Le philosophe Alain Deneault a offert une courte conférence aux candidats de Sherbrooke Citoyen, dont la candidate à la maire Hélène Pigot.

Moins de gouvernance et plus de politique pour Sherbrooke Citoyen

Sherbrooke Citoyen a profité du passage du philosophe Alain Deneault au Salon du livre pour l’inviter à parler de ses livres Gouvernance et La médiocratie à son équipe de candidats. La chef Hélène Pigot en a profité pour récupérer la balle au bond et souhaiter moins de gouvernance et plus de politique au prochain conseil municipal.

« Nous avons envie de remettre la politique à l’ordre du jour et de voir comment la gouvernance imprime la façon de gérer la Ville de Sherbrooke. Nous avons effectivement l’impression qu’à Sherbrooke, nous sommes plus dans un mode de gestion de la ville que dans un mode de gouverner en ayant une action politique. M. Sévigny a déclaré dans La Tribune que l’administration d’une ville, c’est de s’occuper des parcs, des limites de vitesse et de l’asphalte. Qu’il n’y a pas de débat idéologique en politique municipale. À Sherbrooke Citoyen, ça nous a fait énormément sursauter », indique Mme Pigot.  

La chef de Sherbrooke Citoyen attaque du même coup un autre candidat à la mairie, Steve Lussier, « pour qui une ville, c’est une gestion de l’eau, de l’air et des égouts ».

Hélène Pigot réitère son inconfort devant Well inc., notamment envers le nom attribué au projet. « Le nom montre que la rue Wellington sera spécialisée dans les affaires, la rue des entrepreneurs. Où est la rue de la population? On a vu les organismes communautaires se lever pour parler de Wellington inclusive, et Wellington inclusive est très peu ramenée à l’hôtel de ville. »

Dans un autre exemple, Mme Pigot cite les deux banderoles en soutien à Raif Badawi, devant l’hôtel de ville. « C’est une décision que j’appuie beaucoup. »

Mais au dernier conseil municipal, un jeune citoyen a demandé que le conseil municipal se penche sur la situation en Catalogne, demandant que le drapeau catalan flotte à l’hôtel de ville. « Ils ont presque fermé le micro en disant qu’on débat des choses municipales, mais pas de ce qui se passe en Catalogne. Nous, en période d’élections, on peut quand même décrier ce qui se passe là-bas. On montre par là que le conseil ne pense pas qu’il fait de la politique. »

La candidate du district du Carrefour, Évelyne Beaudin, a proposé un autre exemple concret de ce que serait faire de la politique : diffuser intégralement les séances du conseil municipal, principalement la période des questions. « La période des questions, ce ne sont pas que des citoyens qui ont des interrogations et qui veulent obtenir une réponse informative. C’est un lieu de débat où les idées sont confrontées. On considère à l’hôtel de ville que l’émission du conseil municipal doit être divertissante plutôt qu’un espace démocratique, un espace de politique. L’excuse pour faire des montages des séances, c’est celle qu’on ne fait que gérer à Sherbrooke, mais on ne fait pas que de la gestion à l’hôtel de ville. Toutes les décisions qui sont prises sont des décisions politiques. »

« Ce qu’on ne dit jamais, c’est que le tiers des emplois sont en services, dans les institutions d’enseignement, de santé. Quand il y a eu l’austérité, la Ville ne s’est jamais levée pour défendre ces emplois. On est pourtant prêt à mettre 50 M$ pour développer un quartier des affaires », illustre encore Hélène Pigot pour montrer qu’il faut faire plus de politique.

Enfin, Mme Beaudin a qualifié le maire sortant de « beige », un politicien « qui se maintient dans la moyenne ».