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Autour du globe, 24 octobre 2019

Monde

Ambulance folle en Norvège: la piste terroriste s’éloigne

OSLO — La piste d’une attaque terroriste semble s’éloigner au lendemain de la course folle d’une ambulance volée qui a renversé et légèrement blessé quatre personnes à Oslo et relève vraisemblablement de la criminalité ordinaire, ont annoncé mercredi les services de sécurité norvégiens.

Mardi en milieu de journée, un homme armé s’était emparé d’une ambulance et avait «délibérément», selon la police, fauché des passants sur un trottoir dans un quartier résidentiel de la capitale norvégienne, y compris deux jumeaux en bas âge dans un landau.

L’incident n’a fait que des blessés sans gravité.

L’individu, un homme de 32 ans ayant de nombreux antécédents judiciaires selon la police, avait été arrêté peu après. Certains médias norvégiens lui prêtaient des liens avec les milieux d’extrême droite.

«Tel qu’on voit les choses maintenant, c’est vraisemblablement un cas de criminalité ordinaire qui n’est pas de notre ressort», a déclaré à l’AFP Martin Bernsen, porte-parole des services de sécurité intérieure (PST) chargés notamment de la lutte antiterroriste.

«À ce stade, nous ne traitons pas cela comme une affaire terroriste», a-t-il ajouté, précisant cependant que l’enquête ne faisait que commencer.

La police a retrouvé deux armes à feu, un fusil de chasse et un pistolet mitrailleur Uzi, ainsi qu’une grosse quantité de stupéfiants dans l’ambulance volée.

L’avocat du suspect a de son côté rejeté les affirmations de la police selon qui l’homme avait renversé des passants délibérément. «Son seul but était de ne pas être arrêté», a déclaré Øyvind Bergøy Pedersen au journal Verdens Gang (VG). Le conseil a aussi rejeté les allégations de liens entre son client et les milieux d’extrême droite.

Une femme de 25 ans a aussi été arrêtée dans le cadre de cette affaire.

La Norvège a été la cible de plusieurs attaques terroristes d’extrême droite, notamment un double attentat perpétré par Anders Behring Breivik, qui avait tué 77 personnes le 22 juillet 2011.

Aucune attaque réussie d’extrémistes islamistes n’a eu lieu sur son sol à ce jour.

Monde

39 corps découverts dans un camion au Royaume-Uni

GRAYS - Trente-neuf corps, dont celui d’un adolescent, ont été découverts mardi dans une zone industrielle à l’est de Londres dans un camion dont le chauffeur a été arrêté, entraînant de nombreux appels à renforcer la lutte contre les passeurs de migrants.

Selon les premiers éléments de l’enquête, le camion, découvert à Grays dans l’Essex, à environ 35 km de Londres, «est de Bulgarie». Les autorités n’ont pas donné plus de précisions.

Il était entré au Royaume-Uni samedi à Holyhead, port situé sur la côte ouest de la Grande-Bretagne et desservant l’Irlande.

Aucune indication n’a été apportée dans l’immédiat sur l’origine des victimes ni sur le fait de savoir s’il s’agissait de migrants. Nombre d’entre eux tentent de rejoindre le Royaume-Uni ces dernières années en se cachant dans des remorques de camion ou en utilisant des embarcations pour traverser la Manche.

«La sécurité et les contrôles ont été renforcés à Douvres et Calais, il peut donc être considéré comme plus facile de partir de Cherbourg ou Roscoff vers (le port irlandais de) Rosslare, puis par la route jusqu’à Dublin», d’où partent les ferries vers Holyhead, a relevé un responsable de la fédération du transport routier d’Irlande du Nord, Seamus Leheny, cité par l’agence Press Association.

Camion frigorifique

La police a été alertée peu avant 1H40 locales (00H40 GMT) par les services de secours, qui ont découvert les victimes. Il s’agirait de 38 adultes et d’un adolescent. Le chauffeur du camion, originaire d’Irlande du Nord et âgé de 25 ans a été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour meurtre, selon la police.

Un cordon de sécurité a été mis en place et les accès de la zone industrielle de Waterglade, où le camion a été découvert, ont été fermés. Sur place, un semi-remorque frigorifique était examiné par des experts de la police scientifique en combinaison blanche.

Le premier ministre britannique Boris Johnson s’est dit «horrifié» par cet événement «tragique». Le dirigeant de l’opposition, Jeremy Corbyn, a évoqué une «incroyable tragédie humaine».

L’identification des victimes constitue la «priorité numéro un», a déclaré à la presse la cheffe adjointe de la police de l’Essex, Pippa Mills.

Jointes par l’AFP, les autorités bulgares ont indiqué qu’elles attendaient de plus amples informations de la part de Londres.

«Business ignoble»

Selon la ministre de l’Intérieur Priti Patel, les services de l’immigration travailleront «étroitement» avec la police pour établir comment «cet événement horrible a pu se produire».

Répondant aux députés qui l’interrogeant à la Chambre des communes sur les questions de trafic d’êtres humains et des filières d’immigration clandestine, la ministre a déclaré que «ce à quoi nous assistons aujourd’hui est l’un des plus horribles crimes contre l’Humanité et contre les personnes».

En attendant d’avoir «les détails complets sur ce qui s’est passé», il convient de laisser travailler la police et ensuite «regarder ce que l’on peut faire de plus pour empêcher que de tels événements se produisent de nouveau», a-t-elle ajouté.

«Tous les trafiquants d’être humains devraient être pourchassés et poursuivis», a estimé Boris Johnson.

Jackie Doyle-Price, députée de la circonscription, s’est dite «écoeurée». «Le trafic d’êtres humains est un business ignoble et dangereux», a-t-elle ajouté, espérant que «ces meurtriers» soient traduits en justice.

Selon Gerald Tatzgern, chef de l’Office autrichien de lutte contre le trafic d’êtres humains, le nombre de migrants empruntant la «route des Balkans» est «relativement élevé» actuellement. Un drame comme celui de mercredi «est justement ce que je craignais», a-t-il déclaré.

En juin 2000, 58 clandestins chinois étaient morts asphyxiés dans un camion au port de Douvres. Le chauffeur néerlandais a été condamné en 2002 à 14 ans de prison pour homicides involontaires trafic de clandestins.

En août 2015, 71 migrants, originaires de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan, en route pour l’ouest de l’Europe, étaient morts dans un camion frigorifique en Autriche.

Au pic de la crise des réfugiés, le drame avait ébranlé l’opinion publique internationale.

Le camion avait été découvert abandonné sur le bas-côté d’une autoroute autrichienne à la frontière hongroise.

Les quatre principaux trafiquants du réseau ont été condamnés à la prison à perpétuité.

Monde

La crise sociale au Chili expliquée

SANTIAGO DU CHILI — Des inégalités sociales chroniques, des pensions de retraite réduites, des coûts de santé et d’éducation élevés, des scandales de corruption au sein de l’armée et de la police et des mesures visant à intimider les étudiants contestataires, tels sont les ingrédients de la grave crise sociale qui secoue le Chili.

Inégalités chroniques

La politique économique du Chili est régulièrement louée et le revenu annuel par habitant, plus de 20 000 dollars, demeure le plus élevé d’Amérique latine. Mais le Chili est le pays qui connaît les plus importantes inégalités en Amérique du Sud.

«Les inégalités de revenus au Chili sont supérieures de plus de 65 % à la moyenne de l’OCDE», soulignait en 2018 l’Organisation de coopération et de développement économiques, dont ce pays est membre depuis 2010.

La fracture sociale entre une classe supérieure très riche, constituée par une vingtaine de familles seulement, et le reste de la population qui se contentait jusqu’à présent d’accéder à la consommation par le biais d’un endettement élevé est à la base de la soudaine explosion d’une colère contenue depuis des années.

«Il y a de plus en plus de personnes qui, quel que soit leur niveau de revenus, se sentent en dehors du pacte social», estime Marcelo Mella, un analyste politique à l’Université de Santiago.

Retraites réduites

Héritier d’un système mis en place sous la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990), un régime par capitalisation totalement individualisé pour les salariés est en vigueur pour les retraites. Défendu par les partisans de l’ultra-libéralisme économique, il est un au cœur des revendications des manifestants.

Avec ce système, les pensions des retraités sont pour la plupart inférieures au salaire minimum, tandis que les fonds de pension accumulent de gros bénéfices chaque année, ce qui scandalise de nombreux Chiliens.

Il y a un an, le président conservateur Sebastian Piñera a proposé au Parlement une réforme du système, qui prévoit notamment une contribution des employeurs.

Hausse des tarifs

La hausse du prix du billet de métro, l’étincelle qui a déclenché la colère de la rue, s’ajoute à d’autres augmentations récentes des coûts des services de base.

Début octobre, le gouvernement a ainsi augmenté de 10,5 % les tarifs de l’électricité. Parallèlement, les médicaments restent les plus chers dans la région, alors que le système de santé, privatisé, ne couvre que 60 % des frais médicaux.

Corruption 

Autre sujet de mécontentement, la multiplication des affaires de corruption, dans une société qui s’est longtemps glorifiée de la transparence de sa vie publique.

Des institutions jusque-là jugées au-dessus de tout soupçon, comme l’armée et la police, sont au cœur de la tempête. Une affaire de détournement de 40 millions de dollars depuis 2006 secoue la police. Quant à l’armée, deux de ses derniers commandants en chef sont renvoyés devant la justice pour corruption.

De grandes entreprises sont également concernées, à l’image du papetier CMPC qui a accepté de verser une très importante amende après avoir reconnu s’être entendu avec d’autres entreprises pour augmenter le prix du papier toilette.

Intimidation contre les étudiants

Après que de gigantesques manifestations d’étudiants contre un système éducatif à deux vitesses public-privé avaient fait trembler en 2011 le premier gouvernement de Sebastian Pinera (2010-2014), le mouvement étudiant n’a eu de cesse de dénoncer des campagnes visant à décrédibiliser ses actions.

Une loi a été approuvée fin 2018 par le Parlement qui permet d’expulser des établissements scolaires les élèves impliqués dans des troubles publics.

Le gouvernement cherche désormais à autoriser les contrôles d’identité des jeunes à partir de 14 ans.

Monde

Ouverture d'un procès inédit contre ExxonMobil, avec Rex Tillerson en vedette

NEW YORK — ExxonMobil a-t-il trompé les actionnaires sur les risques liés au changement climatique? Un procès inédit s'est ouvert mardi opposant le géant pétrolier au procureur démocrate de New York, dont l'ex-secrétaire d'État américain Rex Tillerson devrait être le témoin vedette.

Les audiences dans ce procès qualifié d'«historique» par plusieurs experts en droit environnemental, résultat de quatre ans d'enquête du procureur, promettent d'être suivies de près par l'industrie pétrolière comme par les militants de l'environnement, dont plusieurs se trouvaient mardi dans la salle d'audience.

Autour du globe, 23 octobre 2019

Monde

Un témoignage «explosif» contre Trump

WASHINGTON — Un diplomate américain en poste à Kiev a livré mardi devant le Congrès un témoignage «explosif» dans l’affaire ukrainienne, plaçant Donald Trump, qui est sous la menace d’une procédure de destitution, dans une situation particulièrement délicate.

Très remonté, le président américain a de son côté comparé la procédure le visant à un «lynchage», mot lourd de sens aux États-Unis, où il est associé aux meurtres de Noirs par des Blancs aux XIXe et XXe siècles, essentiellement dans le Sud.

Les élus de la Chambre des représentants cherchent à déterminer si Donald Trump a utilisé la politique étrangère américaine à des fins politiques personnelles. Concrètement, ils veulent comprendre si le président américain a fait pression sur l’Ukraine, chantage économique à l’appui, pour que ce pays enquête sur son rival démocrate Joe Biden.

Selon le Washington Post, Bill Taylor, chargé d’affaires américain en Ukraine, a renforcé mardi, lors d’un témoignage à huis clos, les soupçons pesant contre le locataire de la Maison-Blanche.

Il a relaté que Gordon Sondland, ambassadeur américain auprès de l’Union européenne (UE), lui avait clairement indiqué que M. Trump avait lié le déblocage d’une aide à l’Ukraine à l’annonce par Kiev d’une enquête visant le fils de M. Biden, qui fut au conseil d’administration d’une entreprise ukrainienne.

M. Sondland «m’a dit [...] que tout était lié à une telle annonce, y compris l’aide économique», a-t-il raconté, selon le quotidien.

«Ce que j’ai entendu aujourd’hui de la part de Bill Taylor était très troublant et explosif», a tweeté l’élu démocrate du Congrès Adriano Espaillat. «C’était tout simplement le témoignage le plus accablant que j’ai entendu», a surenchéri l’élue Debbie Wasserman Schultz, également démocrate.

Dans un message daté de début septembre adressé à M. Sondland, M. Taylor s’inquiétait ouvertement des pressions exercées par la Maison-Blanche sur la présidence ukrainienne.

Je «trouve ça dingue de suspendre l’aide sécuritaire en échange d’un coup de main pour une campagne politique», écrivait-il.

Un mot «regrettable» et «grotesque»

Quelques heures avant le témoignage de Bill Taylor, M. Trump s’était plus que jamais posé en victime.

«Un jour, si un démocrate devient président et que les républicains remportent la Chambre des représentants, même avec une toute petite marge, ils peuvent lancer une procédure de mise en accusation du président, même sans respect des procédures, sans équité ou sans droits», avait tweeté le milliardaire républicain.

«Tous les républicains doivent se souvenir de ce à quoi ils assistent ici : un lynchage».

Le tweet matinal a suscité de très vives réactions dans la capitale fédérale américaine, pourtant habituée aux déclarations volontairement provocatrices de l’ancien homme d’affaires de New York.

Fait remarquable, Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, qui se tient le plus souvent à l’écart de toute critique du président, a exprimé son désaccord. «Compte tenu de l’histoire de notre pays, je ne comparerais pas cela à un lynchage», a-t-il déclaré, déplorant un choix de mots «regrettable».

«C’est un mot qu’aucun président ne devrait utiliser pour lui-même», a réagi le démocrate James Clyburn sur CNN. «Je viens du Sud. Je connais l’histoire de ce mot. C’est un mot qu’il faut utiliser avec beaucoup, beaucoup de prudence», a ajouté l’élu afro-américain.

«J’ai étudié avec attention l’histoire présidentielle, nous n’avons jamais rien vu de tel», a-t-il encore dit, soulignant que les trois autres présidents américains ayant été visés par une procédure de mise en accusation — Andrew Johnson, Richard Nixon et Bill Clinton — n’avaient jamais fait de telles références.

«Un lynchage? 4743 personnes ont été lynchées aux États-Unis entre 1882 et 1968, parmi lesquels 3446 Afro-Américains», a réagi Kristen Clarke, présidente d’une association de défense des droits civiques. Et de souligner que les lynchages furent un chapitre «répugnant» de l’histoire américaine.

«Le président n’est pas une victime [...]. Établir un parallèle entre la situation difficile dans laquelle il se trouve et un lynchage est grotesque», a réagi Jeb Bush, frère et fils d’anciens présidents républicains, et candidat à la primaire républicaine en 2016.

La Maison-Blanche a défendu l’utilisation de ce mot en assurant que le président ne faisait pas de référence historique. «Le président n’essayait pas du tout de se comparer à l’histoire terrible de ce pays», a déclaré Hogan Gidley, porte-parole de l’exécutif.

Monde

L’ancien président américain Jimmy Carter hospitalisé

ATLANTA — L’ancien président Jimmy Carter est à nouveau à l’hôpital après avoir fait une chute et s’être fracturé le bassin chez lui à Plains, en Géorgie.

La porte-parole du centre Carter, Deanne Congileo, a qualifié la fracture de mineure dans un communiqué publié mardi. Elle a ajouté que l’homme de 95 ans était de bonne humeur au centre médical Phoebe Sumter et était impatient de se rétablir à la maison après sa chute de lundi soir.

C’est la troisième fois que M. Carter fait une chute au cours des derniers mois. Il est tombé pour la première fois au printemps et a dû subir une chirurgie de remplacement de la hanche. Il est tombé à nouveau ce mois-ci et, malgré 14 points de suture, s’est rendu le lendemain à Nashville, dans le Tennessee, pour rassembler une équipe de bénévoles et participer à la construction d’une maison pour Habitat pour l’humanité.

M. Carter est l’ancien président le plus âgé de l’histoire des États-Unis.

Monde

Le nouvel empereur du Japon proclame son intronisation [PHOTOS]

TOKYO — L’empereur Naruhito du Japon a solennellement proclamé mardi son intronisation au cours d’une somptueuse cérémonie au palais impérial de Tokyo en présence de 2000 invités, dont des chefs d’État et des dignitaires de quelque 180 pays.

«Ayant précédemment hérité du trône en vertu de la Constitution et de la loi sur la Maison impériale (...), à l’adresse du pays et du monde, je proclame mon intronisation», a déclaré Naruhito, aux côtés de l’impératrice Masako, tous les deux en tenues traditionnelles réservées pour ce rituel exceptionnel.

Naruhito, 59 ans, est devenu le 126e souverain du Japon le 1er mai dernier au lendemain de l’abdication de son père Akihito pour des raisons de santé. Mais la succession sur le trône du Chrysanthème est un long processus, dont le point d’orgue est la proclamation officielle de l’intronisation.

«Je promets ici que je prierai toujours pour le bonheur du peuple japonais et la paix mondiale», a-t-il ajouté, faisant également part de son engagement à se tenir «aux côtés de la population pour remplir (ses) obligations de symbole de la Nation et (de maintien) de l’unité du peuple du Japon».

La cérémonie millimétrée, seulement rythmée par de brefs coups de gongs et roulements de tambour, s’est déroulée dans la «salle des Pins» du palais, en présence de membres de la famille impériale en tenues traditionnelles et longues traînes chatoyantes, du chef du gouvernement et des plus hauts responsables du Parlement et de la Cour suprême.

Le reste des hôtes suivaient la cérémonie à partir d’autres salles.

Juste avant le bref discours du souverain, l’empereur et l’impératrice étaient apparus immobiles et debout sous les baldaquins de leurs trônes respectifs, quand des officiels appelés «jiju» avaient tiré les rideaux violets tombant de ces imposantes structures en bois laqué placées sur deux estrades séparées.

Le premier ministre Shinzo Abe a présenté à Naruhito ses félicitations au nom de la population.

Face à l’empereur, M. Abe a ensuite crié trois fois «Banzai !» en levant les bras au ciel, une exclamation signifiant littéralement «10.000 ans» (traduisible par «Longue vie à l’empereur»). Les hôtes japonais ont fait de même.

Plusieurs coups de canon ont été tirés à l’extérieur, faisant légèrement trembler l’édifice avant que les rideaux ne dissimulent à nouveau Naruhito et Masako pour marquer la fin à la cérémonie.

Un premier cérémonial lié aux croyances shinto a eu lieu à huis clos mardi matin : le souverain a alors «informé» ses ancêtres impériaux de son intronisation.

Autour du globe, 22 octobre 2019

Monde

Un Européen sur la Lune? Peut-être dans dix ans

WASHINGTON — La NASA veut renvoyer des humains sur la Lune, mais est ouverte à des participations internationales, ce qui pourrait permettre pour la première fois de l'histoire à des non-Américains de marcher sur la Lune, ont indiqué lundi des chefs d'agences spatiales réunis à Washington.

«Il y a beaucoup de place sur la Lune, et nous avons besoin de tous nos partenaires internationaux pour aller sur la Lune», a dit le chef de l'agence spatiale américaine, Jim Bridenstine, lors d'une conférence de presse au premier jour du 70e Congrès astronautique international, grand rendez-vous annuel du monde spatial.

Monde

Facebook bloque une opération russe contre les élections de 2020

SAN FRANCISCO — Facebook a renforcé ses mesures de sécurité en vue des élections américaines de 2020, après avoir déjoué une nouvelle tentative russe de manipuler l'opinion, visant notamment des candidats démocrates comme Joe Biden.

Le réseau social dominant a annoncé lundi avoir bloqué quatre campagnes d'influence menées par des groupes qui se faisaient passer pour des utilisateurs des plateformes (Facebook et Instagram) et étaient soutenues par des États, l'Iran et la Russie.

Monde

Opiacés: quatre géants pharmaceutiques évitent un procès

CLEVELAND — Quatre sociétés pharmaceutiques ont trouvé lundi un accord à l’amiable leur permettant d’éviter un procès fédéral inédit sur la crise des opiacés qui ravage les États-Unis, en attendant un accord plus large qui pourrait se chiffrer en dizaines de milliards de dollars pour l’industrie.

Les avocats des centaines de collectivités locales qui poursuivent en justice laboratoires et distributeurs de médicaments antidouleur aux opiacés ont confirmé qu’un accord avait été trouvé in extremis entre les distributeurs Cardinal Health, McKesson, AmerisourceBergen et le laboratoire israélien Teva, d’une part, et deux comtés de l’Ohio, dont les plaintes devaient être examinées en premier dans le cadre d’un procès-test, d’autre part.

L’accord prévoit le versement de quelque 215 millions de dollars par ces grands distributeurs et 45 millions par Teva, qui fabrique des médicaments opiacés génériques, sous forme de cash et de médicaments utilisés dans le traitement des dépendances, selon le Wall Street Journal.

«L’accord proposé permettra des progrès importants pour endiguer la crise, en apportant des ressources aux programmes de traitement des dépendances aux opiacés» des deux comtés, ont déclaré les avocats des territoires concernés.

«Nous sommes de tout cœur avec les familles qui souffrent de cette crise», a déclaré Ilene Shapiro, responsable d’un des deux comtés concernés. «Nous essayons de faire tout notre possible pour aider ces familles à se reconstruire, à retrouver la santé et à tourner la page».

«Pas de solution globale»

Ce procès, qui devait s’ouvrir lundi matin, aurait été le premier procès fédéral à examiner les responsabilités de l’industrie pharmaceutique dans cette crise de santé publique qui a fait plus de 400 000 morts par overdose depuis 20 ans, selon les chiffres des Centres américains de prévention des maladies (CDC).

Un seul procès, dans l’État de l’Oklahoma, a eu lieu pour l’instant dans cette crise, avec Johnson & Johnson seul au banc des accusés. Le géant du New Jersey avait été condamné en août à quelque 570 millions de dollars de dommages et intérêts pour compenser les conséquences de la crise dans cet État du Midwest.

Monde

La fronde sociale ne faiblit pas au Chili

SANTIAGO DU CHILI — La fronde sociale s’est poursuivie lundi au Chili dans un climat toujours tendu, poussant le président Sebastian Piñera à annoncer une réunion des partis politiques mardi dans l’espoir de trouver une sortie à cette crise aussi violente qu’inédite.

Au quatrième jour de manifestations et d’émeutes qui ont fait douze morts dans ce pays de 18 millions d’habitants réputé pour sa stabilité ces dernières années, des milliers de personnes se sont rassemblées lundi sur la plaza Italia, dans le centre de Santiago.

«Dehors les militaires !» criaient des manifestants à l’adresse des soldats et policiers déployés en nombre. «Le Chili s’est réveillé, le Chili s’est réveillé !» chantaient d’autres protestataires, en tapant sur des casseroles avec plus de force chaque fois qu’un hélicoptère militaire survolait la foule.

«Il va y avoir du sang. Ils nous ont fermé toutes les portes», redoutait Adrian Castillo, un dentiste de 30 ans, brandissant une pancarte demandant le départ du chef de l’État, Sebastian Piñera. «Les gens en ont marre, ils sont fatigués, ils sont en colère parce que c’est trop», estimait Solange, une enseignante à Santiago.

Malgré quelques échauffourées, la manifestation s’est globalement déroulée dans le calme dans la capitale. Des heurts ont toutefois éclaté lors de rassemblements dans plusieurs grandes villes du pays, à Valparaiso, Concepcion et Maipu notamment.

Dans un message à la nation lundi soir, le président conservateur Sebastian Piñera a annoncé une réunion mardi avec l’ensemble des forces politiques chiliennes en vue de trouver une issue à la crise.

«Demain, je me réunirai avec les présidents des partis, aussi bien du gouvernement que de l’opposition, pour explorer et j’espère avancer vers un accord social qui nous permette de nous rapprocher tous unis, avec rapidité, efficacité et responsabilité, vers de meilleures solutions aux problèmes qui affectent les Chiliens», a déclaré le chef de l’État.

Troisième nuit de couvre-feu 

M. Piñera avait évoqué dimanche un pays «en guerre». Quelques jours avant la crise, il qualifiait encore le Chili d’«oasis» de stabilité en Amérique latine.

Les quelque 7,6 millions d’habitants de Santiago passaient une troisième nuit sous couvre-feu, de 20h à 6h.

«Il faut à nouveau décréter un couvre-feu qui concernera toute la région métropolitaine» de Santiago, a déclaré le général Javier Iturriaga, chargé d’assurer la sécurité publique depuis l’éclatement des troubles vendredi.

Le bilan des personnes tuées dans des incendies et des pillages est monté à douze, après le décès lundi d’un jeune homme de 23 ans, renversé par un camion militaire après le saccage d’une entreprise dans le port de Talcahuano (sud).

Un total de 239 civils ont été blessés, ainsi qu’une cinquantaine de policiers et militaires.

L’état d’urgence en vigueur depuis vendredi soir dans la capitale concerne dorénavant neuf autres des 16 régions du pays. Près de 10.000 policiers et soldats ont été déployés. C’est la première fois que des militaires patrouillent dans les rues depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990).

Selon les autorités, 2.151 personnes ont été arrêtées dans tout le pays.

Commerces incendiés 

Les manifestations ont débuté vendredi pour protester contre une hausse -- de 800 à 830 pesos (environ 1,50 $CAN) -- des tickets de métro, une mesure finalement suspendue par le chef de l’État.

Les émeutes se sont toutefois poursuivies, nourries par la colère face aux conditions socio-économiques et aux inégalités dans ce pays de 18 millions d’habitants loué pour sa stabilité économique et politique, mais où l’accès à la santé et à l’éducation relèvent presque uniquement du secteur privé.

Après trois jours de paralysie, des Chiliens ont tenté lundi de reprendre leurs activités, avec de longues files d’attente pour s’approvisionner en essence et en denrées diverses, alors que des dizaines de supermarchés, de véhicules et de stations-service ont été saccagés ou incendiés.

De nombreux employés ont renoncé à se rendre à leur travail et les cours ont été suspendus dans la quasi-totalité des écoles et universités de la capitale.

Le métro, par lequel transitent environ trois millions de passagers par jour, est fermé depuis vendredi après le saccage de 78 stations et des dégâts évalués à plus de 300 millions de dollars. Seule l’une des sept lignes a rouvert partiellement lundi.

«On pouvait le voir venir. Le gouvernement n’a rien fait, ce n’est pas seulement le ticket de métro qui a déclenché cette situation et qui a mené au vandalisme. Le gouvernement doit prendre des mesures énergiques pour améliorer les salaires, la santé et les retraites», se plaignait lundi à l’AFP Carlos Lucero, 30 ans, un vendeur de sandwiches de la capitale.

Selon les autorités, quelque 20 000 emplois ont été directement affectés par les destructions et la bourse de Santiago a dévissé lundi, perdant plus 4 % à la clôture.

Monde

Brexit : Johnson empêché de faire adopter son accord

LONDRES — Le premier ministre britannique Boris Johnson s’est vu refuser lundi un vote du Parlement sur l’accord de Brexit décroché la semaine dernière à Bruxelles, prolongeant la confusion à dix jours de la date prévue pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

En vertu du principe selon lequel un même texte ne peut être débattu plusieurs fois lors d’une même session parlementaire, le président de la Chambre des communes John Bercow a refusé que les députés votent sur l’accord de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Il faudra donc attendre l’étude des textes d’application, plus complexes, pour savoir si le Parlemennt britannique donne son feu vert au compromis, compliquant la tâche des Européens qui doivent se prononcer sur un possible nouveau report du divorce.

La motion qu’avait présentée le gouvernement «ne sera pas débattue», a expliqué le président de la chambre des Communes John Bercow, jugeant qu’il serait «répétitif» de voter de nouveau sur le sujet.

Pour éviter un «no deal» le 31 octobre, Londres a décroché un nouvel accord de divorce avec l’Union européenne la semaine dernière, mais n’est pas parvenu à obtenir le soutien du Parlement britannique samedi. Les députés ont adopté, par une majorité de 16 voix, un amendement qui reporte l’approbation du Parlement, le temps que soit adoptée toute la législation nécessaire à la mise en oeuvre de l’accord de Brexit de Boris Johnson.

Cet amendement avait pour but d’empêcher une sortie sans accord «accidentelle» si ces textes complexes n’étaient pas votés et promulgués à temps, selon son auteur.

Le premier ministre a par conséquent été contraint de demander un report de la date de sortie, pour l’heure prévue au 31 octobre, une requête en cours d’examen à Bruxelles.

Mais le dirigeant conservateur, farouchement opposé à tout nouveau report du Brexit, initialement prévu le 29 mars et déjà repoussé deux fois, a accompagné cette demande d’une lettre expliquant pourquoi il ne veut pas de nouveau délai.

«Court report technique»

Si le gouvernement ne parvient pas à faire ratifier le texte dans les temps, «un court report technique» est possible, a déclaré lundi à Berlin le ministre des Affaires étrangères allemand, Heiko Maas.

Paris a répété qu’un «délai supplémentaire» ne «serait dans l’intérêt de personne». La décision devra être prise à l’unanimité par les dirigeants européens.

Déterminé malgré tout à tenir sa promesse d’un Brexit le 31 octobre, le gouvernement de Boris Johnson compte faire passer au Parlement le plus rapidement possible les textes de loi nécessaires à l’entrée en vigueur de l’accord, quitte à faire siéger les parlementaires le soir ou le week-end.

Il estime avoir une majorité pour soutenir son accord, qui règle les conditions du divorce après 46 ans de vie commune, permettant une sortie en douceur assortie d’une période de transition courant au moins jusqu’à fin 2020.

Plus de trois ans après le référendum de 2016 qui a vu 52% des Britanniques soutenir le camp du «Leave», l’opinion et les parlementaires restent cependant très divisés, même au sein du Parti conservateur de Boris Johnson.

«Ruiner le Brexit»

Et l’opposition compte bien mettre des bâtons dans les roues du gouvernement, en présentant des amendements.

Keir Starmer, chargé du Brexit au sein du Labour, a déclaré dimanche à la BBC que l’accord de Brexit devait être soumis au vote des Britanniques lors d’un référendum, un scrutin en faveur duquel des centaines de milliers de personnes ont manifesté à Londres samedi.

Le Parti travailliste va aussi pousser en faveur d’un amendement contraignant Londres à demander à l’UE de rester dans une union douanière, ce qui «nous ramènerait à la case départ», a mis en garde la ministre du Commerce Liz Truss dans les colonnes du Daily Telegraph. Cette option avait en effet été examinée puis rejetée par le Parlement il y a quelques mois.

«Si nous ne partons pas (de l’UE) ce sera parce que le Parlement a empêché le gouvernement de faire ce à quoi il s’était engagé», a déclaré un ministre haut placé au quotidien The Times, estimant que la seule façon de sortir de l’impasse était d’organiser des élections anticipées afin de redonner une majorité au chef du gouvernement.

Monde

Julian Assange, confus et bredouillant, devant la justice à Londres

LONDRES — Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, accusé d’espionnage par Washington et menacé d’extradition vers les États-Unis a semblé désorienté lundi lors de sa première apparition en public depuis six mois, bredouillant lors d’une audience à Londres.

L’Australien de 48 ans, rasé de près et vêtu d’un pull bleu, d’une chemise blanche et d’une veste bleue, a comparu devant le tribunal de Westminster, qui examinait la date d’une prochaine audience d’extradition.

M. Assange a semblé avoir des difficultés à se rappeler sa date de naissance et déclaré à la juge Vanessa Baraitser à la fin de l’audience qu’il n’avait pas compris ce qui s’était passé. Il s’est aussi plaint de ses conditions de détention à la prison londonienne de haute sécurité de Belmarsh.

«Je ne peux accéder à aucun de mes écrits, c’est très difficile de faire quoi que ce soit», a-t-il dit d’une voix à peine audible, expliquant aussi lutter contre des «gens (avec) des ressources illimitées».

«Je ne peux pas penser correctement», a-t-il aussi déclaré dans la salle d’audience où s’étaient rassemblés de nombreux soutiens, dont l’ancien maire de Londres Ken Livingstone.

Son avocat, Mark Summers, a accusé l’État américain de s’être «immiscé dans des discussions privilégiées entre M. Assange et ses avocats à l’ambassade» d’Équateur, où M. Assange s’était réfugié, et d’avoir «illégalement copié (le contenu de) leurs téléphones et ordinateurs».

La juge a rejeté la demande de l’avocat d’accorder plus de temps pour rassembler des preuves et fixé une prochaine audience de procédure au 19 décembre, avant une audience sur la demande d’extradition en février.

Avant l’audience, quelques dizaines de personnes, dont des «gilets jaunes» venus de France - ont manifesté devant le tribunal, scandant «Libérez Julian Assange» et tenant une pancarte proclamant «N’extradez pas Assange».

En 2012, Julian Assange, qui faisait l’objet de poursuites en Suède pour viol, s’était réfugié dans l’ambassade d’Équateur à Londres pour éviter d’être extradé vers la Suède ou vers les États-Unis, en raison de la publication de documents secrets américains par son site internet.

Après sept ans passés dans la représentation diplomatique, il en avait été délogé par la police britannique le 11 avril, avec l’autorisation de Quito.

Il avait été immédiatement placé en détention puis condamné à une peine de 50 semaines de prison le 1er mai pour violation des conditions de sa liberté provisoire.

Julian Assange encourt une peine allant jusqu’à 175 ans d’emprisonnement aux États-Unis, qui lui reprochent d’avoir mis en danger certaines de leurs sources lors de la publication en 2010 par WikiLeaks de 250 000 câbles diplomatiques et d’environ 500 000 documents confidentiels portant sur les activités de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan.

Fin mai, la justice américaine a ajouté plusieurs chefs à son acte d’inculpation, dont la plupart portent sur des violations des lois anti-espionnage, ce qui a suscité les critiques des défenseurs de la liberté de la presse.

Monde

Chili : paralysie et craintes à Santiago après trois jours d'émeutes meurtrières

SANTIAGO DU CHILI — Avec des transports publics quasiment à l’arrêt, des magasins pour la plupart fermés et des militaires patrouillant dans les rues, Santiago était paralysée lundi et redoutait de nouvelles violences après trois jours d’émeutes et de pillages qui ont fait sept morts au Chili.

Il s’agit de la pire explosion sociale depuis des décennies dans un pays jugé «en guerre» par son président Sebastian Piñera.

Les étudiants ont appelé à de nouvelles manifestations pour lundi et les quelque 7,6 millions d’habitants de la capitale chilienne ont vécu leur deuxième nuit consécutive sous couvre-feu, décrété entre 19 h 00 et 06 h 00 locales.

L’état d’urgence parallèlement en vigueur depuis vendredi soir dans la capitale concerne dorénavant neuf autres des 16 régions du pays. Près de 10 000 policiers et soldats ont été déployés. C’est la première fois que des militaires arpentent les rues depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990).

Selon les autorités, 1462 personnes ont été arrêtées, dont 644 dans la capitale et 848 dans le reste du pays.

«Nous sommes en guerre contre un ennemi puissant, implacable, qui ne respecte rien ni personne et qui est prêt à faire usage de la violence et de la délinquance sans aucune limite», a déclaré M. Piñera dimanche soir à la presse.

«Demain (lundi) sera une journée difficile», a poursuivi le président qui, quelques jours avant la crise, qualifiait son pays d’« oasis» dans la région.

Il a demandé aux transporteurs privés d’aider aux déplacements. Dimanche, les prix des taxis et VTC s’envolaient à Santiago, où les transports publics sont quasiment paralysés.

Le métro, par lequel transitent environ trois millions de passagers par jour, est fermé depuis vendredi après le saccage de 78 stations et des dégâts évalués à plus de 300 millions de dollars. Seule l’une des sept lignes devrait rouvrir lundi. Le réseau de bus ne fonctionnait que partiellement dimanche.

Gilets jaunes

Bus et stations de métro ont été particulièrement ciblés par les manifestations violentes, outre des dizaines de supermarchés, de véhicules et de stations-service saccagés ou incendiés. La plupart des magasins sont restés fermés dimanche.

Les cours ont été suspendus dans les établissements scolaires de 48 des 52 districts de Santiago. À l’aéroport de la capitale, des milliers de voyageurs dont les vols ont été annulés ou retardés ont passé la nuit bloqués par le couvre-feu et l’absence de transports publics.

Dans plusieurs quartiers de Santiago, des habitants s’étaient organisés pour éviter de nouveaux saccages. Avec l’autorisation des forces de l’ordre, ils ont monté une garde de nuit devant des magasins et effectué des rondes, armés de bâton et vêtus de gilets jaunes à l’image du récent mouvement social en France.

«L’idée c’est de nous organiser et nous reconnaître entre voisins, d’où les gilets jaunes. Certains voulaient piller et nous nous sommes organisés pour nous défendre», a expliqué Priscila, une habitante du district de Macul (est), à la télévision 24 horas.

Émeutes et pillages ont fait sept morts durant le week-end à Santiago, dont cinq dans l’incendie d’une usine de vêtements et deux dans l’incendie d’un supermarché. Trois personnes ont également été grièvement blessées.

Footballeurs

Plusieurs footballeurs internationaux chiliens ont appelé à «écouter le peuple». «Les politiques s’il vous plait, écoutez le peuple pour une fois!!! Nous voulons des solutions MAINTENANT!!!», a tweeté la star chilienne Arturo Vidal, milieu du FC Barcelone.

«Maintenant, c’est le moment des réponses, des solutions», a publié Claudio Bravo, capitaine de la sélection chilienne et gardien remplaçant de Manchester City. «Écoutez le peuple et arrêtez de jouer avec lui», a demandé le joueur de Bologne (Italie) Gary Medel.

Les manifestations ont débuté vendredi pour protester contre une hausse — de 800 à 830 pesos (environ 1,50 $) — des tickets de métro. La mesure a été suspendue samedi par M. Piñera et devrait être approuvée lundi par les sénateurs après les députés dimanche.

Les émeutes se sont toutefois poursuivies, nourries par la colère face aux conditions socio-économiques et aux inégalités dans ce pays loué pour sa stabilité économique et politique, mais où l’accès à la santé et à l’éducation relèvent presque uniquement du secteur privé.

«De l’extérieur, on ne pouvait voir que les réussites du Chili, mais à l’intérieur, il y a des niveaux élevés de fragmentation, de ségrégation […] La jeunesse en a eu marre et elle est sortie dans la rue pour montrer sa colère et sa déception», a expliqué à l’AFP Lucia Dammert, professeure à l’Université de Santiago du Chili.

Monde

Liban: le gouvernement annonce des réformes, sans calmer la colère de la rue

BEYROUTH — Confronté à une mobilisation populaire sans précédent, le gouvernement libanais a adopté lundi une série de réformes ambitieuses longtemps bloquées, mais les manifestants ont continué de crier leur colère face à une classe politique accusée d’avoir laissé couler le pays.

À l’issue d’un conseil des ministres extraordinaire, le premier ministre Saad Hariri a annoncé devant la presse l’adoption par la coalition gouvernementale qu’il dirige de «mesures essentielles et nécessaires».

Il a notamment promis un «budget 2020 sans impôts supplémentaires pour la population», une baisse de 50 % des salaires du président et des ex-présidents, des ministres et des députés, ainsi que de nouvelles taxes sur les banques.

M. Hariri a également annoncé des mesures rapides de lutte contre la corruption et a dit soutenir la revendication de législatives anticipées, réclamées par des foules réunies dans un élan inédit d’unité nationale dans ce petit pays multiconfessionnel du Proche-Orient.

«Du mensonge»

Retransmises en direct par haut-parleurs sur les lieux des rassemblements géants du centre de Beyrouth, les annonces de M. Hariri n’ont apparemment pas convaincu : elles ont été accueillies par les dizaines de milliers de manifestants aux cris de «Révolution, révolution» et «le peuple veut la chute du régime».

«Mensonge, c’est du mensonge», s’exclamait Chantal, une manifestante de 40 ans, un drapeau libanais dessiné sur le visage. «C’est de la poudre aux yeux. Qui peut garantir que ces réformes seront appliquées?».

S’adressant à la foule rassemblée dans les rues pour une cinquième journée consécutive, le premier ministre a fait profil bas. «Ces décisions n’ont pas été prises pour vous demander de cesser de manifester ou d’exprimer votre colère», a-t-il dit.

«Vous êtes la boussole, c’est vous qui avez fait bouger le Conseil des ministres, c’est votre mouvement qui a conduit aux décisions», a encore assuré M. Hariri.

Mais les appels au départ de toute la classe politique, jugée corrompue et incompétente sans exception, continuaient lundi soir de se faire entendre : «Tous, cela veut dire tous!». Et des dizaines de milliers de personnes étaient toujours rassemblées dans la nuit à Beyrouth comme à Tripoli, la grande ville du nord.

En début de soirée, des dizaines de manifestants se sont rassemblés devant la Banque du Liban (BDL), la banque centrale du pays. «La BDL représente le pouvoir politique, la corruption et les mauvaises politiques» publiques, a lancé à l’AFP l’un des manifestants, Mohamad Nahlé.

Dans un pays en partie paralysé, les banques seront fermées mardi pour le quatrième jour.

La colère populaire avait éclaté jeudi avec l’annonce surprise d’une nouvelle taxe sur les appels effectués via WhatsApp. La mesure a été rapidement annulée, mais la contestation a continué de grandir.

La mobilisation a atteint un pic dimanche, jour de repos, avec des centaines de milliers de manifestants dans les rues de tout le pays, du sud à majorité chiite aux villes chrétiennes, sunnites ou druzes du nord et de l’est.

Dans une ambiance festive, les manifestants s’en sont pris directement à des leaders longtemps craints ou appréciés. Fait aussi rare que marquant, ces slogans parfois insultants ont été scandés au cœur même de leurs fiefs.

Président du Parlement depuis près de 30 ans et chef du parti chiite Amal, Nabih Berri était ainsi fustigé pour s’être accroché depuis si longtemps au pouvoir. «Qu’y avait-il avant Nabih Berri? Adam et Eve!» pouvait-on lire sur une pancarte brandie dans la capitale.

Lundi soir, des dizaines de personnes défilant sur des motos en direction du centre de Beyrouth, certains arborant des drapeaux du Hezbollah, ont été stoppées par l’armée libanaise. Le Hezbollah et son allié Amal ont démenti toute responsabilité.

«Choc» 

Ces dernières années, le quotidien a continué de se dégrader pour les Libanais, toujours confrontés à d’incessantes coupures d’eau et d’électricité 30 ans après la fin de la guerre civile (1975-1990). Plus du quart de la population vit sous le seuil de pauvreté, d’après la Banque mondiale.

Dans son plan, M. Hariri a également prévu l’adoption, dans un délai de trois semaines, d’une première série de projets d’infrastructures programmés dans le cadre de la Conférence d’aide internationale au Liban (CEDRE) organisée en avril 2018 à Paris.

Le Liban s’était alors engagé à mener des réformes structurelles en contrepartie d’une aide de 11 milliards de dollars. Mais, faute de réformes, les fonds promis n’ont toujours pas été versés.

Pour l’économiste libanais Ghazi Wazni, ces annonces devraient au moins être appréciées par le Fonds monétaire international (FMI) et les agences de notation, qui ont récemment révisé la note sur la dette libanaise. «Elles sont globalement en phase avec les engagements du Liban pris à Paris», a-t-il dit à l’AFP.

Les mesures annoncées comportent également un volet social, avec l’adoption d’ici la fin de l’année d’un nouveau régime de protection et des mesures de soutien aux ménages les plus démunis.

Monde

Des troupes américaines entrent en Irak depuis la Syrie

ERBIL — Des troupes américaines en provenance de Syrie ont traversé lundi la frontière avec le Kurdistan irakien voisin, ont rapporté des témoins à l’AFP.

Des véhicules militaires américains avec des soldats à bord sont passés sur le pont du poste-frontière de Fichkhabour, aux confins des territoires irakien, syrien et turc, ont-ils précisé.

Le 13 octobre, les États-Unis ont annoncé le retrait de quelque 1.000 militaires américains déployés dans le nord et l’est de la Syrie en guerre, cinq jours après le début d’une offensive turque dans ce secteur contre une milice kurde, les Unités de protection du peuple (YPG), considérée comme «terroriste» par Ankara.

C’est un premier retrait, le 7 octobre, de soldats américains des abords de la frontière turque dans le nord de la Syrie, après une annonce du président américain Donald Trump en ce sens, qui avait ouvert la voie à l’offensive de la Turquie contre les combattants kurdes.

L’offensive est suspendue depuis jeudi par une fragile trêve négociée par Washington.

Dimanche, plus de 70 véhicules blindés, arborant un drapeau américain, transportant du matériel militaire et escortés par des hélicoptères, sont passés par la ville syrienne de Tal Tamr (est), a constaté un correspondant de l’AFP.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), le convoi s’était retiré de la base de Sarrine, près de la ville de Kobané, plus à l’ouest, et se dirigeait vers la province de Hassaké, frontalière du Kurdistan irakien.

Ces derniers jours, les Américains se sont retirés de trois autres bases en Syrie, dont celle de la ville clé de Minbej et d’une autre située aussi près de Kobané, près de la frontière turque.

Les États-Unis ont actuellement 5200 militaires postés en Irak, déployés dans le cadre de la coalition internationale antijihadiste emmenée par Washington. Leur présence sur plusieurs bases dans le pays fait débat en Irak alors que de nombreuses forces politiques et armées chiites pro-Iran réclament régulièrement leur expulsion.

Monde

Hong Kong : la police s'excuse pour la teinture bleue sur une mosquée

HONG KONG — La police de Hong Kong a officiellement présenté ses excuses lundi, pour la première fois depuis le début en juin du mouvement de contestation, après avoir projeté la veille sur une mosquée de la teinture bleue pendant une opération de dispersion de manifestants.

«Immédiatement après l’incident, les représentants de la police ont présenté leurs sincères excuses au principal imam et aux dirigeants de la communauté musulmane», a déclaré devant la presse Cheuk Hau-yip, le commandant régional des forces de l’ordre du district de Kowloon Ouest.

Les responsables de cette mosquée, la plus grande de l’ancienne colonie britannique, située sur la péninsule de Kowloon, ont dit aux journalistes avoir accepté ces excuses, tout comme celles de la cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam.

Dans un communiqué diffusé dimanche, la police avait simplement affirmé que cet édifice religieux avait été touché par erreur.

De son côté, «Mme Lam a présenté des excuses pour la projection par inadvertance» de teinture, a fait savoir lundi son bureau dans un communiqué.

Carrie Lam à la mosquée

Accompagnée du chef de la police Stephen Lo, elle a effectué le même jour une brève visite dans cette mosquée, le tout en présence d’un important dispositif de sécurité.

L’entrée de l’édifice a été aspergée par un camion de la police équipé d’un canon projetant un liquide bleu vif, suscitant alors la colère de la communauté musulmane et des manifestants.

Cette teinture, mélangée à une solution poivrée brûlant la peau, permet d’identifier les manifestants, mais laisse les rues et les bâtiments maculés de bleu.

Sur des images vidéo, on peut voir un camion de la police se garant à l’extérieur de la mosquée au moment où avaient lieu des affrontements entre des manifestants et les forces de l’ordre.

Après avoir marqué un temps d’arrêt, l’engin se met à pulvériser un liquide bleu en direction d’une demi-douzaine de journalistes et de personnes présents dans la rue, à l’extérieur de l’édifice religieux.

Ce petit groupe est visé à deux reprises et une partie de la teinture atteint les marches et l’entrée du bâtiment.

Nouvelles violences

La mosquée originale de Kowloon a été construite à la fin du XIXe siècle pour accueillir les soldats musulmans des Indes britanniques.

Reconstruite au début des années 1980, elle demeure un centre important pour la communauté musulmane hongkongaise, qui compte environ 300.000 fidèles.

Dimanche, Hong Kong a connu une nouvelle journée de violences, pour le vingtième week-end consécutif.

Des dizaines de milliers de personnes ont pris part à un rassemblement non autorisé, mais pacifique.

Très vite, les choses ont dégénéré quand des militants radicaux ont jeté des cocktails Molotov et des pierres sur un poste de police, des sociétés chinoises et des stations de métro.

Les forces de l’ordre ont répliqué en faisant usage de canons à eau, de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc. Les affrontements ont duré toute la nuit.

Hong Kong traverse sa pire crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des manifestations et autres actions quasi quotidiennes pour dénoncer un recul des libertés, mais aussi les ingérences grandissantes de Pékin dans les affaires de cette région semi-autonome.

Après l’interdiction par les autorités, début octobre, du port du masque au cours des manifestations, l’ex-colonie britannique a connu une flambée de violences, avec de nombreux actes de vandalisme ciblant des sociétés accusées de soutenir le gouvernement local loyal au pouvoir central chinois.

Monde

Pékin appelle à la «réunification» de Taïwan avec la Chine

PÉKIN — Le ministre chinois de la Défense a lancé lundi un appel sans concession à la «réunification» de Taïwan avec la Chine, sur fond de tensions avec cette île dirigée par un gouvernement rival et que Pékin n’exclut pas de reprendre par la force.

La République populaire de Chine considère Taïwan comme une de ses provinces même si le territoire insulaire, peuplé d’environ 23 millions d’habitants, est indépendant de facto depuis la fin d’une guerre civile en 1949.

Taïwan n’a cependant jamais formellement prononcé l’indépendance et Pékin menace de recourir à la force si tel était le cas.

Depuis l’arrivée de Tsai Ing-wen à la présidence taïwanaise en 2016, les relations entre les deux gouvernements sont glaciales.

«La Chine est le seul grand pays au monde à ne pas être encore parvenu à une réunification complète», a fait remarquer dans un discours le ministre chinois de la Défense, le général Wei Fenghe.

S’exprimant lors d’un forum de haut niveau sur la défense à Pékin, il a prévenu que la réunification de Taïwan avec la Chine «est quelque chose que personne et qu’aucune force ne peut arrêter».

Ces propos interviennent au moment où Pékin accroît la pression diplomatique sur l’île pour mieux l’isoler.

En trois ans, la Chine a arraché à Taïwan sept pays alliés, dont deux, le mois dernier : les îles Salomon et Kiribati.

Taïwan n’est plus reconnu que par 15 États dans le monde.

«S’engager dans le séparatisme ne peut mener qu’à une impasse», a averti M. Wei alors que le parti de la présidente de Taïwan milite traditionnellement pour l’indépendance.

Le ministre chinois de la Défense a toutefois assuré que son pays voulait promouvoir des relations pacifiques avec l’île.

Il a également réitéré que les îles contestées en mer de Chine méridionale étaient une partie «inhérente» du territoire de la Chine.

«Nous ne pouvons pas perdre un seul pouce de la terre laissée par nos ancêtres», a affirmé Wei Fenghe.

La mer de Chine méridionale est au coeur de l’un des contentieux territoriaux les plus explosifs au monde en raison des considérables échanges commerciaux dans la zone et des riches réserves pétrolières qui pourraient se trouver sous ses eaux.

Les Philippines, le Vietnam, la Malaisie, Brunei et Taïwan contestent les revendications chinoises et s’inquiètent d’un renforcement de la présence de Pékin dans cette zone.

Monde

«Dutroux, reste au trou!»

BRUXELLES — Plusieurs centaines de personnes, 400 selon la police, ont manifesté dimanche à Bruxelles pour réclamer l’enfermement à vie des auteurs de crimes sexuels sur enfants, au moment où la justice belge rouvre le dossier ultra-sensible du criminel Marc Dutroux.

«Pas de liberté pour les bourreaux d’enfants», «Dutroux reste au trou!» pouvait-on notamment lire sur des banderoles brandies lors du défilé, auquel participaient de nombreux parents avec enfants.

L’appel à cette «Marche noire», la couleur du deuil, avait été lancé sur Facebook par un collectif de citoyens s’insurgeant contre une éventuelle libération conditionnelle de Marc Dutroux, après 23 ans d’incarcération.

En 2004, huit ans après son arrestation, Dutroux avait été condamné à la prison à perpétuité pour le rapt, la séquestration et le viol de six fillettes et jeunes filles en 1995 et 1996, ainsi que la mort de quatre d’entre elles — deux assassinées et deux mortes de faim.

La justice belge a rouvert le dossier pour se pencher sur la dangerosité du criminel, sa santé mentale et le risque de récidive. Elle a été saisie par ses avocats qui se sont fixé l’objectif de faire sortir Dutroux de prison à l’horizon 2021, au bout de 25 ans d’incarcération.

«Je ne pense pas que les violeurs se réparent, je pense qu’ils peuvent recommencer et que, s’il y a récidive, on est tous responsables d’avoir laissé sortir quelqu’un», a affirmé dimanche une manifestante à la chaîne belge RTL-TVI.  

Monde

Haïti: des milliers de manifestants anti-Jovenel à Port-au-Prince

PORT-AU-PRINCE — Des milliers de personnes ont manifesté dimanche à Port-au-Prince, à l’appel de dirigeants religieux et artistes populaires, pour réclamer la démission du président Jovenel Moïse, mot d’ordre d’un mouvement de contestation lancé fin août.

«Jovenel est incapable et incompétent, il faut qu’il plie bagages parce qu’Haïti doit vivre», déclare l’un des manifestants, Jean Ronald. «Il n’est pas normal de vivre dans un pays aussi inégalitaire», ajoute-t-il, devant le char de «Prophète Mackenson», un dirigeant religieux haïtien aussi populaire que controversé.

Mackenson Dorilas, autoproclamé «prophète», a été sanctionné par le ministère haïtien des Cultes fin 2018 après avoir annoncé pouvoir guérir le sida avec un remède à base de punaises de lit.

La foule de ses fidèles a sillonné les rues de la capitale, suivie par de larges groupes de manifestants répondant à l’appel de chanteurs populaires. Prières et slogans hostiles au président ont été scandés pendant des heures à Port-au-Prince.

En raison des manifestations répétées et des barricades régulièrement installées sur les principaux axes routiers, la majorité des établissement scolaires gardent leurs portes closes depuis plus d’un mois.

«J’ai mis mon uniforme aujourd’hui, il est tout neuf, et la première occasion que j’ai de le mettre, c’est dans une manifestation» déplore Nelly Delamet, 19 ans.

Me Johnny Trov Salomon manifeste lui avec sa robe d’avocat et un exemplaire de la constitution en main. «Toutes les couches sociales sont présentes : on veut que le monde entier voit qu’on n’est pas favorable à Jovenel.»

La colère populaire contre Jovenel Moïse, décrié par les opposants les plus radicaux depuis son arrivée au pouvoir en février 2017, s’est accentuée fin août à la suite d’une pénurie de carburants généralisée à travers le pays.

Majoritairement issus des quartiers les plus pauvres, les manifestants exigent d’autant plus la démission du chef de l’État que des entreprises qu’il dirigeait avant son entrée en politique ont été épinglées par la Cour supérieure des comptes comme étant «au cœur d’un stratagème de détournement de fonds».  

Monde

Catalogne: «Jamais je ne m’étais imaginée brûlant une barricade»

BARCELONE — «J’ai 24 ans, une maîtrise et un travail et jamais je ne m’étais imaginée brûlant une barricade, le visage masqué», confie Aida, une jeune indépendantiste soudainement radicalisée qui a participé aux violences depuis lundi en Catalogne.

À ses côtés, les profils des émeutiers sont très divers : militants anarchistes aguerris et parfois étrangers, simples casseurs, ou séparatistes indignés comme cette jeune femme croisée samedi soir par l’AFP.

Tous sont jeunes, voire mineurs, et s’exposent parfois devant les caméras de télévision ou dansent près des barricades en flammes.

«Ça fait huit ans qu’il n’y a aucun débordement dans les manifestations et malgré ça, on est matraqué par la police», affirme Aida, qui n’a manqué aucune manifestation depuis la condamnation lundi des dirigeants séparatistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017, qui a provoqué l’explosion.

«Je ne justifie pas la violence, mais on se défend simplement contre la répression de la police», ajoute Aida, qui parle «d’autodéfense».

Expert en radicalisation qui a travaillé avec la police belge, Olivier Cauberghs est à Barcelone pour observer les manifestations.

Selon lui, ce passage à la violence n’a pas été «décidé du jour au lendemain», mais vient plutôt en réaction à la frustration de l’échec de la tentative de sécession et aux violences policières qui ont émaillé le référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre 2017. «Ils expulsent leur rage», analyse-t-il.

Mais contrairement aux anarchistes aguerris aux violences contre la police, ces jeunes indépendantistes vont vite «retrouver leur quotidien», assure-t-il.

Anarchistes

À leurs côtés, figurent des groupes plus organisés, habillés de noir avec passe-montagnes et sacs à dos, la plupart du temps en première ligne des affrontements avec la police, qui ont fait un total de 600 blessés depuis lundi dans la région.

«En analysant leurs tactiques sur le terrain, je dirais que ce sont des gens qui ont déjà eu recours à la violence», décrypte Olivier Cauberghs.

«Ce profil anarchiste s’en prend aux forces de l’ordre parce qu’elles représentent l’État, rien de plus», poursuit le chercheur.

D’autres profils de jeunes, pas politisés et sans emploi, sont aussi présents dans ces manifestations : «Je me sens Espagnol et je ne suis pas indépendantiste», dit l’un d’eux en requérant l’anonymat, car il a participé à des violences contre les policiers.

«Je viens pour mettre le bordel et aussi parce que ça ne me parait pas bien de mettre des hommes politiques en prison pour leurs opinions», poursuit ce jeune de 19 ans, qui se dit apolitique.

Autour du globe, 21 octobre 2019

Monde

Les Libanais unis contre la classe politique

BEYROUTH — Les Libanais étaient des centaines de milliers dimanche à réclamer dans une ambiance festive le départ d’une classe politique accusée d’incompétence et de corruption, une mobilisation inédite qui devrait conduire le gouvernement à annoncer lundi la mise en œuvre de réformes longtemps attendues.

De Beyrouth à la ville à majorité sunnite de Tripoli, dans le nord, en passant par les localités chiites du sud et les villes druzes ou chrétiennes de l’est, de nombreux Libanais ont défilé dans un élan exceptionnel d’unité pour exprimer leur ras-le-bol, au quatrième jour d’un mouvement qui paralyse le pays.

Dimanche soir, une marée humaine a envahi le centre de la capitale, la place des Martyrs et tous ses environs résonnant des chants et des slogans des manifestants, sous une nuée de drapeaux libanais.

Dans tout le pays, des foules compactes ont repris des slogans du Printemps arabe : «Révolution, révolution» ou «le peuple veut la chute du régime».

«Je suis venu aujourd’hui, j’étais là hier et je serai là demain car je veux que ce pays ait un avenir», explique Mustapha, un manifestant beyrouthin.

Jour de repos, dimanche a été propice à la mobilisation, à la veille de l’expiration d’un ultimatum fixé par le premier ministre Saad Hariri à son propre gouvernement. Son but : obtenir l’approbation des membres de sa coalition pour un vaste plan de réformes jusque-là bloqué par les divisions politiques.

Les principaux dirigeants ont répondu dimanche à cet ultimatum, acceptant notamment de ne plus imposer de nouveaux impôts et un programme de privatisations, a indiqué un responsable du gouvernement sous couvert de l’anonymat.

Un conseil des ministres devrait endosser formellement ce plan lundi matin, en présence du président Michel Aoun.

«Des voyous»

Le mouvement — qui paralyse le pays avec la fermeture des banques, des institutions publiques et de nombreux magasins — a été déclenché par l’annonce jeudi d’une nouvelle taxe sur les appels effectués via les applications de messagerie Internet comme WhatsApp.

Le discours télévisé du lendemain de M. Hariri a été largement interprété par les manifestants comme une tentative de sauver in extremis la classe politique huée dans la rue pour sa corruption et son incapacité à conduire des réformes dans un pays aux infra­structures déliquescentes.

Dimanche, de nouveaux slogans sont apparus sur les murs de Beyrouth : «Le Liban est au peuple», «La patrie pour les riches, le patriotisme pour les pauvres».

Zalfa Aboukaïs, une employée de 27 ans, «manifeste contre les voyous au pouvoir depuis 30 ans» et la fin de la guerre civile en 1990. Elle a écrit le nom de députés libanais sur des bouts de papier qu’elle accroche patiemment sur les barbelés installés par les forces de l’ordre pour contenir la foule. «Tous des voleurs», cingle-t-elle.

Allié de M. Hariri, le parti chrétien des Forces Libanaises a annoncé samedi la démission de ses quatre ministres au gouvernement, une initiative accueillie dans la liesse par les manifestants. Mais le slogan «Tous veut dire Tous» avait été aussitôt crié par la foule, pour exiger le renouvellement de toute la classe politique, y compris donc du côté du président Aoun et de ses alliés du Hezbollah.

Les craintes d’une dévaluation, pour la première fois en 22 ans, de la livre libanaise, synonyme d’un nouvel appauvrissement dans une économie dollarisée, avaient déjà fait monter la colère de la population ces dernières semaines.

Musique, danse et chants

Après des incidents violents et des actes de vandalisme dans le centre de la capitale dans la nuit de vendredi à samedi, une ambiance joyeuse et bon enfant a pris le dessus.

À Beyrouth, on fumait dimanche la chicha et on jouait aux cartes dans la rue. Certains accompagnaient les slogans avec des instruments de musique.

À Tripoli, une ville pourtant conservatrice, la foule massée place al-Nour a dansé tard samedi soir au rythme d’une musique diffusée par un DJ via des haut-parleurs.

Fait marquant, la contestation a aussi gagné des fiefs du Hezbollah et du mouvement Amal, dans le sud du pays.

Dans la ville de Tyr (sud), les pêcheurs ont manifesté dans leurs barques en brandissant des drapeaux libanais alors que la foule les suivait en défilant sur le port.

Monde

Le Chili «en guerre»

SANTIAGO DU CHILI — Le Chili est «en guerre», a affirmé dimanche le président Sebastian Piñera, dont le pays est secoué depuis trois jours par des émeutes et des pillages qui ont fait sept morts, la pire explosion sociale depuis des décennies.

Pour la deuxième nuit consécutive, une mesure de couvre-feu a été décrétée à Santiago entre 19h et 6h locales. L’état d’urgence est également en vigueur dans plusieurs régions, dont celle la capitale de 7 millions d’habitants. Il a été étendu dimanche soir à plusieurs grandes villes du sud et du nord du pays.

«Nous sommes en guerre contre un ennemi puissant, implacable, qui ne respecte rien ni personne et qui est prêt à faire usage de la violence et de la délinquance sans aucune limite», a déclaré le président Piñera à la presse.

Le général Javier Iturriaga, chargé vendredi de la sécurité publique par le chef de l’État, a de son côté appelé les habitants à rester «calmes» et à ne pas sortir de chez eux.

Les émeutes se sont poursuivies dimanche. Des affrontements ont eu lieu entre manifestants et policiers dans l’après-midi dans le centre de Santiago, tandis que des pillages se déroulaient dans plusieurs endroits de la capitale.

Cinq personnes ont ainsi péri dans l’incendie d’une usine de vêtements en proie à des pillages. «Cinq corps ont été retrouvés à l’intérieur de l’usine en raison de l’incendie», dans le nord de la capitale, a annoncé à des médias locaux le commandant des pompiers de Santiago, Diego Velasquez.

Deux personnes étaient déjà mortes dans la nuit de samedi à dimanche dans l’incendie d’un supermarché également pillé par des manifestants dans le sud de la capitale et une troisième avait été blessée, le corps brûlé «à 75 %», selon les autorités.

Deux personnes ont également été blessées par balle et hospitalisées dans un état «grave» après un incident avec la police lors de pillages, également dans le sud de la capitale, selon la même source.

Près de 10 000 policiers et soldats ont été déployés. Les patrouilles de militaires dans les rues sont une première dans le pays depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990).

Selon les autorités, 1462 personnes ont été arrêtées, dont 644 dans la capitale et 848 dans le reste du pays.

Après trois jours de violences, le centre de la capitale chilienne et d’autres grandes villes, comme Valparaiso et Concepcion, offraient des visages de désolation : feux rouges au sol, carcasses de bus carbonisées, commerces pillés et incendiés.

Plusieurs centaines de vols ont été annulés à l’aéroport de Santiago pendant la durée du couvre-feu. Des milliers de voyageurs se sont retrouvés bloqués pour la nuit dans l’aérogare.

Fracture sociale

Les manifestations ont débuté vendredi pour protester contre une hausse — de 800 à 830 pesos (environ 1,50 $CAN) — du prix des billets de métro à Santiago, réseau le plus étendu (140 km) d’Amérique du Sud qui transporte quotidiennement environ trois millions de passagers.

M. Piñera a suspendu la hausse samedi. Mais les manifestations et les violences se sont poursuivies, nourries par la colère face aux conditions socio-économiques et aux inégalités dans ce pays loué pour sa stabilité économique et politique, mais où l’accès à la santé et à l’éducation relèvent presque uniquement du secteur privé.

Monde

Hong Kong : lacrymogènes et canon à eau contre des manifestants en colère après des agressions

HONG KONG — La police a eu recours aux gaz lacrymogènes et au canon à eau contre les dizaines de milliers de Hongkongais qui manifestaient dimanche leur colère après les violentes agressions dont ont été victimes cette semaine deux militants pro-démocratie.

Les autorités avaient interdit le rassemblement organisé à Tsim Sha Tsui, un quartier très densément peuplé, connu pour ses boutiques de luxe et ses hôtels.

Elles avaient invoqué des raisons de sécurité, après les violents affrontements entre les forces de l’ordre et la frange la plus radicale des manifestants.

Des dizaines de milliers de personnes ont participé à ce rassemblement interdit entendant, pour le vingtième weekend consécutif de manifestations, continuer à faire pression sur le gouvernement local acquis à Pékin.

Selon un scénario classique, la marche s’est déroulée de manière pacifique, jusqu’à ce que de petits groupes de manifestants radicaux, vêtus de noir, jettent des cocktails Molotov sur un poste de police, des stations de métro et des banques chinoises.

La police a alors répliqué avec des tirs de gaz lacrymogène. Un canon, projetant notamment un liquide bleu permettant d’identifier les manifestants, mélangé à une solution poivrée brûlant la peau, a été déployé sur une des artères les plus commerçantes de Hong Kong, Nathan road, où se trouvaient des milliers de manifestants.

Alors qu’ils fuyaient à travers les rues, les protestataires les plus radicaux sont restés pour freiner l’avancée des forces de l’ordre, mettant le feu à des barricades de fortune.

Détermination intacte

L’ex-colonie britannique vit depuis juin sa pire crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des manifestations et actions quasi quotidiennes pour dénoncer un recul des libertés, mais aussi les ingérences grandissantes de Pékin dans les affaires de sa région semi-autonome.

Après l’interdiction par les autorités, début octobre, du port du masque lors des manifestations, Hong Kong a connu une flambée de violences, avec de nombreux actes de vandalisme ciblant des sociétés accusées de soutenir le gouvernement pro-Pékin.

Mais les violentes agressions dont ont été victimes deux militants pro-démocratie cette semaine ont suscité la colère des manifestants.

Mercredi, Jimmy Sham, une des figures du camp pro-démocratie, avait été hospitalisé après avoir été violemment agressé à coups de marteau par des inconnus.

M. Sham est le principal porte-parole du Front civil des droits de l’homme (FCDH), une organisation qui prône la non-violence et a été à l’origine des plus grandes manifestations pacifiques de ces derniers mois.

Samedi soir, un homme de 19 ans, qui distribuait des tracts appelant à manifester, a été grièvement blessé par un assaillant qui l’a poignardé au cou et à l’abdomen.

Une marée humaine a envahi dimanche les rues de Hong Kong, les participants entendant montrer que ces attaques n’ont pas entamé leur détermination.

«Plus ils répriment, plus on résiste», a déclaré à l’AFP une manifestante de 69 ans, n’acceptant de livrer que son  nom de famille, Yeung.

Philip Tsoi, qui se décrit comme un manifestant radical, demeure déterminé, même si beaucoup d’autres militants radicaux ont été «arrêtés ou blessés» ces dernières semaines.

«Terreur blanche»

«Ce que je veux, c’est un gouvernement véritablement démocratique dont le chef est élu par le peuple de Hong Kong au lieu d’être choisi par un régime communiste», a-t-il expliqué.

Entre les deux camps, pro-démocratie comme pro-Pékin, la violence s’est intensifiée, accentuant le clivage idéologique.

Au cours des dernières semaines, des militants pro-démocratie ont passé à tabac des personnes qui avaient oralement exprimé leur désaccord avec leur mouvement.

Ces attaques se sont généralement produites au cours de manifestations, des participants en colère s’en prenant à des personnes ne partageant pas leurs convictions.

Depuis la mi-août, huit figures du mouvement, parmi lesquelles des personnalités politiques, ont été agressées par des inconnus.

Il s’agissait d’attaques plus ciblées, qualifiées de «terreur blanche» par les manifestants qui accusent les groupes de criminels organisés de former une alliance avec les partisans de Pékin.

Pour le régime chinois, ces manifestations sont le résultat d’un complot des services occidentaux destiné à imposer par la force la démocratie au territoire autonome.

La mobilisation était née en juin du rejet d’un projet de loi qui voulait autoriser les extraditions vers la Chine. Suspendu début septembre, les manifestants ont entretemps considérablement élargi leurs revendications.

Faute de concession de l’exécutif local et de Pékin, le mouvement a pris un tour de plus en plus conflictuel, menant à des affrontements de plus en plus violents entre manifestants radicaux et forces de l’ordre.

Depuis une quinzaine de jours, le métro de Hong Kong ferme ses portes à 22 heures, et les heurts ont baissé en intensité.

Monde

Trump renonce à accueillir le G7 dans son golf en Floride

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a annoncé samedi qu'il renonçait à son projet, extrêmement critiqué, d'accueillir un sommet du G7 dans un golf à Miami, en Floride.

«Du fait à la fois des Médias et de l'Hostilité Irrationnelle de Dingue des Démocrates, nous n'envisagerons plus le Trump National Doral de Miami pour accueillir le G7 en 2020. Nous entamerons la recherche d'un autre site, y compris éventuellement Camp David, immédiatement», a-t-il écrit sur Twitter, réagissant à des accusations de corruption.

«Nous entamerons la recherche d’un autre site, y compris éventuellement Camp David, immédiatement», a-t-il ajouté.

Le chef de cabinet de la Maison-Blanche avait annoncé jeudi que ce site serait «le meilleur endroit» parmi une douzaine qui ont été envisagés. La présidence a depuis affronté une volée de critiques, relevant que cette décision violait une multitude de règles éthiques.

Dès le lendemain, les élus démocrates au Congrès, qui ont déjà ouvert une enquête en vue de destituer de M. Trump, signaient une proposition de loi pour empêcher le projet d’aboutir.

Elle était appelée «Trump’s Heist Undermines the G-7 (THUG) Act» («Le braquage de Trump sabote le G7), un jeu de mots avec «voyou» (thug, en anglais). Elle aurait bloqué tout financement fédéral pour ce sommet, même si elle avait peu de chances d’aboutir sachant la majorité républicaine au Sénat.

Le Trump National Doral est l’un des actifs les plus importants dans la fortune de M. Trump, mais, selon le Washington Post, il a fortement souffert ces dernières années.

Monde

Des centaines de milliers de manifestants anti-Brexit à Londres «pour avoir le dernier mot»

LONDRES — Des centaines de milliers de Britanniques ont manifesté samedi dans le centre de Londres pour réclamer un nouveau référendum sur le Brexit, espérant au final rester dans l'Union européenne.

Sous un soleil radieux et avançant derrière une banderole rose proclamant «Ensemble pour avoir le dernier mot», ils sont partis des abords de Hyde Park en direction du Parlement, où les députés tenaient une séance exceptionnelle pour débattre du nouvel accord de Brexit conclu entre Londres et Bruxelles.

«Que voulons-nous? Le vote du peuple! Quand le voulons-nous? Maintenant!» scandait le cortège en tête duquel figurait le maire travailliste (opposition) de Londres, Sadiq Khan.

Les organisateurs, le mouvement People's vote, ont estimé qu'un million de personnes avaient participé à la marche, tandis que les médias ont évalué à plusieurs centaines de milliers le nombre de manifestants. La police a refusé de donner des chiffres mais indiqué que la foule était «très dense» tout le long du parcours.

Quelque 172 autocars avaient été spécialement affrétés, un record pour les organisateurs.

Parmi les manifestants, Suzanne O'Hallorin, une retraitée de 64 ans, estime que les Britanniques ont «fait une grosse bêtise» lors du référendum de 2016, quand ils ont décidé à 52% de sortir de l'Union européenne.

«Je pense que nous en savons beaucoup plus aujourd'hui qu'à l'époque du référendum. On doit avoir un nouveau vote, maintenant qu'on connaît les conséquences d'un départ de l'UE et l'impact sur notre économie», dit la sexagénaire, qui espère renverser le résultat du premier référendum et rester dans le bloc européen.

Douglas Hill, 35 ans, renchérit : «Le premier référendum, c'était comme sauter dans un train sans destination. Maintenant, nous en avons une et nous avons besoin d'un second référendum», dit ce «Remainer» en défilant aux côtés de son épouse estonienne et de leur petite fille, détentrice de la double nationalité.

Pour Theodor Howe, un jeune homme de 20 ans, étudiant à Dundee, en Écosse, qui était trop jeune pour voter en 2016, il s'agit surtout «d'avoir son mot à dire sur ce qui va se passer».

Le cortège est arrivé en début d'après-midi près de Westminster, où quelques dizaines de militants pro-Brexit étaient rassemblés, à grand renfort de drapeaux britanniques, afin de plaider pour une sortie de l'UE au plus vite.

Parmi eux Maggie Wright, 66 ans, Union Jack sur les épaules : «Nous voulons juste vraiment sortir [de l'UE], on a voté pour ça, à cause du gaspillage d'argent et parce qu'on veut prendre nos propres décisions, [avoir] nos propres lois», explique-t-elle.