Éprouvé par la vie, Michel Bureau refuse de s’apitoyer sur son sort. Laissé pour mort en 2013 à la suite d’un arrêt cardio-respiratoire, le Magogois de 60 ans, qui est toujours assailli par la maladie, effectuera bientôt à la marche le tour du Circuit de 155 kilomètres de l’Abbaye. Pour se ressourcer et aussi pour collecter des fonds pour le Relais pour la vie de sa ville.

Michel Bureau, le miraculé, marchera 155 km

Il y a six ans, jour pour jour, la vie de Michel Bureau a basculé. Foudroyé par un infarctus, le Magogois a été sauvé in extremis par ses neveux et les premiers répondants dans des conditions improbables, voire catastrophiques, alors qu’il prenait place sur le toit d’une maison au moment où son cœur s’est arrêté de battre. Celui qu’on surnomme le miraculé ou le ressuscité de Magog n’était pas au bout de ses peines. Les épreuves s’acharnent sur l’homme de 60 ans.

Si ses capacités physiques sont passablement réduites, Michel Bureau demeure à sa façon une force de la nature. Dans quelques jours, il entreprendra de marcher le circuit de l’Abbaye, qui s’étire sur 155 kilomètres. Une longue randonnée qu’il entreprend pour se ressourcer et aussi pour amasser des fonds pour le Relais pour la vie de Magog.

Michel Bureau aurait pourtant toutes les raisons du monde de maudire la vie, de ne plus croire à des jours meilleurs, de lâcher prise. Parce que la maladie et les souffrances ne le quittent pas d’une semelle. Comme si le mauvais sort avait pris un abonnement à vie chez Bureau.

La liste est interminable. Tout a commencé après l’effroyable épisode du 18 mai 2013. On lui a d’abord diagnostiqué la leucémie. Peu de temps après une bactérie s’est accrochée à un de ses poumons à la suite d’une ponction lombaire qui a nécessité une délicate opération d’urgence. Déjà assez de souffrances pour ébranler n’importe quel humain. Comme si ce n’était pas suffisant, les dernières années n’ont laissé aucun répit à Michel Bureau, qui doit maintenant vivre quotidiennement avec un cancer de la langue, le zona qui l’afflige légèrement au visage, la fibrose pulmonaire idiopathique et la maladie de Raynaud.

« Je ne cacherai pas que j’ai broyé du noir. Ce n’est pas nécessairement plus facile aujourd’hui, mais je résiste. Tu te demandes quand ça va cesser. Un homme, ce n’est pas supposé pleurer, qu’on raconte. Je peux vous dire que j’ai repris le temps perdu. Je me suis botté le derrière souvent pour sortir de chez moi, bouger, mettre toutes les chances de mon côté pour apprécier quand même la vie et guérir », raconte celui dont la mésaventure de 2013 avait été racontée et reconstituée dans le cadre d’une émission sur les ondes de Canal D.

D’ailleurs, le mot guérir tient une place de choix dans le vocabulaire de Bureau. « Je ne me bats pas contre le cancer et toutes ces saloperies qui m’affligent. Je préfère dire chaque jour que je guéris. Quand on parle de guérison, c’est d’abord que tu acceptes ce que tu subis comme maladie et tu as un regard plus positif sur l’avenir. C’est ma philosophie. » 

Baguette magique

Michel Bureau aimerait-il, d’un coup de baguette, effacer les six dernières années de sa vie? « Rien ne sert de me torturer l’esprit avec ça. Je ne reviendrai jamais comme avant 2013. Je suis un homme différent et je me découvre à travers toutes ces épreuves. Je suis proche de tout, en commençant par la nature. Je prends conscience de sa beauté et aussi, ce qui est fort déplorable, qu’on est en train de la tuer. Je fais des belles rencontres tous les jours, des gens simples comme d’autres plus connus. J’ai rencontré récemment l’actrice Anick Lemay dont on connaît l’histoire. Elle ne sait pas tout le bien qu’elle m’a fait en me serrant dans ses bras et ses mots qui m’ont réchauffé le cœur. Mes petits-fils, ma fille, c’est aussi une autre raison de sourire à la vie. »

Le ressuscité, comme il se qualifie, s’est aussi mis à l’écriture. « Je laisse aller mes émotions. Je remonte dans le temps, je reviens dans le moment présent. C’est comme un remède. Je dois être rendu à plus de 400 pages. »

La randonnée

Sous peu, Michel Bureau prendra le départ de sa randonnée de 155 kilomètres sur le Circuit de l’Abbaye. Le principal intéressé met la touche finale à son projet. Comme il veut amasser des fonds à la même occasion pour le Relais pour la vie à Magog, il aimerait pouvoir faire coïncider son arrivée la journée que se tiendra cet événement à Magog le 14 juin. « Je regarde tout ça. J’estime avoir besoin de six ou sept jours pour faire la distance au complet. Je dois m’assurer aussi que mon état de santé me permettra de partir même si je ne suis pas vraiment inquiet sur ce plan. Cette aventure, c’est aussi pour me ressourcer, mais je veux faire du bien autour de moi. Je veux marcher pour les autres, faire une démarche qui aura du sens pas juste pour moi. J’aimerais pouvoir remettre 1500 $ au Relais », fait valoir Bureau, qui envisage d’effectuer la randonnée de Saint-Jacques-de-Compostelle lorsque l’occasion se présentera.

En arrêt de travail depuis 2016, Michel Bureau tient à rassurer la population sur sa démarche. « Je n’ai jamais pensé à moi en premier de toute ma vie. Ceux qui me connaissent vous le diront. Cette collecte de fonds à travers mon périple, c’est vraiment pour la cause que j’ai choisie. J’ai de la difficulté à recevoir, même un seul compliment. J’ai toujours donné et c’est ce que je m’apprête à faire. »

Pour un don ou simplement pour communiquer avec Michel Bureau, on peut le faire par courriel à marchepourlavie@cgocable.ca.