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Moins de nouveaux cas, mais les hôpitaux demeurent débordés

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
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La semaine qui s’achève a été riche en rebondissements et n’a pas été de tout repos dans le réseau de la santé. En résumé : davantage d’activités délestées pour faire face à la demande accrue des hospitalisations liées à la COVID-19, de multiples éclosions à l’Hôpital Fleurimont, des éclosions encore trop nombreuses dans les résidences privées pour aînés et dans les CHSLD, mais, bonne nouvelle, une diminution du nombre de nouveaux cas confirmés de COVID-19 en Estrie.

L’Estrie termine la semaine avec 735 nouveaux cas déclarés de COVID-19, dont 101 se sont ajoutés vendredi; une nette amélioration par rapport à la semaine précédente avec ses 935 nouveaux cas déclarés.

Après avoir atteint un sommet de plus de 3000 nouveaux cas déclarés quotidiennement, la province de Québec a aussi réussi à redescendre le nombre de nouveaux cas quotidiens sous la barre des 2000.

« Il faut que ça continue », souligne le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

Cette diminution du nombre de nouveaux cas n’a cependant encore aucun impact sur le nombre d’hospitalisations. Il faut rappeler qu’il y a généralement un délai de « quelques semaines » entre le diagnostic et les complications de la maladie qui amènent à des hospitalisations.

D’ailleurs, « la situation est sous très haute surveillance » dans les deux hôpitaux sherbrookois aux prises avec une augmentation importante du nombre d’hospitalisations liées à la COVID-19. 

Le nerf de la guerre? Avoir assez de personnel pour prendre soin de tous ces malades.

« La préoccupation de la deuxième vague de la pandémie, ce n’est pas d’avoir des lieux physiques, d’avoir accès à certains médicaments ou à du matériel ou d’avoir suffisamment de respirateurs, c’est la situation de la disponibilité du personnel et des professionnels », affirme la Dre Colette Bellavance, directrice des services professionnels au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Nouveau délestage

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS doit délester encore plus de ses activités non urgentes afin de répondre à la demande des personnes ayant besoin de soins immédiats, qu’ils soient ou non liés à la COVID-19. 

Avec 72 de ses 74 lits réservés à la COVID-19 occupés, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a dû ouvrir quelques lits supplémentaires dès mardi pour répondre à la demande. L’organisation se prépare à pouvoir accueillir jusqu’à 111 patients atteints de la COVID-19.

« À ce moment-ci, les espaces physiques et le personnel sont déjà ciblés », affirme la Dre Bellavance.

Le service des soins intensifs est moins sollicité pour le moment avec, vendredi, 11 lits occupés sur une possibilité de 25 lits réservés à la clientèle COVID-19.

Moins de décès

Vingt aînés ont succombé aux complications liées à la COVID-19 cette semaine, dont trois décès survenus vendredi dans les résidences privées pour aînés Les Jardins de Pinecroft à Magog, Résidence Haut-Bois de Sherbrooke et Résidence Villa du Roy Fleurimont Sherbrooke. 

Depuis le début de la pandémie en Estrie, il y a eu 9676 personnes déclarées positives à la COVID-19 et 222 décès. À ce jour, 8523 personnes sont considérées comme rétablies. Il reste donc 931 cas toujours actifs de COVID-19 dans la région.

Bonne nouvelle par ailleurs : l’éclosion au CHSLD Villa-Bonheur de Granby est officiellement terminée. Cette éclosion est la pire à s’être produite en Estrie depuis le début de la pandémie. Le bilan est très lourd : 88 des 100 résidents ont été infectés. Trente-six résidents ont succombé aux complications du coronavirus. Cent quatre employés ont aussi été infectés.

La situation s’est aussi stabilisée dans plusieurs CHSLD qui luttent depuis plusieurs semaines contre la propagation du coronavirus entre leurs murs, notamment au CSSS de Coaticook, au CHSLD Argyll, au site non traditionnel Bowen et au CHSLD Marie-Berthe-Couture de Granby. L’Hôpital de Fleurimont demeure toutefois sous haute tension.

Indicateurs à surveiller

Quels sont les indicateurs à surveiller pour un retour en zone orange? 

L’Estrie est demeurée plusieurs semaines en zone orange cet automne alors que les régions tout autour viraient au rouge. 

« Nous sommes encore loin de la zone orange », dit le Dr Alain Poirier. 

Plusieurs critères sont pris en compte pour changer une région de paliers. Pour revenir en zone orange, l’Estrie devrait par exemple avoir moins de 50 nouveaux cas déclarés de COVID-19 par jour, le taux de positivité aux tests de dépistage devrait être d’environ 3 % (il a été entre 4 et 11 % au cours du mois de janvier), le nombre d’éclosions est pris en compte, ainsi que la capacité du système hospitalier à recevoir de nouveaux patients.