Monde

Enquête russe: un ex-conseiller de Trump se ravise et plaide coupable

Par AFP WASHINGTON — Un ex-conseiller de campagne de Donald Trump a plaidé coupable vendredi de faux témoignage et de fraude financière au détriment de l’Etat américain, et a accepté de coopérer dans l’enquête sur l’ingérence russe dans la présidentielle de 2016.

Ce revirement de Richard Gates, 45 ans, accentue encore la pression sur Paul Manafort, l’ancien directeur de campagne de M. Trump et ex-associé de M. Gates, qui lui continue de rejeter les charges énumérées dans l’acte d’inculpation qui le vise.

«Nonobstant ce qu’a plaidé Rick Gates aujourd’hui, je maintiens mon innocence», a réagi M. Manafort, dans un communiqué transmis par son avocat.

M. Gates est devenu la cinquième personne à plaider coupable dans l’enquête russe en comparaissant en début d’après-midi devant une juge fédérale de Washington.

Dans une lettre adressée à ses proches et obtenue par la chaine ABC, Richard Gates a justifié sa volte-face, expliquant que malgré sa «volonté initiale de (se) défendre», il a «changé d’avis» pour protéger sa famille.

Ce rebondissement semble prouver que la stratégie suivie par Robert Mueller s’est révélée payante: le procureur spécial chargé de l’enquête russe a accumulé les charges visant MM. Manafort et Gates, qu’il a inculpés deux fois à quatre mois d’intervalle.

Le dernier acte d’accusation rendu public jeudi concerne des faits présumés de fraude fiscale et de dissimulation de comptes bancaires à l’étranger. MM. Manafort et Gates avaient été inculpés pour des infractions similaires fin octobre.

D’environ 2006 à 2015, les deux hommes ont travaillé comme consultants politiques et lobbyistes au service du président ukrainien Viktor Ianoukovitch, soutenu par Moscou, et des partis proches de ce dirigeant qui a été renversé en 2014.

Ils sont accusés d’avoir monté un système complexe permettant de ne pas déclarer au fisc américain une grande partie de leurs millions de dollars de revenus.

Plus de 75 millions de dollars de paiement ont ainsi transité par des comptes offshore. Les deux suspects se voient reprocher d’avoir blanchi dans le processus plus de 30 millions de dollars.

Paul Manafort a dirigé de juin à août 2016 l’équipe de campagne de M. Trump, dont il a été écarté quand sa proximité avec les intérêts russes en Ukraine a été révélée.

Contrôle judiciaire

Les deux hommes ont été laissés en liberté, soumis à un strict contrôle judiciaire.

Un avocat membre d’un cabinet international ayant également oeuvré à redorer l’image de M. Ianoukovitch a été inculpé mardi de faux témoignage par le procureur spécial.

Cet avocat, Alex van der Zwaan, a plaidé coupable d’avoir menti à des enquêteurs de la police fédérale (FBI) concernant ses échanges avec Richard Gates.

Le revirement de M. Gates, qui encourt près de six ans de prison mais peut espérer une peine atténuée en coopérant, isole Paul Manafort dans la perspective d’une comparution pénale. Les avocats du lobbyiste mènent une âpre bataille procédurale pour retarder ce procès.

Mais un procès n’est probablement pas l’objectif prioritaire de M. Mueller et de ses enquêteurs. Ils veulent pousser M. Manafort à révéler ce qu’il sait sur l’équipe de campagne de Donald Trump et une éventuelle collusion entre des membres de celle-ci et Moscou.

Rien dans les documents judiciaires publiés vendredi ne vient confirmer ces soupçons.

Monde

Ce n’est pas arrivé cette semaine...

NEW YORK — Vérification faite par l’Associated Press, et contrairement à ce que vous pouvez avoir lu ou entendu ailleurs, voici quelques-uns des événements les plus extraordinaires qui ne se sont pas produits cette semaine...

FAUX

Dunkin’ Donuts offre une boîte de beignes gratuite pour célébrer son 67e anniversaire.

LA VÉRITÉ

Aucune pâtisserie gratuite n’attend les clients de la chaîne cette semaine. Cette offre fait partie des nombreuses fausses promotions qui deviennent virales en offrant de la nourriture gratuite dans des chaînes bien connues comme Pizza Hut et Costco. Lorsqu’ils cliquent sur le coupon, les utilisateurs doivent répondre à un sondage de trois questions sur la chaîne, puis donner des informations personnelles. La porte-parole de Dunkin’ Brand Group, Michelle King, confirme que l’offre n’émane pas de la chaîne. Par ailleurs Dunkin’ Donuts ne célèbre pas son 67e anniversaire, mais bien son 68e cette année.

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FAUX

Cuba affirme que Justin Trudeau est le fils de Fidel Castro.

LA VÉRITÉ

Cuba n’a jamais avancé que le premier ministre du Canada est le fils de l’ancien leader cubain. La visite publique de Pierre Elliot Trudeau et de sa femme Margaret à Cuba est par ailleurs survenue plus de quatre ans après la naissance de Justin Trudeau. Cette fausse nouvelle circule depuis plusieurs années. Elle a refait surface le 1er février après le suicide du fils aîné de Fidel Castro, Fidelito, citant une note laissée par ce dernier, faisant référence à M. Trudeau en parlant de lui comme d’un demi-frère. Les médias cubains ont été plus ouverts qu’à l’habitude au sujet de ce décès, mais aucun média d’État ou indépendant n’a rapporté l’existence d’une note.

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Monde

Un Degas volé il y a huit ans retrouvé dans un bus

PARIS — Des douaniers français ont retrouvé un tableau du peintre impressionniste Edgar Degas dans la soute à bagages d'un autobus plus de huit ans après que l'oeuvre eut été volée dans un musée de Marseille.

Selon le ministère français de la Culture, des agents du poste frontalier de Marne-la-Vallée ont été surpris en découvrant une peinture signée Degas à l'intérieur d'une valise rangée dans la soute d'un autobus.

Toujours d'après le ministère, aucun des passagers n'a réclamé la valise à la suite de la fouille, qui s'est déroulée le 16 février.

Des experts ont vérifié l'authenticité de la toile et confirmé qu'il s'agissait du tableau Les Choristes, qui représente une scène tirée de l'opéra Don Juan.

La peinture avait été dérobée en 2009 dans un musée marseillais à qui elle avait été prêtée par le musée d'Orsay, à Paris.

La ministre française de la Culture, Françoise Nyssen, s'est réjouie de «cette heureuse redécouverte d'une oeuvre précieuse appartenant aux collections nationales, dont la disparition représentait une lourde perte pour le patrimoine impressionniste français».

Monde

L’ambassade des États-Unis à Jérusalem ouvrira en mai

WASHINGTON - L’ambassade des États-Unis en Israël sera transférée de Tel-Aviv à Jérusalem en mai, a indiqué vendredi un responsable américain.

Le transfert de l’ambassade «coïncidera avec le 70e anniversaire» de la création de l’État hébreu, a précisé à l’AFP un autre responsable américain, sans plus de précision sur la date.

L’ambassade sera initialement située dans le quartier d’Arnona, dans un groupe de bâtiments qui abritent les opérations consulaires américaines à Jérusalem, a précisé ce deuxième responsable.

Dans un premier temps, seuls l’ambassadeur et une petite équipe déménageront de Tel-Aviv, a-t-il indiqué.

Le président américain Donald Trump avait annoncé le 6 décembre sa décision «d’officiellement reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël», rompant avec ses prédécesseurs et passant outre les mises en garde venues de toutes parts.

Une «provocation» selon les Palestiniens

La direction palestinienne a qualifié vendredi de «provocation» la décision américaine de transférer en mai l’ambassade des États-Unis en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, et estimé que l’administration Trump était devenue un obstacle à la paix.

La date du 14 mai évoquée par la presse israélienne coïncide dans le calendrier occidental avec le 70e anniversaire de la proclamation de l’Etat d’Israël. 

C’est «une provocation pour les Arabes, musulmans et chrétiens. Par une telle décision, l’administration Trump finit de s’isoler complètement et devient une partie du problème et non plus de la solution», a dit à l’AFP le numéro deux de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat.

Monde

Trump assure qu’un prof armé aurait stoppé le tireur de Floride

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a affirmé vendredi que l’auteur d’un récent carnage au fusil d’assaut dans un lycée de Floride aurait été stoppé si des enseignants de l’établissement avaient été armés.

«Un prof l’aurait dégommé avant même qu’il ne se rende compte de ce qui lui arrivait», a déclaré M. Trump à un rassemblement annuel de conservateurs en banlieue de Washington.

Le président faisait référence à l’attaque commise le 14 février par un jeune homme de 19 ans, dans son ancien lycée dans la ville de Parkland. Au total 17 personnes ont perdu la vie, jeunes pour la plupart.

Vendredi, les enseignants ont fait leur retour au lycée Marjory Stoneman Douglas, pour des séances de prise en charge psychologique.

Les cours reprendront mercredi, rassemblant des élèves devenus pour certains en quelques jours des figures d’un mouvement national spontané qui interpelle les élus afin qu’ils agissent dans le sens d’un durcissement des lois sur les armes individuelles.

Depuis le drame, M. Trump a demandé au ministère américain de la Justice d’améliorer les vérifications d’antécédents psychiatriques et judiciaires des acquéreurs d’armes à feu. Il s’est dit en faveur d’un relèvement de l’âge légal pour acheter certaines armes.

Le locataire de la Maison-Blanche a ensuite émis des signaux opposés, destinés à rassurer le lobby des armes qui a partiellement financé sa campagne présidentielle: il a notamment défendu l’idée d’armer environ 20% des enseignants, une hypothèse ultra controversée qui a suscité une large fronde dans le milieu éducatif.

Vendredi, à la «Conservative Political Action Conference» (CPAC), devant une foule qui lui était totalement acquise, il a repris toutes ces pistes, sans offrir davantage de précisions.

Policier lâche, dit Trump

«Nous devons vraiment renforcer les vérifications d’antécédents», a-t-il dit. «Nous ne voulons pas que des déficients mentaux aient une arme», a-t-il ajouté, après avoir longuement défendu l’idée d’armer les enseignants.

«L’heure est venue de faire de nos écoles des cibles nettement plus difficiles à frapper», a assuré M. Trump, en répétant que seuls des enseignants familiers des armes devaient en être équipés.

Il est aussi revenu sur le fait qu’un agent du shérif, posté au lycée de Parkland, n’est pas intervenu tandis que le tireur, Nikolas Cruz, vidait ses chargeurs dans les salles de classe.

Donald Trump n’a pas trouvé de circonstances atténuantes à ce policier armé, qui a été suspendu de ses fonctions pour être resté à l’extérieur du bâtiment où se déroulait la fusillade.

«Il n’a pas réagi convenablement sous la pression ou c’est un lâche», a dit le président. «À coup sûr, il a fait du mauvais boulot. Il n’y a aucun doute à ce sujet».

Un policier par école

Le gouverneur républicain de la Floride a de son côté annoncé vendredi des propositions de sécurisation des établissements scolaires et visant à restreindre l’accès aux armes des personnes souffrant de problèmes mentaux.

Rick Scott a appelé à la présence obligatoire d’un agent des forces de l’ordre dans chaque école publique de son État et s’est prononcé pour un relèvement à 21 ans de l’âge légal pour acheter une arme.

Ces annonces sont intervenues après qu’une nouvelle fusillade a retenti vendredi dans l’enceinte d’un établissement éducatif américain: deux personnes ont été blessées par balle sur le campus d’une université de Louisiane, dans le sud des États-Unis.

La menace a été écartée et les lieux ont été sécurisés, a ensuite précisé dans un communiqué la direction de la Southeastern Louisiana University, située à Hammond, à quelque 70 km au nord de La Nouvelle-Orléans.

Le reste du discours de M. Trump a consisté principalement en un catalogue d’autosatisfecit, avec de nombreuses digressions dont il est coutumier.

À un moment, admirant sa chevelure après s’être vu sur grand écran, le président a confié à ses partisans ravis: «Je fais l’impossible pour masquer ma calvitie».

Monde

Brexit: May précisera sa vision du future partenariat avec l’UE

La première ministre britannique Theresa May va préciser sa vision du partenariat post-Brexit du Royaume-Uni avec l’Union européenne vendredi 2 mars, a annoncé vendredi son porte-parole, au lendemain d’une réunion-marathon de huit heures avec son gouvernement.

Theresa May a réuni jeudi ses principaux ministres dans la résidence de campagne du premier ministre à Chequers (70 km au nord-ouest de Londres) pour l’après-midi et la soirée, afin d’aborder les relations économiques entre l’Union européenne et le Royaume-Uni après le départ de celle-ci, prévu en mars 2019.

«La première ministre a exposé ses plans clairement. Nous travaillons à obtenir un accord qui fonctionne pour toutes les composantes du Royaume-Uni (...) et permette les échanges commerciaux les plus souples possible», a dit le porte-parole.

«La première ministre va exposer plus de détails sur la position du gouvernement vendredi», a-t-il ajouté alors que les partenaires européens de Londres montrent une certaine impatience de connaître quelle relation exactement le gouvernement britannique souhaite à l’avenir, près d’un an après le déclenchement de la procédure de divorce qui doit être effectif le 29 mars 2019.

Londres affirme vouloir quitter le marché unique et l’union douanière, mettre fin à la liberté de circulation des migrants et à la juridiction de la Cour européenne des droits de l’Homme. Dans le même temps, Theresa May veut négocier un accord qui réduirait autant que possible les droits de douane et les démarches administratives.

Le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a toutefois averti que les contrôles à la frontière seraient «inévitables» si le Royaume-Uni sortait du marché unique et de l’union douanière.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, doit donner les orientations des délibérations sur les futures relations, lors d’un sommet européen les 22 et 23 mars, les négociations devant commencer en avril.

Jeremy Corbyn, le chef du Parti travailliste, principal parti d’opposition aux conservateurs de Theresa May, doit lui afficher sa position dans une allocution lundi matin. Selon les médias britanniques, après avoir longtemps exclu cette possibilité, il pourrait annoncer que le Labour veut le maintien du Royaume-Uni dans l’union douanière et qu’il est favorable à la tenue d’un second référendum sur le Brexit.

La réunion de Chequers, jeudi, a rassemblé les membres de la sous-commission ministérielle chargée du Brexit, dont le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, tenant d’une rupture sans concession avec Bruxelles, et le ministre des Finances Philip Hammond, favorable à des liens plus étroits.

Les débats ont porté sur les secteurs automobile, agroalimentaire et le commerce digital, tandis que Theresa May a dirigé une discussion sur le partenariat économique dans son ensemble, a ajouté le porte-parole.

Monde

Inconduite sexuels: la Croix-Rouge souhaite un «changement de culture»

Le secteur humanitaire, en proie à des scandales sexuels, se trouve à un «tournant de son histoire», a estimé vendredi le directeur du Comité international de la Croix-Rouge, jugeant nécessaire un «changement de culture» au sein du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

«Il est extrêmement important que le silence qui entourait ces questions ait été brisé. L’ensemble du secteur humanitaire se trouve à un tournant de son histoire», a indiqué Yves Daccord, dans une déclaration écrite.

«Nous devons rester humbles, écouter attentivement les communautés et les membres du personnel et reconnaître qu’un changement de culture doit être opéré dans notre institution», a-t-il ajouté.

Cet appel survient dans le sillage du vaste scandale touchant l’organisation britannique Oxfam, incluant des faits de prostitution en Haïti. Vient s’ajouter la démission du numéro deux de l’Unicef, le Britannique Justin Forsyth, accusé de comportement inapproprié envers des femmes alors qu’il travaillait pour l’organisation Save the Children.

Le directeur général adjoint d’Onusida, accusé d’agression sexuelle par une employée, mais blanchi par une enquête interne de l’ONU, a également annoncé son départ de l’agence.

Au CICR, tous les membres du personnel ont l’obligation contractuelle de respecter le Code de conduite du CICR, qui s’applique depuis 2006 et qui interdit explicitement l’achat de services sexuels. Cette interdiction s’applique «en toutes circonstances et dans le monde entier, y compris les pays où la prostitution est légale», précise l’organisation, qui emploie plus de 17.000 personnes.

«Avoir recours au sexe tarifé est incompatible avec les valeurs et la mission de l’institution», relève M. Daccord.

Depuis 2015, le CICR a identifié 21 membres du personnel qui ont été licenciés pour recours au sexe tarifé ou qui ont démissionné après l’ouverture d’une enquête interne. Par ailleurs, les contrats de deux autres membres du personnel suspectés d’»inconduite sexuelle n’ont pas été renouvelés».

Mais «nous craignons que d’autres incidents n’aient pas encore été signalés ou n’aient pas été traités comme il se doit après leur signalement» et «nous prenons actuellement des mesures pour remédier à ce problème», souligne le directeur du CICR.

L’organisation précise avoir mis en place une adresse électronique confidentielle pour que ses collaborateurs puissent signaler les «comportements répréhensibles».

Monde

Deux blessés par balle dans une université de Louisiane

Deux personnes ont été blessées par balle dans la nuit de jeudi à vendredi sur le campus d’une université de Louisiane, dans le sud des États-Unis, a annoncé la direction de l’établissement, précisant que les lieux ont été depuis sécurisés.

«La police de l’université confirme qu’un incident impliquant plusieurs individus s’est produit sur le campus nord», a tweeté vendredi matin la direction de la Southeastern Louisiana University, située à Hammond, à quelque 70 km au nord de la Nouvelle-Orléans.

Les faits se sont produits dans la nuit, et les étudiants et l’encadrement ont été alertés à quatre heures du matin, précise l’université sur Twitter.

«Des coups de feu ont été tirés. Deux individus ont été victimes de blessures ne mettant pas leur vie en danger», ajoute la direction de l’établissement, soulignant qu’il n’y a plus de «menace» sur le campus.

Ces faits, qui surviennent en plein débat sur les armes à feu aux Etats-Unis après la fusillade ayant fait 17 morts dans un lycée en Floride, font l’objet d’une enquête.

Monde

Trump annonce «les plus importantes» sanctions imposées à Pyongyang

WASHINGTON - Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi de nouvelles sanctions visant à isoler encore plus la Corée du Nord, quelques heures après l’arrivée de sa fille Ivanka en Corée du Sud pour la fin des jeux Olympiques.

Ces mesures, «les plus lourdes» jamais imposées contre Pyongyang, selon ses termes, visent plus de 50 sociétés de transport maritime et navires qui aident Pyongyang «à échapper aux sanctions».

Leur objectif est de «continuer à couper les sources de revenus et de pétrole que le régime utilise pour financer son programme nucléaire et son armée», selon des extraits du discours diffusés en avance par la Maison-Blanche, mais qui n’ont finalement pas été prononcés par le président.

«J’espère que quelque chose de positif en sortira, nous verrons», a simplement lâché ce dernier à l’issue d’un très long discours lors de la conférence CPAC, grand rendez-vous annuel des conservateurs américains.

Selon le Trésor américain, ces sanctions visent un individu, 27 entités et 28 navires localisés ou enregistrés en Corée du Nord, en Chine, à Singapour, à Taïwan, à Hong Kong, aux îles Marshall, en Tanzanie, au Panama et aux Comores.

Cette annonce intervient à deux jours de la fin des jeux Olympiques de Pyeongchang qui ont contribué à une spectaculaire détente sur la péninsule.

Le régime de Kim Jong Un est déjà visé par de nombreuses sanctions imposées par Washington et les Nations unies afin de le contraindre à renoncer à ses programmes nucléaire et balistique.

En 2017, le Conseil de sécurité a imposé à l’unanimité trois séries de sanctions économiques à la Corée du Nord, toutes plus fortes les unes que les autres: le 5 août (fer, charbon, pêche...), le 11 septembre (textile, limitation de livraisons de pétrole) et le 22 décembre (produits pétroliers raffinés notamment).

Il y a quelques mois, M. Trump a accusé la Chine de livrer du pétrole à la Corée du Nord malgré les sanctions, une affirmation catégoriquement rejetée par Pékin.

Message aux entreprises à travers le monde

«Le Trésor s’attaque avec force aux voies illégales utilisées par la Corée du Nord pour échapper aux sanctions», a souligné le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, citant en particulier les livraisons de charbon et de pétrole.

Selon lui, les sanctions visent à rappeler «aux entreprises à travers le monde que si elles décident d’aider au financement des ambitions nucléaires de la Corée du Nord, elles ne pourront pas faire des affaires avec les États-Unis».

Arrivée vendredi soir à Séoul, Ivanka Trump, très proche de son père dont elle est aussi conseillère, a participé à un dîner à la Maison bleue avec le président sud-coréen Moon Jae-in.

À cette occasion, elle a insisté sur «l’amitié» entre Washington et Séoul, mais aussi réaffirmé la détermination des États-Unis à mettre la «pression maximum» sur Pyongyang pour s’assurer que la péninsule coréenne soit dénucléarisée.

Pyongyang enverra dimanche à la cérémonie de clôture des JO une délégation officielle de huit membres emmenée par le général Kim Yong Chol. Mais la Maison-Blanche a affirmé qu’aucune rencontre entre émissaires américains et nord-coréens n’était prévue.

Pour la cérémonie d’ouverture, le leader nord-coréen avait dépêché sa soeur Kim Yo Jong qui se trouvait à quelques rangs seulement du vice-président américain Mike Pence.

Elle ne lui avait pas parlé, mais avait profité de son voyage historique au Sud -le premier d’un membre de la dynastie qui dirige le Nord depuis des décennies- pour inviter le président sud-coréen Moon Jae-in à un sommet à Pyongyang.

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Seul un condamné exécuté

Trois États américains avaient prévu d’exécuter chacun un prisonnier jeudi, dans une rare coïncidence temporelle, mais, au final, deux des condamnés ont survécu à leur rendez-vous avec la mort.

Bart Whitaker, un Américain qui avait planifié le meurtre de toute sa famille, a eu sa peine capitale commuée en réclusion à perpétuité juste avant l’heure de son injection létale programmée.

C’est la première fois en plus de dix ans qu’un gouverneur du Texas, en l’espèce le républicain Greg Abbott, décide d’épargner ainsi la vie d’un condamné à mort.

Le père du prisonnier, un fervent chrétien, lançait depuis des années des suppliques en ce sens. Kent Whitaker implorait qu’on lui laisse son dernier fils, même si celui-ci n’avait pas hésité à commanditer l’assassinat en 2003 de ses parents et de son frère.

Grièvement blessé par balle dans l’embuscade planifiée par Bart, Kent Whitaker avait décidé, depuis son lit d’hôpital, d’offrir un «pardon miraculeux» au meurtrier.

«Dieu m’a aidé à parvenir à ce pardon intégral. Je pense qu’il l’a fait pour m’aider à retisser ma relation avec mon fils», avait-il confié à l’AFP.

Cette commutation exceptionnelle prévoit une perpétuité réelle pour Bart Whitaker.

Monde

En Chine, le jeu vidéo devient matière scolaire

Jouer à un jeu vidéo en salle de classe? C’est permis et même obligatoire dans cette école en Chine, où les élèves sont formés pour devenir des professionnels du sport électronique («eSport»), un secteur en plein boom mondial.

«Punaise, je suis mort!», s’exclame un élève en pleine partie devant son ordinateur. À ses côtés, des dizaines de garçons âgés de 14 à 23 ans tapotent sur leur clavier, le regard rivé sur un écran plat: le cours a débuté au lycée technique Lanxiang, à Jinan (est).

L’eSport est devenu une discipline professionnelle, avec des joueurs qui se disputent des sommes d’argent lors de tournois organisés dans des salles, voire des stades. Ces compétitions, également diffusées sur internet, sont parfois suivies par des millions de personnes.

En 2018, le secteur devrait générer 906 millions de dollars (732 millions d’euros) de chiffre d’affaires à l’échelle mondiale (+38,2% sur un an), selon le cabinet spécialisé Newzoo, la Chine représentant 18% du total. Dans ce pays, 260 millions de personnes jouent à des jeux d’eSport ou regardent des compétitions, d’après la firme chinoise iResearch.

Le lycée Lanxiang, réputé pour sa formation de... conducteur de pelleteuse, forme à plusieurs métiers: cuisinier, mécanicien, coiffeur, soudeur ou informaticien. La section eSport, lancée en septembre, compte environ 50 élèves.

«Au départ, les parents pensaient que ça consistait uniquement à jouer aux jeux vidéos», raconte Rong Lanxiang, le directeur de l’établissement.

«Une partie des cours, c’est bien sûr la pratique des jeux vidéos. Mais on forme les élèves à tous les métiers du secteur», corrige le professeur Yang Xiao, 26 ans.

Ce secteur est aujourd’hui «un facteur de croissance économique» et «ne peut plus être ignoré», relève le directeur. «Notre école s’adapte au marché.»

Selon le cabinet chinois CNG, l’eSport en Chine emploie 50.000 personnes, mais il en faudrait 260.000 de plus pour combler toutes ses offres d’emplois.

Je n’aime que jouer

En attendant, les élèves - tous des garçons - s’entraînent dans une salle de classe à l’odeur de vestiaire, sur de célèbres jeux de type arène de bataille (League of Legends) ou de tir à la première personne (PlayerUnknown’s Battlegrounds, Overwatch, Counter Strike).

«Je n’ai pas envie d’un autre travail. Je n’aime que le jeu. L’eSport, c’est un secteur nouveau avec des débouchés prometteurs», déclare Teng Xin, 22 ans, qui explique jouer une grosse vingtaine d’heures par semaine. «Je ne veux pas devenir joueur professionnel. Je suis déjà trop vieux pour ça. Mais j’aimerais devenir entraîneur d’équipe professionnelle de League of Legends.»

Le professeur Yang Xiao, diplômé de chimie et ex-entraîneur d’un club d’eSport, passe entre les rangées d’élèves pour prodiguer ses conseils.

«On s’adresse à des jeunes. À leur âge, ils ne sont pas autonomes et n’ont pas d’habitudes de travail très organisées. Ils ont besoin de quelqu’un pour les diriger», explique-t-il.

Les études durent trois ans. Après une première année commune, avec 50% de pratique et 50% de théorie, les élèves sont séparés. Les meilleurs sont formés pour devenir joueurs professionnels, les autres apprennent la gestion du eSport: organisateur de compétitions, intendant d’équipe, décorateur de scènes pour les tournois, entraîneur, promoteur de jeux vidéos...

Foot ou eSport ?

Song Jinze, 16 ans, explique timidement qu’il veut devenir présentateur. Certaines compétitions sont suivies par des millions de personnes et, à l’image d’un match de boxe ou de football, elles nécessitent des commentaires en direct.

«Au début, mes parents étaient contre. En Chine, les mentalités sont encore traditionnelles. Mais j’ai utilisé tous les moyens de persuasion possibles. Finalement, ils ont cédé», raconte-t-il.

«Je pense que l’eSport, c’est vraiment du sport. Jouer, ça permet de renforcer ma vitesse de réaction et d’être plus adroit quand je tape sur le clavier.»

Les frais de scolarité annuels sont d’environ 13.000 yuans (1.700 euros), un tarif raisonnable en Chine. Les joueurs les plus doués sont intégrés à l’équipe de l’école et dispensés de paiement.

L’établissement voit grand: il vise 1.000 élèves en eSport dans les années qui viennent.

En Chine, d’autres écoles ont ouvert des formations diplômantes: l’Université de la communication de Chine à Nankin (est) ou encore l’Université du film et de la télévision à Chengdu (sud-ouest).

À l’étranger, l’Université du Staffordshire (Angleterre) lancera en septembre une licence en trois ans sur le commerce et la promotion du eSport. L’Université des sciences appliquées de Kajaani (Finlande) et l’Université d’Etat de l’éducation physique, du sport, de la jeunesse et du tourisme à Moscou proposent déjà des cursus similaires.

Sans compter les innombrables écoles privées partout dans le monde, comme la eSport Academy à Nantes (France).

«À l’avenir, le sport électronique sera présent dans chaque famille. Ça deviendra plus populaire que le basket et le football», prédit l’étudiant Teng Xin.

«Pour pratiquer les sports traditionnels, il faut sortir et trouver un terrain. Il suffit d’un ordinateur pour pratiquer l’eSport à la maison.»