, le sol ou l’eau — et ne soupçonnent plus une attaque sonique.