Des lauréats du Mérite estrien aussi inspirés qu’inspirants se sont rassemblés jeudi soir lors du gala du Mérite estrien pour recevoir leur statuette personnalisée et pour avoir l’occasion d’échanger entre eux. On aperçoit ici Marianne Quirion (Jeunesse), Sabine Le Nevannau (Innovation), France Leduc (Arts), Yves Nadon (Arts), Dominic St-Laurent (Jeunesse) et Arezki Tagnit-Hamou (Innovation).

Mettre en lumière les gens de l’ombre

Mettre en lumière des gens qui, souvent dans l’ombre, sans compter leurs heures, toujours avec une infinie passion, travaillent avec engagement à changer le quotidien de ceux qui les entourent ou de la société dans laquelle ils sont plongés : voilà l’essence du gala du Mérite estrien qui s’est tenu jeudi soir. Un peu plus de 60 Estriens ont reçu leur statuette qui vise à rendre hommage à un accomplissement individuel ou parfois à une reconnaissance pour du travail en groupe.

Parmi les lauréats cette année, ou retrouvait notamment la sergente-détective Mélanie Bédard. Celle-ci est une habituée des prix, mais généralement, c’est son fidèle compagnon qui les reçoit, le populaire et bien connu chien de soutien émotionnel Kanak du Service de police de Sherbrooke.

« J’ai été touchée et honorée de recevoir un Mérite estrien. D’habitude, c’est Kanak la vedette et c’est bien comme ça. Mais là, c’est moi, et c’est touchant... » a reconnu Mélanie Bédard avec sobriété.

Femme de cœur et de passion, Mélanie Bédard travaille beaucoup, consacre énormément d’heures à venir en aide aux victimes sherbrookoises dans les différentes étapes de leur parcours judiciaire en compagnie de Kanak. Mais elle est aussi devenue la référence québécoise en matière de chiens de soutien et reçoit énormément de demandes d’informations.

« Je travaille beaucoup, mais ce n’est pas du travail pour moi; c’est une passion. Quand on croit en nos rêves et en nos passions, quand on travaille avec le cœur, on ne se trompe jamais. S’il y a un message que je veux lancer, c’est qu’il faut oser ses passions et ses rêves », a souligné la policière.

Une autre source d’inspiration pour les lauréats et les autres invités jeudi soir lors du gala était James Benoit qui, même dans la maladie, continue de mordre dans la vie comme il l’a toujours fait. Il aura été entraineur de football et de boxe, en plus de jouer au hockey, au baseball, au tennis, au ping-pong, entre autres. James Benoit, un passionné de sport, n’aura pas uniquement changé sa vie en pratiquant ses loisirs préférés. Il aura également changé la vie de centaines de jeunes qu’il a pris sous son aile pendant plusieurs années. Il a pris sa retraite en 2017. Il vit avec la sclérose latérale amyotrophique, une maladie dégénérative sans traitement qui le cloue maintenant dans un fauteuil roulant.

« Au début, j’ai marché avec une canne, puis une marchette. Ça commence à aller moins bien comme entraineur sur un terrain », s’est-il rappelé en riant. « Aujourd’hui, je suis spectateur. Mon fils joue au football depuis deux ans chez les Volontaires. Ça me rend pas mal plus nerveux d’assister à ses matchs comme père et spectateur que quand j’étais entraineur », a-t-il ajouté, toujours aussi souriant.

À cette étape de la maladie, le grand sportif est toujours en pleine forme mentalement. Mais il devient peu à peu prisonnier de son corps. « Je vis au jour le jour, comme tout le monde devrait le faire. J’ai décidé de vivre pleinement ma maladie, comme j’ai vécu le reste de ma vie. J’ai occupé des postes où j’étais un leader, un rassembleur, un motivateur et j’ai développé plein de belles qualités comme la détermination. C’est ça que je veux laisser derrière moi, à mes enfants surtout », a soutenu James Benoit.

« Un grand privilège »

La journaliste de La Tribune Mélanie Noël a coanimé le gala encore cette année en compagnie du chroniqueur Luc Larochelle. Elle a tenu à souligner à quel point, semaine après semaine dans les pages du Mérite estrien de La Tribune, le parcours de ceux qui décrochent un Mérite estrien est inspirant et engageant.

« En tant que journaliste, j’ai la chance de faire des entrevues dans le cadre des Mérites estriens. C’est un grand privilège de s’asseoir avec une personne, souvent qu’on ne connait pas du tout, et d’écouter cette personne nous raconter son enfance, ses motivations, ses mentors, ses épreuves et ses réussites. Ces personnes ont toutes des parcours qui sortent de l’ordinaire et qui nous inspirent, comme personne, à en faire davantage », a expliqué Mélanie Noël.

« Mélanie vient de décrire le côté méconnu de notre métier… Oui, notre travail est de questionner, analyser et critiquer. De rapporter le côté sombre des drames et des catastrophes. Mais le détachement qu’impose la profession ne signifie pas « insensibilité ». Au contraire! Vos idées et vos propos nourrissent nos réflexions. C’est un privilège que nous avons d’apprendre et de grandir au contact d’autant de personnes jour après jour », a ajouté Luc Larochelle.

Jacques Beaulieu (Arts), Stephane Reynolds (Bénévolat/ Engagement) et Mélanie Bédard, accompagnée de son fidèle compagnon Kanak (Innovation) ont été honorés de recevoir une statuette qui soulignait leur profond engagement dans la communauté.