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Monde

Ruée vers les armes aux États-Unis

LOS ANGELES — Les ventes d’armes à feu se sont envolées aux États-Unis ces deux dernières semaines sous l’effet de la pandémie de coronavirus, beaucoup d’Américains amassant armes et munitions pour se prémunir contre d’hypothétiques émeutes.

«Nous avons enregistré une augmentation des ventes d’environ 800 %», affirme à l’AFP David Stone, propriétaire d’une armurerie à Tulsa, dans l’Oklahoma. «J’ai encore la plupart des modèles, mais je ne vais pas tarder à être à court», dit-il.

Selon M. Stone, la plupart des acheteurs qui se sont précipités chez lui sont des novices en la matière, prêts à prendre n’importe quelles armes en stock.

«C’est la peur suscitée par le coronavirus. Moi-même je ne comprends pas et je trouve ça déraisonnable», déclare-t-il.

Plusieurs autres armureries contactées par l’AFP en différentes régions des États-Unis disent avoir enregistré un afflux de clients craignant que la crise sanitaire ne se transforme en crise sociale et ne mette leur sécurité en danger.

Tiffany Teasdale, propriétaire de Lynnwood Gun dans l’État de Washington, l’un des principaux foyers de coronavirus aux États-Unis, a pour la première fois vu des files d’attente se former devant sa boutique, jusqu’à une heure avant l’ouverture des portes.

«Avant, durant les bons jours, on pouvait vendre 20 à 25 armes à feu. Aujourd’hui, on peut atteindre 150», explique Mme Teasdale, qui a engagé un vigile pour maintenir l’ordre.

Selon elle, les fusils et leurs cartouches sont en rupture de stock tout comme les munitions pour armes de poing.

«Beaucoup de gens achètent des fusils à pompe, des armes de poing, des AR-15 [fusils semi-automatiques], de tout», dit Mme Teasdale, dont le magasin est ouvert sept jours sur sept.

Comme son collègue David Stone, la majorité de ses clients achètent une arme pour la première fois. Ils doivent donc passer par une vérification de leurs antécédents et, le cas échéant, être initiés à la manipulation de leur arme.

«Tout le monde»

«On voit des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux, tout le monde achète des armes», poursuit l’armurière, soulignant que cette tendance concerne également toutes les origines ethniques ou culturelles.

L’un de ses clients lui a dit avoir décidé de s’armer après avoir été témoin d’une altercation virulente entre deux femmes se disputant les dernières bouteilles d’eau dans un magasin.

Certains craindraient aussi que les forces de l’ordre, débordées, soient moins présentes.

«Beaucoup de gens ont peur que quelqu’un pénètre chez eux, pour voler de l’argent, leur papier-toilette, leur eau en bouteille, leur nourriture», raconte Mme Teasdale.

Nick Silverri, un habitant de l’Utah, a ainsi déclaré à une télévision locale qu’il avait récemment acheté un fusil pour se protéger «si jamais la COVID-19 fait perdre les pédales aux gens».

Jordan McCormick, directeur du marketing de Delta Team Tactical, fabricant d’armes établi dans l’Utah et qui produit principalement des fusils AR-15, déclare que ses ateliers tournent à plein régime pour satisfaire la demande.

«C’est la semaine dernière que c’est vraiment devenu dingue», dit-il, «comme de l’essence versée sur des flammes».

«Si les gens restent sans travail pendant un moment et commencent à commettre des pillages, les clients veulent pouvoir se protéger ainsi que leurs biens et leur famille», estime-t-il.

Selon M. McCormick, des acheteurs ont notamment voulu prendre les devants, craignant que les mesures de confinement contre le coronavirus n’aboutissent à la fermeture des armureries.

Un État comme la Californie a décrété que ces commerces n’étaient pas «essentiels» et les a contraints à garder porte close depuis la semaine dernière. Les armureries peuvent toutefois continuer à travailler sur Internet ou avec des rendez-vous individuels.

COVID-19

Dans les hôpitaux de Rome, des nuits de cauchemars

CASAL PALOCCO — Au service des soins intensifs de l'hôpital Casalpalocco près de Rome, médecins et infirmiers se pressent en silence autour de malades du coronavirus, immobiles sur leurs lits entourés de machines surveillant leurs signes vitaux.

Le personnel médical observe un strict protocole de sécurité: tous sont couverts de la tête aux pieds d'une combinaison blanche avec capuche, les mains enfouies dans des gants en latex et le visage protégé par un masque et des lunettes couvrantes.

Régulièrement, les infirmiers nettoient leurs gants avec du gel désinfectant. Chacun leur tour, ils sortent pour prendre un bol d'air: dehors, le décor champêtre avec ses arbres et ses chants d'oiseaux ne réussit pas à leur faire oublier leurs patients. Certains tentent de se relaxer en tirant nerveusement sur une cigarette.

Le directeur de l'établissement hospitalier, Antonino Marchese, brosse pour l'AFP un tableau inquiétant de la situation: «le nombre des patients infectés est certainement plus élevé que celui donné tous les soirs au moment de la publication du bilan officiel, car nombre de patients se sont mis en isolement sans être testés, ils sont chez eux et se rétablissement lentement».

«D'autre patients ont probablement été infectés et ne l'ont même pas remarqué, ils se sont remis», ajoute cet homme jovial en blouse blanche, le visage partiellement couvert par un masque et surmonté d'une abondante chevelure blanche. «Le nombre des personnes infectées est plus important que ce que l'on dit», conclut-il.

Tandis que le calme semble régner dans son unité de soins intensifs, il reconnaît être confronté à plusieurs pénuries: «Malheureusement nous n'étions pas bien préparés. Les premiers foyers ont entraîné une consommation soudaine et énorme [de certains produits] et c'est seulement maintenant que des usines se reconvertissent pour nous en fournir».

Malgré le bilan qui ne cesse de s'alourdir en Italie, certains ont réussi à vaincre le coronavirus.

C'est le cas de Fabio Biferali, un cardiologue romain de 65 ans qui a passé huit jours «isolé du monde» dans l'unité de soins intensifs et de réanimation de l'hôpital Policlinico Umberto I de Rome.

«La mort rôdait»

«J'avais des douleurs étranges. Étant médecin, je me suis dit que c'était une pneumonie. C'était comme avoir un ouistiti sur le dos, se remémore-t-il. Je ne peux pas parler de cette expérience sans pleurer. Les larmes me viennent facilement.»

«Ça m'a aidé d'être médecin pour supporter la douleur, confesse-t-il. Le traitement pour la thérapie par l'oxygène est douloureux, la recherche de l'artère radiale est difficile [...] Désespérés, d'autres patients criaient "Assez! Assez!"».

«Le plus dur, c'était la nuit, je ne pouvais pas dormir, l'angoisse envahissait la chambre. Le jour, les médecins passaient, le personnel d'entretien, ceux qui distribuaient la nourriture. La nuit, les cauchemars arrivaient, la mort rôdait.»

«Comme je ne dormais pas, je comptais les respirations de mon voisin de chambre avec le chronomètre de mon téléphone. Je me suis fixé comme tâche de faire attention à lui. Comme ça, je m'oubliais moi-même.»

Le personnel médical «était complètement couvert, les pieds, les mains, la tête. Je ne pouvais voir que leurs yeux derrière leur masque de verre. Des yeux affectueux. Je n'écoutais que leurs voix. Beaucoup étaient jeunes, des médecins en première ligne. C'était un moment d'espoir.»

Ce qui lui a le plus manqué? Ses proches: «J'avais peur de ne plus les voir, de mourir sans pouvoir m'accrocher à [leur] main, je me laissais envahir par le désespoir...»

De cette expérience, il retient une leçon: «À partir de maintenant, je me battrai pour la santé publique. On ne peut en faire une question comptable, la laisser entre les mains des politiques. Nous devons défendre l'un des meilleurs systèmes de santé du monde.»

Autour du globe, 28 mars 2020

COVID-19

Coronavirus: Trump promulgue le plan historique de relance de l'économie

WASHINGTON — Après des journées de négociations haletantes entre républicains et démocrates, Donald Trump a promulgué vendredi un plan historique de relance pour tenter d'éviter un plongeon de l'économie américaine dans une récession durable, sous l'impact de la pandémie du nouveau coronavirus.

«Nous avons été frappés par l'ennemi invisible et nous avons été durement frappés», a déclaré le président américain lors d'une cérémonie de signature dans le Bureau ovale.

Mobilisant 2200 milliards $, c'est le plus vaste ensemble de mesures jamais adopté aux États-Unis.

Le locataire de la Maison-Blanche a une nouvelle fois prédit un rebond économique «spectaculaire» de la première économie mondiale, lorsque le combat contre le virus aura été remporté.

Désormais premier pays du monde en nombre de cas de coronavirus officiellement déclarés (plus de 97 000), les États-Unis ont enregistré un nouveau sombre record vendredi, avec 345 personnes décédées en seulement 24 heures.

Et l'Organisation mondiale de la santé craint que le pays et ses près de 330 millions d'habitants, ne devienne le prochain épicentre de la pandémie.

«Notre nation fait face à une situation d'urgence économique et sanitaire d'une envergure historique», avait déclaré la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, juste avant l'adoption de ce plan par le Congrès.

Le plan prévoit notamment l'envoi d'un chèque de 1200 $ à de nombreux Américains, près de 400 milliards $ d'assistance aux petites entreprises, et 500 milliards d'aide aux grandes sociétés, qui seront soumises à la surveillance d'un contrôleur général.

Il alloue également quelque 100 milliards $ aux hôpitaux, et 30 milliards $ pour financer la recherche sur les vaccins et traitements de la COVID-19.

Une enveloppe 25 milliards $ est en outre destinée aux compagnies aériennes, qui bénéficieront de plus de 25 milliards $ de prêts et de garanties de prêts.

Alors que déjà quatre membres du Congrès souffrent de la COVID-19 et qu'une dizaine sont en isolement volontaire, le vote de ce plan historique à la Chambre, à majorité démocrate, a été marqué par plusieurs rebondissements.

Venus des quatre coins des États-Unis, de nombreux élus étaient rentrés à Washington spécifiquement pour voter sur ces mesures, déjà approuvées à l'unanimité par le Sénat (96-0) dans la nuit de mercredi à jeudi.

Quatrième plan en vue?

Cherchant au départ à ne faire rentrer qu'un petit nombre de parlementaires, Nancy Pelosi avait plaidé pour l'adoption rapide de ce texte par un vote oral, lorsque les élus crient «oui» ou «non»,

Ce type de vote lève l'obligation d'avoir un nombre minimum de membres de la Chambre dans l'hémicycle (ou «quorum», fixé ici à 216).

Mais sachant qu'un élu républicain, le libertarien Thomas Massie, menaçait de réclamer ce quorum et un vote classique, de nombreux parlementaires avaient fait le voyage, beaucoup déplorant le risque de contagion que leur faisait courir, indirectement, ce dernier.

Dans un rare consensus, la plupart des démocrates et républicains présents se sont finalement alliés pour rejeter sa demande, précipitant l'adoption, par vote oral, du plan de relance.

Afin de respecter les distances de sécurité pour éviter la propagation du virus, des parlementaires étaient exceptionnellement assis jusque dans les galeries de visiteurs, qui surplombent l'hémicycle.

Apparemment très émue par la pandémie, une élue démocrate, Haley Stevens, a prononcé son discours en portant des gants en latex rose.

En criant pour poursuivre au-delà du temps imparti, elle a déclaré: «Pour nos docteurs et nos infirmières, je porte ces gants en latex pour dire à tous les Américains: "N'ayez pas peur"».

C'est la troisième fois en moins d'un mois que le Congrès américain adopte des mesures, dont le montant a crû de façon exponentielle, pour lutter contre la pandémie. Et un quatrième est à l'horizon, a affirmé Nancy Pelosi.

«Nous savons que cela ne peut pas être notre dernière mesure, a-t-elle déclaré vendredi. Nous devons en faire plus pour notre personnel médical et les gouvernements locaux.»

Le 5 mars, les parlementaires avaient débloqué en urgence 8,3 milliards $ pour financer la lutte contre le coronavirus. Puis le 18 mars, ils avaient approuvé un vaste plan d'aide sociale de 100 milliards $.

Monde

Trump contraint GM à produire des respirateurs artificiels

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a invoqué vendredi une loi datant de la guerre de Corée pour contraindre General Motors à produire des respirateurs artificiels, indispensables dans la lutte contre le coronavirus.

«GM perdait du temps», a écrit M. Trump dans un bref communiqué traduisant son exaspération vis-à-vis du constructeur américain avec lequel les négociations trainaient selon lui en longueur.

Cette mesure exceptionnelle s'appuie sur le «Defense Production Act» qui permet au gouvernement fédéral de mobiliser le secteur industriel privé pour les besoins de la sécurité du pays.

Nombre d'élus démocrates appelaient depuis plusieurs jours le président américain à franchir le pas pour permettre aux États-Unis à faire face à cette crise sanitaire sans précédent.

Les besoins en appareils de ventilation respiratoire sont, aux États-Unis, comme ailleurs, énormes. Ces derniers permettent de sauver des personnes en difficultés respiratoires, l'un des graves symptômes du coronavirus.

Le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo, appelle depuis plusieurs jours la Maison-Blanche à lui en fournir de toute urgence pour faire face au pic de l'épidémie, qui doit intervenir selon lui dans trois semaines.

Le décret permet au ministre de la Santé de s'appuyer sur cette loi rarement utilisée pour exiger de General Motors «qu'ils acceptent, mènent à bien et fassent passer en priorité les contrats fédéraux pour des respirateurs».

Expliquant sa décision, Donald Trump a lancé une mise en garde au secteur privé. «Nous n'hésiterons pas à utiliser la pleine autorité du gouvernement fédéral pour faire face à cette crise», a-t-il martelé.

Preuve que les États-Unis ont basculé dans un chapitre économique radicalement différent, Peter Navarro, qui était jusqu'ici en pointe dans la guerre commerciale engagée contre la Chine, sera désormais coordinateur de toutes les initiatives liées au «Defense Production Act».

«Peter va faire un boulot fantastique», a prédit le milliardaire républicain, soulignant que les États-Unis pourraient exporter des respirateurs s'il y avait un surplus. «Nous pourrions aider beaucoup de gens à travers le monde», a-t-il lancé.

Plus tôt dans la journée, il avait exprimé sans détour son exaspération vis-à-vis de General Motors et de sa dirigeante Mary Barra.

«General Motors DOIT immédiatement ouvrir son usine bêtement abandonnée de Lordstown dans l'Ohio, ou une autre usine et COMMENCER À PRODUIRE DES RESPIRATEURS MAINTENANT!!!!!!» avait-il tweeté.

GM dans le colimateur

Dans un autre tweet, il s'en était pris avec plus de virulence encore au célèbre groupe automobile.

«Comme toujours avec "ce" General Motors, rien ne semble fonctionner», avait-il lancé, assurant que le groupe avait promis de fournir 40 000 respirateurs «très rapidement» et qu'il n'évoquait désormais plus que 6000 unités pour fin avril, à un coût élevé.

Les tweets impatients de Donald Trump contrastaient avec ses déclarations de jeudi soir sur Fox News où il avait minimisé le besoin de respirateurs artificiels. «Je ne crois pas qu'il y ait un besoin de 40 000 ou 30 000 respirateurs», avait-il affirmé.

De leur côté, GM et Ventec Life Systems, un fabricant d'appareils médicaux, ont annoncé vendredi un accord pour fabriquer des respirateurs artificiels, sans cependant donner la moindre indication sur les volumes prévus.

Les premiers exemplaires, approuvés par l'agence fédérale du médicament (FDA), seront livrés à partir d'avril, ont indiqué les deux entreprises.

Ces respirateurs vont être fabriqués dans l'usine General Motors de Kokomo, dans l'Indiana, a précisé le constructeur automobile, qui va également produire des masques pour médecins dans son usine de Warren (Michigan).

Pour tenter de faire taire toute polémique et répondre aux critiques présidentielles, GM a assuré qu'il ne ferait pas de bénéfices sur cette production et qu'il se contenterait du remboursement de ses coûts.

Environ un millier de salariés de GM vont travailler sur la fabrication de ces respirateurs artificiels, a-t-on précisé de même source.

Monde

Italie: possible pic de l’épidémie «dans les prochains jours»

ROME — L’Italie pourrait atteindre «dans les prochains jours» le pic de l’épidémie de Covid-19 qui a fait déjà plus de 8100 morts pour un total d’environ 80 000 cas, a estimé vendredi le président de l’Institut supérieur de la santé (ISS).

«Je veux être clair sur un point. Nous n’avons pas atteint le pic, nous ne l’avons pas dépassé. Nous avons des signaux de ralentissement [du nombre de cas] ce qui nous fait croire que nous en sommes proches, nous pourrions arriver au pic ces jours-ci», a déclaré devant la presse Silvio Brusaferro.

Relevant que «les mesures adoptées», comme le confinement des Italiens ou l’arrêt des activités dans tous les domaines non essentiels, «produisent leur effet», M. Brusaferro a tenu à souligner que «la croissance» du nombre de nouveaux cas «est en train de ralentir, mais ça ne baisse pas».

L’ISS est l’institut public de référence en Italie et le seul à certifier officiellement qu’une mort est liée, ou non, à l’épidémie de la Covid-19.

Fabrizio Pregliasco, un virologue, a estimé vendredi sur Radio Capitale qu’il n’y aura pas «un pic unique, parce que le pic italien est la somme des pics des provinces et des communes».

«Du point de vue de l’Italie, la situation est légèrement positive sur les hausses des variations journalières, comme celles d’hier», a-t-il ajouté.

C’est «le signe de l’action positive des mesures de distanciation sociale, ceci doit nous renforcer dans l’envie de continuer, parce que les résultats, nous le savions, ils arriveront le week-end prochain et les premiers jours de la semaine prochaine», estime M. Pregliasco.

Le président de la région la plus touchée, la Lombardie, Attilio Fontana, a de son côté appelé à ne pas surinterpréter l’accélération constatée jeudi du nombre de cas positifs dans sa province, avec plus de 2.500 tests positifs en plus contre 1.600 la veille. «Dans une phase de stabilisation, il peut arriver qu’il y ait un pic sur une journée», a-t-il dit, relevant la hausse du nombre de tests.

MONDE

COVID-19: les États-Unis ont le plus grand nombre de cas recensés dans le monde

Les États-Unis ont dépassé jeudi l’Italie et la Chine et sont devenus le pays du monde à compter le plus de cas recensés d’infection au nouveau coronavirus, selon les données de l’université Johns Hopkins et du New York Times.

Les États-Unis, qui sont le pays où la pandémie progresse le plus rapidement, comptabilisaient au moins 82 404 cas, selon les chiffres de Johns Hopkins. L’Italie dénombrait jeudi 80 539 cas et la Chine 81 285, selon un comptage de l’AFP.

Le New York Times, qui collecte ses propres données, avait peu avant également annoncé que les États-Unis avaient dépassé la Chine, d’où l’épidémie est partie en décembre, et l’Italie, qui compte pour sa part le plus grand nombre de morts.

Le nombre de décès liés au COVID-19 restait bien plus important en Italie (8165) qu’aux États-Unis (1178), où la majorité des morts sont enregistrés à New York, devenue le centre de l’épidémie américaine.

L’Organisation mondiale de la santé a averti mardi que les États-Unis et ses 330 millions d’habitants pourraient bientôt dépasser l’Europe et devenir l’épicentre de la pandémie.

Distanciation sociale: Trump veut un allégement progressif

Le président américain Donald Trump a par ailleurs confirmé jeudi qu’il souhaitait alléger les recommandations de «distanciation sociale» liées au nouveau coronavirus en fonction d’une évaluation locale des risques.

«Nos capacités étendues de tests nous permettront rapidement de publier des critères (...) pour classer les comtés en fonction des risques posés par le virus», a écrit le locataire de la Maison Blanche dans un courrier à tous les gouverneurs du pays.

«Sur la bases de ces critères fondés sur des données, nous proposerons de classer les comtés en risque élevé, risque moyen, risque faible», ajoute-t-il, sans donner d’indication de calendrier.

Dans ce courrier au ton très mesuré, qui tranche avec ses annonces initiales sur une «réouverture» de l’économie d’ici Pâques (qui tombe cette année le 12 avril), le président américain souligne que «la bataille sera encore longue» alors que la courbe des infections au COVID-19 ne cesse d’augmenter aux Etats-Unis.

Monde

COVID-19: même des conflits armés prennent une pause

NEW YORK — L’ONU, qui avait réclamé lundi un cessez-le-feu général dans tous les pays en conflit dans le monde pour mieux combattre la pandémie de COVID-19, s’est félicitée jeudi d’avoir été entendue par des groupes armés au Cameroun et aux Philippines, ainsi que par les belligérants au Yémen.

Émissaire de l’ONU pour le Yémen, ravagé par la guerre depuis plus de cinq ans, Martin Griffiths a souligné dans un communiqué être «réconforté de voir les réponses positives à l’appel du secrétaire général à un cessez-le-feu à la fois du gouvernement du Yémen et d’Ansar Allah (les Houthis)».

Monde

Nicolas Maduro inculpé de «narco-terrorisme» aux États-Unis

WASHINGTON — Les États-Unis ont annoncé jeudi l’inculpation du président vénézuélien Nicolas Maduro, et de plusieurs de ses proches, pour «narco-terrorisme», augmentant encore la pression sur le dirigeant socialiste dont ils souhaitent l’éviction.

Washington offre une prime pouvant atteindre 15 millions de dollars pour toute information qui permettrait de l’arrêter. «Nous voulons qu’il soit capturé afin qu’il réponde de ses actes devant un tribunal américain», a déclaré le ministre de la Justice Bill Barr lors d’une conférence de presse organisée en vidéoconférence en raison du nouveau coronavirus.

Autour du globe, 27 mars 2020

Monde

La présidentielle aura lieu entre juin et septembre en Bolivie

LA PAZ — L’élection présidentielle, prévue le 3 mai en Bolivie et reportée en raison de la propagation du Covid-19, se tiendra entre les mois de juin et septembre, a annoncé jeudi l’autorité électorale bolivienne.

Le Tribunal suprême électoral (TSE) «propose au Parlement plusieurs dates pour l’organisation des élections générales entre le dimanche 7 juin et le 6 septembre 2020», selon la décision lue par le président de l’institution, Salvador Romero.

Monde

Gantz ouvre la voie au maintien de Nétanyahou en Israël

JÉRUSALEM — Dans un retournement aussi spectaculaire qu’inattendu, Benny Gantz a été élu président du Parlement israélien jeudi dans le cadre d’un potentiel accord de partage du pouvoir avec son rival Benjamin Nétanyahou pour mettre fin à la pire crise politique de l’histoire d’Israël.

Après trois élections en moins d’un an, M. Gantz, ancien chef d’état-major de l’armée, a dit justifier cette volte-face par la nécessité, selon lui, d’agir de manière «responsable» et «patriotique» pour doter Israël d’un gouvernement stable, «d’union et d’urgence», afin d’affronter la pandémie de nouveau coronavirus dans le pays.

Affaires

Face au coronavirus, le G20 promet un «front uni» et 5000 milliards$

RYAD — Les vingt premières puissances économiques ont promis d’injecter plus de 5.000 milliards de dollars dans l’économie et de faire «front commun» face au nouveau coronavirus et au risque de récession, lors d’un sommet virtuel et extraordinaire du G20 jeudi.

Le bilan mondial de la pandémie de Covid-19 avoisine les 22.000 morts et la maladie a poussé au confinement de plus de trois milliards de personnes.

Les grandes puissances, elles, s’activent pour atténuer les effets de cette situation inédite sur leur économie.

Sous la présidence du roi Salmane d’Arabie saoudite, le sommet a réuni les chefs d’État américain Donald Trump, russe Vladimir Poutine, français Emmanuel Macron et les autres dirigeants du G20 qui ont discuté par visio-conférence de la réponse à apporter à la menace de récession.

Face à un virus «qui ne connaît pas de frontières», les membres du G20 ont appelé dans leur communiqué final à la «solidarité», à la «transparence» et à la coopération avec les institutions internationales pour «rétablir la confiance, préserver la stabilité financière et ranimer la croissance».

«Nous injectons plus de 5.000 milliards de dollars dans l’économie mondiale, dans le cadre de politiques fiscales ciblées, de mesures économiques et de plans pour contrer les impacts sociaux, économiques et financiers de la pandémie», ont-ils souligné.

Selon les Affaires étrangères chinoises, sur les 5.000 milliards, la Chine, d’où l’épidémie est partie, a à elle seule «communiqué» le chiffre de 344 milliards, principalement en mesures fiscales.

Pendant le sommet, le président chinois Xi Jinping a appelé ses pairs au G20 à abaisser leurs droits de douane, sujet de tensions entre Pékin et Washington, et à faciliter les flux commerciaux.

«Les guerres commerciales et les sanctions aggravent la récession», a estimé M. Poutine.

«Choc sans précédent»

Mercredi, l’agence de notation financière Moody’s a averti que les économies du G20 devraient toutes être en récession cette année en raison de la pandémie.

Globalement, ces pays devraient subir une contraction de 0,5% de leur produit intérieur brut (PIB).

«Les économies du G20 vont subir un choc sans précédent dans la première moitié de l’année et se contracteront sur l’ensemble de l’année avant de rebondir en 2021», estime l’agence, qui chiffre cette reprise l’an prochain à 3,2% en moyenne.

Alors que plusieurs pays riches ont dévoilé des plans de relance colossaux, les inquiétudes s’intensifient pour les pays pauvres qui n’ont pas accès aux marchés des capitaux et pas de services de santé adéquats.

Le G20 a appelé dans son communiqué les institutions internationales, dont l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Fonds monétaire international (FMI), à «aider les pays émergents et en développement à faire face aux chocs sanitaires, économiques et sociaux du Covid-19».

«Il est de notre responsabilité de tendre la main aux pays en développement (...) en leur permettant de renforcer leurs capacités et d’améliorer leurs infrastructures afin qu’ils surmontent cette crise et ses répercussions», a souligné le roi saoudien au début du sommet.

Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, chef de l’OMS, le G20 doit offrir son soutien aux «pays à faible et moyen revenu», notamment d’Afrique subsaharienne. Et pour le FMI et la Banque mondiale, il doit suspendre le paiement des dettes des pays les plus pauvres.

«Échauffement»

Le sommet a eu lieu alors que les dirigeants du G20 sont plus divisés que lors des sommets ayant suivi la crise financière de 2008.

Mercredi, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a pris la Chine pour cible, affirmant que le G7 avait constaté «une campagne intentionnelle de désinformation» de Pékin au sujet du virus.

Les prix du pétrole, déprimés par l’impact de l’épidémie sur la demande, sont au centre de tensions entre Moscou et Ryad, les Saoudiens s’étant livrés aux plus fortes baisses de prix en deux décennies en représailles au refus de la Russie de réduire la production pour soutenir les cours.

«La leçon que les dirigeants doivent tirer de leur réunion est que, encore une fois, la solidarité internationale doit être l’instrument le plus important pour combattre la crise», a déclaré Markus Engels, de la Global Solutions Initiative.

Mais selon le directeur exécutif par intérim de l’ONG Oxfam, Chema Vera, la déclaration du G20 n’est «pas suffisante», les «gouvernements les plus riches étant encore au stade de l’échauffement face à l’ampleur de l’effort à fournir». Il a appelé à un «plan vraiment ambitieux» surtout pour soutenir les infrastructures de santé publique.

MONDE

Le point sur la pandémie dans le monde [26 mars]

PARIS — Nouveaux bilans, nouvelles mesures, faits marquants : un point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19, qui a déjà fait plus de 21 000 morts dans le monde où plus de trois milliards de personnes sont appelées à rester confinées chez elles.

Le Sénat américain vote le plan d’urgence

Le Sénat américain a voté mercredi à l’unanimité un plan «historique» de 2000 milliards de dollars pour soutenir la première économie mondiale, asphyxiée par la pandémie qui a déjà fait plus de 1000 morts aux États-Unis. Le plan doit encore être adopté vendredi par la Chambre des représentants, avant d’être promulgué.

Armée en renfort en France 

Le président français Emmanuel Macron a annoncé mercredi le déclenchement de l’opération «Résilience» qui mobilisera les forces armées pour aider la population sur les plans sanitaire et logistique, notamment dans les territoires d’outre-mer.

Des patients gravement atteints ont embarqué jeudi matin à bord d’un train à grande vitesse (TGV) médicalisé, pour être évacués de l’est de la France vers des hôpitaux de l’ouest, une première en Europe.

Vols suspendus en Russie

La Russie suspend tous ses vols internationaux à partir de jeudi 21H00 GMT, à l’exception des avions affrétés pour rapatrier les citoyens russes bloqués à l’étranger.

La ville de Moscou ferme à partir de samedi tous les restaurants et commerces non essentiels. Les plus de 65 ans et ceux qui souffrent de maladies chroniques ont interdiction depuis ce jeudi de sortir de chez eux.

Plus de 250 000 cas en Europe

La pandémie a fait au moins 21 867 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, selon un comptage de l’AFP à partir de sources officielles jeudi à 12H00 GMT.

Plus de 481 230 cas d’infection ont été diagnostiqués dans 182 pays et territoires, dont au moins 258 068 en Europe, le continent le plus touché.

Il existe des «signes encourageants» de ralentissement du nouveau coronavirus sur le territoire européen en dépit d’une situation toujours grave, a estimé jeudi la branche Europe de l’Organisation mondiale de la Santé.

Les pays où le nombre des morts est le plus élevé sont l’Italie, 7 503 décès pour 74 386 cas, l’Espagne (4088 pour 56 188 cas), la Chine continentale (3281 pour 81 218 cas), l’Iran (2234 pour 29 406 cas) et la France (1331 pour 25 233 cas).

Récessions en vue

La crise du coronavirus provoquera une récession de 2% dans la zone euro et au Royaume-Uni cette année, selon l’agence de notation financière S&P.

L’Autriche table sur une baisse de 2,5% de son PIB en 2020.

En Asie, celui de Singapour s’est contracté de 2,2% au premier trimestre sur un an, sa pire performance depuis 2008.

État d’urgence en Bolivie

La Bolivie a décrété mercredi l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 15 avril, afin de «faire respecter la quarantaine» en vigueur depuis dimanche (plus grande participation de l’armée et de la police dans le contrôle, fermeture des frontières).

Couvre-feu au Mali

Le président malien Ibrahim Boubacar Keita a annoncé mercredi un couvre-feu nocturne , mais a assuré que les élections législatives auraient bien lieu dimanche, comme prévu.

Un peu plus tôt, les autorités avaient annoncé avoir enregistré les deux premiers cas confirmés de coronavirus au Mali, sur deux de ses citoyens rentrés de France mi-mars.

Helsinki isolée

Le gouvernement finlandais a annoncé mercredi soir l’isolement d’Helsinki et de sa région, le plus gros foyer de propagation du nouveau coronavirus en Finlande, à partir de vendredi et jusqu’au 19 avril.

Prélat du Vatican positif

Un prélat italien vivant dans la même résidence hôtelière que le pape François, dans la Cité du Vatican, a été testé positif au nouveau coronavirus mercredi et hospitalisé.

Autour du globe, 26 mars 2020

Monde

Avec la pandémie, les affaires de Donald Trump en péril

WASHINGTON - Donald Trump ne préside pas seulement la première économie du monde, menacée d’effondrement à cause de la pandémie de nouveau coronavirus. Il surveille également l’implosion possible de son propre empire: la Trump organization, ses hôtels et clubs de golf, qui ont fait de lui un multi-milliardaire.

Aux États-Unis et au Canada, ses hôtels cinq étoiles sont quasiment vides, ses clubs de golf aux États-Unis, en Irlande et en Ecosse sont sous pression pour s’arrêter, et sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, est fermée.

Comme dans beaucoup d’hôtels du monde, la plupart des employés ont été congédiés, et les revenus de la Trump organization (435 millions de dollars en 2018) devraient vraisemblablement plonger. Difficile toutefois d’évaluer dans quelle mesure face à une organisation largement opaque sur ses finances.

«Cela me fait du mal, comme cela fait du mal à Hilton et à toutes les grandes chaînes d’hôtels partout dans le monde», a dit Donald Trump samedi. La société familiale, basée à New York, est dirigée par ses deux fils, Donald Junior et Eric, mais le milliardaire républicain y a conservé toutes ses parts.

La situation n’a pas manqué de soulever des inquiétudes: certains se demandent dans quelle mesure la réponse apportée par le président américain à l’épidémie de Covid-19 est guidée par les intérêts de son entreprise. Qu’il s’agisse du plan d’aide économique de 2.000 milliards de dollars sur lequel se sont accordés démocrates et républicains, ou de sa volonté affichée ces derniers jours de pousser pour la fin rapide des mesures de confinement.

«On peut détruire un pays en le fermant de cette façon», a-t-il estimé mardi, en disant espérer une levée des restrictions d’ici mi-avril.

Le chef de la minorité démocrate au Sénat Chuck Schumer a assuré mercredi que le plan massif de relance américain, qui contient des mesures importantes à destination des entreprises, ne serait pas utilisé pour sauver celles du président.

«Nous avons mis en place une clause», a-t-il expliqué sur CNN. «Pas seulement le président, mais aussi toute figure du gouvernement, du Sénat, les membres du Congrès, si eux ou leur famille possèdent la part majoritaire d’une entreprise, elles ne peuvent pas se voir attribuer de prêt».

«Spa fermé»

Les hôtels de Donald Trump sont pour ainsi dire vides à New York, Washington, Chicago, Las Vegas, Vancouver et Hawaï. Lundi, l’organisation écossaise de golf, anticipant un ordre de fermeture, a demandé à «tous les golfeurs d’Ecosse» d’arrêter de jouer «jusqu’à nouvel ordre».

Malgré cela, la Trump organization refuse de fermer totalement ses principaux hôtels.

«L’hôtel est ouvert, les restaurants sont fermés, le spa est fermé, la piscine est fermée», a dit à l’AFP une réceptionniste du Trump International Hotel & Tower à New York. Evoquant un supermarché «de l’autre côté de la rue», elle a expliqué qu’il était possible d’y acheter des victuailles et de les apporter dans les chambres.

Selon John Boardman, à la tête de la branche du syndicat Unite Here à Washington, l’hôtel Trump International dans la capitale américaine n’a pas fermé malgré le renvoi massif d’employés. «Il n’y a aucun sens à le garder ouvert. L’hôtel a un taux d’occupation peut-être de 3%».

«Il ne le ferme pas juste pour pouvoir dire qu’il fonctionne toujours», estime M. Boardman.

Bénéfice personnel

Depuis qu’il est président, Donald Trump a fait face à de nombreuses critiques et même des actions en justice -- qui n’ont jusqu’ici pas abouti -- soutenant qu’il profitait de sa position.

Des patrons, des diplomates ou même des rois cherchant ses faveurs ont par exemple parfois pris leurs quartiers dans ses hôtels, notamment celui situé à deux pas de la Maison-Blanche.

Le Washington Post a rapporté les sommes astronomiques dépensées par des Saoudiens pour réserver des ailes entières des hôtels de Donald Trump, ou les factures salées adressées à ses propres services de renseignement lorsque ceux-ci l’accompagnent dans ses propriétés.

La semaine dernière, l’industrie hôtelière, qui fournit un emploi à 8 millions de personnes aux États-Unis, a réclamé à la Maison-Blanche une aide de 150 milliards de dollars pour faire face à l’épidémie de nouveau coronavirus.

«Aujourd’hui plus que jamais il est crucial pour les Américains de savoir que le président agit dans l’intérêt public et non pour son bénéfice financier personnel», a fait valoir auprès de l’AFP Elizabeth Wydra, du Constitutional Accountability Center.

Actualités

Le point sur la pandémie dans le monde [25 mars]

PARIS - Nouveaux bilans, nouvelles mesures, faits marquants: un point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19, qui a déjà fait plus de 19.200 morts dans le monde.

Le monde confiné

Avec l’Inde et ses 1,3 milliard d’habitants, il y a désormais environ 2,9 milliards de personnes appelées à rester chez elles dans le monde pour lutter contre la propagation de la pandémie, selon un décompte réalisé mercredi à la mi-journée à partir d’une base de données de l’AFP.

En Égypte, un couvre-feu nocturne de deux semaines entre en vigueur mercredi.

L’Iran va interdire à partir de jeudi ou vendredi la circulation entre les villes, ont indiqué mercredi des responsables gouvernementaux.

Le Panama est entré en quarantaine, tandis que l’Uruguay fermait ses frontières aux étrangers, hormis certaines exceptions.

Le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Sierra Leone et la République démocratique du Congo ont décrété l’état d’urgence.

Le Parlement britannique ferme ses portes mercredi soir pour près d’un mois.

États-Unis: méga-plan de relance

La majorité républicaine au Sénat a annoncé mercredi être parvenue à un accord sur un plan de relance économique «historique» de 2.000 milliards de dollars avec les démocrates et la Maison-Blanche.

Le texte doit ensuite être adopté par la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, avant d’être promulgué par le président Donald Trump.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) les États-Unis pourraient bientôt dépasser l’Europe en nombre de cas, mais Donald Trump estime qu’un confinement prolongé pourrait «détruire» le pays, qu’il espère «pouvoir rouvrir d’ici Pâques».

Bolsonaro crie à «l’hystérie»

Également rétif au confinement, le président du Brésil, Jair Bolsonaro, a dénoncé les mesures de différents États et municipalités de son pays, les comparant à une politique de la «terre brûlée» qui menace de ruiner la première économie d’Amérique latine.

Le président d’extrême droite a accusé les médias de répandre «l’hystérie», affirmant que le Brésil était à l’abri grâce à son climat chaud et à sa population jeune.

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Monde

Le prince Charles déclaré positif au coronavirus

LONDRES - Le prince Charles, héritier de la couronne britannique, a été déclaré positif au nouveau coronavirus et présente de «légers symptômes», ont annoncé mercredi ses services.

Âgé de 71 ans, le fils d’Elizabeth II «reste en bonne santé» à l’exception de ces symptômes, et «télétravaille comme d’habitude», a assuré Clarence House dans un communiqué.

Le prince de Galles se trouve actuellement en Écosse avec sa femme Camilla, qui «a été testée, mais n’a pas le virus», a précisé la même source.

Elizabeth II, 93 ans, s’est quant à elle retirée pour plusieurs semaines au château de Windsor, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Londres.

«La reine reste en bonne santé», a indiqué une porte-parole du palais de Buckingham, précisant qu’elle avait vu son fils pour la dernière fois le 12 mars et qu’elle suivait «toutes les recommandations opportunes».

Le gouvernement britannique a demandé à toutes les personnes âgées de plus de 70 ans de s’isoler pendant 12 semaines.

Le prince Charles a repris ces dernières années une partie des engagements de sa mère, et la représente désormais lors des visites à l’étranger.

«Il n’est pas possible de déterminer avec certitude qui a contaminé le prince en raison des nombreux engagements auxquels il a participé ces dernières semaines», a précisé Clarence House.

Selon la presse britannique, Charles, actuellement au château écossais de Balmoral, a participé le 10 mars à un événement à Londres en présence du prince Albert II de Monaco, testé depuis positif au Covid-19.

La propagation de l’épidémie de Covid-19 s’est considérablement accélérée ces derniers jours au Royaume-Uni, où plus de 8.000 personnes ont été officiellement contaminées et 422 personnes sont mortes.

Face à cette aggravation, les autorités ont suivi la plupart des autres pays européens en fermant de nombreux lieux publics et décrétant lundi un confinement général prévu pour durer au moins trois semaines.

Autour du globe, 25 mars 2020

Monde

Le village anglais vainqueur de la peste combat le coronavirus [PHOTOS]

EYAM - Au XVIIe siècle, les habitants d’Eyam ont eu raison de la progression de la peste en se plaçant en quarantaine. En pleine pandémie de coronavirus, ce village du centre de l’Angleterre a vu rouge face à l’afflux de visiteurs défiant les recommandations sanitaires.

Sous un radieux soleil de printemps, nombre de promeneurs ce week-end ont jeté leur dévolu sur cette commune d’un millier d’habitants du parc national de Peak District.

Relayant la colère de certains de ses administrés, l’élue locale Claire Raw a enjoint aux visiteurs de retourner d’où ils viennent. «Nous avons besoin de protéger nos zones résidentielles, où la population est plus âgée que la moyenne», explique-t-elle à l’AFP. «Nous devons tous nous comporter de manière responsable».

En raison de la pandémie, le musée qui raconte l’histoire du «village de la peste», qui accueille chaque année 30.000 visiteurs, a choisi de ne pas rouvrir ses portes après la pause hivernale. Plus de la moitié de ses bénévoles sont âgés de plus de 70 ans.

En 1665, la peste bubonique était arrivée dans cette localité du Derbyshire en provenance de Londres, 250 kilomètres plus au Sud, véhiculée par des puces dans des tissus commandés par le tailleur.

Au fil des mois, la peste a fauché les habitants par dizaines. Le recteur de l’église d’Eyam, William Mompesson, aidé par son prédécesseur Thomas Stanley, a réussi à convaincre les paroissiens d’isoler complètement le village pour combattre la maladie.

«C’était avant la science et les progrès de la médecine», souligne le révérend actuel, Mike Gilbert, lui-même en quarantaine, car son épouse présente des symptômes d’une infection au nouveau coronavirus. Grâce à leur «sagesse», les villageois «savaient ce qu’ils avaient à faire».

Le confinement dura six mois. Les habitants ont mis en place un système permettant de couper les contacts avec l’extérieur, mais pas les échanges: dans une pierre munie de trous à la frontière d’Eyam, ils laissaient des pièces trempées dans du vinaigre, le seul désinfectant connu à l’époque. Les villageois des alentours leur déposaient des vivres.

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Monde

Des cadavres découverts dans des maisons de retraite en Espagne

MADRID — Des militaires espagnols ont découvert des personnes âgées abandonnées, parfois même mortes dans leur lit, dans des maisons de retraite frappées par l’épidémie de coronavirus, a indiqué lundi la ministre de la Défense à Madrid.

«Nous allons être implacables et inflexibles avec la façon dont les personnes sont traitées dans ces résidences», a assuré Margarita Robles, à la télévision Telecinco.

«Au cours de certaines visites, l’armée a pu voir des personnes âgées absolument abandonnées, parfois même des morts dans leurs lits», a-t-elle dit, sans qu’aucun détail soit donné sur ces découvertes.

Le parquet général a annoncé qu’il ouvrait des «enquêtes visant à déterminer la gravité des faits».

Plusieurs médias espagnols ont expliqué qu’en cas de suspicion de coronavirus, le protocole prévoit que les cadavres ne soient pas touchés jusqu’à l’arrivée du médecin et des pompes funèbres. Mais, avec la multiplication des décès, les services funéraires, débordés, tarderaient parfois à intervenir.

L’armée a été chargée d’intervenir et de désinfecter des maisons de retraite, après que des dizaines de décès ont été signalés dans plusieurs établissements, notamment à Madrid et dans la région de Castille–La Manche, dans le centre du pays.

«Les résidences pour personnes âgées sont une priorité absolue pour le gouvernement, nous allons exercer le plus grand contrôle sur ces centres, nous avons mobilisé tous les moyens», a assuré lors d’une conférence de presse le ministre de la Santé, Salvador Illa.

L’Espagne est le deuxième pays — après l’Italie — le plus affecté par la pandémie de coronavirus en Europe, avec plus de 33 000 cas notifiés et près de 2200 morts enregistrés depuis le 13 février. 

Monde

Vaccin testé sur des volontaires en Chine

PÉKIN — La Chine a entamé son premier essai clinique pour tester un vaccin contre le nouveau coronavirus, au moment où plusieurs pays sont engagés dans une course pour découvrir un moyen de combattre l’agent pathogène.

Ces 108 volontaires, répartis en trois groupes, ont reçu vendredi de premières injections, a rapporté lundi le quotidien anglophone Global Times. Âgés de 18 à 60 ans, tous sont originaires de la ville de Wuhan, où la COVID-19 a fait son apparition en décembre avant de se propager à l’étranger.

Dimanche, une source impliquée dans ces essais a confirmé à l’AFP sous couvert d’anonymat le début des expérimentations.

Les autorités sanitaires du pays ont donné le feu vert à des expérimentations sur l’homme le 17 mars, jour où leurs homologues américains annonçaient le premier test d’un vaccin contre la COVID-19 à Seattle sur 45 adultes volontaires.

Les volontaires chinois seront suivis pendant six mois.

Il n’existe actuellement aucun vaccin ou traitement agréé contre le virus, qui a tué à ce jour plus de 16 000 personnes dans le monde.

L’annonce des essais de vaccins intervient dans un contexte d’escalade entre les États-Unis et la Chine au sujet de la pandémie, le président américain Donald Trump accusant Pékin d’avoir une part de responsabilité dans la propagation du «virus chinois», un terme qui irrite le régime communiste.

Un éditorial du Global Times la semaine dernière expliquait que «le développement d’un vaccin est une bataille que la Chine ne peut se permettre de perdre».  

Monde

La pandémie progresse malgré les efforts

LONDRES — Face à la progression inexorable du nouveau coronavirus, les autorités du monde entier ont renforcé lundi les mesures de confinement, qui concernent désormais plus de 1,8 milliard de personnes sur tous les continents, y compris les Britanniques.

Après l’Afrique du Sud ou le Sénégal, le premier ministre britannique Boris Johnson a finalement décrété lundi soir un confinement national pour au moins trois semaines.

Monde

Coronavirus: Trump appelle à «protéger» les Américains d’origine asiatique

WASHINGTON - Donald Trump a appelé lundi à «protéger» les Américains d’origine asiatique, assurant que la propagation du nouveau coronavirus n’était «pas de leur faute», après avoir été accusé d’alimenter lui-même les soupçons en parlant de «virus chinois».

«Il est très important de protéger totalement notre communauté asiatique-américaine aux États-Unis et partout dans le monde», a tweeté le président américain.

«Ce sont des gens incroyables, et la propagation du Virus n’est PAS de leur faute, en aucune manière. Ils travaillent étroitement avec nous pour nous en débarrasser», a-t-il ajouté.

Le milliardaire républicain emploie quotidiennement l’expression «virus chinois» pour désigner le coronavirus détecté pour la première fois en décembre à Wuhan, en Chine.

Malgré les remontrances de Pékin, qui refuse d’être ainsi stigmatisé, il a assumé cette formule, estimant qu’elle était factuelle, et a accusé les autorités chinoises d’avoir tardé à partager les informations sur l’épidémie.

Selon des associations représentant la communauté des Américains d’origine asiatique, cette rhétorique a déjà commencé à alimenter un certain racisme à son encontre.

Autour du globe, 24 mars 2020

Monde

L’Italie, mise à genoux, espère un ralentissement de la pandémie cette semaine

ROME — L’Italie, mise à genoux par le fléau du coronavirus, retient son souffle lundi en s’accrochant au mince espoir que la baisse du nombre de morts enregistrée la veille amorce un ralentissement de la pandémie.

«Les chiffres annoncés (dimanche) sont moindres que ceux d’hier. J’espère et nous espérons tous que ces chiffres pourront être confirmés dans les jours qui viennent. Mais il ne faut pas baisser la garde», a déclaré dimanche soir le patron de la protection civile Angelo Borrelli en présentant le bilan quotidien, toujours lourd.

L’Italie a enregistré dimanche 651 nouveaux décès liés au coronavirus, soit 142 de moins que le record de la veille (793), et 3957 cas supplémentaires, un chiffre là encore en recul de plus de 800 cas en 24 heures.

En Lombardie aussi, la région du nord qui a payé le plus lourd tribut à la pandémie, et dont les experts du monde entier guettent les moindres évolutions, les chiffres également en baisse ont été accueillis avec grande prudence.

«Les données sont en clair-obscur. Aujourd’hui, la clarté l’emporte […] même si on ne peut pas crier victoire», a tempéré Giulio Gallera, responsable de la Santé au sein du gouvernement régional.

Ces chiffres sont «de bon augure» même si ce n’est réellement qu’«à partir de mardi que nous pourrons savoir si le confinement est réussi», soit deux semaines après la mise en oeuvre le 10 mars des mesures nationales de confinement.

Même prudence chez Giovanni Maga, virologue à l’Institut de génétique moléculaire de Pavie (Nord), qui souligne que «l’évolution des cas positifs est parfois fluctuante».

«Nous devrons attendre au moins deux à trois jours pour savoir s’il s’agit d’une véritable tendance ou pas», a-t-il estimé lundi sur la chaîne d’information Rai News 24.

«Trop laxiste»

Pour accroître les chances du pays de sortir au plus vite de la pandémie, qui a fait près de 5500 morts en un mois, le gouvernement a encore étendu lundi par décret les mesures de confinement, mettant notamment à l’arrêt toutes les industries de production non essentielles et interdisant désormais aux Italiens de se déplacer d’une commune à une autre, sauf en cas «d’urgence absolue» ou pour «raison de santé».

L’objectif de ce nouveau texte, le troisième en deux semaines, est d’entraver au maximum la circulation de personnes, et notamment entre le Nord et le Sud comme cela avait été le cas le week-end des 7 et 8 mars après la décision de placer 15 millions d’habitants du Nord en quarantaine.

Des milliers de personnes travaillant dans le nord s’étaient alors précipitées dans les gares pour rejoindre leurs proches en Campanie (région de Naples) ou dans les Pouilles (le «talon» de la botte), contribuant à la propagation du virus dans ces régions moins bien équipées sur le plan sanitaire.

Des comportements jugés toutefois limités par les médias, pour qui la grande majorité des Italiens semblent à présent accepter et respecter les mesures restrictives comme le montrent les rues désertes des principales métropoles italiennes de Milan à Naples, en passant par Rome et Florence, bien loin des foules observées il y a deux semaines sur les plages ou dans les parcs.

Contrôles intensifiés

Dans le Trastevere, pittoresque quartier du coeur de Rome, les clients d’une supérette se pliaient de bonne grâce lundi aux consignes de sécurité, respectant des distances entre eux et mettant des gants en plastique distribués à l’entrée. La plupart portaient des masques, a constaté une journaliste de l’AFP.

Les forces de l’ordre ont aussi intensifié les contrôles, notamment des personnes qui voudraient se rendre dans leur résidence secondaire, ce qui est désormais strictement interdit.

Le gouverneur de Lombardie Attilio Fontana (Ligue, extrême droite) a une nouvelle fois qualifié lundi le nouveau décret de «trop laxiste», s’étonnant par exemple que les hôtels et chantiers de construction ne soient pas fermés dans toute l’Italie, contrairement à sa région.

En pleine crise sanitaire, l’adhésion à l’action du chef du gouvernement, Giuseppe Conte, atteint «des sommets sans précédent» : 71 % d’opinions favorables contre 52 % en février, notait en fin de semaine le quotidien la Repubblica.

Ce même sondage révèle que 94 % des personnes interrogées jugent «positives», voire «très positives», les mesures adoptées par l’exécutif, de la fermeture des écoles à l’arrêt des activités commerciales en passant par la limitation de la circulation des personnes. Pour 46 % d’entre elles, l’Italie fait mieux que les autres pays européens face à cette crise historique.

Monde

Coronavirus : Trump exprime des doutes sur les restrictions

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a exprimé lundi des doutes sur les restrictions mises en place face au coronavirus, déplorant leur impact sur l’économie et laissant entendre qu’il pourrait aller vers un assouplissement.

«Nous ne pouvons laisser le remède être pire que le problème lui-même», a-t-il tweeté.

«À la fin de la période de 15 jours, nous prendrons une décision sur la direction que nous voulons prendre!», a-t-il ajouté, sans autres précisions.

La Maison-Blanche a présenté la semaine dernière une série de recommandations rassemblées dans un document intitulé «15 jours pour ralentir la propagation» du virus.

Les autorités sanitaires américaines martèlent depuis plusieurs jours que le pire est à venir aux États-Unis et que l’heure n’est pas venue de relâcher l’effort.

«Je veux que l’Amérique comprenne : cette semaine, cela va vraiment empirer», a mis en garde lundi sur NBC Jerome Adams, administrateur de la santé publique.

Déplorant que certains Américains ne respectent pas les règles de distanciation sociale, il a appelé à plus de rigueur. «C’est comme cela que le virus se propage. Il faut vraiment, vraiment que tout le monde reste chez soi», a-t-il martelé.

Donald Trump a par ailleurs retweeté lundi plusieurs messages accréditant l’idée qu’il était favorable à un assouplissement, plutôt qu’à un durcissement, des mesures en place.

«Il faut aplatir la courbe (des contaminations), PAS l’économie», soulignait l’un de ces messages.

Si plusieurs gouverneurs, en particulier ceux de Californie et de New York, ont opté pour le confinement, le locataire de la Maison-Blanche a exclu de placer l’ensemble des États-Unis sous ce régime.

«Je ne pense pas que nous jugerons cela nécessaire un jour», a-t-il affirmé vendredi.

Monde

Coronavirus: les favelas de Rio se préparent au pire

RIO DE JANEIRO — Une population pauvre entassée dans des habitations souvent insalubres, des services de santé précaires : les favelas de Rio de Janeiro sont en état d’alerte au moment où la propagation du nouveau coronavirus s’accélère au Brésil.

«L’ironie, c’est que cette maladie a été amenée au Brésil par avion, par les riches, mais c’est chez les pauvres qu’elle va exploser», estime Paulo Buss, directeur du centre de relations internationales de la Fiocruz, centre de recherche en santé publique de référence.

La confirmation samedi d’un premier cas de Covid-19 dans la Cité de Dieu, favela emblématique qui a inspiré le film du même nom, a sonné l’alarme.

Près d’un quart des habitants de Rio, soit 1,5 million de personnes, habitent dans des favelas, installées pour la plupart à flanc de colline, souvent en surplomb des quartiers chics.

C’est le cas de la favela de Tabajaras, sur les hauteurs de Copacabana, le quartier le plus touristique de la ville, mais aussi celui qui regroupe le plus de personnes âgées.

«Ici, les gens ont très peur» d’une contamination qui viendrait d’en bas, explique Vania Ribeiro, vice-présidente de l’association de quartier locale. «Le dispensaire le plus proche, c’est le même qui accueille les personnes âgées de Copacabana et les touristes du monde entier».

«Vulnérabilité sociale»

Ici, les consignes de «distanciation sociale» et de «gestes barrière» sont difficiles à appliquer.

«On nous dit qu’il faut se laver les mains sans arrêt, mais comment faire quand l’eau courante est régulièrement coupée ? On ne va pas se laver les mains à l’eau minérale tout de même», ajoute Vania Ribeiro.

La mairie de Rio a assuré à l’AFP avoir «intensifié les campagnes de prévention dans les favelas».

La municipalité recommande notamment l’isolement dans une pièce à part de toute personne suspecte d’avoir été infectée.

«Si le domicile ne comprend qu’une seule pièce, les personnes infectées doivent rester à au moins un mètre de distance des autres membres de la famille», préconise la mairie.

«La plupart des maisons des favelas ont deux ou trois pièces, avec cinq à huit habitants. Comment peut-on isoler une personne infectée dans ces conditions», s’interroge Paulo Buss?

L’insalubrité de certaines habitations pose aussi problème.

«Dans la favela, la plupart des maisons ont peu de fenêtres, ce qui empêche une bonne circulation de l’air, l’entrée de la lumière du jour et favorise la propagation de maladies respiratoires», précise Patricia Canto, pneumologue de l’École Nationale de Santé Publique de Rio.

La tuberculose continue notamment de faire des ravages dans les favelas, avec des taux d’infection parfois dix fois supérieurs à la moyenne nationale.

«Pour le coronavirus, on dit qu’il faut protéger les personnes les plus vulnérables en parlant des personnes âgées, mais il ne faut pas oublier les cas de vulnérabilité sociale», poursuit Patricia Canto.

Économie informelle

Dans les favelas, beaucoup de gens dépendent de l’économie informelle et le confinement risque de leur retirer tout moyen de subsistance.

À Rio, il n’y a pas encore de confinement total, comme en France ou en Argentine.

Mais les écoles et la plupart des commerces ont été fermés, ainsi que les plages et autres lieux touristiques, où de nombreux marchands ambulants venus des quartiers pauvres vendent leurs produits.

«Les personnes qui n’ont pas d’emploi formel doivent continuer à sortir pour travailler parce qu’elles n’ont pas le choix. Ou elles meurent de faim, ou elles risquent de mourir en attrapant le coronavirus», déplore Joelma Sousa, de l’ONG Redes da Maré, implantée dans un ensemble de favelas près de l’aéroport international.

Mais elle s’inquiète surtout de la précarité des services sanitaires. «Les dispensaires manquent cruellement de matériel et de personnel. Ces jours-ci, ils ont fermé à 15h, trois heures plus tôt que prévu, parce qu’il n’y avait plus de médecin», raconte-t-elle.

À Tabajaras, Vania Ribeiro doit aussi résoudre des problèmes liés à la topographie très particulière de sa favela.

«Ici, le moyen le plus pratique de monter sur les hauteurs, c’est la moto-taxi. On va demander à la police de ne plus rendre obligatoire le port du casque pour le passager, sinon le même casque va passer de tête en tête».

Un des nombreux casse-têtes quotidiens pour les favelas de Rio en pleine pandémie.

Monde

Le point sur la pandémie dans le monde

PARIS — Nouveaux bilans, nouvelles mesures, faits marquants: un point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19 qui a déja fait plus de 14 700 morts dans le monde.

Un milliard de gens confinés

Plus d’un milliard de personnes à travers la planète sont désormais assignées à résidence et les barrages se renforcent encore lundi, avec un confinement général notamment en Grèce.

La France se prépare à prolonger le confinement au-delà de fin mars. Un projet de loi d’urgence sanitaire adopté durant le week-end permet aux employeurs d’imposer une semaine de congés payés aux salariés confinés après un accord d’entreprise ou de branche, une mesure critiquée par plusieurs partis d’opposition.

Le gouvernement espagnol va prolonger le confinement jusqu’au 11 avril.

Au Royaume-Uni, où écoles, pubs, cinémas sont désormais fermés, un projet de loi donnant des pouvoirs extraordinaires pour lutter contre le coronavirus doit être examiné lundi. Pour éviter leurs faillites, le gouvernement va reprendre financièrement la main sur les lignes ferroviaires privatisées.

À Moscou, le maire a ordonné aux retraités de rester confinés ou de partir dans leur datcha.

L’Arabie saoudite va imposer un couvre-feu nocturne pendant trois semaines.

L’économie à la peine

La défiance restait le maître mot lundi sur les marchés avec de sévères reculs boursiers tant en Asie qu’en Europe liés aux inquiétudes sur le plan de relance géant américain, ainsi qu’à une cascade d’avertissements sur résultats.

Au Brésil, la banque étatique de développement BNDES va injecter dans l’économie quelque 11 milliards $US pour protéger les emplois.

Le constructeur aéronautique européen Airbus annule le versement de dividendes à ses actionnaires au titre de l’année 2019, et reprend au ralenti sa production en Espagne et en France.

JO : Tokyo fléchit

Jusqu’ici inflexible quant à la tenue des Jeux olympiques de Tokyo prévus du 24 juillet au 9 août, le premier ministre japonais Shinzo Abe a admis lundi qu’un report «pourrait devenir inévitable», à l’instar du CIO dimanche.

Le Canada a d’ores et déjà pris la «décision difficile» de ne pas y envoyer d’équipes et une majorité des athlètes américains seraient pour un report.

Plus de 14 700 morts dans le monde

Le nouveau coronavirus a fait au moins 14 711 morts dans le monde depuis son apparition en décembre, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles lundi à 10h00 GMT. Plus de 336 360 cas d’infection sont diagnostiqués dans 174 pays.

L’Italie compte 5476 morts pour 59 138 cas.

La Chine, où l’épidémie a débuté fin décembre, dénombre 3270 décès (81 093 cas).

Les pays les plus touchés après l’Italie et la Chine sont l’Espagne avec 2182 morts (33 089 cas), l’Iran avec 1812 morts (23 049 cas), la France avec 674 morts (16 018 cas), et les États-Unis avec 471 morts (35 224 cas).

Course contre la montre pour un vaccin

La Chine a entamé son premier essai clinique pour tester un vaccin, au moment où plusieurs pays sont engagés dans une course pour découvrir un moyen de combattre l’agent pathogène.

La Russie a commencé à tester un vaccin sur des animaux.

Un essai clinique a été lancé dimanche dans au moins sept pays européens pour tester quatre traitements expérimentaux contre le coronavirus. Il va inclure en tout 3200 patients, dont 800 Français.

Durcissements aux frontières

Hong Kong interdit désormais toute entrée aux non-résidents.

Les Émirats arabes unis ferment les centres commerciaux et restaurants. Les étrangers ayant habituellement le droit de résidence sont interdits d’entrée jusqu’à nouvel ordre.

Les passagers des vols internationaux à destination de Pékin doivent désormais effectuer une escale préalable dans une ville chinoise afin d’y subir des examens médicaux.

Monde

Des hôpitaux de campagne dans les États américains les plus touchés

WASHINGTON - Donald Trump a annoncé dimanche avoir ordonné la mise en place en urgence d’hôpitaux de campagne, d’une capacité totale de 4000 lits, dans les États américains les plus touchés par la pandémie de coronavirus : Californie, New York et Washington.

Lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche, le président a précisé avoir «ordonné» à l’Agence américaine de gestion des situations d’urgence (FEMA) de monter ces centres fédéraux de médecine d’urgence, avec 1000 lits dans l’État de New York, le plus frappé, 2000 lits en Californie et 1000 lits dans l’État de Washington.

Plus de 400 personnes sont mortes du Covid-19 aux États-Unis, parmi lesquelles plus de cent dans les dernières 24 heures, selon l’université Johns Hopkins.

Les autorités américaines ont par ailleurs averti dimanche qu’elles allaient agir contre les personnes qui stockent du matériel médical, augmentant le risque de pénurie, dans un objectif spéculatif.

Ces personnes doivent mettre sur le marché ces équipements et en demander «un prix raisonnable», faute de quoi «nous allons venir vous chercher», a menacé Peter Navarro, conseiller économique de l’exécutif.