Josée Parent, fondatrice et directrice générale de l’organisme Mon Shack, est heureuse de compter Maïthé Cyr-Morin parmi ses locataires. Cette dernière a livré un touchant témoignage lors de l’inauguration de la résidence pour jeunes adultes souffrant de troubles de santé mentale.

Mon Shack accueille ses premiers locataires

Après cinq ans d’efforts acharnés, la résidence pour jeunes adultes souffrant de problèmes de santé mentale Mon Shack a été inaugurée, mercredi, dans l’arrondissement de Lennoxville. Depuis l’été, une douzaine de locataires y habitent. Maïthé Cyr-Roy a déjà constaté les bienfaits d’y vivre.

« J’ai été hospitalisée en mai et le fait que je sois déménagée ici en juillet a changé beaucoup de choses dans mon rétablissement. J’ai de meilleures relations avec ma famille. Il y a eu une grande réconciliation et maintenant, quand on se voit, c’est qu’on a choisi de passer du temps de qualité ensemble. Aussi, il existe une belle compréhension entre les locataires. Ici, je me sens en sécurité et libre. J’ai réussi à accepter ma maladie et même à comprendre que je peux l’aimer », a témoigné la jeune femme de 26 ans qui a reçu, il y a 4 ans, un diagnostic de bipolarité.

Maïthé Cyr-Roy a signé un bail d’un an à la résidence Mon Shack, mes choix, mon avenir et espère d’y trouver tous les outils pour vivre de façon autonome. Le projet comprend 18 logements de trois pièces et demi sur la rue Collège. Des logements réservés à des adultes de 18 à 35 ans vivant avec des problèmes de santé mentale. La construction inclut trois bureaux d’intervention et une salle communautaire à l’usage des locataires et de la communauté. La réalisation du projet a nécessité 2,6 M$ d’investissement et un nombre incalculable d’heures de bénévolat de l’instigatrice de Mon Shack, Josée Parent.

« C’est un grand jour. C’est cinq ans de travail tous ensemble. C’est un projet par, pour et avec la communauté alors c’est avec plaisir aujourd’hui que j’accueille cette communauté. Mon Shack permet aux gens, qui y séjournent pour un maximum de trois ans, de se rétablir et reprendre leur place de citoyen dans la société », a expliqué la fondatrice du projet, Mme Parent, qui est très sensible à la souffrance des gens atteints de maladies mentales.

« On est presque tous touchés par la santé mentale. Que ce soit nous-mêmes ou un proche. Moi, j’ai un oncle qui a vécu avec la schizophrénie. J’ai aussi travaillé cinq ans au centre de prévention du suicide JEVI et c’est ainsi que j’ai réalisé que les besoins étaient vraiment immenses pour le territoire de l’Estrie, qui est une des régions les plus touchées au Québec par les troubles de santé mentale. Les anglophones, particulièrement, nous faisaient part d’un manque de services », note la directrice générale bénévole de Mon Shack, précisant que la résidence est la première en Estrie à offrir des services bilingues à ses usagés.

« En Estrie, ce sont 27 000 adultes qui souffrent de problèmes de santé mentale. Alors je lève mon chapeau à Mme Parent. Merci de faire une différence positive dans notre communauté », a lancé le maire suppléant de Sherbrooke, Paul Gingue.

Mon Shack offre gratuitement des activités à la fois à sa clientèle et à la population. Marche communautaire, yoga, atelier de création et activité de cuisine de groupe sont notamment au programme. Pour plus d’information : monshack.ca

Les 2,6 M$ d’investissements proviennent de la Société d’habitation du Québec, de la Ville de Sherbrooke, de Novoclimat et de la Société canadienne d’hypothèque et de logement. Mon Shack ne reçoit aucune subvention pour le financement de son offre de services. « C’est pourquoi la contribution de la population à l’autofinancement demeure incontournable pour assurer sa survie », souligne Mme Parent, qui a remercié avec émotion tous ceux qui ont contribué à la réalisation du projet.

Six logements sont encore libres.