Le boulevard du Mi-Vallon qui finit actuellement dans un cul-de-sac, serait prolongé en direction de la rue Molinari pour rejoindre le boulevard René-Lévesque.
Le boulevard du Mi-Vallon qui finit actuellement dans un cul-de-sac, serait prolongé en direction de la rue Molinari pour rejoindre le boulevard René-Lévesque.

Mi-Vallon serait prolongé en 2022

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
SHERBROOKE — Le boulevard du Mi-Vallon pourrait être prolongé jusqu’au boulevard René-Lévesque en 2022. C’est l’orientation qu’a prise le conseil municipal lundi en mandatant les services municipaux pour qu’ils poursuivent les travaux en ce sens, en prévision d’un projet dans l’exercice budgétaire 2022. Le coût de ces travaux est estimé à 1,5 M$, dont 800 000 $ proviendraient de la Ville de Sherbrooke. 

Le raccordement du boulevard du Mi-Vallon se ferait uniquement sur la portion sud du boulevard René-Lévesque. Le seul mouvement possible pour accéder à l’un ou l’autre des boulevards à leur intersection sera donc un virage à droite. 

Selon une étude de circulation menée par la Ville, un raccordement permettrait de réduire la circulation de 200 véhicules par jour sur la rue Marcel-Marcotte et de 1500 véhicules par jour sur la rue Barton. Pour le carrefour giratoire de la rue Matisse, la réduction est évaluée à 800 véhicules par jour. Dans l’immédiat, l’impact serait mineur pour les rues Marini et Magnelli, mais le débit pourrait augmenter avec la densification sur le boulevard René-Lévesque. Une légère augmentation de la circulation est aussi prévue sur la rue Magloire. 

Le boulevard Mi-Vallon serait forcément plus fréquenté, particulièrement dans la partie au nord de la rue Marini.


« On constate aussi qu’il y a un manque pour le transport actif sur Mi-Vallon, de même que pour le transport en commun. Nous pourrons réaliser des aménagements en même temps que les travaux pour la portion du prolongement. »
Alexandre Heimrich, ingénieur à la Ville de Sherbrooke

Alexandre Heimrich, ingénieur à la Ville de Sherbrooke, explique que le tracé du boulevard du Mi-Vallon devra emprunter une courbe pour éviter une zone protégée et assurer un raccordement sur la voie du sud du boulevard René-Lévesque. Le boulevard du Mi-Vallon tournera donc en direction de la rue Molinari. « On constate aussi qu’il y a un manque pour le transport actif sur Mi-Vallon, de même que pour le transport en commun. Nous pourrons réaliser des aménagements en même temps que les travaux pour la portion du prolongement. Nous devrons peut-être faire des travaux dans le terre-plein du boulevard René-Lévesque pour le raccordement des conduites. »

M. Heimrich ajoute que la priorité pour la construction de trottoirs dans le secteur de la rue Barton ne changera pas, peu importe le prolongement ou non du boulevard. « Nous en profiterons peut-être pour faire des mesures de mitigation liées à la vitesse, soit des avancées de trottoir. » De nouveaux trottoirs sont aussi prévus dans le futur dans les rues Marcel-Marcotte, Malherbe, Yamaska et Mégantic, pour des investissements d’environ 650 000 $.

Une carte présentée lundi soir au conseil municipal permet de voir le tracé proposé pour le prolongement du boulevard du Mi-Vallon.

Le directeur du Service de la planification et de la gestion du territoire, Yves Tremblay, précise que la Ville ne veut pas improviser dans ce dossier. « Nous ne voulons pas déplacer le problème, parce qu’il y a une école, des résidences unifamiliales, un parc, du transport actif. Il faut gérer tous les mouvements, mais c’est un défi à notre portée. »

Meilleur équilibre

Annie Godbout comprend qu’un meilleur équilibre dans la circulation découlerait du nouvel aménagement. « Pour moi, le design de la rue sera une condition importante pour que je donne l’aval à ce projet, pour qu’on considère l’ensemble des travaux. C’est important de planifier les aménagements physiques et de bonifier la sécurité du transport actif. »

Elle s’inquiète aussi que le boulevard du Mi-Vallon soit plus achalandé en raison du transit de ceux qui voudront passer du boulevard Bourque au boulevard René-Lévesque. 

Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke, admet que cet impact n’a pas été mesuré. « Nous croyons toutefois que peu d’automobilistes auront cette habitude. Nous pensons que les citoyens habitant à l’ouest du boulevard Mi-Vallon iront davantage vers la rue du Haut-Bois. »

La conseillère Évelyne Beaudin fait valoir que le budget de 1,5 M$ inclut 300 000 $ que la Ville aurait dépensés de toute façon pour le prolongement de la rue Molinari et que 500 000 $ sont calculés en raison d’un terrain que la Ville ne pourra pas vendre en bordure du boulevard René-Lévesque.  

« Ce qui est bien avec ce projet, c’est qu’on aborde deux grandes préoccupations : la fluidité de la circulation et la sécurité des piétons et des cyclistes », a-t-elle ajouté. 

Enfin, Paul Gingues s’est dit heureux de cette décision et se prend à rêver d’un prolongement semblable de la rue du Toulon vers le chemin Sainte-Catherine.

« On va vous faire rêver en 2021 à ce sujet », a promis Caroline Gravel. 

La Ville pourrait devoir acquérir un terrain pour prolonger le boulevard Mi-Vallon. 

En bref

Le raccordement des boulevards entraînerait une diminution du débit de circulation de 

- 14 % au carrefour giratoire de la rue Magnelli

- 30 % sur la rue Barton

- 35 % au carrefour giratoire de la rue Matisse

et une augmentation des débits sur le boulevard du Mi-Vallon de

- 253 % au nord de la rue Marcel-Marcotte

- 31 % entre les rues Marcel-Marcotte et Marini

- 8 % au sud de l’intersection de la rue Marini

- 5 % au nord de l’intersection avec le boulevard Bourque