S’il y a moins de cadres et de gestionnaires au CIUSSS de l’Estrie-CHUS depuis la fusion des 14 ex-établissements et de l’Agence de santé, ceux-ci doivent se déplacer davantage entre les 100 points de service de l’établissement de santé.

Moins de gestionnaires, plus de déplacements

Il y a maintenant 500 cadres au CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Avant la fusion des 14 ex-établissements et de l’Agence de la santé en avril 2015, il y en avait autour de 600. Cela représente une diminution d’environ 16 %. En contrepartie de cette gestion qui s’est largement centralisée à Sherbrooke, les frais de déplacement des cadres ont bondi de presque 50 % : la facture est passée de 500 000 $ avant la fusion à 757 000 $ dans la dernière année financière.

Le CIUSSS cherche toutefois à diminuer ces frais. « En 2016-2017, les frais de déplacement des cadres et gestionnaires étaient de l’ordre de 800 000 $. En 2017-2018, ils ont baissé à 757 000 $, une réduction de 7 %. C’est notamment possible en raison de l’utilisation accrue de webinaires et d’instabinaires », souligne Pierre-Albert Coubat, directeur des ressources financières et de la logistique au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Nous essayons qu’il y ait des regroupements par réseaux locaux de service (RLS) les plus proches, par exemple entre la Pommeraie et la Haute-Yamaska, ou encore entre Magog et Coaticook. Les outils informatiques peuvent être très utiles pour les réunions. Mais oui, bien sûr, il y a des déplacements entre Sherbrooke et Granby qui sont faits, ou entre Sherbrooke et Lac-Mégantic », souligne-t-il.

Le CIUSSS compte une centaine de points de service sur un territoire de près de 13 000 km2. Il y a environ 17 000 employés et 1000 médecins qui travaillent pour l’organisation.

« Nous voulons réduire les frais de déplacement, mais on ne veut pas non plus limiter la proximité de nos cadres avec leurs équipes sur le terrain. Les équipes ont besoin de sentir la présence de leurs cadres et on ne va pas lésiner sur ça », insiste M. Coubat.

La direction du CIUSSS ne comptabilise cependant pas le temps passé sur la route et les pertes de productivité qui en découlent. En effet, quand un directeur conduit plus d’une heure entre son bureau principal et l’un des autres points de service, et conduit une autre heure à la fin de sa journée, il ne peut pas accomplir d’autres tâches pendant ce temps.

Les frais de déplacement comprennent les kilomètres remboursés, des billets de train ou d’autobus et même des billets d’avion et des frais de colloques lorsque des gestionnaires vont faire de la représentation à l’étranger. « Sur ces aspects, il y a souvent des sommes remboursées par le ministère, surtout lorsque la personne qui se déplace a une expertise qui fait rayonner le Québec à l’étranger », nuance M. Coubat.

Idem du côté de la direction des plaintes et de la qualité des services. Après la fusion, l’équipe a été réduite. Mais ses frais de déplacement sont passés de 500 $ en 2014-2015 à 5000 $ en 2017-2018. « Quand une enquête doit être menée ou s’il y a des usagers à assister dans le dépôt d’une plainte, là aussi nous avons besoin d’une proximité, et nous allons la garder », ajoute M. Coubat.
TEXTE-courant:       Rappelons que le budget total du CIUSSS de l’Estrie-CHUS est de 1,4 milliard $.

Offrir des services sur la route

Les frais de déplacement des cadres ne représentent cependant qu’une partie des frais de déplacement remboursés par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS. En effet, de nombreux employés ont des véhicules requis obligatoires dans le cadre de leurs fonctions, comme des travailleurs sociaux ou des préposés aux bénéficiaires, et ils se rendent au domicile des patients pour leur offrir des soins et services. Ils sont donc remboursés selon le kilométrage effectué.

Au total, le CIUSSS a déboursé 5,8 millions $ en frais de déplacement en 2017-2018.

« Avant la fusion, le total pour les frais de déplacement était de 5,4 M$. Depuis, il y a eu une indexation de 6,3 %. L’écart réel est donc de 1,7 % d’augmentation en trois ans. En même temps, nous avons connu une augmentation des activités cliniques de 10 %. Nous avons donc réussi à offrir plus d’activités tout en augmentant les frais de déplacement de 1,7 % », se réjouit Pierre-Albert Coubat.

La direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a vu ses dépenses bondir de 80 % en un an. « Il y a une augmentation du nombre de signalements. À partir du 1er avril 2017, nous avons aussi pris en charge les signalements sur les territoires de la Haute-Yamaska et de la Pommeraie, ce qui explique en partie cette augmentation importante. Quand il y a un signalement, il y a automatiquement des gens qui doivent se déplacer; mais c’est nécessaire pour offrir une couverture adéquate des besoins », soutient M. Coubat.

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, mais aussi de pénurie d’expertises pointues, toutes sortes de mesures ont été mises en place pour tenter de maximiser le temps des équipes spécialisées.

« Nous avons de la télésanté et de la télémédecine, comme la téléassistance en soins de plaie. Nous essayons d’en faire de plus en plus à domicile pour éviter les déplacements de notre personnel, mais aussi des usagers », ajoute-t-il.