Monde

La moitié des migrants de l’«Aquarius» veulent l’asile en France

MADRID — Au lendemain de leur arrivée en Espagne, les 630 migrants de l’Aquarius veulent pour près de la moitié demander l’asile en France, a indiqué lundi le gouvernement espagnol.

«Quasiment la moitié des migrants ont manifesté leur volonté de demander l’asile en France, pays ayant offert d’accueillir une partie des personnes voyageant sur le navire» Aquarius, a-t-il annoncé dans un communiqué.

Samedi, Madrid avait annoncé avoir accepté la proposition de la France d’accueillir une partie des passagers de ce bateau, secourus dans la nuit du 9 au 10 juin au large de la Libye et débarqués dimanche matin à Valence (est de l’Espagne).

Le porte-parole du gouvernement français, Benjamin Griveaux, a toutefois estimé dimanche qu’il était «impossible» d’en déterminer le nombre.

Une équipe de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) doit se rendre à Valence «dans la semaine», a indiqué son directeur général Pascal Brice.

«Dès lors que les autorités espagnoles nous auront fait connaître le nombre de personnes concernées, une équipe de l’OFPRA se rendra sur place pour mener les entretiens et s’assurer que les personnes relèvent bien du droit d’asile», a-t-il déclaré.

En France, alors que le choix de ne pas accueillir le navire passé près de ses côtes — celles de l’île de Corse — avait été critiqué jusqu’au sein du parti du président Emmanuel Macron, un sondage publié lundi a montré qu’une majorité de Français était contre l’accueil de l’Aquarius dans un port français.

Selon ce sondage réalisé par OpinionWay pour les médias Public Sénat, Les Échos et Radio Classique, 56 % des Français estiment que la France a fait le bon choix en n’accueillant pas l’Aquarius, contre 42 % qui pensent le contraire (2 % ne se sont pas prononcés).

Permis de 45 jours

Affrété par les ONG françaises SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, l’Aquarius a été au centre de l’attention internationale après le refus de l’Italie et de Malte de lui ouvrir leurs ports, l’obligeant à une longue et difficile traversée de la Méditerranée.

Les 630 migrants à bord, dont 140 mineurs — l’un d’entre eux né sur le bateau — se sont vu accorder «un permis d’entrée extraordinaire de 45 jours en Espagne pour raisons humanitaires», pendant que leur statut est examiné, a précisé le gouvernement de Pedro Sanchez.

Ceux qui déposeront une demande d’asile en Espagne pourront rester une fois leur demande prise en compte, le temps que les services de l’immigration l’examinent dans un délai de six mois, selon Paloma Favieres, de la Commission espagnole d’aide aux réfugiés, qui a participé à leur accueil à Valence. «Aucune procédure de reconduite à la frontière n’a été engagée, personne n’a été placé en centre de rétention», s’est-elle félicitée.

Positions dures

Alors que dans plusieurs pays d’Europe, populations et gouvernements tendent à adopter des positions de plus en plus dures devant les arrivées massives de migrants, Pedro Sanchez a affiché son ouverture et pris le contre-pied de son prédécesseur Mariano Rajoy sur la question migratoire.

Un positionnement qui semble correspondre à celui des Espagnols alors que l’arrivée de l’Aquarius a entraîné un fort élan de solidarité.

Déjà en octobre 2017, selon l’Eurobaromètre de la Commission européenne, l’Espagne faisait partie des pays les plus tolérants en matière d’immigration, seuls 26 % des Espagnols trouvant que l’immigration extra-européenne était «plutôt un problème» contre 38 % en moyenne dans l’UE.

La décision de Pedro Sanchez d’accueillir les passagers de l’Aquarius «est une opportunité fantastique pour que l’Espagne défende de nouvelles politiques en Europe», a souligné lundi Estrella Galan, secrétaire générale de la Cear.

La droite espagnole craint en revanche un afflux d’immigrés comme l’a souligné dimanche le journal conservateur espagnol ABC, clamant en une que «L’Espagne affronte une avalanche d’immigrés à cause de l’appel d’air» provoqué par l’accueil de l’Aquarius.

Monde

Brexit: May essuie un nouveau camouflet

LONDRES — La Chambre des lords a infligé lundi une nouvelle défaite à la première ministre britannique Theresa May en adoptant à une large majorité un amendement offrant au Parlement un droit de veto sur l’accord final de Brexit, en cours de négociation entre Londres et Bruxelles.

L’amendement, présenté par Lord Hailsham, a été adopté par 354 voix contre 235, contre la volonté du gouvernement.

Le texte retournera mercredi devant les députés, qui pourraient infliger un nouveau camouflet à Mme May. Plusieurs membres de sa majorité conservatrice ont en effet annoncé leur intention de voter pour cet amendement qui permettrait au Parlement de façonner le résultat de la future relation avec l’Union européenne dont le Royaume-Uni doit sortir fin mars 2019.

«Ce gouvernement cherche à éviter un vote [sur l’accord final] par tous les moyens. Je veux m’assurer que le Parlement pourra exprimer un vote qui compte, et je ne veux pas laisser passer cette chance», a déclaré lundi Lord Hailsham.

À la tête d’une très courte majorité parlementaire de 10 sièges, la première ministre était parvenue la semaine dernière à éteindre la contestation des députés europhiles de son parti en leur promettant un amendement de compromis. Pour finalement ne proposer qu’un vote consultatif aux parlementaires et non la possibilité de renvoyer le gouvernement à la table des négociations en cas de désaccord sur le résultat obtenu, réveillant la rébellion.

«Donner la parole aux députés»

«Cela nie totalement l’objet de l’amendement, qui était de donner la parole aux députés», avait jugé le conservateur Dominic Grieve, l’un des leaders de la révolte, accusant Theresa May d’avoir renié sa promesse. Avant de menacer : «Nous pouvons faire tomber le gouvernement.»

Dimanche, Mme May lui avait rétorqué qu’elle avait entendu les préoccupations du Parlement, mais qu’il ne pouvait pas prétendre «lier les mains du gouvernement dans les négociations» ni «contrer la volonté du peuple britannique, de quitter l’UE».

Des propos allant dans le sens des conservateurs partisans d’une rupture franche avec l’UE, qui accusent les europhiles de vouloir dicter la marche à suivre et de chercher, in fine, à s’opposer au processus du Brexit ou à le diluer.

Bienfaits du Brexit

Malgré des discussions qui piétinent avec Bruxelles, les deux parties espèrent arriver à un accord en octobre, soit quelques mois avant la date du Brexit.

Michel Barnier, négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, continue de demander plus de «réalisme» au Royaume-Uni.

La question irlandaise — le Brexit menaçant de recréer une frontière entre le nord rattaché au Royaume-Uni et le sud membre de l’UE — est notamment loin d’être réglée, les récentes propositions de Londres n’ayant pas convaincu Bruxelles.

Mme May a promis au Parlement un vote sur l’accord final, mais la question en jeu est de savoir ce qui se passera en cas de rejet.

Pour convaincre des bienfaits du Brexit, elle a confirmé lundi une hausse du budget du service public de santé, le NHS, financée en partie grâce aux économies qu’elle compte réaliser avec la sortie du Royaume-Uni de l’UE : ce budget augmentera de 20 milliards de livres (plus de 35 milliards $CAN) par an jusqu’en 2023-2024.

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Trump ne veut pas laisser les États-Unis devenir «un camp de migrants»

WASHINGTON — Donald Trump a revendiqué lundi sa fermeté extrême aux frontières malgré le tollé provoqué par la séparation de plus de 2300 mineurs arrachés à leurs parents sans papiers, en affirmant qu’il ne laisserait pas les États-Unis devenir «un camp pour migrants».

Le président américain a de nouveau rejeté la responsabilité de cette situation sur la minorité démocrate qui empêche, selon lui, toute avancée sur une réforme migratoire.

«Ce qui arrive est tellement triste. Et cela pourrait être réglé rapidement, magnifiquement, et nous serions en sécurité».

«Les États-Unis ne deviendront pas un camp pour migrants et ne deviendront pas un centre de rétention pour réfugiés», a promis Donald Trump

Pour illustrer son propos, il a agité le spectre de la crise migratoire en Europe, n’hésitant pas à prendre parti contre la chancelière allemande Angela Merkel dans la crise politique qui menace sa coalition.

Cris et pleurs 

Depuis l’annonce de la politique américaine de «tolérance zéro» début mai, 2342 enfants et jeunes migrants ont été séparés de leurs familles (du 5 mai au 9 juin), selon les nouveaux chiffres officiels.

Supermarché reconverti, vastes bâtiments, ces adolescents et jeunes enfants sont parfois logés dans des espaces grillagés, près de la frontière avec le Mexique.

«Je ne veux pas qu’ils arrêtent mon père, je ne veux pas qu’ils l’expulsent», dit une voix féminine déchirée tandis que des pleurs et cris d’enfants résonnent derrière, sur un enregistrement, qui daterait de la semaine dernière dans l’un de ces centres, diffusé lundi par le site d’investigation ProPublica.

La jeune fille n’a pas été identifiée.

«J’ai vu des tonnes d’enfants massés ensemble dans de grands enclos grillagés», a témoigné un sénateur démocrate, Chris Van Hollen, après avoir visité un centre dimanche au Texas.

D’autres élus ont visité lundi des établissements en Californie, la chef des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, dénonçant ensuite «une politique inhumaine et barbare».

«Inadmissible», s’est indigné l’ONU. «Ce n’est rien de moins que de la torture», a renchéri Erika Guevara-Rosas de l’ONG Amnesty International, justifiant ses mots en soulignant «la sévère souffrance mentale infligée intentionnellement sur ces familles» pour «en décourager d’autres d’essayer d’entrer aux États-Unis».

Rarissime intervention dans un sujet politique brûlant, la première dame Melania Trump a dit dimanche «détester voir des enfants séparés de leur famille». L’ex-première dame Laura Bush a elle aussi rompu sa traditionnelle discrétion avec des mots forts, en dénonçant une politique «cruelle». Des mots retweetés par une autre ancienne occupante de la Maison-Blanche, Michelle Obama.

«Bien traités» 

Les enfants «sont bien traités» et les rumeurs de mauvais traitements «sont fausses», a répondu la ministre de la Sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen, lundi.

Les familles se présentant au poste-frontière pour demander l’asile ne sont pas séparées et la vaste majorité des mineurs migrants hébergés aux États-Unis —10 000 sur 12 000— n’ont pas été séparés de leurs familles, ils sont arrivés seuls à la frontière, a-t-elle expliqué.

Pour l’administration Trump, l’équation est simple : plus question de relâcher des sans-papiers parce qu’ils ont été interpellés en compagnie de mineurs qui ne peuvent être détenus avec eux, dans l’attente de leur hypothétique retour devant le juge, comme c’était la pratique sous le démocrate Barack Obama.

Tous les clandestins surpris du côté américain de la frontière sont donc désormais poursuivis et écroués... et leurs enfants doivent être hébergés de leur côté.

Mais plusieurs hauts responsables de la Maison-Blanche affichent aussi clairement l’argument de la dissuasion des candidats à l’immigration illégale.

«Nous ne pouvons pas et n’allons pas encourager les gens à amener des enfants en leur donnant une vaste immunité face à nos lois», a encore déclaré lundi le ministre de la Justice Jeff Sessions.

Deux tiers des Américains rejettent cette politique, mais une majorité de républicains y sont favorables, selon deux sondages, Quinnipiac et CNN, publiés lundi.

Le bras de fer semble désormais clairement destiné à pousser une réforme de l’immigration qui patine depuis des mois au Congrès, où les républicains sont majoritaires. Le président pourrait d’ailleurs se rendre au Capitole pour en discuter mardi, selon le Wall Street Journal.

«Si nous construisons le mur, si nous passons une loi pour mettre un terme au non-droit, nous n’aurons plus à faire face à ces choix terribles», a argumenté Jeff Sessions.

Mais l’idée que la Maison-Blanche utilise ces enfants pour faire avancer le débat sur l’immigration indigne jusque dans les rangs républicains.

«Certains dans l’administration ont décidé que cette politique cruelle renforçait leur pouvoir d’influence» au Congrès, a souligné sur Facebook un sénateur républicain, Ben Sasse. «C’est inacceptable. Les Américains ne prennent pas les enfants en otage. Point».

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Le beau-frère du roi d'Espagne, Iñaki Urdangarin, incarcéré

MADRID — Le beau-frère du roi d'Espagne, Iñaki Urdangarin, a été incarcéré lundi après sa condamnation pour détournement de fonds à cinq ans et 10 mois de prison, épilogue d'une affaire qui a terni l'image de la monarchie espagnole.

Ce dénouement apporte «la certitude que la justice est la même pour tous et que personne n'est au-dessus de la loi», a commenté lundi soir le premier ministre Pedro Sanchez lors d'une entrevue télévisée.

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Le premier ministre espagnol décidé à retirer Franco de son mausolée

MADRID — Le nouveau gouvernement socialiste espagnol est décidé à retirer les restes du dictateur Francisco Franco de son mausolée près de Madrid pour en faire un lieu de «réconciliation» dans un pays où le débat reste entier sur le travail de mémoire.

«Nous n'avons pas encore la date, mais le gouvernement va le faire», a assuré le premier ministre socialiste Pedro Sanchez dans sa première entrevue télévisée depuis sa prise de fonction le 2 juin.

Autour du globe, 18 juin 2018

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Monde

Une fusillade fait plusieurs blessés à Malmö, en Suède

STOCKHOLM — Une fusillade a éclaté lundi soir dans le centre-ville de Malmö, dans le sud de la Suède, faisant un mort et quatre blessés, a rapporté la police locale.

Un porte-parole a confirmé à l’AFP que la piste terroriste était écartée.

«Un homme de 18 ans est décédé à l’hôpital», a indiqué la police de Malmö sur son site internet. Quatre autres personnes sont toujours hospitalisées.

La police, qui a rapidement lancé un appel à témoin pour préciser les circonstances de la fusillade, a indiqué avoir ouvert une enquête pour meurtre.

Selon le quotidien Aftonbladet, les victimes ont été visées alors qu’elles sortaient d’un cybercafé, sur la rue Drottningatan, dans le centre-ville, non loin d’un commissariat. L’alerte a été donnée peu après 20 heures.

D’après plusieurs témoins cités par les médias locaux, au moins un assaillant aurait tiré à l’arme automatique.

Les autorités ont marqué au sol l’emplacement d’au moins 18 douilles, rapporte le journal Dagens Nyheter.

Pour le moment, la police s’est refusée à commenter le profil du ou des assaillants, ni celui des victimes.

Plusieurs des victimes seraient connues des services de police, précise l’agence de presse suédoise TT.

Si la Suède enregistre une criminalité relativement faible, les quartiers défavorisés de Stockholm, Göteborg et Malmö connaissent depuis plusieurs années une montée de la violence attribuée par les autorités à des rivalités entre bandes liées au contrôle du trafic de drogue et de la prostitution.

Monde

Trump veut dominer la Lune, Mars et l’espace

WASHINGTON — Donald Trump a promis lundi d’assurer l’hégémonie des États-Unis pour l’exploration de la Lune et de Mars, mais aussi dans toute éventuelle guerre spatiale, avec la création future d’une force de l’espace.

«L’Amérique sera toujours la première dans l’espace», a déclaré le président américain lors d’un discours à la Maison-Blanche.

«Nous ne voulons pas que la Chine et la Russie et d’autres pays nous dominent, nous avons toujours dominé», a-t-il poursuivi. «Mon administration va reprendre le flambeau en tant que premier pays de l’exploration spatiale».

Le commandant en chef a confirmé ce qu’il avait déjà évoqué auparavant : il souhaite la création d’une force spatiale indépendante de l’armée de l’air, un sujet controversé à Washington, où certains généraux et parlementaires trouveraient plus efficace et économe que le corps spatial se développe au sein de l’US Air Force.

La décision en reviendra au Congrès, mais Donald Trump a ordonné lundi au département de la Défense d’en poser les jalons.

«Nous allons avoir une armée de l’air, et une force spatiale, séparée mais égale», a-t-il dit, tranchant le débat actuel.

«Pour défendre l’Amérique, une simple présence dans l’espace ne suffit pas, nous devons dominer l’espace», a déclaré Donald Trump.

Au Pentagone, la porte-parole a indiqué, sans enthousiasme, que le processus... serait long, dépendant des travaux d’une commission créée récemment. «En conjonction avec le Congrès, ce sera un processus mûrement réfléchi, qui prendra en compte les avis de multiples acteurs», a commenté Dana White.

«Tout changement de cet ordre devra être adopté par le Congrès», a dit de son côté l’élu démocrate Adam Smith, membre de la commission de la Défense de la Chambre des représentants.

«Les riches adorent les fusées» 

Depuis son arrivée au pouvoir en 2017, le milliardaire s’est investi dans les sujets spatiaux, reprenant à son compte le vocabulaire historique des «nouvelles frontières».

Il a cherché à augmenter le budget de la NASA, et ordonné à l’agence spatiale américaine, en décembre, de retourner sur la Lune pour la première fois depuis 1972, et de préparer des missions vers Mars.

Le secteur spatial américain est en pleine croissance, mais la NASA a changé de rôle par rapport à la grande époque d’Apollo (1961-1972) et des navettes (1981-2011), étant devenue un client plutôt qu’un opérateur.

Depuis 2012, l’agence est sous contrat avec deux entreprises, SpaceX et Orbital ATK (rachetée récemment par Northrop Grumman), pour ravitailler la Station spatiale internationale.

Elle ne sait plus envoyer d’astronautes dans l’espace depuis 2011 et dépend du Soyouz russe - SpaceX et Boeing sont censés prendre le relais en 2019.

L’administration Trump veut privatiser la station à partir de 2025, ce qui est controversé au Congrès, afin de consacrer la majorité des moyens de la NASA au retour d’astronautes sur la Lune.

«Cette fois, nous établirons une présence de long terme», a promis le président.

«La raison pour laquelle nous voulons retourner sur la Lune est que nous voulons faire atterrir des Américains à la surface de Mars», a expliqué Jim Bridenstine, le nouvel administrateur de la NASA, un élu républicain nommé par Donald Trump.

La NASA est également en train de construire la fusée la plus puissante de son histoire, «SLS», pour emmener dans l’espace suffisamment d’astronautes et de matériels pour des missions vers la Lune et, un jour, la planète rouge. Elle veut aussi construire une station en orbite autour de la Lune.

Mais là encore le privé aura sa place. L’agence a déjà demandé au privé de concevoir des missions de livraison de matériel sur la surface lunaire.

«Les riches adorent les fusées», s’est amusé Donald Trump, dans une allusion aux milliardaires qui ont englouti leur fortune dans SpaceX (Elon Musk) ou Blue Origin (Jeff Bezos). «Du moment que c’est un riche Américain, ça va, ils peuvent nous battre».

Dans l’immédiat, avec la signature de deux directives récentes, il a transféré certains pouvoirs du Pentagone au sein du département du Commerce pour la régulation des satellites privés, notamment pour gérer un problème croissant : les «embouteillages» en orbite terrestre.

Le département de la Défense dénombre déjà 20 000 objets autour de la Terre (satellites actifs ou morts, débris, morceaux de fusées...), un nombre appelé à augmenter significativement chaque année.

Déjà, l’administration se vante d’avoir simplifié la bureaucratie.

Wilbur Ross, secrétaire au Commerce, a expliqué lundi que SpaceX ignorait jusqu’à cette année qu’elle devait avoir une autorisation pour retransmettre des images en direct de ses fusées pendant le décollage. La société a ensuite reçu une autorisation valable toute l’année, en seulement 23 jours, s’est félicité le ministre.

Santé

Le «trouble du jeu vidéo» est un problème de santé mentale, selon l’OMS

GENÈVE, Suisse - Jouer compulsivement aux jeux vidéo se qualifie désormais comme une nouvelle maladie mentale, a annoncé lundi l’Organisation mondiale de la Santé. L’agence onusienne de la santé a décidé d’inclure le «trouble du jeu vidéo» à la 11e révision de la Classification internationale des maladies (CIM-11).

Si cette décision risque de confirmer les craintes de plusieurs parents, de nombreux experts préviennent qu’elle risque aussi de stigmatiser les jeunes joueurs.

L’OMS a expliqué que la classification du «trouble du jeu» en tant que condition distincte «servira un objectif de santé publique pour que les pays soient mieux préparés à identifier ce problème».

Le directeur du département de santé mentale de l’OMS, le docteur Shekhar Saxena, a expliqué que l’agence accepte la proposition selon laquelle le trouble du jeu devrait être répertorié comme un nouveau problème en raison des preuves scientifiques, en plus «du besoin et de la demande pour des traitements dans de nombreuses régions du monde».

Une porte-parole de la Société britannique de psychologie, la docteure Joan Harvey, précise toutefois que seule une minorité de joueurs seront affectés par le trouble et craint que la nouvelle désignation ne cause des inquiétudes inutiles aux parents.

«Les gens doivent comprendre que cela ne signifie pas que chaque enfant qui passe des heures dans sa chambre à jouer à des jeux est un toxicomane, sinon les médecins vont être inondés de demandes d’aide», a-t-elle dit.

Une classification, et non une généralisation 

D’autres se sont félicités de la nouvelle classification de l’OMS, affirmant qu’il était essentiel d’identifier rapidement ceux qui ont une dépendance aux jeux vidéo, car ce sont généralement des adolescents ou des jeunes adultes qui ne cherchent pas d’aide eux-mêmes.

«Nous rencontrons des parents qui sont désemparés, non seulement parce qu’ils voient leur enfant abandonner l’école, mais parce qu’ils voient s’effondrer toute une structure familiale», a déclaré la docteure Henrietta Bowden-Jones, une porte-parole du Royal College of Psychiatrists du Royaume-Uni qui n’était pas impliquée dans la décision de l’OMS.

La docteure Bowden-Jones a indiqué que les dépendances au jeu étaient généralement mieux traitées avec des thérapies psychologiques, mais que certains médicaments pourraient également fonctionner.

L’Association américaine de psychiatrie ne considère pas pour le moment que le trouble du jeu vidéo est un nouveau problème de santé mentale. Dans une déclaration précédente, l’association expliquait c’était «une condition justifiant plus de recherches cliniques et d’expériences avant d’être considérée pour l’inclusion» dans son propre manuel de diagnostic.

Le groupe a noté qu’une grande partie de la littérature scientifique sur les joueurs compulsifs est basée sur des preuves provenant de jeunes hommes en Asie.

«Les études suggèrent que lorsque ces individus sont absorbés dans des jeux en ligne, certaines portions dans leur cerveau sont activées de la même manière directe et intense que le cerveau d’un toxicomane est affecté par une substance particulière, a expliqué l’association en 2013. Le jeu provoque une réponse neurologique qui influence les sentiments de plaisir et de récompense, et le résultat, à l’extrême, se manifeste comme un comportement addictif.»

Prévenir pour mieux guérir 

Le docteur Mark Griffiths, qui étudie le concept du trouble du jeu vidéo depuis 30 ans, est d’avis que la nouvelle classification aidera à légitimer le problème et à renforcer les stratégies de traitement.

«Le jeu vidéo est une sorte de pari non financier d’un point de vue psychologique, a dit le docteur Griffiths, qui enseigne à l’Université de Nottingham Trent. Les joueurs utilisent l’argent comme un moyen de garder le score alors que les joueurs utilisent des points.»

Il croit que le pourcentage de joueurs de jeux vidéo ayant un problème compulsif serait inférieur à 1 pour cent et que plusieurs de ces joueurs auraient probablement d’autres problèmes sous-jacents, comme la dépression, le trouble bipolaire ou l’autisme.

Cependant, le docteur Saxena, de l’OMS, a estimé que deux à trois pour cent des joueurs pourraient être touchés.

Le docteur Griffiths a rappelé que les jeux vidéo, pour la grande majorité des gens, sont une question de divertissement et de nouveauté, comme en témoigne la popularité écrasante de jeux comme Pokemon Go.

«Vous avez ces explosions courtes et obsessionnelles, et oui, les gens jouent beaucoup, mais ce n’est pas une dépendance», a-t-il dit.

Le docteur Saxena croit que les parents et les amis des amateurs de jeux vidéo devraient toujours être conscients d’un problème potentiellement dangereux.

«Restez à l’affût, a-t-il dit, notant que des inquiétudes devraient être soulevées si l’habitude du jeu semble prendre le dessus. Si (les jeux vidéo) interfèrent avec les fonctions attendues de la personne - que ce soit des études, que ce soit la socialisation, que ce soit le travail - alors vous devez être prudent et peut-être demander de l’aide.»

Monde

Rare plaidoyer de Melania Trump pour la réforme de l'immigration

WASHINGTON - Les élus démocrates ont fustigé la «diabolique» séparation des enfants de leurs parents sans papiers, au coeur d’une vive polémique aux États-Unis qui a conduit la Première dame américaine Melania Trump à plaider en faveur d’un accord rapide au Congrès.

Dans une rare incursion sur la scène politique, Mme Trump a dit «détester voir des enfants séparés de leur famille et espère que les deux camps du Congrès pourront enfin tomber d’accord pour faire aboutir une réforme réussie de l’immigration», a affirmé à CNN la directrice de la communication de la Première dame, Stephanie Grisham.

«Elle pense que nous devons être un pays qui respecte toutes les lois, mais aussi un pays qui gouverne avec coeur», a-t-elle ajouté.

L’administration américaine a révélé vendredi que sa nouvelle politique de tolérance zéro à la frontière avec le Mexique avait conduit depuis mi-avril 2000 enfants à être séparés de leurs parents, arrêtés pour être entrés illégalement aux États-Unis.

Face au tollé, le président Trump a accusé les démocrates d’être responsables de cette situation et a réclamé, pour y mettre fin, une vaste réforme sur l’immigration qui patine depuis des mois au Congrès.

«Les démocrates peuvent apporter une solution à la séparation forcée des familles à la frontière en travaillant avec les républicains à une nouvelle loi, pour une fois», a-t-il encore tweeté samedi.

La Maison-Blanche revendique ouvertement cette politique, sans en nier l’aspect dérangeant.

«Personne n’aime voir des bébés arrachés des mains de leur mère», a dit dimanche une proche conseillère de Donald Trump, Kellyanne Conway, sur la chaîne NBC.