Un adolescent a contacté le Service de police de Sherbrooke après avoir vécu la désagréable expérience du Momo Challenge.

Momo Challenge atteint l’Estrie

La vague du « Momo Challenge », ce nouveau défi viral préoccupant, a atteint l’Estrie. Le Service de police de Sherbrooke (SPS) a reçu l’appel d’un adolescent inquiet à ce sujet.

« On a eu un appel d’un adolescent qui nous a fait part de ça. Il était bien inquiet. Il avait peur qu’on s’en prenne à sa vie privée », indique le porte-parole du SPS, Martin Carrier, en précisant qu’il s’agit d’un canular. 

« C’est un phénomène nouveau. On te demande de remplir des défis, on menace de s’en prendre à toi. (...) Les adolescents ne savent pas que c’est un canular. » 

Momo, un personnage aux traits effrayants, communique avec les jeunes par l’entremise de Facebook et de What’s app.

« Ce fameux Momo communique alors des informations privées sur la personne qui le contacte, comme son adresse, ce qui renforce sa ‘‘crédibilité’’ auprès des jeunes qui peuvent ensuite tomber dans une série d’actes sordides », explique le chroniqueur techno François Charron sur son site web. Comment ces personnes obtiennent-elles des informations personnelles sur la victime? On ne le sait pas précisément, mais « il n’est pas impossible qu’ils y parviennent simplement en allant voir les informations sur la page Facebook de la personne visée. »

« Le défi prend alors une tournure sombre, alors que Momo ordonne aux jeunes de faire des actes violents sous peine d’avoir des représailles de sa part. Ce dernier implante des règles strictes et entend à ce que ses ordres soient remplis dans un délai spécifique. Momo peut également envoyer des images à caractères violentes, menacer de dévoiler des informations personnelles et même inciter la personne à se suicider », explique également l’expert du web. 

Conséquences funestes

L’inquiétant défi a fait parler de lui dans les médias internationaux et canadiens après qu’une petite fille se soit suicidée en Argentine. Son suicide pourrait y être lié. Les autorités enquêtent. 

Les comptes liés à Momo semblent provenir du Japon, de Colombie, et du Mexique, indique-t-on également.

« Il est donc essentiel de prendre du temps avec ses enfants et de leur parler des risques que comporte ce défi ridicule, afin de réduire les risques de dérape », conseille également François Charron. 

Le porte-parole du SPS Martin Carrier abonde dans le même sens et rappelle l’importance de garder un œil sur les activités de ses enfants sur les réseaux sociaux.  

Chargé de cours en technologie de l’information à l’Université Concordia, Marc-André Léger souligne qu’il donne toujours le même conseil aux parents. « C’est de s’intéresser à ce que font leurs enfants sur internet. » Plus ils sont jeunes et plus la surveillance devrait être accrue. Par exemple, en utilisant un ordinateur placé dans une pièce familiale. Évidemment, à partir d’un certain âge, autour de 13-14 ans, les enfants accepteront de moins en moins que les parents gardent un œil sur leurs activités. « On ne peut pas les surveiller tout le temps. Il faut avoir un dialogue, qu’ils se sentent confortables. S’ils ont des doutes, qu’ils se sentent à l’aise d’en discuter », commente M. Léger.