Pierre-Olivier Boily et Jonathan Gaudreault, copropriétaires du Siboire.

Une histoire d’amitié et de passion

Pierre-Olivier Boily et Jonathan Gaudreault, copropriétaires du Siboire, se connaissent depuis qu’ils sont enfants. Les deux trentenaires partagent depuis plus de deux décennies plusieurs intérêts... et un amour profond pour la bière. Grâce à cette passion commune, les deux hommes d’affaires sont aujourd’hui à la tête d’une entreprise comptant quelque 160 employés, et dont les produits ont reçu de belles marques de reconnaissance.

« On s’est connu à Roberval. C’était mon voisin d’enfance. Quand il a déménagé à côté de chez nous, on a commencé le patinage de vitesse en même temps. Moi et Jo, ça fait 25 ans qu’on se connaît. On était dans les mêmes classes, dans les mêmes cours à l’école. On a fait bien des niaiseries ensemble... et ça continue », raconte Pierre-Olivier Boily, qui a quitté le Saguenay-Lac-Saint-Jean en cinquième secondaire pour aller étudier en sports-études (cyclisme) à Cowansville.

« J’ai adopté l’Estrie à travers mon parcours sportif pour le vélo et Jonathan a commencé les études ici à Sherbrooke à l’université. J’ai suivi par après. Lui, entre-temps, avait commencé à brasser avec Sherbroue (un groupe étudiant brassicole). »

Pierre-Olivier commence des études en administration à l’Université de Sherbrooke, tandis que Jonathan débute sa formation en médecine.

« On s’est acheté une maison, on s’est trouvé des colocs et on a transformé le sous-sol en microbrasserie. »

La vie les a gardés près l’un de l’autre même dans les épreuves.

Lorsque Pierre-Olivier a eu un grave accident de la route en 2006, son ami, alors résident en médecine, s’est retrouvé à son chevet. « C’était sa première journée à l’externat. Il commençait aux soins intensifs (...) Le premier patient qu’il a eu aux soins intensifs, c’est moi. »

« Je ne suis jamais retourné à l’école. J’ai commencé à travailler sur le plan d’affaires dans cette année-là et en novembre 2007, le Siboire voyait le jour », raconte Pierre-Olivier, en racontant que son ami a quitté la médecine quelques mois plus tard.

D’où vient cet amour pour la bière? « Ça vient sûrement du Lac- Saint-Jean. Je pense qu’on est un peu gourmands de nature, curieux... Je pense qu’on aime, comme n’importe qui au Lac-Saint-Jean accueillir, se rassembler. »

« On a commencé à faire de la bière parce que moi j’avais le goût d’en fabriquer. En médecine, je m’ennuyais du génie », souligne Jonathan, qui a réalisé une technique en génie chimique à Jonquière. Il a aussi commencé un baccalauréat dans ce domaine à Sherbrooke. « C’est là que j’ai pu être en contact avec le groupe Sherbroue. Ça m’intriguait de voir comment ça se faisait. » Il prend alors des cours pour apprendre à brasser de la bière.

Des projets à venir  

Onze ans après sa création, la microbrasserie Siboire compte maintenant trois succursales : deux à Sherbrooke et une à Montréal. « Des fois, quand on s’embarque dans quelque chose, on ne sait pas où ça va nous mener. C’est comme le sport : tu le fais parce que c’est du plaisir », souligne Pierre-Olivier. Au fil des ans, ils se sont associés à une kyrielle de causes, de Leucan au Gala des grands chefs.

Si les deux hommes se sont lancés dans cette aventure sans avoir de plan en tête, la situation est différente aujourd’hui. « On est moins naïfs », fait remarquer Jonathan. « Si on refaisait quelque chose maintenant, je pense qu’on aurait un plan pas mal clair... »

Siboire est arrivée sur le marché au début du boom des microbrasseries. « Le timing a joué pas mal, commente Jonathan. C’était le temps qu’on embarque. » La cote de popularité de la bière n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui, mais depuis la donne a complètement changé. « Les gens savent ce qu’ils aiment, ce qu’ils veulent. On est plus au stade de l’expérience que de l’éducation. »

Les deux copropriétaires ont encore de grands projets. Ils ont acquis l’ancienne gare de la rue du Dépôt, où se trouve la toute première microbrasserie Siboire.

« On veut optimiser l’expérience des clients quand ils vont venir ici. On ne veut pas que l’expérience s’arrête à quelqu’un dans notre succursale, on veut se rendre dans les maisons des Sherbrookois en ayant la possibilité que les gens viennent chercher leur bière. L’expérience, on veut aussi l’apporter du côté touristique pour que les touristes vivent une expérience microbrassicole... » décrit Jonathan.

La partie qui abritait le terminus permettra de mettre la bière en canettes. Une partie du stationnement prendra des airs de beer garden, « un espace d’arrêt et de rassemblement » où les gens pourront prendre un verre avant de repartir. Le duo veut aussi mettre l’accent sur l’histoire brassicole à Sherbrooke; il planche d’ailleurs avec la Société d’histoire de Sherbrooke sur ce projet.

Le tout pourrait prendre la forme d’un parcours.

Repères

Pierre-Olivier est né en 1982 et Jonathan en 1981

Ils ont tous les deux deux enfants

Pierre-Olivier est arrivé à Sherbrooke en 2005 et Jonathan en 2002