Monde

Climat: «on y arrivera», lance Schwarzenegger

PARIS — «Grâce à des gens comme vous, on y arrivera», a lancé l’ancien gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger à des dizaines de jeunes venus assister au sommet pour le climat de Paris, les encourageant à s’engager pour un monde «vert».

«Nous allons le faire pas à pas, mais nous finirons notre marathon et nous créerons un avenir avec des énergies propres», a déclaré l’ancienne vedette du cinéma, faisant applaudir un jeune garçon, Sofiane, le premier à «oser» se saisir du micro pour lui demander des conseils pour lutter contre le changement climatique.

«Alors n’acceptez pas qu’on vous dise non», a-t-il ajouté, racontant comment lui-même avait dû surmonter à chaque étape de sa carrière des commentaires lui disant que ses rêves d’aller en Amérique, de devenir acteur puis gouverneur de Californie étaient «impossibles».

«Je voulais être acteur principal au cinéma, tous les agents m’ont dit : “c’est impossible [...] vous ressemblez à un monstre”», a-t-il expliqué, appelant ces quelque 200 enfants et adolescents à «visualiser» leurs objectifs.

Et «notre objectif est de tout faire pour aller dans la bonne direction, une direction verte», a-t-il ajouté, avant de prendre un égoportrait géant aux côtés des jeunes, de l’actrice française Marion Cotillard et du ministre français de la Transition écologique, Nicolas Hulot.

«Unissons-nous, tous ensemble. Vous avez la vie devant vous, poussez-nous, ceux qui se battent déjà et les sceptiques, poussez-nous à faire encore plus pour vous, pour les générations après vous, pour les enfants de vos enfants», a déclaré Marion Cotillard.  

Monde

Trump dénonce ses accusatrices

WASHINGTON — Donald Trump a dénoncé mardi les «histoires inventées» des femmes qui l’accusent de comportements sexuels déplacés et s’en est pris avec agressivité à une sénatrice démocrate, affirmant dans une formulation chargée d’ambiguïté qu’elle était «prête à tout» pour de l’argent.

Si, pendant plusieurs semaines, le mouvement #MeToo lancé après les révélations sur Harvey Weinstein a semblé épargner le locataire de la Maison-Blanche, la donne pourrait être en train de changer.

Et loin d’apaiser la polémique ou d’apporter des éléments de réponse, sa virulente riposte, qui a suscité une avalanche de réactions indignées, pourrait contribuer à braquer les projecteurs un peu plus sur son comportement vis-à-vis des femmes.

Trois d’entre elles, qui l’avaient déjà mis en cause durant la campagne de 2016, se sont en effet retrouvées ensemble lundi sur un plateau de télévision pour réclamer au Congrès l’ouverture d’une enquête sur le président des États-Unis.

«Un peu menacée»

Rachel Crooks, ancienne réceptionniste à la Trump Tower de New York, a raconté comment, en 2005, alors qu’elle était âgée de 22 ans, le magnat de l’immobilier l’avait embrassé sans son consentement. «J’étais choquée, anéantie», a-t-elle témoigné, expliquant s’être sentie «un peu menacée».

Comme souvent, c’est via Twitter, en début de journée, et surnoms moqueurs à l’appui, que Donald Trump a réagi.

«En dépit de milliers d’heures perdues et de millions de dollars gaspillés, les démocrates ont été incapables de démontrer la moindre collusion avec la Russie», a-t-il lancé, dans une allusion à l’enquête du procureur spécial Robert Mueller sur les liens présumés de membres de son équipe avec Moscou.

«Du coup, ils se tournent vers les fausses accusations et les histoires inventées de femmes que je ne connais pas et/où que je n’ai jamais rencontrées. FAKE NEWS!».

Lundi, un groupe de 54 élues démocrates de la Chambre des représentants a adressé à la commission de Contrôle de la Chambre une lettre réclamant une enquête. «Nous ne pouvons pas ignorer la multitude de femmes qui ont formulé des accusations contre M. Trump», écrivent-elles.

«Tweet répugnant»

Dans un autre tweet, le locataire de la Maison-Blanche s’en est aussi pris, sur un ton particulièrement violent, à la sénatrice démocrate Kirsten Gillibrand, qualifiée de «poids plume».

La décrivant comme quelqu’un qui, «il n’y a pas si longtemps, venait dans [son] bureau en suppliant pour des dons pour sa campagne», il a ajouté qu’elle était «prête à tout» pour obtenir ces financements.

«Je ne me tairai pas sur ce sujet, pas plus que les femmes qui ont tenu tête au président hier [lundi]», a immédiatement réagi cette dernière, dénonçant des «calomnies sexistes».

La sénatrice de New York, avait été la première a appeler à la démission son collègue démocrate Al Franken, accusé de gestes déplacés par plusieurs femmes.

Elle fait partie des (nombreuses) personnes dont le nom circule comme candidat potentiel pour porter les couleurs démocrates lors de l’élection présidentielle de 2020.

La sénatrice Elizabeth Warren, elle-même cible d’attaques récurrentes de la part de M. Trump, a elle aussi donné de la voix pour dénoncer les propos et les insinuations du 45e président des États-Unis.

«Essayez-vous vraiment d’intimider et d’impressionner la sénatrice Gillibrand et de la faire taire par des sous-entendus salaces?» a-t-elle lancé à l’adresse de M. Trump. «Savez-vous à qui vous vous attaquez? Bon courage Donald Trump.»

La sénatrice démocrate de Californie Dianne Feinstein a de son côté fustigé un «autre tweet répugnant» de la part de Donald Trump. «Cet homme a un problème, c’est aussi simple que cela», a-t-elle ajouté, lui suggérant de supprimer son compte Twitter «pour le bien du pays».

La Maison-Blanche, elle, a vigoureusement contesté tout connotation sexuelle dans ce tweet matinal.

«Il faut avoir l’esprit mal tourné pour le lire comme ça», a déclaré Sarah Sanders, porte-parole de l’exécutif américain.

Donald Trump, a-t-elle assuré, a utilisé plusieurs fois la même terminologie par le passé, visant des femmes comme des hommes, pour dénoncer le clientélisme et la place de l’argent dans un système politique «qui ne fonctionne plus».

Monde

Washington veut réduire de 250 M$ le budget de l’ONU

NEW YORK — Les États-Unis réclament une réduction de 250 millions de dollars pour le prochain budget de fonctionnement biennal de l’ONU 2018-2019, et ont proposé plusieurs coupes, a appris mardi l’AFP de sources diplomatiques.

Ce budget des activités régulières, pour le personnel et les équipements d’infrastructure, en cours de discussions, doit être approuvé par les 193 États membres avant la fin décembre.

Pour les deux prochaines années, les services de l’ONU ont estimé leurs besoins à 5,4 milliards de dollars, en intégrant déjà une baisse de 200 millions de dollars par rapport au budget 2016-2017.

Le secrétariat de l’ONU emploie quelque 40 000 personnes recrutées dans le monde entier. Premier contributeur, les États-Unis paient 22 % de ce budget de fonctionnement.

«Les États-Unis ont fait part aux États membres de l’ONU de leur volonté de voir le budget diminuer de 250 millions de dollars», ont indiqué à l’AFP deux diplomates sous couvert d’anonymat. Ils souhaitent une réduction d’environ «5 %», mais qui est quasi-impossible à réaliser, selon un troisième diplomate.

Selon plusieurs sources diplomatiques, les États-Unis ont détaillé à l’appui de leur demande les «coupes» possibles. Elles pourraient toucher les missions politiques spéciales de l’ONU - Palestine, Libye ou Afghanistan -, le service communication, intervenir dans le domaine du développement et se traduire aussi par un gel du recrutement et des salaires du personnel.

La mission américaine à l’ONU a refusé tout commentaire. Une réaction de l’ONU n’a pu être obtenue dans l’immédiat.

Selon un diplomate s’exprimant lui aussi sous couvert d’anonymat, l’Union européenne a proposé de son côté une réduction du budget de «170 millions de dollars». «C’est classique», indique une autre source diplomatique : «Il y a toujours deux blocs, les États-Unis et l’Union européenne qui veulent baisser le budget et le reste qui ne veut pas».

Interrogée, la représentation diplomatique de l’Union européenne auprès de l’ONU a aussi refusé tout commentaire, arguant d’un sujet sensible et de discussions en cours.

«Mammouth»

Le budget fonctionnement de l’ONU est séparé du budget des opérations de paix qui emploient plus de 100 000 Casques bleus dans une quinzaine de missions dans le monde. Ce dernier budget, annuel, a été adopté en juin et s’élève à 7,3 milliards de dollars.

À l’époque, les États-Unis avaient déjà réclamé une baisse de cette enveloppe, limitée après des négociations à 600 millions de dollars. À l’origine, Washington, également premier contributeur à hauteur de 28,5 %, voulait une réduction d’un milliard de dollars.

Avec 193 pays, l’Organisation des Nations unies «est devenue un monstre et un millefeuille avec des aberrations», jugent certains experts, qui relativisent toutefois son véritable coût. Le budget des opérations de paix de l’ONU représente seulement «0,4 % des dépenses militaires mondiales», souligne ainsi l’un d’entre eux.

La nouvelle baisse financière demandée par les États-Unis pourrait aller à l’encontre des réformes projetées par le secrétaire général de l’ONU, le Portugais Antonio Guterres. Entré en fonction en janvier, il s’est donné comme objectif de rendre plus efficaces les Nations unies à l’horizon 2020.

Il y a une semaine, lors d’une réunion consacrée aux finances des Nations unies, le patron de l’ONU a réclamé à ses membres davantage de flexibilité pour sa gestion de l’Organisation, avec notamment un budget de fonctionnement annuel et non plus biennal.

Les réformes proposées «ne visent pas à réduire des personnels ou faire des économies, mais à rendre l’ONU plus efficace» et «nous avons besoin de simplifier» la planification budgétaire, avait-il expliqué. Antonio Guterres a demandé aux États membres de lui «accorder davantage d’autorité pour redéployer jusqu’à 20 % des crédits» dans chaque domaine stratégique - paix et sécurité, développement et administration de l’ONU -, en fonction des impératifs dictés par le Conseil de sécurité.

Les approches américaine et de l’ONU sont différentes, estime Alexandra Novosseloff, de l’International peace institute basé à New York. «Dégraisser le mammouth pour les États-Unis, c’est réduire les dépenses. Pour Antonio Guterres, c’est rendre la bureaucratie de l’ONU plus agile pour mettre en œuvre ses mandats».

Monde

Explosion à New York: le suspect inconnu de la police

NEW YORK - L’homme soupçonné d’avoir fait exploser une bombe tuyau dans le métro de New York lundi matin n’était pas connu des forces de l’ordre, selon un représentant de la police new-yorkaise.

L’État de New York a déposé des accusations de terrorisme contre lui mardi. Des accusations fédérales ont aussi été logées. On ne sait pas quand le suspect comparaîtra devant la justice.

John Miller, le commissaire adjoint pour le contre-terrorisme et le renseignement, a déclaré sur les ondes du réseau CBS, mardi, qu’Akayed Ullah n’était pas sur les radars de la police ou du FBI avant l’attaque de lundi.

Il a expliqué qu’il est de plus en plus difficile de repérer de tels individus, qui se radicalisent en ligne sans communiquer avec un groupe plus important.

Les responsables affirment qu’Ullah a volontairement fait exploser sa bombe dans un long couloir souterrain entre la 7e et la 8e avenue, près de Times Square.

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Un garçon harcelé à l’école devient le meilleur ami des célébrités

WASHINGTON — La vidéo d’un écolier américain en larmes après avoir été victime de harcèlement à l’école est devenue virale, suscitant une vague de solidarité de la part de célébrités.

La mère de Keaton Jones a publié vendredi cette vidéo sur Facebook, expliquant que c’était à la demande de son fils. Ce dernier l’avait implorée de venir le chercher à son collège de Maynardville, dans le Tennessee, car il avait peur d’être persécuté à la cantine.

«Ils se moquent de mon nez, ils disent que je suis moche, ils disent que je n’ai pas d’amis», explique l’élève de 6e dans cette vidéo, vue 22 millions de fois et partagée à plus de 430 000 reprises.

Monde

Des affiches «violentes à l’égard des femmes» font polémique en France

MARSEILLE — Un maire d’extrême droite du sud-est de la France, déjà coutumier des provocations, a suscité lundi une vive polémique après avoir inauguré une campagne d’affichage montrant notamment une femme ligotée sur les rails, hurlant à l’approche d’un train à vapeur.

Le commentaire en lettres capitales «Avec le TGV, elle aurait moins souffert!» accompagne cette image, le maire de Béziers Robert Ménard entendant ainsi appeler au passage du train à grande vitesse dans sa ville.

«Elle s’appelait Émilie, elle avait 34 ans et quatre enfants. En juin 2017, son mari l’a assassinée en l’attachant sur les rails du TGV. L’ignoble Robert Ménard la tue une deuxième fois. Je demande : retrait immédiat + poursuites», a aussitôt tweeté l’ancienne ministre des Droits des Femmes, Laurence Rossignol.

La responsable politique, qui a dit avoir porté plainte, faisait référence à un fait divers de juin 2017 dans le centre de la France : une femme ligotée avait été tuée au passage d’un TGV et son époux, soupçonné de l’avoir attachée, s’était suicidé.

Dans un communiqué diffusé lundi soir, la justice française a annoncé avoir ouvert une enquête pour recenser d’éventuelles «infractions».

«Campagne une fois de plus odieuse, de surcroît venant d’un élu de la République», a de son côté tweeté la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa.

Campagne «vulgaire»

«Le maire de Béziers a, une nouvelle fois, lancé une campagne d’affichage marquée au sceau de la vulgarité», a dénoncé dans un communiqué Pierre Pouëssel, le préfet (le représentant de l’État) de l’Hérault, le département où se situe Béziers.

«La recherche du buzz à tout prix vous fait tomber dans l’outrance la plus abjecte. [...] Retirez cette communication!» a lancé la présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga.

«C’est de l’humour. Dans ce cas, il faut interdire Charlie Hebdo et brûler les revues Hara-Kiri», a réagi auprès de l’AFP Robert Ménard, affirmant que l’affiche «fait référence à l’univers du western».

Une autre affiche, couverte du slogan : «Alors t’accouches!» montre un obstétricien qui tient dans ses mains une motrice de TGV avec en premier plan les jambes écartées d’une femme qui accouche.

En septembre, M. Ménard avait déjà suscité la polémique avec une affiche utilisant la rhétorique des violences conjugales sur laquelle on pouvait lire : «L’État étrangle nos communes».

Il y a un an, le maire avait fait placarder des affiches montrant des hommes barbus et annonçant : «Ça y est, ils arrivent... Les migrants dans notre centre-ville».

Électron libre élu en 2014 avec les voix du parti d’extrême droite Front national, M. Ménard, qui a déjà eu plusieurs fois maille à partir avec la justice, avait déclaré le 5 septembre, au cours d’un débat télévisé, qu’être Français c’est «être européen, blanc et catholique».

Monde

La difficile mue des centres de désintoxication au Vietnam communiste

HAIPHONG — Trung a passé des années dans un centre de désintoxication au Vietnam, un établissement proche de l’univers carcéral qui n’a rien réglé à sa dépendance à l’héroïne. Il espère s’en sortir grâce à un nouveau système de cliniques de jour.

Il se rend désormais tous les matins dans une clinique de Hanoï pour y recevoir une dose quotidienne de méthadone, censée l’aider à se libérer de l’emprise de l’héroïne.

Les centres de désintoxication classiques au Vietnam sont jugés inefficaces : les junkies peuvent y passer de longues années sans véritable traitement hormis un sevrage brutal, à travailler dans des ateliers dont les dividendes finissent dans les poches des officiels du régime communiste.

Trung raconte son arrestation en 2010 sur son lieu de travail par des policiers en civil, alors même qu’il avait retrouvé un emploi d’agent de sécurité et était sevré. Il faut remplir les quotas des centres de désintoxication, lui avait alors expliqué un des policiers.

Le dernier séjour de Trung dans un des 132 centres de désintoxication obligatoire du Vietnam aura duré quatre ans, de 2010 à 2014. Il raconte les coups des gardiens, le travail forcé pendant de longues heures chaque jour à fabriquer des faux cils.

«Quand on vit là-bas, que ce soit pour se nourrir, sortir en promenade, dormir, travailler, on n’a aucun droit», explique, dans un café enfumé de Hanoï, cet homme de 50 ans, aujourd’hui libre.

Le Vietnam se distingue de pays voisins comme le Cambodge, la Thaïlande, la Malaisie ou la Chine - qui ont des systèmes de centres de désintoxication similaires - par la longueur des périodes passées par les drogués derrière les murs de ces établissements.

Succès financiers

Ce sont «des échecs en termes de traitement antidrogue, mais des succès financiers pour les fonctionnaires dirigeant ces centres» avec la complaisance des entreprises qui leur sous-traitent des activités, comme peindre des jouets ou coudre des vêtements de grandes marques occidentales, ironise Richard Pearshouse, de l’ONG Human Rights Watch, auteur d’un rapport sur le sujet.

Trung témoigne sous couvert de l’anonymat de la vie dans ces centres, où les journalistes ne sont que très rarement autorisés à pénétrer.

Le régime communiste a accepté de montrer à l’AFP un centre de désintoxication où cohabitent des drogués amenés manu militari par les policiers et d’autres pensionnaires confiés à l’établissement par des familles débordées.

«Les lois et les règlements sont en train d’être améliorés, notamment concernant le traitement des drogués», affirme Le Thanh Tung, responsable du département de «prévention des maux sociaux» dans ce centre de Hai Phong, dans l’est du Vietnam.

Ici, quelque 500 drogués sont suivis. Ils sont d’abord placés en sevrage strict, à l’isolement, puis ramenés dans des dortoirs.

Ils travaillent ici aussi dans des ateliers, présentés comme des lieux de «formation», où ils apprennent la menuiserie, la cordonnerie, le maraîchage, tout en percevant un salaire symbolique.

Entre 2014 et 2016, plus de 65 000 patients sont passés par ces centres de désintoxication au Vietnam. Ils dorment sur place, sans possibilité de sorties de jour.

Certaines unités au sein de ces établissements sont parfois réservées à l’internement de malades mentaux ou de personnes handicapées.

Seules les cliniques de jour pour les héroïnomanes semblent marquer un vrai progrès, mais les mentalités peinent à évoluer, dans ce pays habitué au traitement de la drogue par la manière forte.

Mme Luong, dont les deux fils sont accros à l’héroïne, se félicite du maintien des centres de désintoxication obligatoire, comme de nombreux Vietnamiens exaspérés par les ravages de l’héroïne, une drogue qui reste la plus populaire au Vietnam même si les méthamphétamines gagnent du terrain.

«Quand vous avez un drogué dans votre famille, c’est l’enfer», raconte-t-elle, plaidant pour «l’enfermement» de ceux qui sont accros.

L’évolution de l’opinion est «l’obstacle numéro un» pour faire changer les mentalités, relève Oanh Khuat, responsable d’une ONG qui tente de développer le sevrage à l’aide de méthadone en clinique de jour.

Monde

Jérusalem mobilise la rue et la diplomatie

JÉRUSALEM — Des manifestations ont eu lieu lundi au Moyen-Orient pour la cinquième journée consécutive contre la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël, un sujet qui continuait à occuper l’agenda diplomatique.

À Beyrouth, plusieurs milliers de partisans du Hezbollah ont défilé dans le sud de la capitale libanaise, bastion du puissant mouvement chiite, allié de l’Iran et ennemi d’Israël et qui se veut l’un des champions de la cause palestinienne. «Jérusalem est à nous», proclamaient de nombreuses pancartes.

À Téhéran, quelques centaines de conservateurs ont brûlé des portraits de Donald Trump et des drapeaux américain et israélien.

Dans les Territoires palestiniens, des dizaines de jeunes, le visage ceint du foulard traditionnel pour beaucoup, ont incendié des pneus et lancé des pierres sur les soldats israéliens à la sortie de Ramallah, en Cisjordanie occupée.

Les soldats israéliens ont riposté à coups de gaz lacrymogènes, de projectiles en caoutchouc et, sporadiquement, à balles réelles. Plusieurs jeunes ont été blessés, selon des photographes de l’AFP.

«Nous sommes ici pour protester contre la décision de Trump et pour dire que Jérusalem est, et restera, notre capitale, et que nous y resterons pour la défendre», a déclaré un homme portant une cagoule.

Mesures «déstabilisatrices»

L’armée israélienne a mené en soirée des frappes et des bombardements contre des positions du mouvement islamiste Hamas dans la bande de Gaza, après un tir de roquette en provenance de l’enclave palestinienne.

Les heurts avec les soldats israéliens ont fait 27 blessés, atteints par des projectiles en caoutchouc ou des balles réelles en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, a rapporté le Croissant-Rouge.

Mais la protestation, qui a coûté la vie à quatre Palestiniens et fait des centaines de blessés depuis jeudi, donnait des signes d’essoufflement.

En reconnaissant unilatéralement le 6 décembre Jérusalem comme la capitale d’Israël, M. Trump a déclenché des manifestations quotidiennes dans le monde musulman, la colère des dirigeants palestiniens et une réprobation quasiment unanime de la communauté internationale, toujours préoccupée lundi des retombées dans une région en plein tumulte.

Lors d’une visite au Caire, le président russe Vladimir Poutine a critiqué le caractère «déstabilisateur» de la décision de son homologue Donald Trump. Il a appelé à «une reprise immédiate des négociations directes israélo-palestiniennes sur tous les sujets disputés, y compris le statut de Jérusalem».

Se trouvait également dans la capitale égyptienne le président palestinien Mahmoud Abbas qui a rencontré son homologue égyptien Abdel Fattah Al-Sissi.

À l’issue de leur rencontre, M. Sissi a réaffirmé «la nécessité de préserver le statut juridique» de Jérusalem, et l’engagement de son pays à poursuivre son soutien aux Palestiniens pour l’établissement de «leur État indépendant avec Jérusalem-Est comme capitale», selon un communiqué du porte-parole de la présidence Bassam Radi.

La chef de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini, qui a reçu plus tôt à Bruxelles le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a répété la position européenne selon laquelle la solution dite à deux États, c’est-à-dire la création d’un État palestinien coexistant avec Israël, chacun ayant Jérusalem pour capitale, restait la seule valable pour résoudre le conflit.

Depuis la création d’Israël en 1948, la communauté internationale s’est gardée de reconnaître Jérusalem comme capitale. Elle considère que son statut doit être négocié.

La décision de M. Trump fait redouter des réactions incontrôlables tant Jérusalem, avec ses lieux saints pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, est un sujet passionnel.

Les Palestiniens représentent environ un tiers d’une population de 882 000 personnes, mais demeurent majoritaires à Jérusalem-Est, annexée par Israël. L’ONU n’a jamais reconnu cette annexion.

«Jérusalem est la capitale d’Israël, personne ne peut le nier», a affirmé M. Netanyahu à Bruxelles. Ce qu’a fait le président Trump «traduit carrément les faits», et tous les pays européens emboîteront le pas, a-t-il assuré.

Rencontre Erdogan-Poutine 

«Il peut garder ses attentes pour d’autres, parce que du côté des États membres de l’Union européenne, ce geste ne viendra pas», a vertement répliqué Mme Mogherini.

Les dirigeants palestiniens cherchent, eux, à rallier la communauté internationale et le monde arabe.

Pour eux, M. Trump, affichant un parti pris outrancièrement pro-israélien, préempte ce qui devrait relever de la négociation.

Les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est comme la capitale de l’État auquel ils aspirent.

«Ce qu’il faut maintenant, ce sont des décisions palestiniennes et arabes audacieuses», a dit Nabil Abou Roudeina, le porte-parole du président palestinien avant la rencontre de ce dernier avec le président égyptien.

L’Égypte est le premier - et l’un des deux seuls à ce jour - pays arabe à avoir fait la paix avec Israël.

La décision de M. Trump a aussi glacé les relations entre Israël et la Turquie. Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui tente de s’imposer comme le héraut de la cause palestinienne, a reçu ce lundi le président russe, deux jours avant la tenue en Turquie d’un sommet de l’Organisation de la coopération islamique au sujet de Jérusalem.

Les deux dirigeants ont averti lors d’une conférence de presse que la décision américaine sur Jérusalem risquait d’accroître les tensions au Moyen-Orient.

Monde

Trump et Bannon au secours d’un candidat controversé dans l’Alabama

MIDLAND CITY — L’avenir de la politique menée par le président américain Donald Trump est en jeu dans l’élection sénatoriale de l’Alabama mardi, un scrutin dominé par les accusations d’agression sexuelle à l’encontre du controversé candidat républicain, Roy Moore.

L’ancien conseiller présidentiel Stephen Bannon, gardien autoproclamé de la révolution trumpiste, viendra marteler ce message dans un coin rural de cet État conservateur du sud, lundi soir, lors d’un rassemblement de soutien au candidat, un ancien magistrat ultraconservateur et connu pour ses positions extrêmes sur les homosexuels, les musulmans et la place de la religion dans la politique.

Les électeurs éliront le remplaçant de Jeff Sessions, nommé ministre de la Justice au début de l’année.

«Nous avons besoin de Roy» sur l’immigration clandestine, la défense, les armes à feu et la lutte contre l’avortement, a dit le président américain dans un message téléphonique aux électeurs. «Roy Moore est l’homme qu’il nous faut pour rendre à l’Amérique sa grandeur».

Message de Barack Obama

En réponse, les démocrates s’activent pour profiter à la fois de l’extrémisme de leur adversaire et du scandale créé par les allégations d’attouchements sur mineures à la fin des années 70, que Roy Moore a rejetées en bloc. Jamais depuis 1992 les Alabamiens n’ont élu un sénateur démocrate.

«L’occasion est grave», a lancé l’ancien président Barack Obama dans son propre message téléphonique, selon des médias. «Vous ne pouvez pas rester chez vous».

Les sondages sont partagés. Une enquête publiée lundi par Fox News donne Roy Moore perdant de 10 points... Mais une autre, réalisée par Emerson, produit un résultat inverse.

«Vider le marigot»

Âgé de 70 ans, Roy Moore a été élu deux fois président de la Cour suprême de l’Alabama, fonction dont il a été déchu deux fois : la première en 2003 pour avoir refusé de retirer d’un bâtiment judiciaire une statue de deux tonnes en l’honneur des Dix Commandements; la seconde en 2016, après avoir défié la Cour suprême des États-Unis en refusant d’appliquer sa décision légalisant le mariage homosexuel.

Ici, l’establishment républicain et de nombreux habitants méprisent l’activisme religieux de l’ancien magistrat, désigné en août lors d’une primaire très disputée. Les soupçons de comportement déplacé ou pire avec des mineures ont érodé encore plus son socle électoral naturel.

Mais l’équilibre du Sénat américain est dans la balance, et l’occupant de la Maison-Blanche, après avoir tergiversé, a apporté un soutien entier au «juge Moore» - une alliance pragmatique entre le populisme économique du président et la croisade de l’ancien magistrat, qui a habilement réorienté son message pour s’ériger en bête noire de «l’establishment».

Le thème du rassemblement de lundi était d’ailleurs : «vider le marigot», c’est-à-dire nettoyer la capitale de ses élites. De faux alligators ont été installés à l’entrée.

Hésitations républicaines 

Pour l’état-major républicain, à Washington, l’élection est perdante dans tous les cas. Si Roy Moore l’emporte, le parti craint d’être sali par association. Et s’il perd, la majorité actuelle du Sénat, de 52 sièges sur 100, passera à 51, une marge de manœuvre extrêmement étroite.

«Roy Moore sera un cadeau pour les démocrates», reconnaît le sénateur républicain Lindsey Graham. «Il sera le sujet central des élections (législatives) de 2018», a-t-il dit sur CNN.

«Il est choquant qu’un agresseur sexuel d’enfants soit soutenu par le président», déplore une électrice démocrate de Birmingham, Zandy Moyo, résumant le message de son parti.

Doug Jones est un ancien procureur fédéral de 63 ans, connu pour avoir fait condamner des membres du Ku Klux Klan dans l’incendie mortel d’une église noire à Birmingham. Pour l’emporter, il devra mobiliser la base démocrate et la minorité noire... et convaincre une partie des républicains modérés de franchir le Rubicon et de voter démocrate.

Mais sa position proavortement est anathème pour de nombreux républicains, qui pourraient préférer voter pour un candidat tiers.

Depuis le bord de la route à Midland City, Brent Marshall observe le va-et-vient des participants au rassemblement Moore/Bannon. Il n’a pas voté pour Roy Moore à la primaire, mais lui donne le bénéfice du doute.

«Je ne connais pas Roy Moore personnellement», justifie ce propriétaire de 180 hectares, dont une partie est cultivée pour des cacahuètes et du coton. «Mais il a gagné la primaire républicaine, donc je vais rester fidèle aux républicains».

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Abus contre les migrants en Libye: Amnesty accuse l’Europe de «complicité»

TRIPOLI — Amnesty International a accusé mardi les gouvernements européens de complicité dans la détention des migrants dans des conditions épouvantables en Libye, leur reprochant notamment leur aide aux garde-côtes libyens impliqués, selon l’organisation, dans le trafic d’êtres humains.

«Les gouvernements européens sont sciemment complices de la torture et des abus endurés par des dizaines de milliers de réfugiés et de migrants détenus par les autorités libyennes de l’immigration dans des conditions épouvantables en Libye», a indiqué l’organisation de défense des droits de l’Homme dans un rapport.

Amnesty accuse les Européens de soutenir «un système sophistiqué d’abus et d’exploitation des réfugiés et des migrants» de la part des garde-côtes, des responsables des centres de détention et des trafiquants, avec pour seul souci d’empêcher les migrants de traverser la Méditerranée.

«Des dizaines de milliers de personnes sont détenues indéfiniment dans des centres de détention surpeuplés où elles subissent des sévices systématiques», a déclaré John Dalhuisen, directeur d’AI pour l’Europe.

«Les gouvernements européens ne sont pas seulement pleinement au courant de ces abus, mais (...) ils en sont complices», a ajouté M. Dalhuisen.

«Les gouvernements européens doivent repenser leur coopération avec la Libye en matière d’immigration et permettre aux personnes de se rendre en Europe par les voies légales, notamment en réinstallant des dizaines de milliers de réfugiés», a-t-il dit.

Ils «doivent insister pour que les autorités libyennes mettent fin (...) aux arrestations arbitraires et à la détention de réfugiés et de migrants», a ajouté M. Dalhuisen, appelant à la libération «immédiate» de tous les ressortissants étrangers détenus dans les centres de détention en Libye.

«Depuis fin 2016, les États membres de l’UE - notamment l’Italie - ont mis en œuvre une série de mesures visant à fermer la route migratoire via la Libye et la Méditerranée centrale, sans se soucier des conséquences pour les personnes bloquées» en Libye.

Selon AI, les gouvernements européens ont fourni notamment à la Libye leur assistance au Département de lutte contre l’immigration clandestine qui gère les centres de détention en Libye, et ont formé et fourni des équipements aux garde-côtes libyens pour qu’ils interceptent les migrants en mer.

«Les réfugiés et les migrants interceptés par les garde-côtes libyens sont envoyés dans des centres de détention où ils subissent des traitements horribles».

«Jusqu’à présent, 20 000 personnes restent confinées dans ces centres de détention surpeuplés et insalubres», selon Amnesty.

Torture et chantage 

Après le scandale international né de la diffusion d’images de marchés aux esclaves en Libye, l’Union africaine (UA) a annoncé la semaine dernière son intention de rapatrier dans leur pays d’origine ces 20 000 migrants, dans les six prochaines semaines.

Ces centres sont officieusement sous le contrôle du gouvernement d’union nationale (GNA) appuyé par la communauté internationale. Des milliers d’autres migrants sont détenus dans d’autres centres tenus par des milices en dehors de tout contrôle.

AI dit avoir interrogé des dizaines de migrants et réfugiés qui se sont exprimés sur les «abus dont ils ont été victimes ou dont ils ont été témoins», citant notamment, la détention arbitraire, la torture et le travail forcé».

Selon ces témoignages, les migrants disent être torturés par les gardes dans les centres de détention, pour leur extorquer de l’argent.

«S’ils peuvent payer, ils sont libérés et ils peuvent également être remis aux trafiquants qui se chargent de leur départ de la Libye».

AI accuse également des garde-côtes d’implication dans le trafic en collaborant avec les trafiquants.

Un migrant de Gambie ayant été détenu pendant trois mois a raconté à AI comment il était affamé et battu dans un centre de détention.

«Ils m’ont frappé avec un tuyau en caoutchouc, parce qu’ils veulent de l’argent pour me libérer. Ils appellent la famille en te frappant pour que celle-ci envoie de l’argent», a raconté ce migrant.

L’organisation accuse aussi les garde-côtes libyens de mettre en danger des vies des migrants, et d’intimider les ONG qui opèrent en Méditerranée pour le sauvetage des migrants.

AI rappelle l’incident ayant opposé le 6 novembre, les garde-côtes libyens et l’ONG allemande Sea-Watch, dans lequel au moins cinq migrants ont trouvé la mort.