Comme les précipitations sont toutes tombées en pluie, la rivière Saint-François a gonflé, dimanche. Elle a atteint les 18 pieds vers 15 h 45.

Météo: Sherbrooke épargnée, le Val-St-François un peu plus touché

Il n’y aura finalement pas eu de pannes électriques sur le réseau d’Hydro-Sherbrooke, ni de routes fermées, de dommages, ou même de verglas en ville. C’est pourquoi Sherbrooke se considère comme « chanceuse », mais est quand même passée en phase alerte pour les inondations, puisque la rivière Saint-François a atteint les 18 pieds dimanche après-midi. Des municipalités en Estrie ont été plus touchées et sont actuellement plongées dans le noir.

« Cependant, l’effet du refroidissement, combiné à l’arrêt des précipitations survenu il y a peu de temps, aura un effet stabilisateur sur les apports d’eau de ruissellement. Cela devrait se traduire par une stabilisation de la hausse de la rivière et le patron météorologique à court et moyen terme est favorable pour assurer la décrue », précise l’organisation municipale de sécurité civile de Sherbrooke (OMSC) dans un court communiqué. Le centre de coordination municipal et la ligne citoyenne ont été fermés dimanche matin.

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Une nuit au motel gratuite pour éviter la tempête

Des véhicules stationnés dans la cour du garage municipal ont été retirés par mesure de prévention. La Ville prévoyait à 17 h que le niveau d’eau de la rivière avait atteint son apogée. 

Par ailleurs dimanche après-midi, 450 clients d’Hydro-Québec étaient privés d’électricité à Sherbrooke même. La situation était réglée à 19 h 30.

« Le Meilleur scénario »

Le coordonnateur des mesures d’urgence à la Ville de Sherbrooke, Stéphane Simoneau, considère que la pluie qui s’est abattue sur l’Estrie était « le meilleur scénario ». « Il y avait la pluie verglaçante qui est une chose, mais l’impact qu’on craignait le plus était l’impact sur le réseau électrique. Le pire des scénarios aurait été la gestion de pannes et de la sécurité routière », pense-t-il. 

« On avait prévu dans un autre scénario que les précipitations tombent sous forme de pluie, enchaîne M. Simoneau. Même si c’est le meilleur scénario, ça entraîne quand même des effets négatifs comme l’augmentation du ruissellement. »

Des citoyens prêts

Stéphane Simoneau se réjouit : beaucoup de citoyens s’étaient préparés au pire. « Il y avait beaucoup de circulation dans les magasins [samedi], les gens ont écouté les conseils et les avis qu’on a donnés. Il ne faudrait pas être déçu ou prendre en considération qu’on s’est préparé pour rien. Si on avait eu juste la moitié de [ces précipitations] qui était tombée en verglas, ça aurait été extrêmement problématique pour le réseau routier et ça aurait eu des conséquences énormes sur le réseau électrique », fait valoir M. Simoneau, rappelant l’importance de détenir une trousse d’urgence permettant d’être autonome sans électricité durant 72 h.

« Un seul degré de moins et on aurait vécu la situation anticipée, assure le coordonnateur des mesures d’urgence. Heureusement, on a eu un degré de plus. On ne sait pas pourquoi, mais on ne posera pas de questions. C’est le meilleur scénario qui s’est produit et on en est bien contents », exprime-t-il, ajoutant que les gens n’ont pas perdu les articles achetés pour leur préparation. Ils auront l’occasion de les utiliser lors d’un autre événement météorologique hors-norme. 

Est-ce que de telles situations arrivent souvent au beau milieu du mois de janvier? « La rivière Saint-François, par sa particularité et sa sensibilité, est capricieuse 12 mois par année. Avoir 50 mm de pluie lorsqu’on a une couverture de neige, dans un contexte où les sols sont déjà imbibés d’eau ou gelés — donc on comprend qu’il n’y a pas ou peu d’absorption de la part du sol —, ça se retrouve directement dans la rivière. Ça l’influence donc beaucoup », répond Stéphane Simoneau. 

Le verglas a laissé son poids sur la végétation de certaines municipalités du Val-Saint-François.

Le Val-Saint-François un peu plus touché

Les citoyens du Val-Saint-François ont été plus touchés que les Sherbrookois par les conditions météo difficiles de la fin de semaine. À Melbourne et à Valcourt, entre autres, des arbres et des branches sont tombés sous le poids du verglas dans la nuit de samedi à dimanche. À 19 h 30 dimanche, 1718 Estriens abonnés d’Hydro-Québec étaient plongés dans le noir dans ce secteur. 

La plupart des gens rencontrés à Melbourne dimanche avaient été relativement épargnés par la tempête : certains avaient manqué d’électricité quelques minutes et d’autres avaient constaté que leur cour était gelée. Cependant, un citoyen de Valcourt s’est réveillé abruptement lorsqu’un arbre situé sur son terrain s’est brisé et a effleuré sa maison. 

« Somme toute, l’arbre est tombé à côté, témoigne Benoit Morissette. Quelques branches ont accroché la gouttière. Ça semble être superficiel. Il n’y a pas de blessé. »,

« Le verglas a continué jusqu’à 10 h dimanche matin, continue-t-il. Je n’ai toujours pas d’électricité, qui a été coupée vers 10 h également. Ça rafraîchit, mais j’ai une génératrice, donc je peux démarrer le système de chauffage. On en a manqué durant quatre jours en novembre lorsqu’il y a eu de grands vents. On l’a achetée pour ça », dit celui qui avait préparé des chaudières d’eau en vue de cet événement. 

Le maire de Melbourne, James Johnston, s’est rappelé la crise du verglas de 1998 dans la nuit de samedi à dimanche. « C’est moins pire que ça, précise-t-il. Mais il y en a pas mal. Nous avions été 24 jours sans Hydro », se souvient-il. 

Une partie du chemin Fontainebleau, dans le Canton de Lingwick, a été submergée.

Hydro-Québec sur le terrain

Les rafales de vent ont causé des dommages aux lignes d’Hydro-Québec. « C’est clair que le vent est la cause. Dans certains cas, il y a eu un peu d’accumulations de glace, ce qui a aidé le vent à faire des dégâts », exprime la porte-parole d’Hydro-Québec, Nadine Jeannotte, rappelant qu’en Estrie, quelques pannes ont commencé dimanche matin, mais la plupart ont commencé entre 11 h et 13 h.

Quand seront rebranchés les clients en panne? « C’est difficile à dire, répond Mme Jeannotte. La bonne nouvelle, c’est qu’on ne fait pas face à un événement comme celui de dimanche dernier. On ne parle pas d’un délai de rétablissement de plusieurs jours. En Estrie, on ne parle pas d’un grand nombre d’interruptions. On peut penser qu’une bonne partie de ces gens retrouvent le service d’ici la fin de la soirée. Pour les cas plus éloignés, ça pourrait aller jusqu’à demain. Je doute que ça s’étire, à moins qu’il y ait de nouvelles pannes, ce qui n’est pas impossible. »

Sur les routes

Sur les routes, le ministère des Transports du Québec (MTQ) n’avait pas d’avertissements particuliers à faire aux gens de l’Estrie. Cependant, quelques routes ont été fermées comme une partie du chemin Fontainebleau dans le Canton de Lingwick et le chemin Drouin à Compton. 

D’ailleurs à Compton, quatre résidences ont dû être évacuées samedi soir quelques heures seulement, le temps de défaire un embâcle. Les dégâts ont été minimes, selon le maire Bernard Vanasse.

Le verglas a laissé son poids sur la végétation de certaines municipalités du Val-Saint-François.