Joanie G. Parenteau a lancé un cri du coeur, ce week-end, afin de sauver sa garderie qui offre des services adaptés pour les enfants ayant des besoins particuliers. Sur cette photo, on la voit lors de l'ouverture de son service presque à pareille date l'an passé.

Mes petits coups de coeur : le ministre Fortin interpellé

Une mère qui craint la fermeture du service de garde adapté Mes petits coups de coeur lance un cri du coeur et interpelle le député de Sherbrooke Luc Fortin. Sans une telle garderie, Samantha Marin ne pourrait travailler, plaide-t-elle.
« J'ai interpellé plusieurs personnes pour me faire entendre. Pas juste pour ma fille, pour les autres enfants aussi », lance Mme Marin, en notant que la possibilité d'une fermeture avait été évoquée.
La propriétaire du service de garde, Joanie G. Parenteau, a lancé une campagne de sociofinancement pour sauver son service de garde Mes petits coups de coeur, qui s'adresse aux enfants nécessitant des soins adaptés. Elle espère ainsi amasser 20 000 $ qui serviront à diminuer les coûts pour les parents. Ceux-ci doivent payer 65 $ par jour pour y avoir une place.
Le service ne reçoit aucune subvention gouvernementale. Selon sa fondatrice, elle n'est pas en mesure de le faire accréditer.
Pour obtenir l'accréditation, le ministère de la Famille demande entre autres, selon Mme Parenteau, qu'il n'y ait pas plus de deux enfants avec des besoins spéciaux dans le service de garde, en plus de fournir les repas aux enfants.
« Joanie m'a expliqué qu'avec des coûts de 325 $ par semaine, beaucoup de parents sont incapables de payer une place à temps plein », note Mme Marin, qui rappelle que la possibilité d'une fermeture a été soulevée.
Samantha Marin, dont nous reproduisons la lettre ouverte en page 17, n'a pas encore reçu de diagnostic officiel pour sa fille, mais celle-ci semble présenter un trouble du spectre de l'autisme (TSA). Elle espère obtenir un diagnostic officiel prochainement. « En ce moment, je n'ai pas d'aide financière, je n'ai pas de papier », souligne-t-elle.
Elle estime que le coût du service de garde revient à 16 900 $ annuellement. « Le retour anticipé couvre un maximum de 9000 $ par année. Sans l'aide de Joanie auprès de notre fille, je ne sais pas ce que nous ferions. Les services publics sont quasi inexistants lorsque nous sommes en attente d'un diagnostic. »
Les CPE de la région accueillent des enfants ayant des besoins particuliers, rappelle-t-on du côté du Regroupement des CPE des Cantons-de-l'Est (RCPECE), lorsqu'on tente de recenser ce qui se fait auprès des enfants ayant des problématiques particulières. On pense notamment à des enfants ayant des TSA, des troubles du comportement ou de langage, etc. Selon le ministère de la Famille, il y a plus de 300 enfants handicapés qui ont été accueillis en services de garde subventionnés (garderie, milieux familiaux, CPE) en 2015-2016.
Aux yeux de Mme Marin, il lui serait toutefois impossible d'envoyer sa fille dans un établissement de garde conventionnel en raison de ses besoins. « Je sais que ma fille ne pourra jamais fréquenter un CPE avec sept autres enfants qui bourdonnent autour d'elle. Elle requiert une attention particulière, elle a besoin de stabilité et d'une routine fortement établie tous les jours. C'est ce que Joanie lui apporte. »
À bientôt deux ans, la fillette ne parle pas.
Au bureau du ministre de la Culture et de la Francophonie Luc Fortin, on indique qu'on tente d'organiser une rencontre avec le ministère de la Famille et le cabinet pour trouver des solutions.