Monde

Allemagne: 35 000 manifestants à Dresde contre l'extrême droite

DRESDE — Quelque 35 000 manifestants, selon les organisateurs, ont défilé contre le racisme samedi à Dresde, en Saxe, à une semaine d'élections régionales qui devraient voir l'extrême droite enregistrer un nouveau succès dans son bastion d'ex-RDA.

Sous un grand soleil estival et dans une ambiance décontractée, des manifestants de tous bords, ONG, artistes, syndicalistes et responsables politiques unis dans l'alliance #Unteilbar («indivisible» en français) ont manifesté au coeur de la ville.

La mobilisation a semblé dépasser les attentes des organisateurs. Sous le mot d'ordre «Solidarité au lieu de rejet: pour une société ouverte et libre», le défilé a rassemblé selon eux 35 000 personnes quand ils en espéraient environ 10 000.

La police a annoncé qu'elle ne fournirait aucune estimation.

Diversité

Dans le cortège où fleurissaient des pancartes telles que «le racisme n'est pas une alternative» ou «Pas de place pour les nazis», Janna Rakowski, une enseignante de 27 ans venue de Berlin, a expliqué à l'AFP espérer qu'«il y ait en Allemagne beaucoup de gens qui s'engagent pour la diversité».

«Je veux montrer aux habitants de Dresde qu'ils ne sont pas seuls dans la lutte contre le racisme [...]. Nous voulons montrer notre solidarité dans cette situation particulière avant les élections en Saxe», a ajouté la jeune femme.

«Nous voulons faire quelque chose contre le climat politique [actuel] et soutenir les gens qui, au quotidien, s'opposent à la haine et à la violence», a également indiqué la porte-parole des organisateurs, Susann Riske, au milieu de ce rassemblement bariolé composé de jeunes, de familles mais aussi de retraités.

Le contexte est tendu, alors que les sondages prévoient un nouveau succès électoral pour le parti anti-migrants Alternative pour l'Allemagne (AfD) aux scrutins du 1er septembre, en Saxe et dans le Land voisin de Brandebourg.

Selon les dernières enquêtes, la formation d'extrême droite pointe en deuxième position dans son bastion saxon, derrière les conservateurs de la CDU, le parti d'Angela Merkel. Avec des intentions de vote autour de 24%, l'AfD pourrait plus que doubler son score par rapport à 2014.

Très insatisfaits

«Les gens sont très insatisfaits [...] Les grands partis ont saboté leurs chances», a jugé une retraitée de Dresde, Greta Schmidt, 66 ans, présente au rassemblement avec une pancarte «Les mamies contre (l'extrême) droite».

Dans le Brandebourg, l'AfD fait jeu égal avec les sociaux-démocrates (SPD), qui dirigent l'exécutif local depuis la Réunification, en 1990.

Une victoire dans l'une ou l'autre région serait une première pour ce parti, né en 2013.

Ces élections, auxquelles s'ajouteront celles de Thuringe fin octobre, seront «l'heure de vérité pour la démocratie», estiment les organisateurs, brandissant le spectre d'une participation de l'AfD à une coalition gouvernementale régionale.

Cette perspective est rejetée catégoriquement toutefois par tous les autres partis.

Le chef de file de l'AfD en Saxe, Nico Köhler, a jugé durant un rassemblement électoral samedi à Chemnitz (Saxe) qu'on ne devait pas «exclure quelqu'un du dialogue démocratique parce qu'on estime que ce qu'il pense est faux ou qu'il est dans le mauvais parti».

En octobre 2018, le collectif #Unteilbar avait fait sensation en rassemblant près de 250 000 personnes à Berlin pour défendre une société solidaire, quelques mois après les échauffourées xénophobes consécutives au meurtre d'un Allemand. Dans cette affaire, un réfugié syrien a été condamné jeudi à neuf ans et six mois de prison. Le principal suspect, un jeune Irakien, est toujours en fuite.

Entrée à la chambre des députés après les élections législatives de 2017, l'AfD a bâti son succès en surfant sur les inquiétudes des Allemands après l'afflux de plus d'un million de réfugiés en 2015 et 2016.

Depuis le moindre fait divers impliquant un migrant est prétexte à critiquer la politique migratoire d'Angela Merkel.

La rhétorique de l'AfD passe particulièrement bien dans l'ex-RDA communiste, délaissée par une grande partie de sa jeunesse et économiquement plus pauvre.

La nouvelle claque électorale qui menace les partis au pouvoir, après celle des élections européennes en mai, risque aussi de fragiliser un peu plus la grande coalition de la chancelière.

Monde

Epstein: le prince Andrew affirme n'avoir ni «vu» ni «soupçonné» des abus sexuels

LONDRES — Le prince Andrew, mis en cause par la presse britannique pour ses liens avec Jeffrey Epstein, a affirmé samedi n'avoir jamais «vu» ou «soupçonné» d'abus sexuels de la part du financier américain poursuivi pour viols sur mineures et retrouvé mort en prison.

«À aucun moment pendant le temps limité que j'ai passé avec lui, je n'ai vu, été le témoin ou soupçonné aucun comportement du genre qui a par la suite conduit à son arrestation et à sa condamnation», affirme le duc d'York via un communiqué du palais de Buckhingham.

Le deuxième fils de la reine Elizabeth II a défendu son amitié avec M. Epstein et tenu à «clarifier les faits pour éviter de nouvelles spéculations».

Il explique avoir rencontré Jeffrey Epstein en 1999 et l'avoir vu par la suite de «manière irrégulière et probablement pas plus d'une fois ou deux par an», indiquant également avoir séjourné dans «plusieurs de ses résidences».

Il réaffirme aussi son «regret» d'avoir revu M. Epstein après la libération en 2010 de l'Américain. Celui-ci avait purgé une peine de prison après avoir été condamné en 2008 pour avoir conduit des jeunes filles à se prostituer en Floride.

Accusé d'agressions sexuelles sur mineures, Jeffrey Epstein avait été de nouveau arrêté et inculpé début juillet pour avoir organisé, pendant plusieurs années, un réseau constitué de dizaines de jeunes filles sous son emprise, avec lesquelles il avait des rapports sexuels dans ses nombreuses propriétés, notamment à Manhattan et en Floride.

Il a été trouvé mort le 10 août dans sa cellule new-yorkaise, les résultats de l'autopsie confirmant un suicide par pendaison.

«Son suicide laisse de nombreuses questions sans réponses», déclare le prince Andrew, exprimant sa «compassion tous ceux affectés par ses actions et son attitude».

«C'est une période difficile pour toutes les personnes impliquées et je suis incapable de comprendre ou d'expliquer le style de vie de M. Epstein. Je déplore l'exploitation de tout être humain et ne tolérerais pas, ne participerais pas, ni n'encouragerais un tel comportement.»

Monde

Le fils d'un ancien joueur de la NFL est arrêté pour le meurtre de ses parents

Les autorités ont affirmé que le fils d'un ancien joueur de la NFL, qui était recherché dans le Minnesota pour le meurtre de ses parents, a été arrêté samedi au Mexique.

Le bureau du shérif du comté de Todd a déclaré que Dylan John Bennett, 22 ans, a été arrêté pour meurtre au deuxième degré dans un hôtel à Cancún, samedi.

Selon les autorités, Dylan John Bennett a lui-même contacté le shérif du comté Steve Och dans la journée pour lui dire qu'il se livrerait au FBI.

«Le FBI l'a placé en garde à vue et va le transporter au Minnesota dans les prochains jours», peut-on lire dans un communiqué.

Les corps de Barry Bennett, âgé de 63 ans, et de son épouse Carol ont été retrouvés mercredi à leur domicile à Long Prairie, une ville d'environ 3500 habitants située à 200 kilomètres au nord-ouest de Minneapolis. La police a indiqué qu'ils ont été tués par balles.

Selon des documents juridiques dont l'Associated Press a pris connaissance, la voiture de Dylan Bennett était sur les lieux du crime. Il y avait, dans la voiture, une boîte d'arme à feu vide et des munitions à l'intérieur.

Les enquêteurs pensent que les Bennett ont été tués lundi. Carol Bennett, qui aurait eu 64 ans jeudi, aurait été touchée à plusieurs reprises au dos et au torse. Barry Bennett, 63 ans, aurait reçu plusieurs balles au torse et à la tête.

Selon une plainte pénale, Barry Bennett a déclaré au bureau du shérif du comté de Todd en décembre dernier que son fils avait exprimé son intention de tuer ses parents alors qu'il se trouvait dans un établissement de traitement pour trouble de santé mentale.

La plainte pénale décrit comment les autorités ont suivi la famille ces derniers jours.

Barry Bennett a été vu lundi à Long Prairie vers midi. Plus tôt lundi, Dylan Bennett a été vu en train de conduire sa voiture après une transaction bancaire dans laquelle une importante somme d'argent a été retirée du compte de Bennett, toujours selon le document de la plainte pénale.

Les cartes de crédit et de débit de Carol Bennett ont été utilisées dans le Wisconsin, l'Illinois et l'Ohio les lundi, mardi et mercredi. Sa voiture a été retrouvée à Columbus, Ohio. Dylan Bennett avait un billet d'avion pour un vol Columbus-Cancun.

Barry Bennett a joué 11 saisons avec les Saints de la Nouvelle-Orléans, les Jets de New York et les Vikings du Minnesota.

The Star Tribune a annoncé que Bennett avait pris sa retraite d'enseignant d'éducation physique à Long Prairie. Le surintendant Jon Kringen a déclaré que Bennett parlait rarement de sa carrière dans la NFL à moins que quelqu'un ne le lui demande.

Monde

Incendies en Amazonie: des centaines de nouveaux feux, l'émotion grandit

PORTO VELHO — Des milliers d'hommes ont été mobilisés au Brésil pour lutter contre les centaines de nouveaux incendies de forêts qui font rage à travers le pays, les plus dévastateurs en Amazonie de ces dernières années, alors que la pression internationale s'est accrue samedi pour pousser le président brésilien Jair Bolsonaro à agir.

Une équipe de l'AFP qui a survolé vendredi l'État de Rondonia (nord-ouest) a constaté la présence de multiples incendies.

Les habitants de Porto Velho rencontrés samedi faisaient part de leurs craintes concernant le nuage de fumée qui surplombe la principale ville de la zone.

«Je suis très inquiète pour l'environnement et notre santé», a déclaré à l'AFP Delmara Conceicao Silva. «J'ai une fille qui a des problèmes respiratoires et elle souffre davantage avec les feux.»

Le sort de la plus vaste forêt tropicale de la planète est au coeur du sommet du G7 qui se tient ce week-end à Biarritz, dans le sud-ouest de la France.

Les dernières données officielles indiquent que 78 383 incendies ont été enregistrés depuis janvier, soit un record depuis 2013.

En Amazonie, quand une forêt est défrichée, les troncs sont emportés mais le reste de la végétation est brûlé sur place pendant la saison sèche, qui dure de juillet à novembre. Pour les terres agricoles, ou des prairies, la végétation et les mauvaises herbes sont également entassées, en attendant la saison sèche. C'est ce qui brûle en ce moment, expliquent les experts.

Plus de la moitié de ces incendies sont situés en Amazonie, où vivent plus de 20 millions de personnes. Quelque 1663 nouveaux feux ont été allumés entre jeudi et vendredi, selon l'Institut national brésilien de recherche spatiale (INPE).

Le patron de l'INPE a été limogé début août après avoir publié des données sur la déforestation jugées mensongères par Jair Bolsonaro : elles montraient que la déforestation en juillet avait été quasiment quatre fois supérieure à celle enregistrée durant le même mois de 2018.

Ces nouveaux chiffres sont rendus publiques au lendemain de l'annonce par M. Bolsonaro du déploiement de l'armée. Par décret, à partir de samedi et pour une durée d'un mois, les gouverneurs des États concernés sont autorisés à recourir aux militaires pour lutter contre les flammes et combattre la criminalité dans la région.

44 000 soldats disponibles

Jusqu'à présent, six États, dont celui de Rondonia, ont fait appel à l'armée. Quelque 44 000 soldats sont basés en Amazonie et disponibles pour combattre les incendies, a annoncé un officier. Des pompiers et des moyens aériens étaient également déployés.

L'américain Donald Trump et le britannique Boris Johnson ont proposé leur aide.

«Toute aide concernant les incendies est la bienvenue», a déclaré samedi à des journalistes le ministre de la Défense Fernando Azevedo e Silva.

Les images du «poumon de la planète» en feu ont provoqué une émotion mondiale.

Aux cris de «Sauvez l'Amazonie», des manifestations ont rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes à Sao Paulo et Rio de Janeiro, d'autres ont eu lieu devant les ambassades et consulats du Brésil dans le monde, à l'appel de nombreuses ONG.

Cette crise environnementale est telle qu'elle menace de torpiller l'accord commercial UE-Mercosur (Brésil, l'Argentine, l'Uruguay et Paraguay) signé fin juin après 20 ans de tractations.

«Il est difficile d'imaginer un processus de ratification harmonieux par les pays européens tant que le gouvernement brésilien permettra la destruction du poumon vert de la Terre», a prévenu samedi le président du Conseil européen Donald Tusk peu avant l'ouverture du G7.

Emmanuel Macron a accusé vendredi Jair Bolsonaro d'avoir «menti» sur ses engagements en faveur de l'environnement et a annoncé que dans ces conditions, la France s'opposait au traité UE-Mercosur.

«Les incendies de forêt existent dans le monde entier et cela ne peut pas servir de prétexte à d'éventuelles sanctions internationales», a répliqué vendredi soir le chef de l'État brésilien dans une brève allocution télévisée.

Un peu plus tôt cette semaine, Jair Bolsonaro avait montré du doigt les ONG de défense de l'environnement à propos des «incendies criminels».

«Les ONG perdent de l'argent, qui venait de la Norvège et de l'Allemagne. Elles n'ont plus d'emplois, elles essaient de me renverser», a-t-il assuré jeudi, en référence à la suspension par ces deux pays de leurs subventions au Fonds Amazonie affecté à la préservation de l'immense forêt tropicale.

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Taxe GAFA: Johnson veut une imposition «juste et appropriée»

BIARRITZ — Les géants américains du numérique doivent être taxés de manière «juste et approriée» a estimé samedi le premier ministre britannique Boris Johnson, alors qu'un contentieux croissant oppose la France et les États-Unis sur cette question.

«Honnêtement, nous devons faire quelque chose pour taxer de manière juste et appropriée les activités en ligne qui génèrent un chiffre d'affaires énorme dans notre pays», a déclaré M. Johnson à la veille de sa rencontre en tête à tête avec Donald Trump pendant le sommet du G7 de Biarritz.

Définitivement adoptée le 11 juillet en France, la taxe dite «GAFA» (acronyme désignant les géants Google, Amazon, Facebook et Apple) crée une imposition des grandes entreprises du secteur technologiques non pas sur le bénéfice, souvent consolidé dans des pays à très faible fiscalité comme l'Irlande, mais sur le chiffre d'affaires, en attendant une harmonisation des règles au niveau de l'OCDE.

Elle a provoqué de vives réactions côté américain. Un conseiller du président Donald Trump a parlé de «grosse erreur» de la France, et M. Trump lui-même a menacé de taxer les vins français, allant jusqu'à évoquer le 9 août une taxe de 100%.

Le gouvernement britannique envisage une taxe similaire de son côté à partir du mois d'avril prochain, mais espère également bâtir une relation commerciale privilégiée avec les États-Unis au moment où le Royaume-Uni est en train de sortir de l'UE du fait du Brexit.

«Je suis ouvert à la discussion sur la manière dont nous pouvons y parvenir», a déclaré M. Johnson à la presse, «et j'attends d'entendre nos amis américains sur les modalités. Nous devons faire quelque chose pour les taxer équitablement».

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G7: des manifestants près de Biarritz malgré une forte présence policière

BAYONNE — Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi en fin de journée dans les rues de Bayonne, à 8 kilomètres de Biarritz où se tient le G7, avant d'être dispersées par un très important dispositif de police, qui a fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les manifestants, parmi lesquels beaucoup de jeunes, ont scandé sporadiquement des slogans anticapitalistes ou hostiles à la police, errant dans les rues de Bayonne, au hasard des barrages policiers sur leur parcours.

Après des accrochages avec les forces de l'ordre dans différents points de la ville, les manifestants ont été forcés de se replier vers des rues piétonnes du centre, où ils ont fini par être confrontés à nouveau à un barrage sur un pont.

Durant plus d'une heure de face à face, la police a fait usage à plusieurs reprises de gaz lacrymogènes et au moins une fois d'une grenade de désencerclement.

Vers 20h30 (13h30 heure du Québec), la manifestation était en cours de dispersion. La préfecture n'avait à ce stade pas fait état d'interpellation.

Depuis plusieurs jours, des rumeurs couraient sur l'organisation d'une manifestation non autorisée en marge du G7, à distance de Biarritz, cernée par les forces de l'ordre.

Le préfet du département des Pyrénées-Atlantiques avait renforcé vendredi soir le périmètre de protection, par rapport au dispositif qui avait été envisagé mi-août, l'étendant à une grande partie du centre de Bayonne (50 000 habitants), avec pouvoir accru de contrôle et fouilles de la police dans cette zone.

Dès vendredi, les commerçants bayonnais avaient commencé à protéger leurs vitrines avec des panneaux de bois et, samedi, Bayonne présentait l'aspect d'une ville morte, protégée par une très forte présence policière, aidée par quelques renforts de la police allemande.

En milieu de journée, en revanche, une manifestation anti-G7, autorisée par les autorités celle-là, s'était déroulée dans le calme, depuis Hendaye jusqu'à la ville frontalière espagnole d'Irun, à 4 km, rassemblant 15 000 personnes selon les organisateurs, 9000 selon les autorités.

Pour dimanche, plusieurs organisations anti-G7 ont organisé une nouvelle manifestation qui se tiendra dans la matinée à Bayonne, «une marche des portraits» où devraient être rassemblés tous les portraits officiels du président Emmanuel Macron qui ont été décrochés dans des mairies depuis plusieurs mois.

Sept autres «rassemblements pacifistes» doivent aussi se tenir en milieu de journée dans des villes voisines de Biarritz pour «encercler» symboliquement le G7.

Monde

Sommet du G7: ouverture en France sur fond de tension

BIARRITZ — Des nuages sont venus assombrir un après-midi chaud et ensoleillé à Biarritz au moment même où les dirigeants des pays membres du G7 se rassemblaient pour entendre le lancement officiel du sommet par leur hôte, le président français Emmanuel Macron.

Malgré cela, quelques rayons ont percé, symbolisant une lueur d'espoir malgré les inquiétudes devant la possibilité que les sept puissantes économiques démontrent un front moins qu'uni au cours des prochains jours.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a préparé la voie aux débats qui s'annoncent houleux en exhortant les dirigeants du G7 à trouver un terrain d'entente, plus particulièrement sur les questions de sécurité et du commerce international. Il a signalé que les guerres commerciales «conduisent à la récession», au lendemain de la tirade lancée par le président américain Donald Trump contre la Chine qui a ébranlé les marchés boursiers.

L'approche de «la terre brûlée» prônée par M. Trump soulève les tensions parmi le groupe des Sept à un moment où une entente et une plus grande coopération n'ont jamais été aussi importantes, a fait valoir M. Tusk.

«C'est peut-être le dernier moment pour rétablir notre communauté politique, a-t-il ajouté. Les guerres commerciales mèneront à la récession tandis que les accords commerciaux stimulent l'économie. Il faut se garder à l'esprit qu'une guerre commerciale entre les membres du G7 ne peut qu'éroder une confiance déjà affaiblie entre nous.»

Donald Trump a attendu vendredi pour relancer sa guerre commerciale avec la Chine lorsqu'il a promis de relever de 10 à 15 % les droits de douane sur les 300 milliards $ d'importations en représailles de la décision de Pékin d'augmenter les taxes sur les importations américaines. Il a aussi «ordonné» aux entreprises américaines de trouver des solutions de rechange à leurs activités en Chine.

«Je n'ai pas le choix. Nous n'allons pas perdre près d'un billion de dollars par an à la Chine, a-t-il déclaré. Les tarifs marchent très bien pour nous. Les gens ne le comprennent pas encore.»

Au même moment, l'indice Dow Jones des valeurs industrielles perdait 673 points.

Le président français compte aussi ajouter les incendies qui sont en train de ravager l'Amazonie à son ordre du jour.

M. Macron a aussi tenté d'amadouer son homologue américaine qui, avant son arrivée en France, avait encore menacé d'imposer des tarifs douaniers sur les vins français si le gouvernement de ce pays imposait des taxes que M. Trump a qualifiées «d'injustes» sur des géants de l'Internet comme Google et Facebook.

Le sommet a aussi suscité des confrontations entre des manifestants et les forces policières. Celles-ci ont fait usage d'un canon à eau et de gaz lacrymogène contre environ 400 manifestants anticapitalistes qui bloquaient des routes dans la ville voisine de Bayonne, dans le sud-ouest de la France.

Quelques protestataires ont lancé des pierres vers les policiers, mais la grande partie des manifestants étaient pacifistes, certains dansaient dans la rue.

Les policiers ont répliqué en tirant en l'air en signe d'avertissement avant de faire usage du canon à l'eau.

Plus tôt, plusieurs milliers de manifestants avaient défilé paisiblement pour se rendre à la frontière espagnole située non loin de là pour réclamer plus de mesures contre les changements climatiques et les inégalités sociales.

Monde

Corée du Nord: Kim a supervisé le test d'un «lanceur de missiles multiple»

SÉOUL — Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a supervisé samedi le test d'un «lanceur de missiles multiple de grande dimension», a annoncé dimanche l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.

Après le test, M. Kim a déclaré que ce système «nouvellement développé» était «une grande arme», et il a exprimé sa «grande reconnaissance» envers les scientifiques qui l'ont conçue et construite, a rapporté KCNA.

L'état-major interarmes de la Corée du Sud avait pour sa part décrit samedi cet essai nord-coréen comme étant le tir de deux missiles balistiques à courte portée.

«Le test a montré que toutes les spécifications tactiques et technologiques du système ont atteint correctement les normes qui avaient été fixées», selon KCNA.

«Forces hostiles»

La Corée du Nord doit continuer à renforcer le développement d'armements «pour contrer résolument les menaces militaires et les pressions croissantes des forces hostiles», a déclaré M. Kim selon l'agence.

Le test de samedi était le dernier en date d'une série d'essais de missiles à courte portée effectués en août par la Corée du Nord pour exprimer son mécontentement devant des manoeuvres militaires conjointes menées par les forces sud-coréennes et américaines. Ces manoeuvres ont pris fin il y a un peu moins d'une semaine.

Selon Pyongyang, M. Kim a observé au cours du mois écoulé au moins deux autres tests d'armes «nouvelles». Mais la nature et les caractéristiques de ces armements ne sont pas connues.

À Séoul, l'essai de samedi a amené la présidence sud-coréenne à convoquer une réunion du Conseil national de sécurité, le NSC.

«Les membres du NSC ont décidé de poursuivre les efforts diplomatiques auprès de la communauté internationale pour ramener la Corée du Nord à la table de négociations avec les États-Unis pour parvenir à l'objectif d'une dénucléarisation complète dans la péninsule coréenne», a déclaré le gouvernement sud-coréen dans un communiqué.

Impasse

Les pourparlers bilatéraux entre Washington et Pyongyang sont dans l'impasse depuis l'échec du second sommet entre le président américain Donald Trump et Kim Jong-Un, à Hanoï en février.

Les deux dirigeants s'étaient de nouveau rencontrés en juin à la frontière dans la Zone démilitarisée (DMZ), qui sépare les deux États depuis la fin de la guerre de Corée (1950-53).

La rencontre avait débouché sur la décision de relancer les discussions sur le programme nucléaire de Pyongyang, un peu plus d'un an après le premier sommet Trump-Kim à Singapour. Cependant ces discussions n'ont pas repris depuis.

En visite cette semaine à Séoul, l'envoyé spécial des États-Unis pour la Corée du Nord, Stephen Biegun, a déclaré que les États-Unis étaient «prêts à entamer des discussions» dès qu'ils auraient «des nouvelles» de Pyongyang.

Mais la possibilité d'une reprise prochaine de ces pourparlers semble faible, si l'on en juge par des déclarations récentes de Pyongyang.

Le ministre des Affaires étrangères Ri Yong Ho a averti vendredi que la Corée du Nord resterait «pour longtemps la plus grande "menace" pour les États-Unis».

Et le ministre a lancé une attaque frontale contre le secrétaire d'État américain Mike Pompeo, le traitant de «toxine irréductible» et se déclarant «sceptique» sur la possibilité de négocier avec lui.

«Nous sommes prêts aussi bien pour le dialogue que pour le blocage», a souligné le ministre nord-coréen.

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Trudeau rencontre les premiers ministres Johnson et Abe au sommet du G7

BIARRITZ — Établir un consensus sur le libre-échange et renforcer les liens commerciaux du Canada avec ses partenaires du G7 sont les priorités du premier ministre fédéral Justin Trudeau au cours du sommet des sept puissances économiques mondiales.

M. Trudeau a rencontré samedi son homologue britannique Boris Johnson. Ils ont discuté de l'avenir des relations commerciales entre les deux pays après l'éventuel Brexit. Il s'agissait de la première rencontre officielle entre les deux hommes depuis l'arrivée au pouvoir du nouveau premier ministre britannique, en juillet.

Il a aussi parlé avec le premier ministre du Japon Shinzo Abe. Tous deux ont souligné à quel point le nouveau Partenariat transpacifique a renforcé les liens entre les deux pays. Ils ont discuté d'enjeux de sécurité ainsi que des tensions entre Tokyo et la Corée du Sud.

Le premier ministre fédéral veut profiter du sommet du G7 pour montrer un front uni avec ses alliés face à la Chine qui détient arbitrairement deux Canadiens, Michael Spavor et Michael Kovrig.

M. Trudeau a semblé se réjouir d'entendre M. Abe dire que tous deux partageaient «un partenariat stratégique» qui comprend «une vision partagée d'un marché indo-pacifique ouvert et libre». Une apparente approbation des efforts du Canada et d'autres pays du G7 d'appuyer une circulation plus fluide des biens et des services malgré l'approche nationaliste favorisée par le président américain Donald Trump.

Le chef du gouvernement canadien était fortement désireux de souligner ses alliances parmi les chefs du G7 avant même le début officiel du sommet. Tout long de la journée, il a voulu marquer son appui à un commerce international ouvert et les bonnes relations qu'il a pu entretenir avec ses homologues.

M. Trudeau a été accueilli en soirée par le président français Emmanuel Macron qui lui a pris le bras à plusieurs reprises afin de souligner leur lien d'amitié. Les deux hommes se sont même tenu la main pendant quelques instants. Aucune rencontre officielle n'est encore prévue entre eux, mais l'ambassadrice du Canada en France, Isabelle Hudon, a dit qu'il existait «une chimie» entre les deux politiciens. Elle a exprimé sa conviction qu'ils se parleront en privé en marge du sommet.

Il doit rencontrer M. Trump, dimanche. On ne s'attend pas à une conversation acrimonieuse entre les deux Nord-Américains.

Monde

États-Unis: décès d’un patient qui vapotait

WASHINGTON — Un ou une adulte qui vapotait a succombé à une maladie pulmonaire grave aux États-Unis, ont annoncé vendredi les autorités américaines, qui peinent à identifier la cause des maladies de près de 200 autres patients adeptes des cigarettes électroniques.

«Hier [jeudi], nous avons été informés du décès d’un adulte qui avait été hospitalisé pour une grave maladie respiratoire inexpliquée, après avoir vapoté», a déclaré la directrice médicale de l’État américain de l’Illinois.

Les symptômes incluent toux, essoufflement, épuisement et dans certains cas vomissements et diarrhées.

Les autorités sanitaires fédérales ont recensé depuis fin juin 193 cas potentiels de maladies pulmonaires sévères dans 22 des 50 États américains, associés à du vapotage.

La cause des maladies n’a pas été découverte, mais tous les malades avaient récemment utilisé des cigarettes électroniques pour inhaler de la nicotine et souvent du cannabis, selon les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

«La gravité de la maladie dont souffrent les gens est alarmante. Il faut que tout le monde sache que les cigarettes électroniques et le vapotage peuvent être dangereux», a déclaré la directrice du département de la santé de l’Illinois, Ngozi Ezike.

Le lien avec le vapotage n’est pas encore prouvé, a toutefois prévenu Ileana Arias, responsable des maladies infectieuses aux CDC fédéraux.

Bien que les cas semblent similaires, «on ignore s’ils ont une même cause, ou bien s’ils correspondent à des maladies différentes qui se présentent de la même façon», a dit la responsable.

On ignore les substances et marques potentiellement impliquées.

Le vapotage consiste à inhaler des vapeurs créées par le chauffage à haute température d’un liquide à l’intérieur de la cigarette électronique.

Les liquides contiennent souvent de la nicotine, bien étudiée depuis des décennies : elle est addictive et affecte le développement du cerveau avant

25 ans, martèle le gouvernement américain.

Les cigarettes électroniques n’incluent pas de nombreuses substances cancérigènes que l’on trouve dans les cigarettes normales, comme le goudron. Mais la vapeur contient des particules fines qui pénètrent les poumons, et dont l’effet n’est pas encore bien connu. De nombreuses sont «potentiellement toxiques», a prévenu un rapport des Académies américaines des sciences en 2018.

Les autorités américaines s’alarment de la popularité du vapotage chez les adolescents et ont engagé une politique de fermeté contre les fabricants pour faire respecter l’interdiction de vente aux moins de 18 ou 21 ans, selon les États.

Il est possible, dit Brian King, du bureau des CDC sur la cigarette, que les maladies pulmonaires se soient produites auparavant, mais qu’elles n’aient été recensées que maintenant par l’enquête menée par les autorités sanitaires.

Monde

G7 sous haute tension

BIARRITZ — La tension est brusquement montée vendredi à la veille du G7 de Biarritz, avec des Européens mobilisés face aux incendies en forêt amazonienne — Emmanuel Macron accusant son homologue brésilien d’avoir «menti» sur ses engagements — et une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine qui repart de plus belle.

Devant «l’inaction de Jair Bolsonaro face au changement climatique, y compris sur les incendies», la France dira «non» au traité de libre-échange controversé entre l’UE et le Mercosur, a fait savoir le président Macron à la veille du sommet du G7 de Biarritz, qui se tient de samedi à lundi dans le Sud-Ouest de la France.

Ce coup de semonce français, qui bloquerait le traité, n’a pas été du goût de Berlin, où un porte-parole du gouvernement a jugé que ce n’était «pas la réponse appropriée», et le Mercosur s’est empressé d’annoncer plus tard dans la soirée avoir conclu un accord commercial avec quatre pays européens non membres de l’UE (Norvège, Islande, Liechtenstein et Suisse, qui forment l’Association européenne de libre-échange, AELE).

L’ampleur des feux qui sévissent dans la plus vaste forêt tropicale de la planète inquiète au plus haut point la communauté internationale, qui a passé outre aux accusations d’ingérence «colonialiste» du président brésilien et a décidé de se saisir du problème.

Cette «situation d’urgence aiguë» doit figurer au menu des discussions du G7, a réclamé la chancelière allemande Angela Merkel. «Il s’agit d’une crise internationale», a tweeté le premier ministre britannique Boris Johnson.

Face à l’urgence, le G7 va tenter de faire émerger «des initiatives concrètes pour l’Amazonie», a assuré Paris.

Sous pression, le président Bolsonaro a autorisé l’envoi de l’armée afin d’enrayer la propagation de ces incendies, qui ont suscité une série de manifestations à travers l’Europe.

Le sort du «poumon de la planète» s’ajoute à la liste des sujets de friction qui seront abordés par les Sept entre le dîner d’ouverture samedi et la conférence de presse finale lundi après-midi.

De l’Iran au commerce en passant par le Brexit, les lignes de fracture sont en effet multiples, entre un Donald Trump imprévisible, déjà en campagne pour sa réélection, un Boris Johnson volontiers provocateur, et les cinq autres leaders.

Flairant le danger après le coup de théâtre du précédent sommet au Canada où le président américain refusa de signer les conclusions qu’il avait pourtant acceptées, Emmanuel Macron a biffé d’un trait l’exercice de la déclaration finale, autrefois passage obligé de ce groupe de «discussions informelles» initié en 1975 par le Français Valéry Giscard d’Estaing, après le premier choc pétrolier.

Taxe GAFA

Quarante ans plus tard après la création du groupe, les Sept sont malmenés par un multilatéralisme en berne, l’émergence de nouvelles puissances comme la Chine et un nationalisme décomplexé jusqu’au coeur des démocraties occidentales.

Emmanuel Macron, déterminé à se poser en médiateur dans le grand chamboulement mondial, ne désespère pas d’arracher quelques concessions à Donald Trump sur le nucléaire iranien, dossier explosif numéro un qui menace d’embraser le Moyen-Orient.

Paris tente d’obtenir un allègement des sanctions américaines visant le pétrole iranien en échange d’un retour de l’Iran au plein respect de l’accord et de nouvelles négociations avec Téhéran sur son programme balistique et son influence régionale.

Le président américain ne devrait guère se montrer plus amène sur la taxation des géants du numérique portée par la France. Un régime fiscal «hautement discriminatoire» et «totalement contreproductif», contre lequel il entend bien militer à Biarritz, selon un responsable américain.

Guerre commerciale ravivée 

«N’oubliez pas que le prochain sommet se tiendra aux États-Unis en 2020, qui est l’année de l’élection présidentielle américaine. Donc c’est dans l’intérêt de Donald Trump d’avoir un sommet qui réussit [...] et prépare le terrain pour le prochain», nuance Rohinton Medhora, président du Centre for International Governance Innovation, un groupe de réflexion canadien.

L’autre dossier soudainement devenu brûlant à quelques heures du sommet est celui de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.

La Chine a annoncé vendredi son intention d’imposer de nouveaux droits de douane sur 75 milliards de dollars d’importations en provenance des États-Unis, ce à quoi Washington a répondu dans la soirée par un relèvement des droits de douane américains sur les produits chinois importés aux États-Unis.

Une escalade qui a fait tousser les Bourses mondiales, sur fond de craintes pour la croissance mondiale.

Durant trois jours, les leaders du monde seront confinés dans un palace, loin de la société civile dont ils se veulent à l’écoute, et l’élégante station balnéaire de Biarritz sera transformée en camp retranché.

Plus de 13 000 policiers et gendarmes sont mobilisés dans toute la région, où un grand rassemblement d’opposants au sommet fait craindre des violences samedi d’Hendaye à Irun (Espagne).

Vendredi soir, 17 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, et quatre policiers ont été légèrement blessés à Urrugne (Pyrénées-Atlantiques, sud-ouest) lors de heurts entre des manifestants et les forces de l’ordre.

Monde

Incendies en Amazonie: Bolsonaro, sous pression, autorise l’envoi de l’armée

PORTO VELHO — Le président brésilien Jair Bolsonaro a autorisé vendredi la mobilisation de l’armée en Amazonie pour lutter contre les incendies, en réponse à la pression internationale croissante contre le Brésil.

La mesure, prise par décret par le président d’extrême droite, autorise à partir de samedi et pour une durée d’un mois les gouverneurs des États concernés à recourir à l’armée pour «l’identification et la lutte contre les foyers d’incendie», ainsi que pour «des actions préventives et répressives contre les délits environnementaux».

Dans les foulées, Donald Trump a proposé au président brésilien l’aide des États-Unis. «Je viens de parler au président Jair Bolsonaro. Je lui ai dit que si les États-Unis pouvaient aider concernant les incendies en Amazonie, nous étions prêts à le faire!», a tweeté le président américain.

De l’autre côté de l’Atlantique, l’Amazonie est devenue «une priorité» à la veille du G7 de Biarritz, dans le sud-ouest de la France, où le président Emmanuel Macron a accusé M. Bolsonaro d’avoir «menti» sur ses engagements climatiques et a décidé de s’opposer à l’accord de libre-échange UE-Mercosur.

Le premier ministre britannique Boris Johnson a estimé que les incendies constituaient une «crise internationale», avant le sommet de samedi et dimanche dont devraient sortir des «initiatives concrètes».

Le président brésilien a répliqué en accusant sur Twitter son homologue français de vouloir «fomenter la haine contre le Brésil par simple vanité». Peu avant, il tweetait: «Le feu le plus ardent est celui de notre souveraineté sur l’Amazonie».

La ville de Porto Velho, dans l’État amazonien de Rondonia (nord-ouest), était recouverte vendredi d’un fin nuage rougeâtre de fumées, a constaté un journaliste de l’AFP-TV. «Cette situation n’est pas normale, c’est à cause des feux de forêt», a commenté le réceptionniste d’un hôtel.

À une soixantaine de kilomètres de Porto Velho, d’épais rideaux de fumée grise étaient visibles au-dessus de la végétation tropicale où des flammes dévoraient des arbres. Le spectacle était impressionnant, avec des vents forts attisant la fournaise.

Le gouverneur de l’Acre, un État voisin lui aussi très touché, a décrété une situation d’urgence.

Dans le «poumon de la planète», quelque 700 nouveaux feux ont été enregistrés en 24 heures jeudi, selon les chiffres communiqués vendredi par l’Institut national de recherche spatiale (INPE).

L’INPE, dont le patron a été limogé début août après avoir publié des données sur la déforestation jugées mensongères par Jair Bolsonaro, a indiqué que 76.720 feux de forêt avaient été enregistrés dans le pays de janvier jusqu’au 22 août -- soit 85% de plus que sur la même période de l’an dernier. Plus de 52% concernent l’Amazonie.

«Psychose environnementale» 

Dans un entretien à l’AFP vendredi soir, le chef indigène Raoni a demandé l’aide de la communauté internationale pour «faire partir le plus vite possible» le président brésilien qu’il juge responsable des graves incendies en Amazonie.

Des manifestations en défense de l’Amazonie ont rassemblé au même moment quelques milliers de personnes à Sao Paulo et Rio de Janeiro, d’autres ont eu lieu devant les ambassades et consulats du Brésil dans le monde, à l’appel de nombreuses ONG. Parmi celles-ci le mouvement de la jeune Suédoise Greta Thunberg, Fridays for Future.

À Brasilia, Jair Bolsonaro, après avoir évoqué une «psychose environnementale», a tenu tard jeudi une réunion de crise avec une demi-douzaine de ministres, visiblement en réaction aux pressions internationales croissantes pour sauver l’Amazonie, dont 60% se trouvent en territoire brésilien.

Les feux de forêt, essentiellement dus à la déforestation, aggravée par la saison sèche qui se poursuivra en septembre, ont pris une dimension internationale jeudi: l’ONU et Emmanuel Macron ont interpellé vivement Jair Bolsonaro tandis que se multipliaient sur les réseaux sociaux les appels de la planète politique, sportive ou hollywoodienne en faveur du «poumon de la planète».

«La suggestion du président français selon laquelle les affaires amazoniennes seraient discutées au (sommet du) G7 sans la participation de la région évoque une mentalité colonialiste dépassée au XXIe siècle», a rétorqué Jair Bolsonaro à M. Macron.

Les alliés du président se déchaînaient sur Twitter, tel son fils Eduardo, député et possible prochain ambassadeur du Brésil aux États-Unis, qui retweetait une vidéo de violentes manifestations de gilets jaunes en France avec le texte: «Macron est un idiot».

L’ex-chef de l’Armée de Terre, le général Villas Boâs, a vu dans les propos de M. Macron des menaces «d’un recours aux forces armées».

«Risque aggravé de sanctions» 

Le puissant secteur de l’agro-négoce, gros exportateur au Brésil et jusqu’ici soutien politique actif de Jair Bolsonaro, commençait toutefois à s’inquiéter sérieusement des répercussions économiques de la montée de tensions avec les partenaires commerciaux de la première puissance économique d’Amérique latine.

Pour l’analyste Thomaz Favaro, Jair Bolsonaro a «aggravé le risque de sanctions et de représailles, y compris contre l’accord UE-Mercosur».

Avec la France, l’Irlande a aussi menacé de bloquer l’accord si le Brésil ne réagissait pas en Amazonie.

Le président d’extrême droite, un climato-sceptique assumé, a déclaré cette semaine avoir des «soupçons» sur une responsabilité des ONG dans les incendies en Amazonie. Il a provoqué l’ire de 118 ONG qui l’ont accusé d’»irresponsabilité».

En début de semaine, il avait également accusé les gouverneurs des États amazoniens «de ne pas avoir levé le petit doigt» contre les incendies, et même de «connivence».

Autour du globe, 24 août 2019

Monde

Algérie: après six mois, l’impasse

Algérie — Le 22 février, les Algériens descendaient dans les rues, notamment à Alger, où toute manifestation était interdite depuis 18 ans, donnant le coup d’envoi d’une contestation inédite. Six mois après, ce mouvement ne faiblit pas, mais fait face à un pouvoir désormais inflexible. Quel bilan après six mois ?

Comme le constatait récemment l’Institut des Études de Sécurité (ISS) basé en Afrique, les protestataires algériens ont «accompli bien plus que ce que de nombreux observateurs envisageaient». Principal trophée : la démission le 2 avril du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans et briguant un 5e mandat apparaissant inéluctable, mais dont la perspective aura mis le feu aux poudres. En outre, plusieurs figures honnies et jusque-là intouchables de sa présidence, hommes politiques et d’affaires soupçonnés depuis longtemps d’entretenir des liens de corruption, sont sous les verrous.

Depuis cette démission, le «Hirak» n’a obtenu aucune avancée vers le changement de régime qu’il réclame et le «système» est toujours en place. Le haut-commandement de l’armée, affaibli sous Bouteflika, est de nouveau le détenteur du pouvoir réel.

Mais ce pouvoir est désormais confronté à une société ayant pris conscience de sa force collective et qui a retrouvé une liberté d’expression.

«La libération de la parole, y compris au sein même des institutions de l’État», est un des «acquis indéniables», estime l’universitaire algérien Mohamed Hennad.

Louisa Dris-Aït Hamadouche, professeure de Sciences politiques à l’Université d’Alger, liste «la prise de conscience de ce qui est désormais politiquement inacceptable, l’élévation des aspirations à un niveau inédit [...], la conscience du pouvoir de mobilisation».

Il y a aussi une «réconciliation avec le politique et avec l’avenir» et la fin des «cloisonnements habituels» entre générations ou hommes/femmes, dit-elle.

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Monde

Les vegans interpellent les touristes à Paris avec un chien factice sur un barbecue

PARIS — Un «chien» sur un barbecue accompagné de brochettes de légumes et un slogan sur une bannière «Chien ou cochon : quelle différence ? Devenez vegan !» : des militants de l’organisation Peta ont interpelé vendredi matin les touristes à Paris avec une action-choc face à la Tour Eiffel.

«Lorsqu’il s’agit de ressentir la souffrance ou la peur, un chien n’est pas différent d’une vache, d’un cochon ou d’un agneau», explique à l’AFP Marie-Morgane Jeanneau, porte-parole de Peta France (Pour une Éthique dans le Traitement des Animaux) qui a monté ce spectacle la veille de la Journée mondiale pour la fin du spécisme.

Yves Lefébure, venu de Norvège passer un week-end à Paris, s’arrête interdit à quelques mètres de ce chien factice réalisé aux États-Unis par un spécialiste des effets spéciaux pour le cinéma.

«C’est choquant, car j’associe le cochon à la nourriture et le chien à un animal de compagnie», réagit-il. Il dit «manger de la viande, mais peu et de bonne qualité, issue d’une production contrôlée où les animaux ont été bien traités durant leur courte vie».

Dave, britannique de passage à Paris, reste indifférent. «Je mange de la viande, ce n’est pas un problème», dit-il. «Pas de chiens bien sûr ! Tous les animaux sont différents».

Agustin originaire d’Argentine — grand producteur et consommateur de viande — se fait prendre en photo devant le barbecue. «Le chien est considéré comme un membre de la famille, l’espèce la plus aimée au monde», estime-t-il. «Le manger n’est pas dans notre culture !»

Pika, la jeune chienne de Aida Taoujni marque un arrêt sur la pelouse, devant le barbecue. «Je suis horrifiée», lance sa maîtresse. «Ça me dégoûte! ajoute cette amoureuse des animaux. «Je ne suis pas encore prête à arrêter de manger de la viande, mais je commence à me poser la question!»

Ce spectacle «choque» aussi de jeunes promeneurs comme Deeksha. «Je suis d’accord avec eux, car je suis déjà végétarienne», raconte l’adolescente d’origine indienne.

La France compte 2 % de végétariens et 0,5 % de végans, selon Marie-Morgane Jeanneau. «Le chiffre d’affaires de l’alimentation veganne dans les moyennes et grandes surfaces a augmenté de 25 % l’an dernier», se réjouit-elle espérant «que l’on sera de plus en plus nombreux à bannir l’exploitation des animaux».

Un tiers des 30 millions de chiens mangés chaque année dans le monde le sont en Chine, selon le groupe de protection animale Humane Society International (HSI).

Chaque année, 65 milliards d’animaux sont tués (près de 2000 animaux par seconde) pour finir dans nos assiettes, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

Monde

Le personnel du consulat canadien n'a pas le droit de quitter Hong Kong

HONG KONG — Le consulat du Canada à Hong Kong interdit à son personnel de quitter la ville par affaires, y compris pour se rendre en Chine continentale.

Cette restriction de déplacements, transmise vendredi, survient peu après que la Chine ait confirmé qu'un employé du consulat britannique à Hong Kong, Simon Cheng Man-kit, a été arrêté plus tôt en août à lors d'un séjour Shenzhen pour avoir troublé la paix. Shenzen est située dans le sud de la Chine continentale, tout juste à côté de Hong Kong.

Le consulat canadien n'a pas dit si l'interdiction appliquée à son personnel était liée à cet incident avec l'employé diplomatique britannique.

Lors de sa rencontre quotidienne avec des représentants des médias d'information, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a dit que la Chine respectait la décision du Canada avant de citer le philosophe chinois Confucius: «un gentleman est ouvert et posé alors qu'un petit homme est malheureux et inquiet».

M. Geng a assuré que les droits des ressortissants étaient garantis en Chine, mais que ceux qui s'y rendent pour de mauvaises raisons ont intérêt à être extrêmement prudents.

Hong Kong est le théâtre de très importantes manifestations prodémocratie depuis près de trois mois.

Monde

Le tatouage, nouvel étendard des manifestants à Hong Kong

HONG KONG — Parapluies, fleurs, masques à gaz: à Hong Kong, de nombreux manifestants se font tatouer des motifs rebelles, en signe de soutien au mouvement de protestation contre le gouvernement local et Pékin.

«Avec ce tatouage, je me souviendrai toujours de cette année où j’ai lutté pour ma liberté», déclare à l’AFP «C», une employée du secteur financier qui ne souhaite être identifiée que par une unique initiale.

Elle montre un rictus de douleur au moment où l’aiguille chargée d’encre dessine sur le haut de sa cuisse une fleur de bauhinia -- le symbole de Hong Kong, ex-colonie britannique retournée à la Chine en 1997.

Contrairement à la fleur présente sur le drapeau officiel du territoire semi-autonome, elle a refusé de se faire tatouer les cinq étoiles dessinées dans les pétales, celles qui représentent le Parti communiste (PCC) au pouvoir en Chine continentale.

Par ce geste, elle dit vouloir affirmer son identité régionale hongkongaise face au reste du pays et à l’autorité de Pékin.

Hong Kong est secoué depuis juin par des manifestations massives contre un projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale.

«Courage!»

Et les tatoueurs de la ville disent avoir enregistré une hausse sensible des demandes de dessins liés au mouvement de protestation.

Parmi les plus populaires: des parapluies (symboles du mouvement pro-démocratie de 2014 à Hong Kong), des masques à gaz et des casques (utilisés face à la police) ou encore des calligraphies stylisées.

Un motif est notamment très demandé, celui de deux caractères chinois qui peuvent se lire comme «Hong Kong» ou «Courage!» selon le sens de lecture horizontal ou vertical.

«Se faire tatouer, ça montre que vous gardez le contrôle de votre corps», déclare Iris Lam, une tatoueuse de 28 ans reconnue pour ses calligraphies.

Un client de Mme Lam, âgé de 40 ans, voulait se faire tatouer sur toute la longueur du bras des scènes des manifestations. Mais il a décidé d’attendre la fin du mouvement.

«Il ne veut pas prendre le risque d’être touché par des gaz lacrymogènes ou d’avoir une plaie. Cela serait douloureux et compliqué de prendre soin de son tatouage si c’était le cas.»

Gratuit

Si les deux derniers weekends ont été relativement calmes, Hong Kong est le théâtre d’une escalade de la violence depuis ces dernières semaines.

Les policiers utilisent des gaz lacrymogènes, des matraques et des balles en caoutchouc, face à certains manifestants radicaux armés de briques et de cocktails Molotov.

Née de l’opposition au projet de loi sur les extraditions, la contestation s’est élargie en une demande plus large pour davantage de démocratie. Des centaines de milliers de Hongkongais ont défilé dans les rues.

«Beaucoup de gens veulent entretenir le souvenir de ces événements», explique Vincent Yau, un autre tatoueur. «Se faire tatouer, c’est un moyen de se dire que vous appartenez à ce grand mouvement.»

Il dit avoir tatoué gratuitement la plupart des manifestants en signe de soutien.

«L’art est une force», déclare Iris Lam, qui créé également des affiches de propagande pro-démocratie.

«C’est une force pour diffuser une idée, pour toucher les gens, les inspirer.»

Monde

L'opposant russe Navalny libéré après 30 jours de détention

MOSCOU — Le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, a été libéré de prison vendredi après 30 jours passés en détention pour des appels à manifester, dans le cadre d’un important mouvement de contestation qui secoue Moscou.

Si M. Navalny n’a pas été immédiatement interpellé de nouveau par les policiers présents lors de sa sortie de prison, comme ce fut le cas pour d’autres opposants relâchés récemment, il pourrait bien l’être prochainement en raison de ses appels répétés à manifester avant les élections locales du 8 septembre ainsi que de nouvelles poursuites visant son organisation.

L’ancien juriste et blogueur anticorruption est sorti de prison vendredi matin souriant, vêtu d’un pull et pantalon de sport sombres et avec un sac sur les épaules.

Il a immédiatement dénoncé devant des journalistes les «actes de terreur destinés à effrayer» menés par les autorités russes dans leur répression du mouvement de protestation à Moscou. «Le mouvement va continuer à grossir et ce régime va fortement regretter ce qu’il a fait», a lancé M. Navalny.

«Nous faire peur ne fonctionnera pas. Nous méprisons les autorités lâches et voleuses qui, avant, mentaient et falsifiaient pour +gagner+ les élections. Aujourd’hui, elles ne peuvent plus se passer des arrestations de candidats, des passages à tabac de manifestants pacifiques et des perquisitions», a écrit M. Navalny sur son compte Instagram.

Alexeï Navalny avait été arrêté le 24 juillet à Moscou alors qu’il sortait faire un jogging et acheter des fleurs pour l’anniversaire de sa femme, en pleine montée de la contestation due au rejet des candidatures d’opposants au scrutin du 8 septembre.

Il avait ensuite été condamné à 30 jours de prison pour des «violations répétées aux règles d’organisation des manifestations». Lors de son incarcération, M. Navalny a été brièvement traité à l’hôpital pour ce que les médecins ont qualifié de «grave réaction allergique», tandis que l’opposant n’a pas exclu d’avoir été «empoisonné».

«Troubles» et «violences»

Plusieurs manifestations non autorisées pour exiger des élections libres à Moscou ont débouché sur des milliers d’arrestations ces dernières semaines. Il s’agit du plus important mouvement de contestation depuis le retour de Vladimir Poutine au Kremlin en 2012.

La réponse des autorités a été sévère: la plupart des opposants moscovites purgent actuellement de courtes peines de prison, tandis que l’organisation de M. Navalny, le Fonds de lutte contre la corruption, est visée par une enquête pour «blanchiment».

Une dizaine de manifestants restent en détention préventive, accusés d’avoir participé à des «troubles massifs» ou de «violences à l’encontre des forces de l’ordre», des accusations lourdes qui font planer la menace de plusieurs années de prison.

Le mouvement de contestation a commencé après le rejet, officiellement pour des vices de forme, de l’enregistrement d’une soixantaine de candidats indépendants à l’élection du Parlement de Moscou, prévue le 8 septembre. Chargée de valider le budget faramineux de la capitale, cette instance est actuellement composée de fidèles du maire pro-Kremlin, Sergueï Sobianine.

L’organisation de M. Navalny, le Fonds de lutte contre la corruption, a accusé dans plusieurs enquêtes diffusées récemment des hauts responsables de la mairie de Moscou et de la Commission électorale de détournement de fonds.

Évoquant pour la première fois le mouvement de protestation, le président Vladimir Poutine a justifié lundi lors d’une visite officielle en France la sévérité de la police et de la justice. Dressant un parallèle avec la crise des «gilets jaunes», il a dit vouloir éviter «que de tels événements se produisent dans la capitale russe».

Les élections au Parlement de Moscou, qui se tiendront parallèlement à d’autres scrutins régionaux et locaux, s’annoncent difficiles pour les candidats du pouvoir, dans un contexte de grogne sociale et de stagnation économique.

Monde

Affaire Epstein: la piste des ramifications françaises

PARIS — L’affaire Jeffrey Epstein va-t-elle rebondir en France? Près de deux semaines après le suicide en prison du financier américain accusé d’abus sexuels sur mineures, de nouveaux éléments renforcent l’hypothèse d’un scandale aux ramifications françaises.

Saisi fin juillet, le parquet de Paris assure à l’AFP poursuivre ses «vérifications» et «échanges» avec les autorités américaines avant de décider ou non d’ouvrir une enquête.

Des victimes françaises?

C’est la question centrale : poursuivi pour avoir agressé sexuellement des dizaines de jeunes filles aux États-Unis entre 2002 et 2005, Jeffrey Epstein aurait-il fait des victimes françaises ou commis des actes répréhensibles en France?

C’est ce que soutient Innocence en danger. L’association, qui a saisi la justice fin juillet après l’arrestation d’Epstein aux États-Unis, a affirmé jeudi avoir reçu dix témoignages émanant principalement de victimes d’actes «commis sur le sol français» en lien avec le multimillionnaire mort à l’âge de 66 ans.

Dans un témoignage datant de 2011, mais récemment rendu public aux États-Unis, une plaignante accusait, elle, le financier et jet-setter d’avoir abusé de très jeunes Françaises qui lui avaient été envoyées comme «cadeau d’anniversaire surprise».

«Jeffrey se vantait [...] qu’elles avaient 12 ans et qu’elles avaient été amenées de France parce qu’elles sont très pauvres et que leurs parents avaient besoin d’argent», indiquait cette plaignante dans une déposition consultée par l’AFP.

Selon des médias anglo-saxons, elle assurait également que ces jeunes filles avaient été envoyées aux États-Unis par un ancien proche d’Epstein, le Français Jean-Luc Brunel.

Le nom du fondateur des agences de mannequins Karin Models et MC2 Model Management apparaît dès la première enquête ouverte aux États-Unis contre Epstein et close en 2007 : le financier avait alors plaidé coupable de sollicitation de prostituées et écopé de 13 mois de prison.

Selon deux plaignantes, M. Brunel jouait alors le rôle de rabatteur pour Epstein, amenant aux États-Unis des «jeunes filles» venues de milieux modestes en leur faisant miroiter des emplois dans le mannequinat.

À l’époque, des messages troublants avaient été retrouvés par la police de Floride, dont celui-ci, noté en 2005 après un coup de fil de «Jean-Luc» : «Il a une prof pour vous, pour vous apprendre à parler russe. Elle a 2x8 ans, pas blonde».

Virginia Giuffre, une des principales plaignantes de l’affaire Epstein, a par ailleurs affirmé avoir été forcée à avoir des rapports sexuels avec M. Brunel.

En 2015, alors en froid avec Epstein, M. Brunel avait annoncé des actions en France et aux États-Unis pour dénoncer ces «allégations», mais aucune de ces procédures n’a prospéré.

Le scandale Epstein a aussi fait ressurgir des accusations lancées par d’anciens mannequins, dont la Néerlandaise Thysia Huisman qui affirme avoir été «droguée et violée» par M. Brunel dans les années 90.

Septuagénaire aujourd’hui disparu des radars, M. Brunel a toutefois participé à une soirée huppée le 5 juillet à Levallois-Perret, près de Paris, a appris l’AFP auprès d’un des organisateurs, confirmant des informations du quotidien britannique The Guardian.

L’AFP n’est pas parvenue à entrer en contact avec M. Brunel.

Jeffrey Epstein, qui partageait sa vie entre New York et la Floride, possédait également un appartement dans un quartier huppé de Paris.

Selon Innocence en danger, cet appartement et ses séjours «réguliers» en France sont de nature à éveiller les soupçons. «Il appartient aux enquêteurs (...) de faire la lumière sur l’usage de (cet) appartement», avait écrit l’association dans son signalement au parquet.

Dans cet immeuble, ils sont peu nombreux à vouloir évoquer le financier américain.

«C’était un homme discret, il sortait seulement une heure et rentrait», confie à l’AFP sous couvert d’anonymat une personne vivant dans l’immeuble.

Jeffrey Epstein était parfois accompagné de femmes lors de ses nombreux séjours parisiens, selon la même source, qui décrit un même profil : jeunes, grandes, minces, «originaires de l’Est». «Ah ça, c’est sûr qu’il aimait les femmes», commente cette personne.

Monde

L’ex-porte-parole de la Maison-Blanche bientôt sur Fox News

WASHINGTON — Sarah Sanders, ancienne porte-parole de la Maison-Blanche, interviendra bientôt sur Fox News, chaîne avec laquelle Donald Trump entretient des liens étroits.

L’ancienne «Press Secretary» fera ses débuts le 6 septembre dans Fox and Friends, émission matinale assidûment regardée par le milliardaire américain, comme en témoignent ses innombrables tweets y faisant référence.

Elle offrira «des commentaires et analyses politiques», a annoncé jeudi la chaîne.

Farouche avocate du président américain en toutes circonstances, Sarah Sanders a, lors de son passage à ses côtés, profondément modifié le rôle — prestigieux mais exposé — de «porte-parole de la Maison-Blanche».

En rupture avec une tradition solidement établie depuis des décennies, elle a progressivement abandonné la rencontre quotidienne dans la salle de presse, lui préférant des séances de questions/réponses improvisées et souvent cacophoniques, à l’image de celles dont raffole le président septuagénaire.

«Je suis plus que fière de rejoindre l’incroyable équipe d’intervenants [sur Fox News]», a-t-elle indiqué jeudi.

Mercredi, c’est Sean Spicer, son prédécesseur au poste de porte-parole de l’exécutif américain, qui a fait parler de lui. La chaîne ABC a en effet annoncé qu’il participerait à la nouvelle saison de l’émission Danse avec les stars.

L’arrivée sur Fox News de Sarah Sanders devrait réjouir Donald Trump qui, depuis quelque temps, a montré des signes d’agacement vis-à-vis de la chaîne prisée des conservateurs.

«Fox, ce n’est plus ce que c’était», a-t-il lancé récemment.

Le président républicain s’est en particulier agacé des rencontres télévisées avec les électeurs organisées par Fox pour plusieurs candidats démocrates qui espèrent le défier en novembre 2020.

Bill Shine, ancien dirigeant de Fox News, fut pendant près d’un an directeur de la communication de Donald Trump. Il avait remplacé à ce poste Hope Hicks, proche collaboratrice de M. Trump, qui a elle-même rejoint Fox News.

Autour du globe, 23 août 2019

Monde

Feux en Amazonie : l'«inquiétude» s’internationalise

RIO DE JANEIRO — Le président brésilien Jair Bolsonaro, qui a dénoncé jeudi une «psychose environnementale», a été vivement interpellé par l’ONU et la France sur les feux de forêt en Amazonie tandis que ses voisins s’inquiétaient d’une possible propagation.

Au moment où cette crise s’internationalisait, il a par ailleurs lancé une nouvelle charge contre les ONG, «soupçonnées» d’être responsables des départs de feux.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est dit sur Twitter «profondément préoccupé» par les incendies dans la plus vaste forêt tropicale du monde.

«En pleine crise climatique mondiale, nous ne pouvons accepter davantage de dégâts sur une source majeure d’oxygène et de biodiversité», a écrit Antonio Guterres, en réclamant que l’Amazonie soit «protégée».

Peu après c’est le président français Emmanuel Macron qui exprimait son inquiétude, sur Twitter également.

«Notre maison brûle. Littéralement. L’Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20% de notre oxygène, est en feu. C’est une crise internationale. Membres du G7, rendez-vous dans deux jours pour parler de cette urgence».

Son chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian avait auparavant indiqué dans un communiqué que «la France est très préoccupée par les nombreux incendies, d’une ampleur inédite, qui touchent la forêt amazonienne depuis plusieurs semaines (...) avec de graves conséquences pour les populations locales et pour la biodiversité».

Le Pérou, où des fumées, mais non des feux, étaient visibles, a annoncé jeudi être «en état d’alerte».

«Plus de 200 gardes forestiers (...) surveillent minute par minute l’état de l’incendie dans les forêts amazoniennes du Brésil et de Bolivie, pour la prévention», a déclaré sur Twitter le Service national des aires protégées (Sernanp).

La Bolivie et le Paraguay voisins étaient eux aussi confrontés à des feux de forêt ayant causé des dégâts irréversibles à la faune et la flore, mais distincts de ceux d’Amazonie.

Si la situation dans la plus vaste forêt tropicale de la planète était très difficile à évaluer, l’Institut national de recherche spatiale (INPE) a fait état de près de 2.500 nouveaux départs de feu en l’espace de seulement 48 heures dans l’ensemble du Brésil.

«Forts soupçons»

D’après l’INPE, 75.336 feux de forêt ont été enregistrés dans le pays de janvier jusqu’au 21 août, soit 84% de plus que sur la même période de l’an dernier. Selon un collectif d’ONG, 54% de ces feux concernent l’Amazonie.

Tandis que la presse brésilienne commençait à rapporter des problèmes sanitaires, notamment respiratoires, dans certaines villes, les feux affectant «le poumon de la planète» restaient jeudi au Brésil la première tendance sur Twitter, avec en illustration son lot de photos ou vidéos n’ayant aucun rapport avec l’Amazonie.

Sous les mots-clés  #Nasa et  #AmazoniasSemONGs (Amazonie sans ONG), des internautes assuraient que des photos-satellites de l’agence américaine provenaient en fait de Bolivie ou soutenaient la charge anti-ONG du président.

Au coeur de la tempête après ses déclarations polémiques de la veille, Jair Bolsonaro a accusé la presse d’avoir déformé ses propos sur une responsabilité des ONG dans les feux en Amazonie, tout en réaffirmant que «les plus forts soupçons viennent» de celles-ci.

«À aucun moment, je n’ai accusé les ONG des feux en Amazonie. C’est incroyable ce qui s’écrit dans les journaux!» a-t-il lancé à des journalistes à Brasilia.

Le président d’extrême droite a expliqué qu’il pourrait tout aussi bien accuser de ces «incendies criminels (...) les indigènes, les Martiens ou les grands propriétaires terriens».

«Tout le monde peut être suspect. Mais les plus forts soupçons pèsent sur les ONG», a-t-il dit, enfonçant le clou.

Mercredi Jair Bolsonaro avait déjà montré du doigt les ONG de défense de l’environnement. «Il pourrait s’agir, oui, il pourrait, mais je ne l’affirme pas, d’actions criminelles de ces “ONGéistes” pour attirer l’attention contre ma personne, contre le gouvernement brésilien. C’est la guerre à laquelle nous sommes confrontés» avait-il lancé.

«Les ONG perdent de l’argent, qui venait de la Norvège et de l’Allemagne. Elles n’ont plus d’emplois, elles essaient de me renverser», a-t-il assuré jeudi, en référence à la suspension par ces deux pays de leurs subventions au Fonds Amazonie affecté à la préservation de l’immense forêt tropicale.

«Cramer l’image du Brésil» 

Il a exprimé toutefois sa préoccupation pour les retombées économiques.

«Si le monde entier commence à dresser des barrières commerciales (contre le Brésil) notre agronégoce va chuter, l’économie va reculer (...) et votre vie à vous éditeurs, propriétaires de télévision va être compliquée», a-t-il menacé.

«Cette psychose environnementale nous empêche d’agir», a-t-il dit.

Dans une tribune, 118 ONG se sont élevées contre «l’irresponsabilité» présidentielle.

«Bolsonaro n’a pas besoin des ONG pour cramer l’image du Brésil dans le monde entier», lit-on dans ce texte, qui dénonce un président «qui manipule l’opinion publique contre le travail réalisé par la société civile, avec des allégations irresponsables et inconséquentes».

Monde

Environ 60% des Américains désapprouvent la gestion de Donald Trump

NEW YORK - Environ six Américains sur 10 désapprouvent de façon générale le rendement du président Donald Trump, selon un nouveau sondage publié jeudi par le centre pour la recherche sur les affaires publiques de l’Associated Press-NORC, qui montre certains appuis à la gestion de l’économie par M. Trump, mais lui accorde de mauvaises notes sur d’autres questions majeures.

Seulement 36 pour cent des Américains approuvent la façon dont M. Trump exerce les fonctions de président; 62 pour cent désapprouvent son travail.

Ces statistiques ne sont peut-être pas reluisantes pour un président dans un premier mandat qui cherchera à être réélu dans 14 mois, mais elles sont remarquablement stables. La cote d’approbation de M. Trump n’a jamais été inférieure à 32 pour cent ni supérieure à 42 pour cent dans les sondages AP-NORC depuis son entrée en fonction. En comparaison, l’approbation du président Barack Obama n’a jamais été inférieure à 40 pour cent dans les sondages de Gallup.

Les notes médiocres s’étendent à la gestion par M. Trump de plusieurs problèmes clés: l’immigration, les soins de santé, la politique étrangère et les armes à feu. Les opinions sur la gestion de l’économie par le président républicain restent relativement bonnes malgré les craintes d’une récession, mais au moins 60 pour cent des Américains désapprouvent ses performances sur d’autres sujets. La constance des statistiques laisse croire que la position de faiblesse relative du président vis-à-vis de la population américaine est figée après deux ans de crises politiques quasi constantes, de déclarations scandaleuses et de discours discordants à la Maison-Blanche.

La nouvelle enquête a été menée peu après des fusillades successives au Texas et en Ohio ayant fait des dizaines de morts et suscité de nouveaux appels à l’action des élus de la part de citoyens américains. M. Trump s’est engagé à prendre des mesures immédiates après les fusillades, mais a depuis changé d’avis à quelques reprises sur la pertinence de renforcer les contrôles des antécédents des personnes cherchant à acheter des armes à feu.

Selon le sondage, 36 pour cent des gens approuvent la politique de M. Trump sur les armes à feu, tandis que 61 pour cent la désapprouvent, des statistiques qui reflètent plus généralement sa cote de popularité.

Sept républicains sur dix approuvent la gestion par M. Trump de la politique en matière d’armes à feu, l’une de ses plus mauvaises notes du côté des républicains.

À l’exception de la question du contrôle des armes à feu, M. Trump reste très largement populaire au sein de son propre parti.

Près de huit républicains sur 10 approuvent le rendement général de M. Trump, tandis que 20 pour cent le désapprouvent. Comme ce fut le cas depuis son entrée en fonction, les démocrates s’opposent à sa direction à une majorité écrasante: 94 pour cent des démocrates désapprouvent sa présidence selon le nouveau sondage.

Les appuis des indépendants restent également très bas pour M. Trump, avec environ les deux tiers désapprouvant son administration.

Un nombre relativement plus important d’Américains approuve la gestion de l’économie par M. Trump, même s’il ne s’agit pas d’une majorité: 46 pour cent des gens approuvent sa gestion et 51 pour cent la désapprouvent.

La cote d’approbation sur le plan économique représente une baisse de cinq points de pourcentage par rapport à la même période de l’année dernière.

Seuls cinq pour cent des démocrates approuvent son rendement général, mais 16 pour cent approuvent sa gestion de l’économie.

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Fedor, premier robot humanoïde russe dans l’espace, en route vers la Station spatiale

MOSCOU - La Russie a lancé jeudi pour la première fois dans l’espace un robot humanoïde, Fedor, pour un séjour dans la Station spatiale internationale (ISS) qui doit servir de tests avant des missions plus risquées et plus lointaines.

Le robot, qui porte le numéro d’identification Skybot F850, a décollé à bord d’une fusée Soyouz à 03H38 GMT depuis le cosmodrome russe de Baïkonour au Kazakhstan. Il doit arriver sur l’ISS samedi et y rester dix jours, jusqu’au 7 septembre.

«C’est parti, c’est parti», a lancé le robot au moment du lancement, selon la séquence retransmise à la télévision, reprenant les mots prononcés par Youri Gagarine lors de son départ pour le premier vol d’un homme dans l’espace en 1961.

Une autre vidéo diffusée par l’agence spatiale Roskosmos l’a montré à bord de la capsule Soyouz tenant un petit drapeau russe dans la main.

Le robot au corps anthropomorphe argenté mesure 1,80 m de haut et pèse 160 kg. Fedor correspond  à l’acronyme de «Final Experimental Demonstration Object Research» et fait référence au prénom russe Fiodor.

Fedor dispose de comptes sur les réseaux sociaux Instagram et Twitter, qui détaillent sa vie quotidienne, par exemple lorsqu’il apprend à ouvrir une bouteille d’eau. «Je m’en vais accomplir la mission qui m’a été confiée. Que cache encore l’espace?», peut-on lire sur l’un des messages.

Pas un «Terminator»

Une fois arrivé à bord de l’ISS, le robot testera ses capacités en conditions de gravité très basse, sous la supervision du cosmonaute russe Alexandre Skvortsov. Parmi ses principaux savoir-faire figure notamment celui d’imiter les mouvements humains, ce qui veut dire qu’il pourrait aider les astronautes à réaliser leurs tâches.

Ses opérations l’amèneront à manier un tournevis ou encore des clés, a précisé Alexandre Blochenko, directeur des programmes prometteurs chez l’Agence spatiale russe (Roskosmos), dans un entretien au journal Rossiïskaïa Gazeta.

Selon M. Blochenko, Fedor a été conçu pour travailler dans les conditions les plus difficiles, qui seraient dangereuses pour l’homme. À l’intérieur de la station, son corps sera «fixé» et il ne pourra pas encore se déplacer librement.

En avril 2017, une vidéo diffusée par les médias russes montrait un prototype de Fedor tirer sur des cibles avec un pistolet dans chaque main. Les autorités russes s’étaient alors défendu de vouloir «créer un Terminator», tout en affirmant que la «robotique de combat est la clé vers la création de machines intelligentes».

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Les États-Unis vont autoriser la détention illimitée d’enfants migrants

WASHINGTON — Le gouvernement de Donald Trump a annoncé mercredi qu’il comptait retirer les strictes limites régissant le temps passé en centres de rétention par les enfants migrants, nouvelle initiative controversée dans sa politique de fermeté face à l’immigration clandestine.

Associations de défense des droits humains et opposition démocrate ont immédiatement dénoncé cette initiative, promettant de combattre en justice la nouvelle règle, qui doit encore être révisée par un juge fédéral.

Le ministère américain de la Sécurité intérieure veut mettre fin à une décision judiciaire de 1997, dites «Flores», imposant aux autorités fédérales de ne pas maintenir en détention les enfants plus de 20 jours.

Une nouvelle règle, qui doit être mise en oeuvre sous 60 jours, ne limitera plus le temps passé par les enfants ou leurs familles en centres de rétention.

Il s’agit, pour l’administration Trump, de décourager les migrants qui affluent en nombre record à la frontière avec le Mexique, avec l’espoir d’être relâchés rapidement après leur arrestation s’ils sont avec des enfants, et de pouvoir ainsi rester aux États-Unis.

«Pour protéger ces enfants face aux abus et arrêter le flot illégal» de migrants, «nous devons mettre un terme à ces vides juridiques», a déclaré le président des États-Unis, selon un communiqué de la Maison-Blanche. «Il s’agit d’un besoin humanitaire urgent.»

Droit du sol «ridicule»

Parallèlement, le milliardaire républicain a laissé planer le spectre d’un nouveau front, réaffirmant vouloir s’attaquer au droit du sol qui permet aux enfants nés aux États-Unis de bénéficier de la nationalité américaine.

Interrogé sur son intention de revenir sur ce droit inscrit dans le 14e amendement de la Constitution américaine, il a répondu : «nous regardons cela très, très sérieusement».

«Vous traversez la frontière, vous faites un bébé : félicitations, le bébé est un citoyen américain!», a-t-il ironisé, avant de pester : «c’est franchement ridicule».

Confronté à l’arrivée chaque mois à la frontière de dizaines de milliers de migrants, le gouvernement républicain a séparé des enfants de leurs parents, gardés eux en rétention, au nom du respect de la norme «Flores».

La réforme annoncée mercredi vise à «s’assurer que les familles étrangères puissent être ensemble pendant les formalités migratoires», affirme la Maison-Blanche. «Cette nouvelle règle garantira que les enfants étrangers sont en sécurité et que l’on prend bien soin d’eux en détention».

«Nous avons vu cette année un flot inédit de familles, venant surtout d’Amérique centrale, arriver à notre frontière du sud-ouest», a expliqué devant la presse Kevin McAleenan, le ministre par intérim de la Sécurité intérieure.

Près de 475 000 migrants arrivés en famille ont été interpellés entre octobre 2018 et juillet, soit trois fois plus que le record précédent, a-t-il déclaré.

La règle «Flores» a «généralement forcé les autorités à relâcher les familles dans le pays après 20 jours, encourageant les entrées illégales», a-t-il affirmé, alors que les formalités migratoires peuvent prendre des mois, voire des années.

«Traumatisme»

Les défenseurs des droits humains ont immédiatement annoncé qu’ils combattraient en justice l’abrogation de la norme «Flores».

«Il s’agit d’une nouvelle attaque cruelle contre les enfants» migrants, a dénoncé une responsable de l’organisation de défense des libertés ACLU, Madhuri Grewal. «Le gouvernement ne devrait pas emprisonner des enfants, et devrait encore moins chercher à mettre plus d’enfants en prison, pendant plus longtemps.»

Des parlementaires démocrates ont appelé les tribunaux à «stopper immédiatement cette action illégale».

«Il n’y a aucune justification à la détention indéfinie des enfants et aucune excuse pour le traumatisme que cette politique va infliger aux familles», a réagi le chef du parti démocrate, Tom Perez.

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Las Vegas: 23 suprémacistes blancs, 152 chefs d’accusation

LAS VEGAS — Dix-neuf hommes et quatre femmes ont été accusés à Las Vegas d’appartenir à un gang de suprémacistes blancs ayant des liens avec la prison d’État et de nombreux crimes commis, dont des meurtres, du trafic de drogue et des vols d’identité, selon des documents rendus publics mercredi.

Un total de 152 chefs d’accusation a été déposé devant un tribunal du Nevada contre les 23 accusés que l’on soupçonne d’être membres ou associés aux «Aryan Warriors» (Guerriers aryens). L’acte d’accusation soutient qu’ils ont pris part à une entreprise de racket criminel.

Deux des prévenus, Devin Alan Campbell et Christopher Gene Ashoff, sont accusés d’avoir abattu deux hommes en janvier. Les victimes seraient Josué Contreras-Verdin et David Esparza-Sanchez.

On reproche également à Devin Alan Campbell d’avoir poignardé et tué Thomas Patrick Glenn, 49 ans, également en janvier.

L’avocat de Christopher Gene Ashoff, Mace Yampolsky, a indiqué que son client avait plaidé non coupable aux accusations de meurtre qui ont maintenant été incluses dans un acte d’accusation révisé et élargi.

Mace Yampolsky a exprimé sa surprise face à l’ampleur des accusations et à l’inclusion d’un chef de racket exigeant que les procureurs démontrent que les accusés ont agi de concert «pour se livrer à des actes de violence ou d’intimidation afin de promouvoir leur entreprise criminelle».

«Je ne crois pas qu’il exerce des activités de racket comme cela est allégué», a mentionné l’avocat de la défense.

Le procureur du comté de Clark, Steve Wolfson, n’a pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.

Deux autres prévenus, Anthony Williams et Tarik Goicechea, sont accusés d’avoir poignardé à mort un détenu de la prison d’État, Andrew Ryan Thurgood, dans sa cellule de la prison High Desert State en février 2016. Le décès de M. Thurgood a entraîné le dépôt d’une poursuite contre l’institution carcérale en 2018.

Anthony Williams et Tarik Goicechea sont toujours en prison.

Un autre accusé, Zackaria Luke Luz, fait face à un chef de conspiration criminelle et un autre de possession d’un dispositif de numérisation, en plus de 82 accusations de vol d’identité.

Les avocats qui représentent les prévenus Luz et Williams n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.

Les autorités ont précisé que 14 des accusés étaient déjà détenus dans une prison d’État ou dans la prison du comté de Clark à Las Vegas.

Sept autres accusés ont été arrêtés avant que l’acte d’accusation ne soit rendu public mercredi. Trois derniers suspects sont actuellement recherchés et font l’objet d’un mandat d’arrêt.

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Wayne LaPierre, pilier du lobbyisme pro-armes

WASHINGTON — Le lobby des armes perd-il son influence en Amérique? Wayne LaPierre, son puissant patron, n’a eu qu’à décrocher son téléphone pour parler à Donald Trump et apporter une réponse cinglante à la question.

La longue discussion entre le directeur général de la National Rifle Association (NRA) et le maître de la Maison-Blanche s’est tenue mardi, sans être rendue publique.

Mais, comme l’a révélé The Atlantic, au moment où les deux hommes ont raccroché, un point crucial était scellé : il n’y aura pas de renforcement des vérifications des antécédents judiciaires et psychiatriques pour les acquéreurs d’armes à feu aux États-Unis.

Cette mesure aurait pu être la seule notable adoptée dans le sillage de deux attaques au fusil d’assaut qui ont fait 31 morts le premier week-end d’août au Texas et dans l’Ohio.

M. LaPierre, 69 ans, se voyait crédité mercredi d’être parvenu à «retourner» le président américain qui, après ces deux tragédies, avait au contraire évoqué la possibilité de mieux contrôler ces antécédents.

En presque trois décennies, Wayne LaPierre a connu d’autres succès dans son combat pour enterrer toute initiative visant à limiter l’accès aux armes individuelles au pays de Colt et Smith & Wesson.

Aura éraflée

Semblant aussi inoxydable que les fusils qu’il aime brandir dans les réunions de la NRA, il a toutefois été récemment fragilisé par une féroce lutte de pouvoir à la tête de l’organisation.

Celle-ci a opposé M. LaPierre à l’ancien officier controversé Oliver North, qui a été jusqu’à fin avril président de l’organisation, un poste plutôt davantage honorifique.

Ce rififi s’est accompagné d’un grand déballage embarrassant pour Wayne LaPierre, à coups de documents internes qui ont fuité sur internet ou été anonymement transmis à la presse, suspecté d’abus de bien sociaux.

On a ainsi appris que, inquiet pour sa sécurité après une fusillade ayant fait 17 morts dans un lycée en Floride début 2018, le chef de la NRA avait souhaité déménager avec sa femme Susan dans une demeure ultra-sécurisée au Texas.

La NRA aurait accepté de financer l’achat de cette maison de 900 m2 à Dallas, à hauteur de 6,5 M$, même si la transaction n’a pas été finalisée.

Wayne LaPierre s’est aussi vu reprocher des dépenses, réglées par la NRA grâce notamment à des montages financiers impliquant Ackerman McQueen, une agence de publicité : une facture de 39 000 $ dans un magasin de vêtements de Beverly Hills ou un transport en avion de 40 000 $, de Washington aux Bahamas, le 17 décembre 2012.

Un voyage en 2014 en Italie et à Budapest a particulièrement fait tiquer : les frais de M. LaPierre ont inclus une note d’hôtel de 6500 $ et un autre séjour dans un palace avec une facture dépassant 18 000 $ pour une voiture avec chauffeur.

Le lobbyiste des armes a également obtenu la prise en charge des 13 800 $ du loyer d’une mystérieuse stagiaire d’été.

Réélu malgré tout

Ces polémiques n’ont pas empêché ce descendant d’une vieille famille française émigrée en Amérique d’être réélu fin avril aux commandes de la NRA.

Il en restera donc le visage public, celui que les Américains ont l’habitude de voir défendre farouchement le deuxième amendement de la Constitution sur la détention d’armes à feu, celui qui martèle que «le seul moyen de stopper un salaud avec une arme, c’est un type bien avec une arme».

Wayne LaPierre fait probablement partie des hommes les plus détestés aux États-Unis. Il est cependant aussi adulé par des millions d’autres Américains qui apprécient ses diatribes visant les milliardaires «socialistes» George Soros ou Michael Bloomberg, les démocrates, les élites d’Hollywood, les universités, ou les mouvements anti-bavures policières comme Black Lives Matter.

Au-delà du discours, M. LaPierre a radicalement transformé la NRA, fondée en 1871 pour promouvoir l’habileté au tir : d’une association au fort ancrage local, œuvrant à la sécurité des tireurs, l’organisation est devenue une machine politique redoutable, à l’influence dépassant celle des 5 millions de membres qu’elle revendique.

C’est sous la houlette de Wayne LaPierre que la NRA est devenue extrêmement active auprès des élus, qu’elle finance ou note défavorablement, parvenant à bloquer au Congrès les propositions de loi qu’elle estime défavorables.

La NRA a versé 30 millions de dollars à la campagne de Donald Trump en 2016.

Monde

Trump annule sa visite au Danemark

COPENHAGUE — Si le Danemark a joué l’apaisement mercredi, Donald Trump, visiblement vexé, a justifié l’annulation de sa visite dans le pays scandinave par le ton «méchant» des propos de la première ministre danoise et le refus de Copenhague de vendre le Groenland aux États-Unis.

«La déclaration de la première [ministre] selon laquelle c’était une idée absurde» d’acheter le Groenland «était méchante», a tonné le président américain, interrogé par les journalistes, alors que Mette Frederiksen avait assuré plus tôt qu’il n’y avait «pas de crise» entre Copenhague et Washington.

«Tout ce qu’elle avait à faire était de dire non nous ne serons pas intéressés» par l’idée de vendre le Groenland, a poursuivi l’ancien homme d’affaires new-yorkais.

«Elle ne s’adresse pas à moi, elle s’adresse aux États-Unis d’Amérique. On ne parle pas de cette façon aux États-Unis», a averti M. Trump, rappelant que le président Truman, au milieu de 20e siècle, s’était intéressé également à cette immense île de l’Arctique.

En déplacement au Groenland, territoire autonome rattaché au Danemark, la première ministre danoise Mette Frederiksen avait qualifié d’«absurde» la proposition d’achat du président américain. Copenhague, avait-elle rappelé en substance, n’a pas même le pouvoir de vendre cette entité bénéficiant d’une large autonomie.

Le milliardaire républicain avait annoncé dans une salve de tweets mardi soir l’annulation de sa rencontre avec la première ministre danoise et de sa visite dans le pays, visiblement vexé par le manque d’intérêt de Mette Frederiksen pour discuter du sujet.

«Le Danemark est un pays très spécial avec des gens incroyables, mais étant donné les commentaires de la première ministre Mette Frederiksen, selon lesquels elle n’aurait aucun intérêt à discuter de l’achat du Groenland, je vais repousser notre rencontre prévue dans deux semaines à un autre moment», a tweeté M. Trump.

Cette annonce intervient dans une séquence diplomatique importante pour le dirigeant américain qui doit bientôt s’envoler pour la France, où il assistera au sommet du G7 à Biarritz, du 24 au 26 août.

Aux côtés des autres leaders des grandes puissances mondiales, il pourrait encore jouer les trouble-fêtes, tant les sujets de discorde se multiplient entre les États-Unis et leurs alliés traditionnels.

«La réalité transcende la fiction»

À Copenhague, la reine Margrethe, à l’origine de l’invitation, a exprimé sa «surprise», dans un commentaire écrit transmis à la chaîne de télévision publique DR.

Et l’ensemble de la classe politique du pays scandinave a exprimé sa stupéfaction.

«La réalité transcende la fiction [...], cet homme est imprévisible», a tweeté Morten Østergaard, chef de la gauche radicale et membre de la majorité parlementaire.

En fin de semaine dernière, la presse américaine avait révélé que Donald Trump s’était renseigné sur la possibilité pour les États-Unis d’acheter le Groenland, immense territoire de quelque 56 000 habitants.

M. Trump avait ensuite confirmé son intérêt pour l’île glacée de l’Arctique, déclenchant une salve de réactions mi-indignées, mi-amusées au Groenland et au Danemark.

Mais l’annulation impromptue de sa visite au Danemark prévue les 2 et 3 septembre montre, une nouvelle fois, la capacité du 45e président américain à casser les codes de la diplomatie traditionnelle.

Pour le politologue Marc Jacobsen, spécialiste du Groenland à l’université de Copenhague, Donald Trump se comporte en «maître colonial ignorant».

«L’idée de Donald Trump d’acheter le Groenland est absurde et l’annulation de sa visite d’État au Danemark est tout aussi absurde alors qu’il sait qu’il n’y a aucune chance que le Groenland devienne le 51e État de l’Amérique», a-t-il dit à l’AFP.

Autour du globe, 22 août 2019

Monde

Royaume-Uni: guerre au plastique à l’épicerie

LONDRES — Des légumes «nus», des féculents en vrac pour des clients munis de leurs propres contenants : face à des consommateurs de plus en plus soucieux de l’environnement, des supermarchés britanniques rivalisent pour réduire l’emballage plastique dans leurs rayons, accusé de polluer la planète.

«Aujourd’hui, j’ai fait mes premières courses sans plastique!», se réjouit May Stirling, une mère de famille de 49 ans, venue «spécialement» de Ramsbury, à 60 km, pour le grand «déballage» organisé pendant l’été dans l’un des magasins de la chaîne Waitrose à Oxford (centre de l’Angleterre).

Ici, 160 sortes de fruits et légumes ont été dépouillés de leur emballage plastique et un espace de vrac pour féculents, céréales, vin et bière a été installé.

Une scène qui tranche avec le tableau habituel des supermarchés britanniques où tout semble sous plastique : bananes, avocats, concombres... À elles seules, les dix principales enseignes mettent chaque année sur le marché 810 000 tonnes d’emballage plastique à usage unique, et distribuent des centaines de millions de sacs, d’après une enquête des ONG Greenpeace et EIA (Environmental Investigation Agency) parue en novembre qui dénonce l’impact de la pollution plastique sur la biodiversité marine.

«Libérateur»

Faire ses courses sans plastique, «c’est si libérateur, ça veut dire qu’on peut œuvrer un peu pour l’environnement», sourit May Stirling, le panier plein, tout en avouant avoir été un peu dépitée de ne trouver que deux sortes de céréales dans l’espace en vrac.

Nombre de clients sont prêts à jouer le jeu et certains en réclament même davantage : réutilisation des bouteilles de lait, de shampoing... Dans le magasin, plusieurs centaines de notes de suggestions sont affichées sur un mur dédié.

Waitrose, qui avait lancé cet essai pour 11 semaines, a décidé de le prolonger et de l’initier dans trois autres magasins de cette chaîne qui en compte plus de 300.

Mais pour être pérenne, la formule doit être «commercialement viable», rappelle un porte-parole de l’enseigne, James Armstrong.

Alors que l’emballage plastique est l’un des moins coûteux, les clients sont-ils prêts à payer davantage pour un système d’emballage plus écologique?

Fran Scott, venue avec ses tupperwares, hésite. «J’aimerais penser que oui, mais honnêtement je ne sais pas», admet cette consultante en marketing de 55 ans.

D’autres géants du secteur se positionnent. Signataires du «UK Plastic Pact», qui les engage à ne recourir qu’à de l’emballage réutilisable, recyclable ou biodégradable d’ici 2025, Tesco et Asda ont récemment annoncé cesser d’utiliser des sacs plastiques pour leurs livraisons d’achats en ligne; Morrisons a promis des zones sans plastique pour fruits et légumes dans 60 magasins en 2019.

«Faire pression» 

Précurseur, l’un des magasins à Londres de la franchise Budgens se targue d’avoir réorganisé sa logistique en dix semaines dès novembre dernier pour éliminer l’emballage plastique de 1800 de ses 14 000 produits.

«On a fait ça pour montrer aux autres gros supermarchés que ça n’était pas aussi difficile qu’ils le disent», explique à l’AFP son directeur, Andrew Thornton.

Le plastique ne disparaît toutefois pas totalement. Par exemple, le fromage est encore livré avec. Mais après l’avoir découpé en tranches, les employés utilisent désormais du film cellulose à base de canne à sucre pour le remballer.

À quelques mètres du stand de fromages, Richard Brady, 44 ans, achète une boîte de sushis. «J’ai du plastique dans les mains», rit-il, gêné. «C’est comme ça. Et ma femme a faim! C’est aux supermarchés de trancher, pas à nous, non?».

«Nous achetons des produits encore emballés de plastique, car nous n’avons pas encore persuadé [tous nos fournisseurs] de changer» de méthode, explique Andrew Thornton, qui appelle les plus «grosses entreprises [...] à faire pression sur les gros fournisseurs».

Pour Mark Miodownik, professeur spécialiste des matériaux à l’université UCL, «il faudrait changer tout le fonctionnement du système». Le plastique est un «matériau formidable», notamment pour le matériel hospitalier, les tuyaux, etc. C’est aussi selon lui un emballage bienvenu s’il peut être correctement recyclé.

Mais le plastique est devenu problématique à partir des années 60 quand le marketing l’a érigé en «symbole de modernité», souligne M. Miodownik, incarnant un style de vie «pratique» dans une économie où étaient vantés les mérites du jetable, des couches aux serviettes en papier.

«Les bouteilles d’eau sont une sorte de folie [...], c’est devenu une routine d’en vendre, comme si c’était l’unique moyen de boire de la “vraie” eau...», illustre l’expert.

Gaspillage alimentaire?

Des alternatives existent en fonction des aliments : papier, carton, bocaux en verre... Mais «le plastique présente des bénéfices, comme son imperméabilité à l’air et à la moisissure, qui peuvent prolonger la vie de produits», relève l’Agence des normes alimentaires (FSA).

«On ne peut pas laisser la solution de ce problème au bon vouloir de supermarchés bien intentionnés», fustige Sam Chetan Welsh, conseiller chez Greenpeace, qui appelle «le gouvernement à fixer des limites légales à la quantité de plastique fabriquée et utilisée».

Pour Barry Turner, directeur du Plastics and Flexible Packaging Group, qui représente les fabricants d’emballage plastique, la solution réside dans «l’amélioration des infrastructures de recyclage».

Car en réduisant trop l’emballage plastique, les supermarchés pourraient être confrontés à des «conséquences inattendues», comme «le gaspillage alimentaire», assure-t-il.

Pourtant, chez Budgens Belsize Park, pas de gaspillage constaté, selon son directeur qui persévère : le magasin comptait plus de 2300 produits sans plastique cet été.