Près de 120 convives ont dégusté un repas des fêtes, mardi, au Parvis.

Miracle de Noël au dîner des Petits Frères

Présent au Parvis de la rue Conseil pour le traditionnel dîner de Noël des Petits Frères, un « Vieil Ami » ayant subi un malaise cardiaque a possiblement été sauvé grâce à sa participation à l’événement. En effet, l’aîné aurait pu y passer s’il avait éprouvé son malaise seul chez lui.

La directrice régionale des Petits Frères, Diane Breton, a été témoin de la scène. « On a un Vieil Ami qui s’est senti très mal rendu à l’accueil. Il a une condition cardiaque très fragile. On a eu le temps d’appeler l’ambulance et il est en bon soin à l’hôpital. S’il avait été seul à domicile, car c’est sa réalité, on ne sait pas ce qui se serait passé. C’est peut-être son miracle de Noël », souligne-t-elle.

Le repas a quand même eu lieu, précédé d’une messe. Près de 120 convives, le sourire aux lèvres, ont dégusté un bon dîner dans la joie. « Aujourd’hui, c’est la fête, décrit Mme Breton. À Sherbrooke, on a 213 Vieux Amis et personne n’a été oublié durant la semaine. Tous ceux qui ne sont pas ici aujourd’hui ont eu de la visite à domicile avec des bénévoles qui ont apporté des cadeaux, des fleurs, mais surtout du temps, de la présence et de la tendresse. »

Pour Pauline Asselin-Auger, 88 ans, cet événement est un beau cadeau. « Ça me fait plaisir. On voit des personnes qu’on a connues autrefois. On voit les bénévoles qui prennent soin de nous », commente-t-elle.

« Tous les Noëls, c’est un beau cadeau, précise-t-elle. Nous, on est chanceux, on n’a pas de famille, mais on a les Petits Frères. De plus, ça a toujours été de bons repas. »

Fin de vie

Cependant, l’isolement n’est pas le seul problème lors du temps des fêtes. Des aînés seuls et en fin de vie sont également accompagnés par des bénévoles des Petits Frères. « Nous sommes fidèles, assure Diane Breton. On dit aux Vieux Amis que, lorsqu’on entre dans leur vie, on est comme une petite police d’assurance du côté du cœur. Cette semaine, on a eu deux Vieux Amis en fin de vie. On est là 24 h sur 24 auprès d’eux. Une bénévole qui était supposée de travailler au vestiaire est actuellement auprès de monsieur. On a une équipe qui se relaie. Tant que monsieur sera vivant, quelqu’un sera avec lui. »

« Il le sait qu’il n’est pas seul, continue-t-elle. On est habitués de faire ces accompagnements. C’est notre mission », résume Mme Breton.

De mère en fils

Si l’esprit familial règne entre les bénéficiaires, les employés et les bénévoles, une famille passe également énormément de temps à s’occuper des aînés. Louka Saint-Pierre, 16 ans, est impliqué depuis l’âge de 9 ans avec la fondation des Petits Frères. Celui-ci accompagne sa mère qui travaille avec les aînés.

Louka Saint-Pierre et sa mère, Vicky Saint-François

L’élève de l’école La Ruche de Magog est le plus jeune bénévole de l’organisme. « Ça fait quand même un bout. J’ai toujours la même flamme, le même entrain pour aider mes Vieux Amis. Ma mère travaille ici et m’a fait découvrir les Petits Frères. C’est une organisation superbe, puisque les aînés n’ont pas de famille, nous le devenons. On va chez eux », explique celui qui participe surtout aux gros événements.

Le contact humain est primordial pour Louka. « Nous sommes bénévoles donc nous n’avons pas de salaire. Notre paye, c’est de se faire serrer la main en se faisant dire “merci”. Parfois, c’est leur premier Noël avec nous et parfois, c’est leur dernier. Ça fait du bien. Ça apporte du bonheur. On veut toujours continuer », indique le jeune homme.

Est-ce que d’autres jeunes de son âge aimeraient s’impliquer comme il le fait? « Je ne connais pas beaucoup de personnes de mon âge qui aiment les personnes âgées et qui veulent être avec eux. Quand j’en connais, ils sont gênés de le faire à cause du jugement. Ils prennent de mes nouvelles comme si j’étais leur petit-enfant. Moi, je ne me sens pas jugé », déclare-t-il.

Vicky Saint-François, la mère de Louka et la coordonnatrice principale aux Petits Frères de Sherbrooke, est visiblement fière de sa progéniture. « Louka a toujours été prêt à s’impliquer. Quand il était au primaire, il invitait à sa fête des enfants avec des handicaps physiques. Il disait qu’ils n’avaient pas la chance d’être invités et qu’ils étaient gentils », raconte Mme Saint-François.

« Je ne l’ai jamais obligé à s’impliquer, poursuit-elle. Il a commencé comme lutin à Noël. Quand il le peut, il est toujours présent. Des gens réservent ses photos scolaires et l’an dernier, il autographiait ses cartes de basketball. »

Vicky Saint-François avoue que peu d’adolescents participent aux activités des Petits Frères. « On n’a pas beaucoup d’adolescents, mais on a de plus en plus d’étudiants de l’université et du cégep qui s’impliquent. On a une belle variété. Nos Vieux Amis sont tous différents, donc on a besoin de bénévoles différents. Ça fait un bel amalgame et c’est ce qui fait une famille », conclut-elle.

Rappelons que l’organisme est toujours à la recherche de bénévoles, peu importe l’âge.