«Mon objectif, c’est que ce soit contagieux»

La députée Ruba Ghazal n’hésite pas à citer en exemple l’option retenue par le Val-Saint-François pour sortir de la crise du verre.

«C’est une initiative citoyenne qui a été mise en place et tout le monde a collaboré, que ce soit les citoyens qui sont allés convaincre les élus, le centre de tri, les fonctionnaires municipaux, tous se sont entendus sur les enjeux et les solutions à mettre en place. 

«Ils sont en train de faire quelque chose qui va donner des résultats, dit-elle en entrevue avec La Tribune. Ils n’ont pas attendu que le gouvernement agisse et moi mon objectif, c’est que ce soit contagieux et que ça arrive partout au Québec.»

Mme Ghazal connaît bien l’industrie du verre. Avant d’être élue députée de la circonscription de Mercier, elle travaillait chez le fabricant de verre O-I Canada. 

Elle soutient que le verre qui a transité par les centres de tri est trop contaminé actuellement pour être recyclé en verre. On peut au mieux le valoriser en paillis ou en ajout cimentaire. 

«C’est inacceptable que ce qu’on recycle ou valorise en 2019, selon les derniers chiffres de Recyc-Québec, c’est 37 pour cent du verre mis au bac de recyclage et que tout le reste soit enfoui.Sans parler des autres matières que le verre contamine», dénonce-t-elle.

Pour ces raisons, elle plaide pour qu’on élargisse la consigne aux bouteilles de vin de la SAQ et qu’on ajoute des dépôts volontaires pour les autres contenants de verre, en complémentarité au bac vert «pour obtenir les meilleurs résultats».

«Je le dis ouvertement, avec Manon Massé qui s’occupait des questions environnementales avant que je sois élue le 1er octobre (2018) on a toujours été pour la mise en place d’une consigne au Québec comme il en existe partout au Canada sauf au Manitoba et au Québec.»

Pour la députée, la résistance au changement ne vient pas des citoyens.

«Ceux qui résistent, ce sont les lobbys. Certains centres de tri qui font  de la valorisation. Mais l’objectif (de la commission) n’est pas de sauver les centres de tri, l’objectif n’est pas de répondre aux besoins des producteurs qui mettent des contenants sur le marché et qui laissent la société s’occuper des coûts environnementaux de ces produits-là, l’objectif c’est le bien commun, c’est de réduire l’impact environnemental de ces produits-là.»

Elle croit qu’en acceptant la tenue de la commission parlementaire, le gouvernement de la Coalition avenir Québec reconnaît qu’il y a une crise du verre et qu’il faut en sortir.

«J’ai espoir que ce gouvernement va résister au sacre des lobbyistes qui ont toujours fait reculer les derniers ministres de l’Environnement du gouvernement libéral, dit-elle.Et si ce n’est pas ça qui arrive, je vais faire mon travail d’opposition et je vais m’opposer.»

Notons enfin qu’en raison de son statut d’ancienne employée d’O-I Canada et pour éviter toute apparence de conflit d’intérêt, la députée entend se plier à la recommandation de la commissaire à l’éthique de se retirer quand l’entreprise se présentera devant la commission parlementaire mardi.

«Ce n’est pas une obligation mais je vais m’y soumettre. Quand mon ancien employeur va venir présenter son mémoire, je ne serai pas là pour poser des questions tout simplement. Mais tout le reste du temps de la commission j’y serai et je pense même être une des meilleures placées pour parler du sujet.»