Samuel Duval, Jean-Félix Tremblay et Jean-David Lantagne ont pris le risque de transformer leur projet de fin de baccalauréat en entreprise environnementale au début de l’année 2019. Avec le succès et l’impact qu’ils prévoient pour Hoola One, les trois amis sont loin de le regretter.

Trois génies au service de l’environnement

À leur sortie du baccalauréat en génie mécanique, Jean-Félix Tremblay, Samuel Duval et Jean-David Lantagne croyaient trop en leur projet pour ne pas emprunter le chemin escarpé : démarrer une entreprise qui promet de dépolluer les plages. Et pourtant, parmi les trois jeunes actionnaires d’Hoola One, aucun ne s’imaginait un jour devenir entrepreneur.

Tout s’est décidé à la fin de l’année 2018. Alors que la fin de leurs études approchait, ils se sont interrogés sur l’impact qu’ils désiraient avoir sur la société.

Les trois finissants, de même que leurs neuf camarades de projet de fin de baccalauréat — dont l’idéateur, leur ami Alexandre Savard —, avaient entre les mains un prototype d’aspirateur à microparticules de plastiques susceptible de faire une énorme différence pour les plages du monde.

Si cette machine se distingue, c’est parce qu’elle aspire le sable pour en extraire les microparticules de plastique (de 0,05 mm à 6,35 cm) avant de rendre à la berge les pierres et le sable. « Ce sont les plastiques les plus dommageables pour les écosystèmes », précise Jean-David.

« Lorsque j’ai décidé de m’inscrire en génie, je savais que je voulais trouver des solutions concrètes à des problèmes en lien avec mes valeurs », avoue Jean-Félix, qui réalise aujourd’hui que c’est grâce aux encouragements soutenus de son père que le Rimouskois a atterri à Sherbrooke.

Au départ, seul Jean-David était convaincu de poursuivre le projet. « Je le fais quand même », s’était dit l’étudiant originaire de Québec.

« Le moment décisif pour moi a été celui où on est allés rencontrer les experts de chez Createk pour avoir leurs conseils en lancement d’entreprise, partage Jean-Félix. J’avais de grandes inquiétudes et ils m’ont vraiment rassuré. »

« Je me souviens encore que le matin, Jean-Félix n’était pas du tout persuadé. Le soir, il est revenu en me disant "il faut qu’on le fasse!" » raconte Samuel, qui cohabite avec Jean-Félix depuis leur 2e année d’études universitaires.

Les trois amis se sont ainsi donné le congé des fêtes pour méditer et prendre une décision. « Finalement, le 8 janvier, on était déjà revenus à Sherbrooke et on se mettait au travail. On avait trop d’idées, il y avait trop à faire! » se souvient Jean-Félix.

« On ne pouvait pas continuer notre petite vie tranquille alors qu’on avait un projet comme ça », ajoute Samuel, dont l’engagement a déjà été récompensé par une Médaille du Lieutenant-gouverneur lors de ses études secondaires à Nicolet.

Rapidement distingués

Quelques mois plus tard, les entrepreneurs envoyaient leur prototype à Hawaii, où ils ont amassé des données et enseigné l’utilisation de la machine à l’organisme Hawaii Wildlife Fund, à qui ils en ont fait don pour le bien d’une des plages les plus polluées de la planète : Kamilo Beach.

Peu après, ils remportaient le Global Social Innovation Challenge à San Diego (22 000 $ US) et se voyaient décerner une subvention de 50 000 $ par le Défi propulsion-DEC. S’est également imposé un second voyage à Hawaii pour Samuel, lors duquel un record de cueillette d’environ 105 lbs en cinq heures a été atteint par l’aspirateur.

Impact

Aujourd’hui, Hoola One voit grand. La jeune entreprise doit encore valider plusieurs clientèles pour solidifier son plan d’affaires, mais elle constate déjà un impact à son existence.

« Le but est aussi de faire connaître la problématique de la pollution et de continuer à trouver des solutions, remarque Samuel. On dirait qu’on est devenus des sortes d’ambassadeurs de la conscientisation. Le nombre de personnes qui nous ont dit que, à cause de nous, elles avaient arrêté de consommer du plastique à usage unique, c’est incroyable. C’est une victoire chaque fois. »

« Je ne pensais pas faire ça dans ma vie, mais finalement, j’adore et je ne me verrais pas faire autre chose en ce moment, dit Jean-Félix. Nos tâches concernent un peu de tout. Ce n’est pas nécessairement ce qu’on a vu dans nos études, mais on développe des compétences qu’on n’aurait justement pas pu apprendre ailleurs. »

Afin de pousser encore plus loin les technologies exploitées par Hoola One, Jean-David a même amorcé une maîtrise à l’Université de Sherbrooke.

Risques

Les actionnaires ne le nient pas, donner naissance à une telle entreprise requiert une grande implication, tant morale que financière. Les dépenses d’Hoola One sont les leurs, affirment ceux qui commencent à peine à se verser un salaire.

« Le risque qu’on prend, on le prend pour la planète. C’est un stress financier, mais ça me dérange moins, sachant que je le fais pour les bonnes raisons », établit Jean-Félix.

Si la machine d’Hoola One se distingue, c’est parce qu’elle aspire le sable pour en extraire les microparticules de plastique (de 0,05 mm à 6,35 cm) avant de rendre à la berge les pierres et le sable.

« Ça nous fait voir les choses différemment par rapport à ceux qui se lancent en affaires alors qu'ils avaient des emplois stables. Ça prend du courage pour faire le saut. Il faut dire que pour nous, le timing était bon. Mais c’est vraiment un rythme de vie particulier. Le travail ne se termine pas quand tu rentres le soir. »

Repères

Les trois amis se sont rencontrés lors de leur baccalauréat en génie mécanique à l’Université de Sherbrooke 

Ils ont développé la machine pour leur projet de fin de baccalauréat avec neuf autres étudiants

Ils ont démarré l’entreprise Technologie Hoola One en janvier 2019

Ils ont remporté le Global Social Innovation Challenge en juin 2019