Stéphanie Hamelin

Stéphanie Hamelin : continuer, sans s’arrêter

Stéphanie Hamelin est non-voyante, mais sa condition ne l’a jamais empêchée de faire quoi que ce soit. Tranquillement, sans le savoir, elle est devenue un exemple de citoyenne impliquée, qui repousse toutes les barrières mises sur son chemin. Elle espère d’ailleurs inspirer les autres à ne pas se laisser définir par les déficiences dont ils peuvent être atteints.

« J’ai toujours été poussée depuis que je suis toute petite à faire le plus de choses que je pouvais, à dépasser mes limites. J’aime ça prouver au monde que, même si on ne voit pas, on est capables de faire n’importe quoi, ça ne nous arrête pas », affirme Stéphanie Hamelin.

Escrime, natation, course ou randonnée en montagne ne sont que quelques exemples de sports que la jeune femme pratique au quotidien. En plus de ceux-là, ajoutons le ski alpin et le ski nautique. Au travers de ses multiples heures de bénévolat et de ses cours à l’université, Stéphanie trouve aussi le temps de suivre des cours de chant. Et peu importe l’activité que vous lui proposeriez, la réponse sera toujours : on le fait! 

« Le fait d’accomplir plein de choses, c’est motivant. Je veux me prouver que je suis capable de tout faire. Et je veux me prouver que je suis bonne, que je progresse tout le temps. Je suis très perfectionniste avec moi même, il faut toujours que je performe. » 

Fonceuse, mais timide, la jeune femme a su développer cette fougue en grandissant, non sans une bataille contre tous les préjugés que les gens pouvaient avoir à son sujet. Sa condition fait que les choses n’ont pas toujours été faciles. Et c’est justement avec ce bagage d’expériences qu’elle souhaite encourager les gens autour d’elle à faire ce qu’ils ont bien envie de faire.

« Je suis toujours allée dans des écoles régulières, ma mère voulait que je sois comme les autres, pour m’intégrer plus facilement par la suite. Mes parents m’ont toujours poussée à faire ce que j’avais envie de faire. Ils ne m’ont jamais surprotégée. J’ai toujours eu de la facilité du côté académique, mais c’est plus l’adaptation qui a pu être difficile. L’intégration avec les autres étudiants qui, eux, voyaient... Des fois, il y a des malaises. Les gens ont peur de la différence parce qu’ils ne connaissent pas ça. Au primaire, c’était facile. Mais à mon entrée au secondaire, j’ai été vraiment très isolée dans ce temps là. En plus c’était le début de l’adolescence, l’acceptation de soi surtout est déjà difficile. »

Stéphanie a pu se construire un cercle d’amis solides au cours de ces années. Ce qui l’a rendue beaucoup plus forte, parce qu’elle sait qu’avoir du soutien de ceux qui l’entourent fait toute la différence. 

« J’ai le support aussi de mon petit Balou. Il m’accompagne partout et ça fait de la zoothérapie en même temps », ajoute-t-elle, en caressant son chien-guide. 

Aider les gens, une vocation

Étudiante à temps plein — avec de très bonnes notes d’ailleurs — la jeune femme trouvera toujours le temps d’aider les gens autour d’elle. Le bénévolat, c’est quelque chose qui lui tient à cœur, ne serait-ce que de faire de l’écoute active en centres.

« J’adore aider les gens, j’aime ça faire la différence dans la vie des gens. J’ai vécu beaucoup de choses difficiles moi-même, je suis capable de comprendre ce que les gens peuvent vivre. Dans la vie, il y a toujours des hauts et des bas, quand ça va moins bien, il faut toujours garder l’espoir et continuer d’avancer parce qu’il y a des choses meilleures qui nous attendent. »

Il s’agit d’une partie du message qu’elle souhaite passer. Autant dans le cadre de sa future carrière de travailleuse sociale qu’avec les gens autour d’elle, atteints d’une déficience ou pas. Parce que son entourage s’entendra pour dire que sa motivation est un exemple au quotidien. 

Pour la suite des choses, Stéphanie souhaite terminer sa maîtrise en conservant sa moyenne de notes élevée. 

Elle espère pouvoir travailler en région, en tant que travailleuse sociale. Et même si elle pratique l’escrime depuis moins d’un an, son entraîneur prévoit déjà l’envoyer participer à des compétitions internationales. Étant donné qu’elle ne recule devant rien, elle sera prête sans doute à relever ce nouveau défi!

Repères

Étudiante à la maîtrise en travail social;

Stagiaire dans un centre de réadaptation, où elle travaille avec les personnes qui ont une déficience visuelle ou auditive;

Récipiendaire de la Médaille du lieutenant-gouverneur pour la jeunesse (collégial);

Résidente de Sherbrooke;

Elle est âgée de 26 ans.