Le Café Aragon, situé au 1497, rue Galt Ouest, a tout récemment obtenu l'attestation Élite du programme ICR+ de Recyc-Québec, soit la plus haute reconnaissance possible. Sur la photo, les employés conscientisés Camille Néron, Vincent Urquizu et Gabriela Malave.

Mission : un Café Aragon aussi vert que possible

Pour Kéren Richard, copropriétaire du Café Aragon, être à la tête d’un établissement de restauration vient inévitablement avec une grande responsabilité sociale et environnementale. À ses yeux, l’importance de chaque petit geste est telle que son établissement est récemment devenu le deuxième restaurant de toute la province à obtenir l’attestation Élite du programme « Ici on recycle + », soit la plus haute reconnaissance de Recyc-Québec liée à la gestion des matières résiduelles.

Ces petits gestes, qui font l’objet d’un processus d’évaluation rigoureux, concernent toutes les facettes de l’établissement. Par exemple, tous les résidus de matières organiques générés en cuisine sont compostés, de même que les restes alimentaires, les serviettes de table et le papier à main utilisé dans la salle de bain.

 « C’est aussi d’utiliser la créativité pour revaloriser le moins beau de la cuisine, indique Mme Richard. Par exemple, personne n’a envie de retrouver les tranches d’extrémités d’un pain dans son assiette. Alors plutôt que de le jeter, on s’en sert pour faire du pain perdu. »

D'autres exemples de gestes concrets? L’automne dernier, la restauratrice a décidé d’en finir une fois pour toutes avec les cartons de lait : elle fait désormais affaire avec le fournisseur estrien La Pinte, qui fonctionne avec un système de bouteilles en vitre consignées. « Je ne reviendrais pas en arrière! » affirme-t-elle.  

Les efforts vont jusque dans la valorisation des vieux linges de cuisine, gérés par Québec Linge dans le cas du Café Aragon, ainsi que dans les rénovations. « Quand on a fait faire la terrasse cet été, on a utilisé du bois recyclé qui venait par exemple de vieux poteaux de téléphone », fait valoir Mme Richard.

Le programme ICR+ demande également de miser sur des actions de conscientisation, précise Mme Richard. « On a maintenant un règlement qui dit qu’aucun employé n’est autorisé à faire entrer une bouteille d’eau en plastique sur les lieux, même s’ils ne le faisaient déjà pas. »

Le restaurant doit également s’assurer de demeurer vert s’il participe à des événements en dehors de ses locaux.

Un score d'au moins 90 %

Pour obtenir une attestation d’ICR+, une organisation doit implanter plusieurs ou la totalité des 82 mesures qui sont applicables en institution, commerce ou industrie. À la lumière d’une grille d’évaluation et d’un formulaire, celui-ci devra obtenir un score global d’au moins 90 % pour atteindre le niveau Élite.

Selon la porte-parole de Recyc-Québec, Brigitte Geoffroy, s’il n’existe que deux établissements de restauration qui ont atteint le niveau Élite jusqu’à maintenant – l’autre étant l'Auberge de la rivière Saguenay, qui a obtenu son accréditation en septembre 2019 – c’est entre autres parce que plusieurs ne compostent pas leurs matières organiques.

« Le service de collecte des matières résiduelles nous est gentiment offert par la Ville comme on est dans un secteur résidentiel, alors c’est très aidant, précise Mme Richard. Au centre-ville, ça peut être beaucoup moins évident, par exemple. »

« Aussi, tous les établissements accueillant une clientèle peuvent rencontrer certaines difficultés à sensibiliser celle-ci lors de sa visite, renchérit Mme Geoffroy, mais le Café Aragon est établi depuis très longtemps comme étant une entreprise écoresponsable. Les valeurs environnementales sont bien établies et expliquées à l’embauche de chaque nouvel employé. »

Une priorité qui a toujours animé l’entreprise, indique la copropriétaire, dont la laborieuse demande de reconnaissance a obtenu un pointage global de 1215 sur 1295.

« Le Café Aragon est incorporé. Il est donc considéré comme une personne morale, dit-elle. On peut et on doit en faire un peu plus. C’est important, surtout avec la crise climatique actuelle : il faut agir. Parfois, l’industrie de la restauration, ce n’est pas beau et c’est très troublant. Il y a beaucoup de greenwashing, c’est pour ça que d’avoir une attestation d’un organisme extérieur, ça permet de s’assurer que les pratiques sont réellement bonnes. »

Mme Richard envisage déjà d'apporter des améliorations à son mode de fonctionnement d’ici le renouvellement de son attestation, dans trois ans. Par exemple, elle souhaite rapidement trouver un système de remplacement pour les contenants individuels de lait, de crème et de beurre qui sont placés sur les tables. « C’est à peu près tout ce qui se retrouve dans ma poubelle actuellement, avec la vaisselle cassée », lance-t-elle.

Seulement deux autres entreprises possèdent actuellement l’attestation Élite en Estrie, soit Défi Polyteck à Sherbrooke et Défi Récup-Air à Coaticook, qui font partie de la même organisation.

La Café Aragon