La chef abénaquise, Lysanne O’Bomsawin, était de passage à Sherbrooke pour concocter quelques plats traditionnels.

Mettre en valeur la cuisine autochtone

La cuisine autochtone est encore méconnue. C’est pour cette raison que des étudiants de l’Université de Sherbrooke ont mis en place un jardin autochtone sur le campus. Ils ont même invité une chef abénaquise qui était de passage à Sherbrooke lundi, pour cuisiner quelques plats traditionnels.

Ce sont donc « les trois sœurs », soit du maïs, des courges et des haricots qui poussent dans le jardin aménagé près des résidences étudiantes.

« On s’est concentré sur la culture autochtone, indique Antoine Gauthier-Trépanier, coordonnateur du jardin autochtone et étudiant à la maîtrise en histoire. Des étudiants s’en occupent durant l’été et on a eu l’idée de promouvoir la culture alimentaire autochtone. La remettre au goût du jour et démontrer qu’elle a encore quelque chose à nous apprendre. »

C’est d’ailleurs pour cette raison que la chef abénaquise du traiteur Québénakis, Lysanne O’Bomsawin, était de passage à Sherbrooke. Elle a concocté quelques recettes avec les aliments du jardin. Elle estime que la cuisine autochtone est encore présente, même si elle n’occupe plus une grande place.

« C’est une nourriture de survivance, c’était le besoin à l’époque, explique-t-elle. Aujourd’hui, on en a plus besoin, car comme tout le monde on est domicilié et on va au supermarché. Mais il y en a encore beaucoup qui utilisent les recettes traditionnelles de leurs parents pour faire des mijotés ou le pemmican, que j’appelle la barre d’énergie autochtone. La majorité des autochtones font encore aussi la bannique. Mais sinon on est en 2019 comme tout le monde. »

Outre les trois sœurs, ce sont les fruits qui occupent une grande place dans la cuisine autochtone.

« Je peux vous dire que les gens font chaque année une recette autochtone sans le savoir au jour de l’an qui est la fameuse dinde aux atacas. C’est quelque chose de très traditionnel chez les autochtones. On mélange toujours la viande et les fruits. On mange très sucré aussi donc beaucoup de sirop et sucre d’érable. »

Mme O’Bomsawin croit aussi qu’il est temps de faire connaître la cuisine autochtone à l’ensemble de la population.

« Les gens sont prêts à entendre ça, résume-t-elle. Les gens sont plus ouverts à la découverte de la culture autochtone. »