Les élèves ont dû manger dans le gymnase lors d’une journée pluvieuse cette année. La cafétéria n’étant pas en mesure d’accueillir tous les élèves de l’école.

Minuit moins une pour l’école Marie-Reine

Le conseil d’établissement de l’école Marie-Reine lance un cri du cœur à la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) pour agrandir l’école. La raison : l’école déborde. La bibliothèque, la salle des profs et la cafétéria ont dû être réquisitionnées comme salles de classe alors que le personnel-école doit faire preuve de créativité pour faire de la place pour tout le monde. La CSRS doit déposer son plan immobilier le 16 avril prochain.

Le nombre d’élèves qui fréquentent l’école Marie-Reine dans l’est de la ville a doublé en 10 ans. Une dizaine d’élèves se rajouteront même d’ici la fin de l’année scolaire en raison de l’arrivée de nouveaux immigrants dans le quartier. Ce sera en tout 255 élèves qui fréquenteront l’établissement en juin.

Le conseil d’établissement a déposé un mémoire le 20 novembre dernier, mais demande maintenant un engagement concret de la CSRS le 16 avril prochain.

« On ne veut pas se faire dire qu’ils sont conscients du problème, on veut des engagements, on veut des dates, lance Érick Ramos, membre du conseil d’établissement de l’école Marie-Reine. Je suis conscient du problème, tout le monde est conscient du problème. On veut de la brique et du mortier. »

« La CSRS nous a beaucoup écoutés, elle a répondu à nos questions et est venue nous voir, explique Patricia Dionne, présidente du conseil d’établissement. Il y a de la volonté, mais de l’écoute on en a eu en masse. Le nouveau ministère de l’Éducation a annoncé des investissements en éducation et il faut que ça suive. Ce sont des engagements clairs que ça va prendre. »

L’étau se resserre donc sur l’école primaire qui prévoit également l’arrivée de plusieurs élèves supplémentaires dans les prochaines années puisque 24 unités de logements pour familles nombreuses verront le jour sur le boulevard Lavigerie, tout près de l’école. Les conséquences de cette surpopulation se font déjà sentir à l’école où les éducatrices du service de garde ont démissionné en bloc.

« On réussit à garder un contrôle parce que les enseignants sont quand même encore assez en forme, admet Christian Audet, membre du conseil d’établissement. Les enfants, ça va bien, mais si on attend, on fait quoi avec nos professeurs ? On les brûle pendant cinq ans et on les remplace? Il faut garder une certaine qualité. Ma conjointe est professeure ici et je ne l’ai jamais vue aussi essoufflée à ce temps-ci de l’année. »

Érick Ramos y voit également un problème pour la sécurité des enfants.

« En tant que parent, je me demande si on va pouvoir trouver tous les élèves qui sont dans les racoins s’il y a un feu ?»

Invitée à commenter le dossier par La Tribune, la CSRS s’est contentée de mentionner que les détails seront dévoilés lors de la présentation du plan immobilier dont l’adoption est prévue le 16 avril prochain.

Faute d’espace disponible, les hygiénistes dentaires doivent utiliser le bureau de la directrice lors de leur passage à l’école.

Déplacer les classes d’accueil

Une des solutions avancées pour régler le problème de surpopulation est le déplacement des classes d’accueil, mais le conseil d’établissement s’y oppose farouchement.

« Il n’y pas de place ailleurs, indique Mme Dionne, qui dénonce la lourdeur des démarches et interpelle le gouvernement de la CAQ pour les faciliter. On a une bonne expertise à l’école pour l’immigration et nous avons une équipe extraordinaire. Déplacer des classes d’accueil, ce n’est pas banal. Ce sont des réfugiés. Ce n’est pas juste un transfert administratif.»

L’école Marie-Reine compte des élèves de 24 nationalités différentes.

« Un changement d’école, c’est l’équivalent d’un divorce pour un enfant, lance pour sa part M. Ramos. Imaginez si cet enfant-là vient d’un milieu où il y avait de la guerre et de la violence. On vient de multiplier l’effet. On veut des immigrants qui parlent français et qui s’intègrent. En les envoyant ailleurs, on bousille leur intégration. Est-ce que c’est ça qu’on veut?»

« Ça va bien ici, on n’a pas de problèmes de violence ou de gang, résume pour sa part Christian Audet. Pourquoi envoyer les immigrants ailleurs et créer un ghetto?»

La salle de photocopie sert également de bibliothèque à l’école Marie-Reine.

Plusieurs projets à la CSRS

La CSRS  a déjà plusieurs projets sur la table à dessin. Le dépôt du plan immobilier est donc attendu avec impatience par plusieurs groupes. La CSRS souhaite agrandir l’école primaire Jardin-des-Lacs, à Saint-Denis-de-Brompton. Elle a aussi reproposé le projet de construction de l’école D, dans le secteur d’Ascot, qui n’a pas été retenu initialement. Elle souhaite construire une nouvelle école secondaire de 1000 places en raison de l’augmentation de l’effectif au secondaire et elle caresse aussi un important projet d’agrandissement et de réaménagement du Centre 24-Juin.

Finalement, la CSRS souhaite ajouter un gymnase à l’école primaire Sylvestre, de même qu’une classe et un service de garde (3,3 M$). Elle a aussi remis sur la table, en septembre, le dossier de l’école primaire des Avenues pour l’ajout d’un gymnase et l’aménagement de quatre classes (4,6 M$).