Près d’une cinquantaine de personnes se sont réunies devant l’hôtel de ville de Sherbrooke afin de réfléchir collectivement à des moyens de mobilisation entourant les conditions de travail des artistes et de leur statut juridique.
Près d’une cinquantaine de personnes se sont réunies devant l’hôtel de ville de Sherbrooke afin de réfléchir collectivement à des moyens de mobilisation entourant les conditions de travail des artistes et de leur statut juridique.

Mobilisation des artistes à Sherbrooke : un «potluck» d’idées créatives

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
Spectacles ambulatoires qui dérangent, grande marche culturelle, manifeste artistique : « tous les moyens sont bons », affirme Ariane DesLions, porte-parole du rassemblement créatif et revendicateur d’artistes qui avait lieu au Carré Strathcona vendredi à Sherbrooke.

L’initiative de l’artiste sherbrookoise, en collaboration avec le Conseil de la culture de l’Estrie, visait à mobiliser les artistes, les travailleurs culturels et toutes les personnes concernées à réfléchir à l’avenir des arts vivants. La rencontre s’est révélée « enrichissante », confie la jeune femme.

Près d’une cinquantaine de personnes se sont jointes à Ariane DesLions pour réfléchir à des moyens créatifs et pacifiques qui permettraient aux artistes de revendiquer leur droit à certaines protections sociales, notamment l’accès au chômage et à l’assurance parentale.

« Nous n’avons ni syndicat, ni association, ni regroupement qui puissent nous défendre. C’est à nous artistes et travailleurs culturels de le faire si on veut obtenir un véritable rapport de force » implorait l’artiste engagée.

Une dizaine de personnes issues du milieu des arts ont ensuite pris la parole afin de donner des pistes de réflexion.

Plusieurs regroupements ont également levé la main afin d’offrir leur support, dont le mouvement des chômeurs et chômeuses de l’Estrie, l’organisme à but non lucratif De causes à effets ainsi que le regroupement Muses et Chimères, qui avait pour sa part déjà entamé des démarches similaires.

La Ville de Sherbrooke à l’écoute?

Le conseiller municipal et président du comité de la culture de la Ville de Sherbrooke, Paul Gingues, s’est montré solidaire et à l’écoute en demandant toutefois aux artistes d’être plus actifs dans la sphère politique.

« Je ne vois pas les artistes au conseil municipal. On ne vous entend pas. [...] Je vois beaucoup de gens s’impliquer, mais il est temps que vous soyez plus présents sur la scène politique et municipale », a déclaré M. Gingues ajoutant avoir été lui-même travailleur indépendant et musicien pendant près de 18 ans.

Dès lundi, un plan de relance économique à la Ville de Sherbrooke sera adopté. « On espère qu’ils n’oublieront pas les entreprises culturelles et les travailleurs indépendants qui sont parmi les secteurs les plus touchés par la COVID-19 », mentionnait Ariane DesLions.

Le bureau de la députée de Québec Solidaire, Mme Christine Labrie, et la conseillère municipale Évelyne Beaudin ont également fait acte de présence en guise de soutien moral.

« Je crois beaucoup à l’organisation de l’action militante. Ce n’est pas pour rien que les milieux syndiqués ont les meilleures conditions de travail. [...] J’espère que les artistes vont prendre la porte d’entrée du développement économique et qu’ils vont aller chercher les sous qui restent sur la table », a spécifié Mme Beaudin.

Prochain rendez-vous

La discussion entourant l’avenir du milieu culturel se poursuivra samedi au Parc Belvédère lors d’un 5 à 7 festif organisé par le regroupement Muses et Chimères.

Les artistes, les travailleurs culturels et tous les sympathisants sont invités à venir discuter d’une première action de mobilisation, soit une « marche joyeuse », qui pourrait voir le jour à l’automne.