Des Sherbrookois, dont des étudiants du Cégep de Sherbrooke et de la faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke, prendront part à une manifestation nationale, le 16 février, en marge du Rendez-vous national de la main-d'oeuvre, qui réunira des groupes patronaux et syndicaux.

Mobilisation étudiante pour des stages rémunérés

Rémunérer les stages étudiants? La question n'est pas nouvelle, mais elle est en voie de soulever une mobilisation au Cégep de Sherbrooke, à l'instar d'autres établissements au Québec. Des Sherbrookois, dont des étudiants du Cégep de Sherbrooke et de la faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke, prendront part à une manifestation nationale, le 16 février, en marge du Rendez-vous national de la main-d'oeuvre, qui réunira des groupes patronaux et syndicaux.
L'entente entre Québec et les doctorants en psychologie, en décembre dernier, incite les étudiants à se mobiliser autour de cette question.
Un comité unitaire sur le travail étudiant (CUTE) a été créé, récemment, au Cégep de Sherbrooke.
Le comité s'intéresse à la rémunération des stages et souhaite aussi « lancer la discussion sur le salaire étudiant » de façon plus large, explique Jean-Michel Laforce, étudiant au Cégep de Sherbrooke et membre du comité.
« Souvent, les métiers traditionnellement féminins ne sont pas rémunérés », commente l'étudiant, en ajoutant qu'il serait moins long d'énumérer les stages qui ne sont pas rémunérés.
Des stagiaires dans le domaine du génie peuvent toucher un salaire, mais pas de futures infirmières, par exemple.
« On n'a pas de plan économique », note Jean-Michel Laforce lorsqu'on lui demande de chiffrer les demandes, en ajoutant que les étudiants voulaient lancer la discussion.
Pendant environ quatre mois cet automne, de futurs psychologues ont boycotté leur internat et leurs stages afin d'obtenir une rémunération.
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Une entente est finalement intervenue entre la Fédération interuniversitaire des doctorant(e) s en psychologie (FIDEP) et la ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David en décembre. Selon la FIDEP, cette entente prévoit entre autres la distribution de 250 bourses de 25 000 $ qui seront réparties à compter de l'automne 2017 pour les internats effectués dans les secteurs public, parapublic et communautaire.
Cette entente, a fait valoir la FIDEP au moment de son annonce, est survenue « après plus de 10 ans de représentation politique ». « Ça crée un précédent, c'est évident. Ça fait suite à une grève de quatre mois », note Jean-Michel Laforce.
« Ils ont eu une compensation. Pour le CUTE, on considère que c'est une victoire partielle », note-t-il, en rappelant le souhait d'obtenir des salaires et non des compensations.
« On est content de voir que les choses bougent », commente Alexandre Parent, responsable aux affaires pédagogiques à l'Association générale des étudiantes et étudiants de la faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke (AGEEFEUS).
Au sein de l'association, un comité étudiant planche sur la question de la rémunération dans le cadre de la Campagne de revendications et d'actions interuniversitaires pour les étudiants et étudiantes d'éducation en stage (CRAIES). « On a de belles fenêtres pour pousser cette cause », note Alexandre Parent, en citant les élections provinciales à venir et le dossier de la FIDEP.
Les étudiants en éducation de l'UdeS se sont d'ailleurs déjà fait entendre sur leurs revendications au sujet d'une rémunération pour les stages en enseignement.
Un futur enseignant au primaire, par exemple, réalisera quatre stages au cours de son baccalauréat, avec une prise en charge progressive de la classe. « Le revenu vise particulièrement le dernier stage et une reconnaissance du rôle de stagiaire », note Alexandre Parent.
Un vote de grève se tiendra au Cégep de Sherbrooke la semaine prochaine, afin de participer à la manifestation à Québec le 16 février.
En dépit du résultat du vote, des étudiants se rendront à la manifestation, estime Jean-Michel Laforce. Un tel vote de grève a été rejeté lors d'une assemblée de l'AGEEFEUS.