Le gouvernement Legault n’a pas tout fait pour réduire les éclosions dans les écoles. Modifier le calendrier scolaire devrait être un dernier recours, estime Christine Labrie, députée de Sherbrooke.  
Le gouvernement Legault n’a pas tout fait pour réduire les éclosions dans les écoles. Modifier le calendrier scolaire devrait être un dernier recours, estime Christine Labrie, députée de Sherbrooke.  

Modifier le calendrier scolaire doit être un dernier recours, plaide Christine Labrie

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Le gouvernement Legault n’a pas tout fait pour réduire les éclosions dans les écoles. Modifier le calendrier scolaire devrait être un dernier recours, estime Christine Labrie, députée de Sherbrooke.

Québec solidaire plaide pour améliorer la qualité de l’air dans les écoles et réduire la taille des groupes. 

« On a proposé une solution, d’améliorer la ventilation des écoles, de mesurer la qualité de l’air là où c’est nécessaire. Avec la contamination par aérosols, ce serait vraiment une décision importante à prendre et il y a des pays qui ont commencé à le faire. On trouve que Québec est en retard là-dessus. On a aussi parlé de la réduction des groupes. »

Dans une entrevue à Radio-Canada, le directeur responsable de l’enfance et de l’adolescence à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr Anshu Banerjee, a recommandé au Québec de limiter le nombre d’élèves par classe. 

« Ce n’est pas le choix que Jean-François Roberge (ministre de l’Éducation) a fait. Je comprends qu’ils s’inquiètent, mais pourquoi ils n’arrivent pas à mettre en place les solutions que les partis d’opposition leur proposent? (...) Ils refusent de mesurer la qualité de l’air dans les classes en ce moment. On aimerait qu’en premier, ils essaient de réduire les éclosions dans les écoles, et après ça, s’il fallait fermer les écoles plus longtemps, peut-être qu’il faut l’envisager, on n’est pas contre ça. Mais ça devrait être les centres de services scolaires qui prennent ces décisions-là localement. C’est eux qui sont responsables de leur calendrier et la situation n’est pas la même d’une région à l’autre non plus. »

Christine Labrie estime que les écoles devraient avoir un portrait clair de l’état de la qualité de l’air dans leurs murs. 

« Ça fait déjà un mois que l’Allemagne a équipé tous ses bâtiments publics avec des détecteurs de CO2, ils ont acheté des purificateurs d’air. New York vient de commencer à faire la même chose. Là, en ce moment, il y a de plus en plus d’États qui prennent cette décision-là. Plus on attend, plus ça va être difficile de s’approvisionner. » 

QS évalue que l’ensemble de ses propositions en termes de ventilation pourrait coûter 86 M$.

Est-ce réaliste de réduire la taille des groupes, notamment en contexte de pénurie d’enseignants?

« En Ontario, ils ont donné le choix aux familles de la fréquentation virtuelle ou en personne. Déjà, ça joue beaucoup sur le nombre d’élèves par classe. En virtuel, c’est plus facile de trouver des enseignants, notamment des retraités, parce qu’ils ne se mettent pas à risque. On peut aussi diviser les groupes en deux et qu’ils soient présents en alternance, sans que ça prenne plus de personnel.

Christine Labrie estime que les écoles devraient avoir un portrait clair de l’état de la qualité de l’air dans leurs murs. 

Maux de tête pour les parents 

De mettre les écoles sur pause pendant une période entraîne tout un casse-tête pour les parents, rappelle la députée elle-même maman. Plus la décision sera prise rapidement, plus les gens pourront le savoir à l’avance. 

Président du comité de parents du Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSSRS), Étienne Paradis note, d’un point de vue personnel, qu’il ne voit pas d’un mauvais oeil la possibilité de fermer les écoles plus longtemps pendant les vacances de Noël, par exemple, si cela peut permettre d’améliorer le bilan des éclosions dans le milieu scolaire. « Je sais par contre que des parents vont trouver ça difficile. Ça dépend de la situation de chaque personne. »

Les solutions doivent aussi prendre en compte la santé mentale, note Christine Labrie.