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Monde

Boris Johnson, le Brexit à portée de main

LONDRES — Son avenir politique est en jeu : le premier ministre conservateur Boris Johnson, partisan sans états d’âme d’une sortie de l’Union européenne, saura à l’issue des législatives de jeudi s’il a les moyens de mettre en œuvre sa version du Brexit, voté en 2016 par les Britanniques.

Tignasse blonde savamment ébouriffée et dérapages verbaux pas toujours contrôlés, «Bojo», 55 ans, aura mis toute son énergie et son bagout dans la campagne électorale, qui l’a vu tondre des moutons, changer le pneu d’une Formule 1 ou flatter un taureau. Une manière de polir son image d’homme de terrain proche du peuple — bien qu’il soit passé par les plus grandes universités britanniques.

Après avoir joué un rôle moteur dans la campagne du référendum de juin 2016, remporté par le camp du Brexit à 52 % des voix, il s’est fixé pour objectif depuis son accession au pouvoir en juillet de le mettre en œuvre «coûte que coûte».

Il compte à présent sur le scrutin de jeudi pour lui donner une majorité absolue au Parlement, dont les divisions ont jusqu’ici contribué à bloquer la mise en œuvre de la sortie de l’UE, repoussée à trois reprises, et maintenant fixée au 31 janvier. Cette majorité lui permettrait de faire adopter l’accord sur les modalités du divorce qu’il a négocié avec Bruxelles.

«Roi du monde»

Alexander Boris de Pfeffel Johnson est né à New York dans une famille cosmopolite et compte un arrière-grand-père qui fut ministre de l’Empire ottoman, une origine qu’il ne manque pas d’évoquer lorsqu’on accuse son parti d’islamophobie.

Depuis tout petit, il veut être le «roi du monde», a confié sa sœur Rachel à son biographe, Andrew Gimson. Aîné d’une fratrie de quatre, il suit le parcours classique de l’élite britannique : Eton College puis l’université d’Oxford.

Il entame ensuite une carrière journalistique au Times, qui le licencie à peine un an plus tard pour une citation inventée. Le Daily Telegraph le repêche et l’envoie à Bruxelles, de 1989 à 1994. À coup d’outrances et d’approximations, il bouscule la couverture des institutions européennes et devient «le journaliste favori» de la Dame de fer, Margaret Thatcher.

À cette époque, son premier mariage se délite et il renoue avec une amie d’enfance, Marina Wheeler, avec qui il aura quatre enfants. Le couple se sépare en 2018. Boris Johnson fréquente depuis Carrie Symonds, une spécialiste en communication de 24 ans sa benjamine.

Élu député en 2001, il ravit la mairie de Londres aux travaillistes en 2008 et acquiert alors une stature internationale. Avec quelques réussites emblématiques, comme l’organisation des Jeux olympiques. Et des échecs, comme son projet de pont-jardin sur la Tamise, qui aura coûté des dizaines de millions de livres sans aboutir.

Boris croit en... Boris

En 2016, il choisit le camp du Brexit au dernier moment. «Je ne pense pas qu’il ait une opinion extrêmement sophistiquée sur le Brexit», confie Pascal Lamy, l’ancien patron de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui connaît la famille Johnson. «La seule chose à laquelle croit Boris Johnson, c’est Boris Johnson.»

Dans la campagne de 2016, il promet au Royaume-Uni, débarrassé des «entraves» de l’UE, un avenir radieux coloré de splendeur impériale, où il contrôlera son immigration et récupèrera les millions versés à l’UE pour les consacrer à son système de santé — un engagement basé sur un chiffre faux. Une fois voté le Brexit, il s’apprête à briguer Downing Street, mais il est trahi par son allié Michael Gove, qui se met sur les rangs et le proclame inapte à la fonction. Il renonce, Theresa May est choisie par le Parti conservateur et lui confie les Affaires étrangères.

Il y reste deux ans, s’attirant la réputation de dilettante gaffeur. Sans se priver de mettre des bâtons dans les roues de Theresa May, avant de lui ravir le pouvoir.

S’il est donné gagnant par les sondages, sa popularité ne masque pas ses faiblesses, en particulier son rapport à la vérité. Lors d’un débat télévisé pour la campagne électorale, le public a éclaté de rire lorsqu’il a répondu «oui» au journaliste qui lui demandait si «la vérité importe.»

Monde

Nouvelle-Zélande: le volcan encore trop dangereux pour récupérer les corps

WHAKATANE — Les craintes d’une nouvelle éruption du volcan de White Island, qui aurait tué 17 personnes selon un nouveau décompte, ont conduit les autorités à renoncer à l’envoi de secouristes afin de récupérer les corps de neuf personnes.

L’éruption de lundi sur cette île très touristique au nord de la Nouvelle-Zélande a fait huit morts, selon un nouveau bilan officiel, deux victimes ayant succombé à leurs blessures à l’hôpital.

Neuf personnes sont portées disparues, dont sept Australiens et deux Néo-Zélandais, selon un nouveau décompte mercredi de la police qui faisait jusque-là état de huit disparus.

Leurs corps seraient toujours sur l’île, mais les conditions étaient jugées mercredi encore trop dangereuses pour envoyer des secours sur place et permettre aux médecins légistes et aux spécialistes de commencer leur travail d’identification des victimes.

«Chaque jour qui passe avec ces corps non retrouvés est un jour d’angoisse pour les proches [...], mais en ce moment, les scientifiques nous disent que le risque est tout simplement trop élevé», a déclaré Sarah Stuart-Black, directrice de la protection civile.

Les 22 survivants hospitalisés dans des services de grands brûlés demeurent dans un état critique, selon les autorités de la santé. En vue d’être greffés, quelque 1,2 million de centimètres carrés de peau ont été envoyés par l’Australie et les États-Unis.

Au moment de l’éruption, de la vapeur surchauffée a jailli, projetant des cendres et des roches comme des boulets de canon à une vitesse supersonique.

«Immense tristesse»

Selon le ministre de la Police, Stuart Nash, les blessures dont souffrent les touristes et les guides sont tellement graves que certaines victimes étaient incapables de s’identifier.

«Il y a un certain nombre de personnes hospitalisées qui ne peuvent pas communiquer, elles souffrent d’importantes brûlures sur la peau, mais également au niveau des organes internes», a expliqué mercredi M. Nash.

«Nous travaillons en étroite collaboration avec un certain nombre d’organismes pour nous assurer qu’ils sont bien identifiés», a-t-il précisé.

Au total, 47 touristes et guides se trouvaient sur l’île au moment de l’éruption, venus d’Australie, des États-Unis, du Royaume-Uni, de Chine, d’Allemagne, de Malaisie et de Nouvelle-Zélande.

L’Australie a indiqué que 13 de ses ressortissants étaient hospitalisés et 11 portés disparus.

Le premier ministre australien Scott Morrison a annoncé l’envoi de trois avions militaires transportant des équipes médicales spécialisées pour rapatrier certains survivants.

«C’est un moment d’immense chagrin et de grande tristesse pour toutes les personnes concernées», a-t-il déclaré.

Deux Britanniques figurent également parmi les blessés. La Malaisie a annoncé la mort d’un de ses ressortissants et confirmé mercredi qu’un autre était grièvement blessé.

Le processus destiné à identifier les six personnes décédées a commencé, mais la police a indiqué «que cela pourrait prendre du temps».

Autour du globe, 12 décembre 2019

Monde

Washington menace Pyongyang de conséquences en cas de «cadeau de Noël»

NATIONS UNIES — Les États-Unis ont mis en garde mercredi la Corée du Nord contre tout nouvel essai nucléaire ou de missile balistique intercontinental en fin d'année, tout en promettant de la souplesse si les négociations reprennent.

«La poursuite d'essais de missiles balistiques est profondément contre-productive», a affirmé l'ambassadrice américaine à l'ONU, Kelly Craft, lors d'une réunion du Conseil de sécurité convoquée par Washington, la deuxième sur la Corée du Nord en une semaine. La première réunion s'était tenue à huis clos à la demande des Européens.

Monde

Des Français dans la jungle des transports

PARIS — Coups de sonnettes et de klaxons, «pardons» scandés sur tous les tons, et parfois des injures : tous les moyens sont bons aux habitants de la région parisienne pour se sortir de la mêlée des transports, toujours saturés mercredi au septième jour d’une grève.

«Ne me poussez pas, sinon je tape!» lance Évelyne Bonfill, 57 ans, sur le quai du RER B (train de banlieue, NDLR) à la Gare du Nord, la plus grande de la capitale française. Le train vient d’arriver, elle tente de retenir les dizaines de voyageurs massés derrière elle en se collant à la porte du wagon.

«D’habitude, entre chez moi et mon travail c’est une ligne directe, mais là elle est fermée, je dois prendre quatre RER et un bus. J’ai l’impression de faire le tour du monde», confie cette gestionnaire administrative.

«Je le prends avec le sourire, mais les gens sont des vrais sauvages. C’est très dangereux, on se fait tous bousculer, certains manquent carrément de tomber». Elle relève son défi : elle voyagera même assise jusqu’à la station du Châtelet, au cœur de Paris.

Les conditions de déplacement restent très difficiles dans Paris et sa région, en raison d’un mouvement de grève depuis une semaine contre une réforme des retraites : neuf lignes de métro sur seize sont fermées, 40 % des liaisons en bus sont assurées.

Dans le quartier des affaires de La Défense, où se croisent chaque jour des milliers d’usagers du métro, du RER ou du tramway, même marée humaine.

Pour accéder à la ligne 1, l’une des deux lignes — automatisées — à fonctionner normalement, les voyageurs se massent derrière un ruban de chantier maintenu par le personnel de la gare. La foule trépigne, mais se laisse guider docilement par les instructions : «on va vous donner accès aux quais, restez calmes».

«Tout le monde est à cran»

Une fois arrivés sur le quai, à destination de l’Est parisien, certains pressent le pas et commencent même à courir pour se placer stratégiquement, avant de se faire rappeler à l’ordre : «ça ne sert à rien de courir, vous allez vous faire mal, il y a un train toutes les deux minutes». Soupir irrité et regards assassins des intéressés, qui ralentissent aussitôt.

Certains couloirs de stations ont beau être bondés, des bagarres ont beau éclater, ou les insultes fuser, le gros des voyageurs reste calme.

«Dans le pire des cas, les gens s’énervent parce qu’ils doivent aller bosser, ils poussent et ils crient à l’arrivée du tram, mais une fois à bord, ils sont déjà passés à autre chose,» s’amuse Alain Brun, 53 ans, brancardier : «Tout le monde sait que c’est la grève, et qu’on peut être en retard».

Sur les routes, c’est la même jungle.

«À chaque feu rouge, les gens croient qu’ils sont dans le tour de France et se doublent pour être les premiers à démarrer», note Bérengère Colas, 30 ans, chef de projet.

Habituée à rallier l’Est parisien à son bureau dans le centre de Paris, elle regrette «le stress induit par la cohabitation entre des cyclistes chevronnés [...], les trottinettes qui roulent côte à côte pour discuter ou les débutants à vélo qui conduisent au milieu de la route, en traînant».

La galère ne se limite pas aux deux roues.

«Tout le monde est à cran sur la route, même à 5h quand je commence ma tournée en voiture», explique Françoise Garel, 63 ans, infirmière libérale.

Carole, ingénieure de 32 ans a choisi le covoiturage. Mais «le soir avec les bouchons, mieux vaut rentrer à pied». Pour Nabil Moussaoui, consultant de 30 ans, c’est le taxi, mais «quand ça monte à 100 euros, ça énerve».

Nanaëlle Aas, 22 ans, ose les vélos ou trottinettes à louer, mais «il faut parfois marcher trente minutes pour en trouver un qui fonctionne».

À 86 ans, Edmée Megnin, n’a pas l’intention de se mettre «aux patins à roulettes». Elle se dit «désolée» pour ceux qui travaillent : «Moi, j’ai un luxe qu’ils n’ont pas, il n’y a que mon chat qui m’attend».

Monde

Fusillade à Jersey City: une épicerie casher visée, selon le maire

NEW YORK — Les tireurs qui ont déclenché mardi une fusillade meurtrière à Jersey City, tout près de New York, ont visé délibérément une épicerie casher, a indiqué mercredi le maire de la ville, dénonçant l’antisémitisme et poussant le maire de New York à renforcer la protection de sites de la communauté juive.

«Après un examen complet des caméras de télésurveillance, il est maintenant clair selon les images que les deux individus visaient l’épicerie casher», a écrit mercredi matin sur Twitter le maire de Jersey City, Steven Fulop.

«Je suis juif et fier de vivre dans une communauté comme Jersey City qui a toujours accueilli tout le monde», a-t-il ajouté. «La haine et l’antisémitisme n’auront jamais leur place ici».

Il n’a pas donné plus de précisions, indiquant un peu plus tard qu’il y avait encore «beaucoup de questions» sur la fusillade, qui a fait quatre morts en plus des deux tireurs, et transformé tout un quartier en scène de guerre pendant plusieurs heures mardi après-midi.

Le chef de la police locale avait indiqué mardi soir que les tirs avaient commencé dans un cimetière, et que les tireurs s’étaient ensuite déplacés vers l’épicerie. Il n’avait pas souligné qu’il s’agissait d’une épicerie casher, ni parlé d’antisémitisme.

M. Fulop a néanmoins précisé mercredi, lors d’un point presse, qu’après une première fusillade au cimetière, les deux tireurs s’était «déplacés calmement» et pris délibérément pour cible l’épicerie.

Une source policière anonyme, citée par le New York Times, a par ailleurs indiqué que l’un des tireurs — non identifiés jusqu’ici — avait publié en ligne des messages antisémites et antipolice.

Les enquêteurs auraient par ailleurs trouvé une bombe artisanale et une brève note dans leur camionnette, qui ne fournirait pas d’explication claire pour leurs actes, selon certains médias, la chaîne NBC précisant que la note avait un contenu «religieux».

Le maire Fulop a rendu hommage aux policiers de la ville qui ont affronté les deux tireurs.

Un policier fait partie des six tués, deux autres ont été blessés et hospitalisés, et ont depuis quitté l’hôpital.

«Si les deux policiers, postés à une rue de là, n’avaient pas réagi immédiatement, je suis 100 % sûr que la situation aurait pu être bien plus dramatique», a souligné le maire sur son compte Twitter.

Le maire démocrate de New York, Bill de Blasio, a aussi estimé dans un tweet que la fusillade «confirmait une tendance croissante à l’antisémitisme violent».  

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La Chine numéro un des emprisonnements de journalistes

WASHINGTON - Au moins 250 journalistes sont derrière les barreaux dans le monde, en premier lieu en Chine, l’un des régimes autoritaires qui tolèrent mal l’indépendance des médias, a déploré mercredi une ONG pour la liberté de la presse.

Beaucoup de ces journalistes sont accusés d’être des «ennemis de l’État» ou d’avoir émis des «fausses nouvelles», a relevé le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), basé à New York.

Il a cité la Turquie, l’Arabie saoudite, l’Érythrée, le Vietnam et l’Iran comme autres pays où exercer ce métier est particulièrement risqué.

Le CPJ a recensé au moins 48 journalistes emprisonnés en Chine, soit un de plus qu’en 2018. Interrogée à ce sujet, une porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying, a indiqué mercredi devant la presse que la Chine était «un pays régi par la loi».

«Si vous violez la loi, quel que soit votre statut, que vous soyez journaliste ou fonctionnaire, vous ferez l’objet d’une enquête judiciaire», a-t-elle expliqué avant d’inviter la presse à s’interroger sur les «choses illégales» qui ont pu être commises par les 48 journalistes emprisonnés en Chine. Mme Hua n’a pas précisé le fond de sa pensée.

Derrière la Chine suit la Turquie avec 47 journalistes emprisonnés. C’est bien moins qu’en 2018 (68), mais pas vraiment une amélioration, le gouvernement ayant réussi à fermer plus d’une centaine de médias, et lancé des poursuites pour apologie du terrorisme qui ont fait perdre leur emploi ou intimidé nombre de reporters.

«Des dizaines de journalistes qui ne sont pas incarcérés en Turquie attendent toujours un procès en première instance ou en appel, tandis que d’autres ont été condamnés par contumace et sont sous la menace d’une arrestation s’ils reviennent dans leur pays», a souligné le Comité.

Sur ce podium se trouvent également l’Arabie saoudite et l’Égypte, avec 26 journalistes emprisonnés dans chacun des deux pays.

Dans le royaume, 18 d’entre eux sont incarcérés sans savoir ce qui leur est reproché, et le CPJ s’est dit inquiet de cas de «passage à tabac, de brûlures et de nourriture nettement insuffisante pour les prisonniers politiques, dont quatre journalistes».

Le total mondial de 250 reste trop élevé selon le CPJ, même s’il l’est moins que les 255 de 2018, et 273 de 2016.

Parmi les cas emblématiques, l’ONG a cité la Chinoise Sophia Huang Xueqin, arrêtée en octobre après avoir écrit sur sa participation aux défilés pro-démocratie à Hong Kong, ou l’Iranien Mohammad Mosaed, qui avait envoyé un tweet pendant une coupure d’internet destinée à limiter la diffusion des nouvelles sur une manifestation contre les prix des carburants.

Monde

Greta Thunberg personnalité de l’année du «Time» [VIDÉO]

NEW YORK — Après avoir «raté» le prix Nobel de la paix, la militante suédoise Greta Thunberg est devenue mercredi, à 16 ans, la plus jeune «personnalité de l’année» du magazine Time, témoin de sa capacité à mobiliser des millions de personnes à travers le monde autour de la bataille pour le climat.

Jamais le magazine américain, qui décerne ce titre depuis 1927, n’avait honoré quelqu’un d’aussi jeune.

«Wow, c’est incroyable, je partage ce grand honneur avec tous ceux du mouvement  #FridaysForFuture et les militants du climat partout», a-t-elle réagi sur Twitter après l’annonce, depuis la conférence sur le climat COP25 de Madrid où elle se trouve.

L’ex-président américain Barack Obama, via sa fondation, et son ex-secrétaire d’État Hillary Clinton ont salué le choix du magazine.

«Personne n’est trop petit pour avoir un impact et changer le monde», a tweeté la fondation Obama. «On ne pouvait pas trouver mieux comme personnalité de l’année», a abondé Mme Clinton, également sur Twitter.

Depuis qu’elle a commencé en août 2018 à faire grève, seule, tous les vendredis devant le Parlement suédois, «Greta», comme tout le monde l’appelle, a inspiré des foules croissantes de jeunes et de moins jeunes, prêts à descendre dans la rue tous les vendredis dans le cadre des  #FridaysForFuture afin de réclamer aux dirigeants du monde entier de prendre des mesures radicales pour limiter le réchauffement de la planète.

L’Atlantique en voilier

La démonstration en a été faite en septembre, lorsque des manifestations monstres ont noirci les rues de villes de tous les continents, tirant la sonnette d’alarme juste avant un sommet de l’ONU sur le climat.

Lors de ce sommet, l’adolescente était intervenue à la tribune avec un discours cinglant dénonçant l’inaction des puissants de la planète, martelant son discours de «Comment osez-vous?» accusateurs.

Des images d’elle tançant d’un regard noir le président américain Donald Trump, climato-sceptique qui a fait des États-Unis le seul pays de la planète à s’être retiré de l’accord de Paris sur le climat, avaient aussi fait le tour du monde.

Tout cela faisait d’elle la favorite des bookmakers pour le prix Nobel de la paix, décerné en octobre.

À l’annonce de la remise du prix au premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, l’adolescente n’avait montré aucune déception, poursuivant imperturbablement son périple en Amérique du Nord pour alerter sur l’»urgence climatique».

Elle a interrompu cette année sa scolarité pour voyager, privilégiant les moyens de transport zéro carbone, véhicules électriques, trains et bateaux.

C’est après 15 jours de traversée de l’Atlantique en voilier qu’elle avait débarqué à New York en août, et c’est sur un autre voilier qu’elle est repartie en novembre pour l’Europe, à chaque fois avec l’aide d’admirateurs bénévoles.

À la COP25, elle dénonce une fois encore le manque de leadership des dirigeants mondiaux, qui tardent à accoucher d’engagements efficaces pour réduire les émissions.

Nombreux détracteurs

Greta Thunberg, qui a dit publiquement souffrir d’une forme légère d’autisme, tient partout le même discours, même si sa frustration semble avoir augmenté ces derniers mois, au fil de rencontres avec des dirigeants qui n’ont débouché sur aucun geste radical pour le climat.

Pour ses partisans, cette obstination fait sa force. Mais pour ses détracteurs, nombreux également, elle ne fait que se répéter et ferait mieux de retourner à l’école.

Certains l’attaquent parfois violemment via les réseaux sociaux, la taxant de naïveté, d’exagérer la gravité de la crise climatique ou même de l’inventer, ou encore de chercher le vedettariat.

L’adolescente s’est efforcée de calmer le jeu, invitant notamment les plus de trois millions de personnes qui la suivent sur Twitter à ne réagir aux insultes que par des messages positifs.

Le magazine Time l’a choisie parmi cinq autres finalistes: Donald Trump, la chef des démocrates au Congrès américain Nancy Pelosi, la vedette de l’équipe des États-Unis féminine de football Megan Rapinoe, l’agent de la CIA qui a averti du coup de téléphone entre Donald Trump et le président ukrainien, à l’origine de procédure en destitution du président, et les manifestants pro-démocratie de Hong Kong.

En 2018, c’est le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, tué en octobre 2018 au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, qui avait été désigné à titre posthume par le magazine, avec d’autres journalistes symbolisant la quête de la vérité et les risques qu’ils prennent pour l’obtenir.

En 2017, la distinction avait également été remise à titre collectif, aux personnes qui avaient «brisé le silence» face aux agressions sexuelles, déclenchant le mouvement  #MeToo à travers le monde.

Monde

Deux chefs d’accusation contre Trump

WASHINGTON — Dans un tournant historique, les démocrates ont retenu mardi deux chefs d’accusation dans la procédure de destitution visant Donald Trump : abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès.

Ces chefs, jugés «ridicules» par le président américain, seront débattus dès mercredi au sein de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, en vue d’un vote en séance plénière la semaine prochaine.

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Des centaines de milliers de manifestants à nouveau dans la rue en France

PARIS — Plusieurs centaines de milliers de personnes ont à nouveau manifesté mardi contre une réforme des retraites dans toute la France, où la grève va se poursuivre notamment dans les transports, les opposants restant déterminés à faire reculer le gouvernement, qui s’apprête à présenter mercredi ce projet controversé.

Le ministère de l’Intérieur a recensé 339 000 manifestants en France (dont 31 000 dans la capitale). De son côté, le syndicat CGT a annoncé 885 000 manifestants. Les cortèges étaient moins fournis que la première journée de mobilisation, le 5 décembre, où le Ministère avait recensé 806 000 manifestants à travers la France.

Les syndicats opposés à la réforme des retraites «appellent à organiser des actions de grève et de manifestations localement le 12 décembre, puis le week-end, et de faire du 17 décembre une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle massive de grève et de manifestation», selon un communiqué intersyndical adopté à l’issue de près de trois heures de réunion commune mardi soir.

«On est aujourd’hui contre ce projet de réforme des retraites, on le trouve injuste, inéquitable [...] c’est un danger pour le modèle social français», a déclaré Edgar, employé de la Régie des transports parisiens, parmi les manifestants à Paris, mardi.

Si la mobilisation dans la rue est en repli, «le mécontentement reste aussi haut», a fait valoir le numéro un de la CGT, Philippe Martinez. «Aujourd’hui, on est dans l’installation d’un mouvement», a indiqué de son côté Yves Veyrier, secrétaire général du syndicat FO.

La journée de mercredi s’annonce cruciale pour l’exécutif français, qui n’entend pas faire marche arrière sur cette réforme, promesse de campagne du président Emmanuel Macron avant son élection en 2017, et semble même prêt au bras de fer.

La retraite est un sujet éminemment sensible en France. Les opposants les plus virulents espèrent faire durer le mouvement et mettre le pays à l’arrêt comme en décembre 1995. La mobilisation d’alors, notamment contre une réforme des retraites, avait paralysé les transports en commun durant trois semaines et forcé le gouvernement de l’époque à reculer.

«Pas d’annonces magiques»

Les manifestants veulent amener le gouvernement à renoncer à mettre en place un «système universel» de retraite par points censé remplacer les 42 régimes existants, et être «plus juste» et équilibré financièrement.

Or, le contexte social est déjà tendu en France, avec la mobilisation depuis plus d’un an du mouvement inédit des «gilets jaunes», exaspérés par les fins de mois difficiles et qui contestent la politique fiscale et sociale du gouvernement, mais aussi des mécontentements exacerbés dans les hôpitaux, parmi les étudiants, les cheminots, les policiers, les sapeurs-pompiers, les enseignants, les agriculteurs...

Sur cette réforme des retraites, le premier ministre Édouard Philippe a déclaré mardi devant les députés du parti présidentiel La République en marche qu’«il n’y a pas d’annonces magiques» qui puissent faire «cesser les manifestations».

«Ce n’est pas parce que je fais un discours [mercredi midi] que les manifestations vont cesser. Ce discours va même susciter de nouvelles questions. Et c’est normal. Il y aura des questions et il y aura des débats dans l’hémicycle sur des sujets légitimes», a lancé le chef du gouvernement lors d’une réunion à huis clos.

«Chacun autour de la table sait ce qu’est une réforme indispensable à son pays» et ce que la mener «implique», a de son côté plaidé le président Macron dans la nuit de lundi à mardi.

«Je n’ai pas senti une grande inquiétude», a assuré celui qui, tout juste élu, déclarait en août 2017 : «La France n’est pas un pays réformable. Beaucoup ont essayé et n’ont pas réussi, car les Français détestent les réformes.»

De fait, pour l’heure, une majorité de Français déclarent soutenir la grève, redoutant une précarisation des retraités après la réforme ou ayant des inquiétudes pour les retraites des métiers les plus pénibles.

Monde

Argentine: Alberto Fernandez, nouveau président d'un pays en crise

BUENOS AIRES — Promettant «de remettre l'Argentine sur pied» après plus d'un an de récession, le péroniste de centre gauche Alberto Fernandez a été investi mardi à la tête d'un pays qui vit selon lui une «catastrophe sociale», avec une inflation galopante et des taux de chômage et de pauvreté en hausse.

Après avoir prêté serment devant le Parlement, il a reçu l'écharpe présidentielle des mains de son prédécesseur, le libéral Mauricio Macri, sous les vivats des élus de sa coalition et de ses partisans dans la rue.

Monde

Trump dit avoir mis en garde la Russie contre toute ingérence, Lavrov dément

WASHINGTON — L'ingérence électorale russe dans les élections américaines continue de faire obstacle au rapprochement avec Moscou voulu par Donald Trump : la Maison-Blanche a affirmé mardi que le président américain avait lancé un avertissement au chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, qui a aussitôt démenti.

Le président Trump, qui a reçu le ministre russe, «a mis en garde contre toute tentative d'ingérence de la part de la Russie dans les élections américaines», a déclaré l'exécutif américain.

Monde

La formation des militaires saoudiens aux États-Unis suspendue

WASHINGTON — Le Pentagone a suspendu temporairement mardi le programme d’entraînement des militaires saoudiens sur le sol américain après la fusillade de Pensacola, dans laquelle trois jeunes militaires américains ont été tués par un pilote saoudien.

L’entraînement opérationnel des militaires saoudiens reprendra à l’issue d’une révision des procédures de sécurité et de vérification des antécédents de tous les militaires étrangers actuellement formés aux États-Unis, a indiqué à la presse un haut responsable du ministère américain de la Défense ayant requis l’anonymat.

Cette revue des procédures, ordonnée par le vice-ministre de la Défense David Norquist, devrait prendre de 5 à 10 jours, a précisé un autre responsable du Pentagone.

Cette suspension avait été réclamée par des élus républicains comme démocrates après qu’un membre de l’armée de l’air saoudienne a ouvert le feu vendredi avec une arme de poing dans une salle de cours de la base de Pensacola, en Floride, faisant trois morts et huit blessés avant d’être abattu par la police.

Il avait publié sur Twitter avant son attaque des messages hostiles envers les États-Unis, selon le groupe de surveillance des mouvements jihadistes SITE.

«Le ministère coopère étroitement avec le gouvernement saoudien pour répondre à cet incident», a souligné David Norquist dans une lettre aux chefs des services de l’armée américaine concernés par cette mesure, qui a été «approuvée» par Ryad.

L’US Navy avait annoncé un peu plus tôt avoir suspendu l’entraînement des 303 militaires saoudiens en formation sur les bases navales de Pensacola, Whiting Field et Mayport, en Floride.

Pressions des élus 

Les responsables du Pentagone n’ont pas été en mesure de préciser combien de militaires saoudiens au total sont entraînés sur le sol américain, mais ils ont indiqué que les États-Unis formaient actuellement quelque 5000 militaires étrangers sur des bases américaines.

Ils seront tous concernés par les changements de procédures de sécurité pour leur accès à l’entraînement et aux bases elles-mêmes.

Des centaines de militaires saoudiens suivent chaque année des formations au sein des forces armées américaines, illustration des liens forts qui unissent les deux pays alliés.

Dimanche, le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche du président Donald Trump, avait estimé que ce programme devait «être suspendu» tant que la lumière n’aura pas complètement été faite sur les événements en Floride.

Les enquêteurs américains cherchent notamment à savoir si le tireur saoudien a agi seul.

«L’Arabie saoudite est un allié, mais il y a ici quelque chose de fondamentalement mauvais. Nous devons ralentir ce programme et le réévaluer», avait insisté M. Graham.

Un autre républicain, Matt Gaetz, qui représente au Congrès la Floride où a eu lieu l’attaque, avait lui aussi appelé à «mettre le programme en pause».

«Nous ne devrions pas accueillir de nouveaux étudiants saoudiens tant que n’avons pas absolument confiance en notre processus de contrôle», avait-il expliqué.

Le ministre américain de la Défense Mark Esper a cependant défendu l’utilité de ce type de programmes.

«Nous disposons de quelque chose que n’ont pas nos adversaires potentiels, comme la Russie et la Chine», a-t-il souligné dimanche. «La possibilité de faire venir ici des étudiants étrangers pour s’entraîner avec nous, pour comprendre la culture américaine, nous est très importante afin de construire ces relations au long cours qui contribuent à notre sécurité».

Monde

Une fusillade de plusieurs heures fait six morts au New Jersey

JERSEY CITY — Six personnes sont mortes dans une fusillade qui a duré plus de deux heures mardi au cœur de Jersey City, une ville du New Jersey voisine de New York, ont indiqué les autorités locales.

Michael Kelly, chef de la police de cette ville de 270 000 habitants, a confirmé qu'un policier et trois civils avaient été tués, ainsi que les deux suspects soupçonnés d'avoir déclenché la fusillade à la mi-journée, dans un cimetière de la ville.

Autour du globe

Monde

Nouvelle-Zélande: le volcan encore trop menaçant pour récupérer les corps

WHAKATANE — La police néo-zélandaise a expliqué mercredi qu’envoyer des secouristes récupérer les corps des personnes tuées par l’éruption du volcan de White Island serait «de la folie», l’île étant encore dangereuse.

L’éruption de lundi a fait six morts sur cette île très touristique au large de l’île du Nord. Les corps de huit autres personnes, portées disparues, se trouvent encore sur place, selon les autorités. Quelque 47 excursionnistes au total étaient sur l’île au moment de l’éruption.

«Ce serait de la folie pour nous d’envoyer des hommes et des femmes à White Island» alors que les conditions de sécurité pour les secouristes n’y sont pas réunies, a expliqué le ministre de la police Stuart Nas, sur Radio New Zealand. «Nous avons la responsabilité, envers les membres de la police néo-zélandaise, de veiller à ce que toute situation dans laquelle nous les plaçons n’est pas dangereuse».

Monde

Aung San Suu Kyi appelée à «cesser le génocide rohingya» devant la Cour internationale de justice

LA HAYE - L’ancienne icône de la paix Aung San Suu Kyi a assisté mardi aux appels de la Gambie, au nom du monde musulman, pour que la Birmanie «cesse le génocide» contre la minorité rohingya, au premier jour d’audiences devant la Cour internationale de justice.

Celle qui fut lauréate du prix Nobel de la paix en 1991 est à la tête de la délégation birmane devant la Cour qui siège à La Haye pour assurer elle-même la défense de son pays, à majorité bouddhiste, mis en cause pour les massacres et persécutions contre la minorité musulmane des Rohingyas.

Depuis août 2017, quelque 740.000 Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir les exactions de l’armée birmane et de milices bouddhistes, qualifiées de «génocide» par des enquêteurs de l’ONU.

Des milliers de personnes ont marché mardi dans plusieurs villes de Birmanie afin de soutenir Aung San Suu Kyi, qui a vu son image ternie au sein de la communauté internationale depuis qu’elle a pris la défense des généraux de l’armée birmane.

«Tout ce que la Gambie demande, c’est que vous disiez (à la Birmanie) de mettre fin à ces tueries insensées, d’arrêter ces actes de barbarie et de cesser ce génocide contre son propre peuple», a plaidé le ministre gambien de la Justice, Abubacarr Tambadou, devant les juges de la CIJ.

La Gambie, mandatée par les 57 États membres de l’Organisation de la coopération islamique, estime que la Birmanie a violé la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, un traité de droit international approuvé en 1948.

La CIJ, organe judiciaire principal des Nations unies, créé en 1946 pour régler les différends entre États membres, tient de premières audiences de mardi à jeudi dans ce dossier ultrasensible.

«Chaque jour à ne rien faire, ce sont plus de gens tués, plus de femmes violées et plus d’enfants brûlés vifs. Quel crime ont-ils commis ? Seulement celui d’être nés dans une religion différente», a dénoncé M. Tambadou, ancien procureur au Tribunal pénal international pour le Rwanda.

«Un autre génocide se déroule sous nos yeux, mais nous ne faisons rien pour l’arrêter», a-t-il martelé.

La Gambie demande à la CIJ des mesures d’urgence pour mettre fin aux «actes de génocide en cours» en Birmanie en attendant que soit rendu l’arrêt définitif sur le fond de l’affaire, ce qui pourrait prendre des années.

«Défendre la dignité»

Vêtue d’une robe traditionnelle birmane, Aung San Suu Kyi, 74 ans, a écouté les déclarations des avocats gambiens des victimes rohingyas, notamment celui d’une mère dont le fils d’un an a été battu à mort et celui d’une femme enceinte de huit mois qui a été piétinée et violée à plusieurs reprises.

En Birmanie, des sympathisants de la cheffe de facto du gouvernement birman se sont rassemblés dans plusieurs villes, agitant des drapeaux. Quelque 2.000 personnes ont marché dans les rues de Rangoun, la capitale économique, et des dizaines de milliers d’autres ont défilé à Mandalay (nord).

«Nous devons la soutenir alors qu’elle voyage pour défendre la dignité de notre pays», a déclaré Thant Zin, un habitant de Rangoun de 57 ans, arborant des autocollants de Suu Kyi sur les deux joues.

Les avocats de la Gambie ont toutefois dénoncé l’apparition d’énormes panneaux d’affichage à travers la Birmanie ces dernières semaines, montrant Aung San Suu Kyi avec trois généraux de l’armée birmane souriants. Pour l’avocat Paul Reichler, cela montre que ces derniers sont «tous impliqués» dans les exactions commises à l’encontre des Rohingyas.

Cela prouve «que la Birmanie n’a absolument aucune intention de tenir ses dirigeants militaires pour responsables», a-t-il affirmé.

«Demander justice»

Suu Kyi devrait présenter mercredi la défense de la Birmanie, devenant l’un des premiers dirigeants à s’adresser personnellement aux juges de la Cour. Celle-ci n’a établi qu’une seule fois qu’un génocide avait été commis : le massacre de 8.000 hommes et garçons musulmans en 1995 à Srebrenica, en Bosnie.

Aung San Suu Kyi devrait faire valoir que la CIJ n’a pas compétence en la matière, que l’armée birmane ciblait des rebelles rohingyas et que le pays est parfaitement capable de mener à bien ses propres enquêtes.

«Je demande que le monde nous rende justice», a déclaré Nur Karima, une réfugiée rohingya dont les frères et grands-parents ont été tués lors d’un massacre dans le village de Tula Toli en août 2017.

«Je veux voir les condamnés être menés à la potence. Ils nous ont tués sans pitié», a témoigné auprès de l’AFP Saida Khatun, une autre réfugiée de Tula Toli.

Les autorités birmanes maintiennent quant à elles que les militaires n’ont fait que réagir aux attaques de la rébellion rohingya et qu’il n’y a eu ni nettoyage ethnique ni génocide.

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Monde

L’incendie de Notre-Dame, fait d’actualité le plus twitté en 2019

PARIS — L’incendie de Notre-Dame de Paris en avril a été le fait d’actualité le plus commenté sur Twitter en 2019, selon un classement publié par le réseau social lundi.

Le mot-clé «#NotreDame» s’est hissé en tête du classement des hashtags en lien avec des faits d’actualité les plus utilisés cette année dans le monde, indique ainsi Twitter sans toutefois donner de chiffres. 

Suivent la nouvelle ère impériale au Japon «Reiwa» et les manifestations au Venezuela. 

Le 15 avril, un incendie a ravagé la charpente en bois de la cathédrale Notre-Dame de Paris, un des monuments les plus visités d’Europe. La flèche s’est effondrée et une bonne partie du toit a été réduite en cendres, créant une vague d’émotion mondiale. 

Monde

Une «semaine morte» en France

PARIS — La grève qui met la France au ralenti et n’a pas faibli lundi, devrait continuer d’engendrer son lot de perturbations notamment dans les transports publics mardi, nouvelle journée de manifestations contre la réforme des retraites dont le gouvernement devrait détailler le contenu le lendemain.

Métros et trains de banlieue bondés, quais noirs de monde, des centaines de kilomètres de bouchons en région parisienne : la situation de lundi devrait se reproduire mardi pour la sixième journée consécutive de grève. À la SNCF, seulement 20 % des TGV et des trains de la banlieue parisienne pourront circuler, a indiqué la direction.

Dans la capitale, dix des seize lignes du métro opéré par la RATP resteront fermées au moins jusqu’à mercredi, voire vendredi. «La semaine est morte», résume Thierry Babec, secrétaire général de l’Unsa RATP (1er syndicat de la régie).

Environ 25 % des vols intérieurs et 10 % des moyen-courriers d’Air France seront annulés. La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a demandé aux compagnies de réduire leur programme de vol.

Un an après la naissance du mouvement de contestation sociale des «gilets jaunes», qui leur a porté un coup dur, et à l’approche des fêtes de fin d’année, ce nouveau mouvement inquiète commerçants, hôteliers, restaurateurs et professionnels du tourisme qui d’ores et déjà font état d’une baisse de leur chiffre d’affaires.

Le mouvement social touchant aussi le monde de la culture, des spectacles ont été annulés lundi à l’Opéra Bastille, à l’Opéra Garnier ou à la Comédie française, tandis que des musées étaient partiellement fermés.

Si l’énervement gagnait les usagers des transports publics, selon un sondage Harris Interactive/RTL lundi, 68 % des Français déclarent soutenir la grève.

«Une grosse vague»

La nouvelle journée d’action de mardi, qui devrait entraîner des perturbations dans de nombreux secteurs, notamment dans les écoles, mais aussi dans les ports et les docks par exemple, s’accompagnera à nouveau de manifestations partout en France.

Cette deuxième journée sera «une grosse vague», a prédit le leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Sous pression après une première journée de mobilisation qui a jeté dans la rue plus de 800 000 manifestants le 5 décembre, l’exécutif doit lever le voile mercredi sur une réforme des retraites encore floue.

Le gouvernement, soutenu par la Commission européenne qui juge la réforme «nécessaire», défend un «système universel» par points censé remplacer à partir de 2025, ou un peu plus tard, les 42 régimes existants et être «plus juste». Mais ses opposants redoutent une «précarisation» des retraités.

Manque de clarté

Le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye, après avoir reçu les partenaires sociaux lundi avec la ministre des Solidarités Agnès Buzyn, a estimé que le «statu quo» n’était «pas tenable».

De son côté le syndicat patronal Medef a reproché au gouvernement un «manque de clarté» qui conduit à «mobiliser les gens, parce qu’ils ne savent pas». Dans une tribune publiée par le journal Le Monde, des économistes proches d’Emmanuel Macron ont également appelé à davantage de «clarté».

Le syndicat CGT est «déjà en réflexion» pour une nouvelle journée de mobilisation jeudi.

C’est «la semaine de vérité», titrait le quotidien Le Figaro tandis que Libération ne voyait qu’une alternative pour Emmanuel Macron : «la réforme ou la retraite».

D’autant que le gouvernement est confronté à un risque d’élargissement de la contestation. Les internes en médecine sont par exemple appelés à une grève illimitée à partir de mardi pour dénoncer la «dégradation des soins» et les généralistes à fermer leurs cabinets samedi.

De leur côté quatre syndicats du transport routier et de la logistique ont appelé à la grève le 16 pour de meilleures conditions de travail.

Venant encore brouiller l’image du gouvernement, le quotidien Le Parisien a révélé que Jean-Paul Delevoye n’avait pas déclaré une fonction d’administrateur dans un Institut de formation de la profession de l’assurance dans sa déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Une «erreur» et «une omission par oubli», a réagi M. Delevoye, accusé par l’opposition de conflit d’intérêts, et qui a démissionné de cette fonction lundi.

Monde

Décès de l’homme à l’origine du «défi du seau d’eau glacée»

BOSTON — Pete Frates, un ancien joueur de baseball universitaire dont la lutte acharnée contre la maladie de Lou Gehrig a contribué à inspirer le «défi du seau d’eau glacée» ayant permis de récolter plus de 200 millions $US dans le monde, est mort lundi. Il avait 34 ans.

M. Frates s’est éteint paisiblement, entouré de sa famille, ont déclaré ses proches dans un communiqué. «Aujourd’hui, le ciel a reçu notre ange», ont-ils écrit.

Le défi du seau d’eau glacée — le Ice Bucket Challenge, en anglais — a commencé en 2014 lorsque le golfeur professionnel Chris Kennedy a lancé le défi à la cousine de sa femme, Jeanette Senerchia, dont le mari était atteint de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), également connue sous le nom de maladie de Lou Gehrig, du nom du légendaire joueur des Yankees de New York qui en a souffert.

Lorsque M. Frates et sa famille se sont joints à l’initiative, le phénomène a explosé sur les réseaux sociaux. Le processus était simple : il fallait prendre un seau d’eau glacée, le verser sur votre tête, publier une vidéo sur les réseaux sociaux et inciter les autres à faire de même ou à faire un don à une œuvre caritative. La plupart des gens ont fait les deux.

Célébrités

Des milliers de personnes ont participé, y compris des célébrités, des vedettes du sport et des politiciens — même Donald Trump avant son élection, ainsi que le personnage de dessin animé Homer Simpson. Les vidéos en ligne ont été vues des millions de fois.

«Le défi du seau d’eau glacée de la SLA représente tout ce qui est génial dans ce pays — ça représente le plaisir, les amis, la famille, et il fait une différence pour nous tous vivant avec la SLA», avait expliqué M. Frates à l’époque.

Le défi a permis de recueillir environ 220 millions $US à travers le monde, dont 115 millions $US pour l’association SLA de Washington.

La maladie de Lou Gehrig est une maladie neurodégénérative qui conduit à la paralysie due à la mort des motoneurones de la moelle épinière et du cerveau. Il n’y a pas de remède connu.

M. Frates laisse dans le deuil sa femme Julie, sa fille Lucy, ses parents John et Nancy, et ses frères et sœurs Andrew et Jennifer.

Monde

La tension remonte entre Washington et Pyongyang

WASHINGTON — Le ton a continué de monter lundi entre les États-Unis et la Corée du Nord qui, à l’approche d’un ultimatum fixé par Pyongyang à Washington pour la fin de l’année, risquent de renouer avec les tensions extrêmes de 2017.

Après avoir fait le dos rond face à la multiplication des tirs de missiles nord-coréens de courte et moyenne portée ces derniers mois, l’administration de Donald Trump a changé d’attitude après le mystérieux essai annoncé dimanche par Pyongyang.

Monde

Mégacontrat du Pentagone: Amazon accuse Trump d’avoir fait pression

NEW YORK — Amazon a accusé directement le président américain Donald Trump d’avoir influencé l’attribution par le Pentagone, fin octobre, d’un mégacontrat de stockage de données en ligne (cloud) de 10 milliards $ à Microsoft, selon un document judiciaire rendu public lundi.

Selon le géant du commerce en ligne, le locataire de la Maison-Blanche a «mené de manière répétée des attaques publiques et en coulisses» pour qu’Amazon n’obtienne pas le contrat JEDI (Joint Enterprise Defense Infrastructure), d’une durée de dix ans, qui vise à moderniser la totalité des systèmes informatiques des forces armées américaines dans un système géré par intelligence artificielle.

La division Amazon Web Services (AWS), qui domine le secteur du cloud computing et fournit des serveurs sécurisés à d’autres organismes gouvernementaux américains, dont la CIA, était considérée comme favorite pour l’obtention du contrat.

«Vendetta»

Dans un document d’une centaine de pages, le groupe de Seattle estime que l’inimitié de Donald Trump envers le patron d’Amazon Jeff Bezos, «perçu comme un ennemi politique» a joué un rôle conséquent dans la décision du Pentagone.

M. Bezos est la cible fréquente d’attaques virulentes de la part du président républicain, notamment en raison de son investissement dans le Washington Post, un des journaux quotidiens parmi les plus critiques de M. Trump et de son gouvernement.

«Le président des États-Unis et commandant en chef de notre armée s’est servi de son pouvoir pour “dégager Amazon” du contrat JEDI dans le cadre d’une vendetta personnelle et hautement médiatisée contre M. Bezos, Amazon et le Washington Post», affirme le document.

Dans cette plainte, Amazon demande au Pentagone de «réévaluer les offres de manière juste et sans influence inappropriée, directe ou indirecte».

«La question à se poser est la suivante : le président des États-Unis devrait-il être autorisé à utiliser le budget du ministère de la Défense à des fins personnelles et politiques?» assène le groupe.

Monde

Destitution de Trump: des conclusions diamétralement opposées, à l’image du pays

WASHINGTON — Démocrates et républicains américains se sont écharpés lundi en offrant leurs conclusions diamétralement opposées de l’enquête en destitution contre Donald Trump, illustrant les profondes divisions partisanes qui traversent les États-Unis.

L’opposition démocrate a présenté son dossier contre le président républicain, en amont d’un vote crucial à la Chambre des représentants sur sa mise en accusation («impeachment»), qui pourrait intervenir avant Noël.

Et les parlementaires pourraient selon plusieurs médias dévoiler dès mardi les deux chefs d’accusation retenus contre le milliardaire new-yorkais: l’abus de pouvoir et l’entrave à la bonne marche du Congrès.

Au terme d’une audition acrimonieuse longue de près de dix heures, marquée par de vives passes d’armes, le chef démocrate de la commission judiciaire n’a laissé aucun doute sur sa position.

La conduite de Donald Trump «est à l’évidence passible d’une mise en accusation. Cette commission agira en conséquence», a déclaré Jerry Nadler, sans préciser les dates des étapes à venir.

Le milliardaire «a violé son serment envers les Américains, il a fait passer son propre intérêt avant notre sécurité nationale», a-t-il martelé. M. Trump «représente encore aujourd’hui une menace pour l’intégrité de nos élections et notre système démocratique».

Les républicains ont eux tenu la ligne de défense de la Maison-Blanche, dénonçant «un spectacle politique».

Les démocrates «n’arrivent pas à se remettre du fait que Donald Trump est président» depuis sa victoire surprise en 2016, a lancé le numéro deux républicain de la commission, Doug Collins.

Proclamant depuis le début de l’affaire qu’il n’a rien fait de mal, Donald Trump a confié lundi avoir regardé «un petit peu» cette audition fleuve. «C’est une honte, c’est un coup monté», a-t-il encore dit.

«Complot» 

Forts de leur majorité à la Chambre, les démocrates ont initié fin septembre l’enquête en destitution, après avoir appris que Donald Trump avait demandé à l’Ukraine d’enquêter sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l’affronter lors de la présidentielle de 2020.

L’accusant d’abus de pouvoir, ils estiment que le président a fait pression sur l’Ukraine, notamment en suspendant une importante aide militaire destinée à ce pays en guerre avec la Russie.

Les parlementaires pourraient aussi inclure le refus de la Maison-Blanche de collaborer dans l’enquête en destitution, qu’elle juge «anticonstitutionnelle», dans un second chef d’accusation : l’entrave à la bonne marche du Congrès.

Compte tenu de la majorité démocrate à la Chambre, Donald Trump deviendra certainement le troisième président de l’histoire, après Andrew Johnson et Bill Clinton, mis en accusation au Congrès américain.

Lâché par ses troupes, Richard Nixon avait démissionné avant le vote en séance plénière.

Cependant, le milliardaire devrait ensuite être acquitté lors du procès au Sénat, où les républicains sont majoritaires et le soutiennent largement.

Contre-feux 

Des semaines d’auditions et d’enquête n’y ont rien fait, au contraire: républicains et démocrates sont encore apparus fermement retranchés dans leurs positions lundi.

«Le président Trump a mené pendant des mois un complot pour solliciter une aide étrangère dans sa campagne de réélection en 2020», a affirmé un juriste qui représentait les démocrates, Daniel Goldman.

Le juriste Steve Castor, au service des républicains, a lui jugé que les démocrates n’étaient pas parvenus à démontrer un abus de pouvoir au cours de cette enquête «précipitée».

Il a aussi évoqué à plusieurs reprises Joe Biden et son fils.

Hunter Biden avait été nommé au conseil d’administration d’un grand groupe gazier ukrainien, Burisma, lorsque son père était vice-président de Barack Obama. Ce qui mène le président à les accuser, sans preuves, d’être corrompus.

Ces accusations font partie des nombreux contre-feux allumés par le président républicain pour délégitimer la batterie d’enquêtes qui le visent depuis son arrivée à la Maison-Blanche, en janvier 2017.

Avant l’affaire ukrainienne, les plus de deux ans d’enquête sur le dossier russe n’étaient, aussi, qu’une «chasse aux sorcières» selon lui, voire une «tentative de coup d’État».

Mais un rapport officiel publié lundi a largement contredit ses allégations, en établissant que le FBI n’avait pas d’arrière-pensée politique quand il a ouvert en 2016 une enquête sur de possibles liens entre l’équipe de campagne de Donald Trump et Moscou.

L’inspecteur général du ministère de la Justice Michael Horowitz souligne toutefois que certains agents ont par la suite commis des «erreurs et des omissions».

De quoi conforter le président américain. «Ce qui s’est passé est une honte», a-t-il réagi.

Autour du globe, 10 décembre 2019

Monde

Un volcan aurait fait 13 victimes en Nouvelle-Zélande [PHOTOS]

WHAKATANE, Nouvelle-Zélande — La première ministre néo-zélandaise a exprimé mardi sa «douleur insondable» après la mort de cinq personnes dans l’éruption d’un volcan sur une île touristique, où huit autres personnes toujours portées disparues sont présumées mortes.

Comme la police, la première ministre Jacinda Ardern a déclaré n’avoir plus d’espoir de retrouver vivants les disparus, indiquant que plusieurs survols de l’île n’avaient permis de trouver aucun signe de vie. «Ce matin, l’effort est mis sur la récupération [des corps] et sur le fait de s’assurer que la police peut faire ça en toute sécurité», a-t-elle expliqué lors d’une conférence de presse.

Parmi les disparus et blessés figurent des touristes d’Australie, des États-Unis, du Royaume-Uni, de Chine et de Malaisie, ainsi que des Néo-Zélandais qui les guidaient.

«À ceux qui ont perdu de la famille ou des amis ou sont sans nouvelles d’eux, nous partageons votre douleur insondable et votre tristesse», a-t-elle dit. «Nous pleurons avec vous».

Monde

Les démocrates optimistes concernant la destitution de Trump

WASHINGTON — Soupçonné d’abus de pouvoir, Donald Trump serait déclaré coupable «en trois minutes chrono» par un jury s’il était devant un tribunal, a affirmé dimanche le démocrate menant les travaux vers la probable mise en accusation au Congrès du président américain, qui dénonce une procédure «bidon».

«Nous avons un dossier en béton», a déclaré sur CNN Jerry Nadler, président de la commission judiciaire de la Chambre des représentants. «Si ce dossier était présenté à un jury, un verdict de culpabilité serait rendu en trois minutes chrono».

Selon lui, «l’accusation au cœur (du dossier) est que le président a placé ses intérêts au-dessus de ceux du pays à plusieurs reprises et qu’il a demandé l’ingérence d’une puissance étrangère dans nos élections à plusieurs reprises».

Cela pose «un véritable danger pour le scrutin» présidentiel de novembre 2020, a-t-il mis en garde.

Forts de leur majorité à la Chambre, les démocrates ont ouvert fin septembre une enquête en destitution contre Donald Trump après avoir appris qu’il avait demandé à l’Ukraine d’enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l’affronter lors de la présidentielle.

Donald Trump proclame son innocence et dénonce une enquête anticonstitutionnelle, une «mascarade» montée à charge contre lui avec laquelle il refuse de coopérer.

Après deux mois d’enquête à la chambre basse, la commission judiciaire va commencer à rédiger la semaine prochaine les chefs d’accusation visant le milliardaire.

Elle commencera par entendre lundi des représentants des groupes républicain et démocrate, qui présenteront chacun leur version, aux antipodes, des conclusions à tirer de l’enquête.

Cette audition sera «bidon», a tweeté Donald Trump dimanche.

Plusieurs chefs d’accusation pourraient être retenus : abus de pouvoir et corruption, entrave à la bonne marche du Congrès et entrave à la justice.

Cette nouvelle étape accélère la procédure vers le vote en séance plénière à la Chambre sur la mise en accusation («impeachment» en anglais) du président, probablement avant Noël. Il faudra avant cela passer par un vote clé en commission judiciaire sur ces mêmes chefs d’accusation. M. Nadler n’a pas écarté dimanche qu’il puisse être organisé d’ici la fin de la semaine prochaine.

Compte tenu de la majorité démocrate, Donald Trump deviendra certainement le troisième président de l’histoire, après Andrew Johnson et Bill Clinton, mis en accusation au Congrès américain. Mais il devrait ensuite être acquitté lors du procès politique qui sera organisé au Sénat, où les républicains sont majoritaires et le soutiennent largement.

Trump «va être acquitté»

Les républicains accusent les démocrates d’aller trop vite, avec pour objectif de destituer Donald Trump car ils craignent de ne pas le battre lors de la présidentielle. Le président républicain jure de prendre sa revanche dans les urnes.

«Ils ont peur de la prochaine élection», a affirmé dimanche sur Fox News la porte-parole de la Maison-Blanche, Stephanie Grisham, pour qui l’enquête des démocrates est une «véritable honte».

Monde

Incendie mortel dans une usine en Inde

NEW DELHI — Au moins 43 personnes sont mortes dimanche à New Delhi, piégées dans l’incendie dévastateur d’une usine de cartables où dormaient des ouvriers, dans un quartier ancien et surpeuplé de la capitale indienne.

L’incendie s’est déclenché à l’aube à Sadar Bazar, un important marché de gros situé dans le nord de New Delhi. Des familles éplorées ont raconté avoir reçu vers cinq heures du matin des appels désespérés d’ouvriers appelant au secours dans le noir, suppliant d’être libérés de l’enfer des flammes.

Un survivant, Sabi Abbas, venait de finir de travailler et s’apprêtait à se coucher, lorsqu’il a entendu des hurlements au troisième étage. «Je me suis précipité au sol et j’ai vu que des câbles électriques pendaient, en feu, et qu’une fumée noire se propageait dans le couloir», a-t-il témoigné à l’AFP. L’homme a tout de même réussi à s’échapper avec sa femme et ses filles.

Victimes asphyxiées 

Les victimes sont des «ouvriers qui dormaient à l’intérieur de ce bâtiment comprenant quatre ou cinq étages», a indiqué à l’AFP Sunil Choudhary, chef adjoint des pompiers de New Delhi.

Plus de 150 pompiers ont combattu les flammes pendant près de cinq heures pour venir à bout du sinistre, selon l’agence Press Trust of India (PTI).

Dans nombre de grandes villes indiennes, les usines et petites unités de fabrication sont situées dans des quartiers anciens et exigus, où le prix de l’immobilier est moins élevé.

La nuit, ces bâtiments servent souvent de dortoirs pour les travailleurs pauvres, pour la plupart des migrants, qui parviennent ainsi à économiser de l’argent en dormant sur leur lieu de travail.

Ce bâtiment abritait plusieurs unités de production fabriquant des cartables et des matériaux d’emballage notamment, ce qui n’a fait qu’aggraver l’incendie, ont affirmé des responsables indiens.

Les autorités locales ont annoncé un bilan de 43 morts. La police et les pompiers ont affirmé qu’au moins 58 personnes avaient été secourues.

«Lors de l’incendie, les gens ne savaient pas comment sortir», a raconté Mohammed Khalil, témoin du drame.

Selon des voisins, cet immeuble n’avait qu’une seule entrée principale et comprenait vingt pièces par étage, reliées à un escalier intérieur, rendant très difficile toute évacuation. «La plupart des victimes (...) sont mortes asphyxiées», a expliqué Monika Bhardwaj, adjointe au commissaire de police chargée du quartier nord de New Delhi.

La chaîne d’informations indienne ABP Hindi a diffusé le témoignage d’un homme, Musharaff, affirmant au téléphone qu’il ne pouvait «plus respirer» et qu’il y avait «beaucoup d’autres personnes» autour de lui.

Le lourd bilan s’explique également par le fait que les pompiers ont eu des difficultés à atteindre les personnes piégées par les flammes, en raison de l’étroitesse des rues alentour.

Plusieurs témoins ont évoqué la présence au premier étage de l’immeuble de fils électriques non protégés. Certains affirment qu’ils pourraient être la cause de l’incendie qui se serait ensuite propagé à des blocs de mousse et du mobilier en plastique.

Les raisons du départ du feu qui a abouti au pire incendie à New Delhi, depuis la mort de 59 spectateurs dans un cinéma en 1997, sont toutefois encore inconnues, ont affirmé les autorités indiennes.

Mais le directeur des services d’incendie de la ville a affirmé à l’agence PTI que le site n’était vraisemblablement pas en conformité avec les règles anti-incendie. Le propriétaire et le gérant de l’usine, qui fabriquait également des sacs et des vestes, ont pour l’heure été arrêtés, a affirmé la police à PTI.

À l’extérieur d’une morgue non loin des lieux du drame, plusieurs proches des victimes se sont rassemblés pour identifier les corps.

Travailleurs migrants

«Cette tragédie était inexorable», affirme Naushad Ahmad, désespérément à la recherche d’un ami porté disparu.

«Il n’y avait qu’une seule entrée et sortie dans l’immeuble, et tous les compteurs d’électricité étaient installés près de la porte principale... Les gens n’avaient aucune chance de s’échapper.»

Plusieurs membres des familles des victimes ont affirmé à l’AFP que les travailleurs étaient pour la plupart des ouvriers migrants venant de l’État de Bihar, l’une des régions les plus pauvres du pays.

Certains étaient payés seulement 1000 roupies, soit 14 dollars, par mois, ont-ils ajouté.

Cet incendie «est particulièrement atroce. Mes pensées vont à ceux qui ont perdu des êtres chers», a déclaré le premier ministre Narendra Modi sur Twitter. «Souhaitant un prompt rétablissement aux blessés. Les autorités apportent toute l’aide possible sur les lieux de la tragédie», a-t-il ajouté.

Monde

L'épidémie de rougeole continue de se propager aux Samoa

APIA, Samoa — L'épidémie de rougeole continue de se propager aux Samoa où elle a fait 70 morts, pour l'essentiel de jeunes enfants, selon des chiffres publiés.

En 24 heures, 112 nouveaux cas se sont déclarés en dépit d'une campagne sans précédent de vaccination menée la semaine dernière durant deux jours afin de tenter de juguler l'épidémie de cette maladie très contagieuse.

Autour du globe, 9 décembre 2019

Monde

La Corée du Nord mène un «test très important» depuis une base de lancement

SÉOUL — La Corée du Nord a annoncé dimanche avoir mené un «test très important» depuis sa base de lancement de satellites de Sohae, entouré de mystère, mais significatif de l’impasse des négociations sur le nucléaire entre Pyongyang et Washington.

L’information a été rapportée par l’agence officielle KCNA, qui n’a donné aucune précision sur l’engin ou l’arme testée.

«Un test très important a eu lieu à la base de lancement de satellites de Sohae l’après-midi du 7 décembre», a déclaré un porte-parole de l’Académie nationale des sciences du Nord.

Le résultat de ce test aura un «effet important» en changeant le «statut stratégique» de la Corée du Nord, a-t-il ajouté.

Ce même samedi, le président américain Donald Trump se félicitait encore devant la presse à Washington de sa «très bonne relation» avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

«Je pense qu’on veut tous les deux garder ça comme ça. Il sait que j’ai une élection qui arrive», avait-il dit, confiant qu’il serait «surpris si la Corée du Nord agissait de manière hostile».

Situé sur la côte nord-ouest de la Corée du Nord, le site de Sohae, également connu sous le nom de Tongchang-ri, a été au coeur de la diplomatie à trois entre Pyongyang, Séoul et Washington depuis plus d’un an.

Il donne toutes les apparences d’un centre spatial pour mettre des satellites sur orbite. Mais les Nord-Coréens l’ont utilisé pour plusieurs lancers de fusées condamnés par la communauté internationale, laquelle dénonce des entraînements au tir de missiles à longue portée.

Rapide reconstruction

Lors d’un sommet à Séoul en septembre 2018, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un s’était engagé à le fermer. Puis les progrès pour aller vers la «dénucléarisation» de la péninsule coréenne avaient fait long feu.

En mars avaient été repérés par satellite des travaux sur cette base en vue d’une «rapide reconstruction».

D’autres images satellites prises jeudi montraient un grand conteneur qui semblait «un indicateur à peu près fiable des préparatifs d’un test d’engin», d’après Jeffrey Lewis, un spécialiste de l’armement nucléaire en Asie orientale au Middlebury Institute à Monterey (Californie, ouest des États-Unis).

S’exprimant avant l’annonce de la Corée du Nord dimanche, cet expert y voyait «un signe de plus que la Corée du Nord mène de plus en plus d’activités dans les missiles à mesure qu’approche la date butoir de Kim Jong Un pour un relâchement des sanctions».

À Washington, un haut responsable de l’administration américaine a réagi de manière très prudente, affirmant: «nous avons pu voir les rapports concernant un test et nous nous travaillons en étroite collaboration avec nos alliés et partenaires».

Pyongyang souhaite qu’avant le 31 décembre Washington formule une proposition de nature à relancer les pourparlers de paix.

Mais samedi, deux déclarations avaient confirmé que l’heure était aux tensions.

«La situation actuelle dans la péninsule coréenne est grave», avaient estimé les présidents américain et sud-coréen, Donald Trump et Moon Jae-in, lors d’une conversation téléphonique, selon la présidence sud-coréenne.

Et l’ambassadeur nord-coréen aux Nations unies Kim Song a affirmé que «la question de la dénucléarisation n’est plus sur la table des négociations».