Soldat et chef d’orchestre

Alexandre Grégoire est un homme qui jongle avec de nombreuses fonctions. D’abord, il est commandant du régiment Les Fusiliers de Sherbrooke, qui compte environ 350 membres. Il est aussi père de deux enfants de 11 et 8 ans et il enseigne à temps plein dans une classe de quatrième année. Et finalement, c’est un bénévole qui a à cœur de redonner à la communauté sherbrookoise de diverses façons sans oublier qu’il souhaite que l’histoire militaire sherbrookoise soit mieux connue.

Le lieutenant-colonel Alexandre Grégoire a fait son entrée dans la réserve des Forces armées canadiennes en 1998 quand il étudiait au Cégep de Saint-Hyacinthe. Il a été transféré chez les Fusiliers  alors qu’il venait s’installer à Sherbrooke pour y effectuer ses études en enseignement à l’Université de Sherbrooke.

« J’étais caporal, et j’ai alors décidé de faire le transfert vers les officiers. Cette décision m’a transformé. Je suis devenu un autre homme », indique M. Grégoire.

Il a donc occupé un poste de réserviste pendant ses études universitaires tout en poursuivant les formations pour gravir les échelons dans l’armée. À la fin de ses études, il a obtenu un contrat à temps complet comme capitaine-adjudant chez les Fusiliers pendant cinq ans alors que l’armée canadienne était plongée en pleine guerre en Afghanistan.

Une fois ce contrat terminé, deux choix s’offraient à lui : retourner à son travail d’enseignant en continuant d’être réserviste ou encore être transféré dans l’armée régulière. 

« Après ce contrat, c’était clair pour moi que je voulais aussi développer ma carrière civile et retourner à l’enseignement. C’était très important pour moi », indique M. Grégoire.

Mais il demeure réserviste. Les années passent pendant qu’il conjugue ses deux boulots avec sa vie familiale.

Puis vint la promotion. Le 23 septembre 2017, le lieutenant-colonel devient commandant des Fusiliers de Sherbrooke.

Lui qui habite à Drummondville continue donc les voyages à Sherbrooke pour toutes les activités et les entraînements des Fusiliers, sans oublier les formations qui, avec le temps, deviennent de plus en plus exigeantes.

En même temps, il voyage tous les jours du côté de Saint-Hyacinthe où il enseigne au primaire dans une classe de quatrième année. « C’est un travail que j’adore! »

Mais en même temps, son rôle de commandant le tient très occupé. « Être à la tête des Fusiliers, c’est un travail complexe. Il y a beaucoup de choses à faire », indique-t-il.

Il faut dire que le régiment fait partie des trois meilleures unités de réserve au Canada en infanterie. De plus, grâce à un nouveau mandat, le régiment devra être capable à partir de 2021 de fournir un peloton complet si l’armée effectue un déploiement. « Ça signifie qu’une centaine de personnes doivent être formées et actives en tout temps », indique le lieutenant-colonel.

La gestion d’un tel régiment est exigeante, mais M. Grégoire insiste pour dire qu’il ne le fait pas seul : « Je suis le chef d’orchestre, mais je ne joue pas tous les instruments ».

Malgré cet horaire chargé par deux emplois, Alexandre Grégoire trouve le temps de s’engager dans la société pour faire une différence.

Par exemple, en avril dernier, il fracassait un deuxième record consécutif de dons récoltés pour la campagne du pain partagé de Caritas avec une vingtaine de ses réservistes bénévoles pour l’occasion. Il a accepté la présidence d’honneur d’un souper-bénéfice au profit de Moisson Estrie puis a soutenu une collecte de denrées pour la Fondation Rock-Guertin. Il agit également comme répondant de deux corps de cadets à titre de bénévole.

Il est aussi soucieux de partager le riche héritage militaire de la région sherbrookoise avec la jeune génération. « Nous avons préparé une offre pédagogique pour les élèves de cinquième secondaire dans le cadre de leur cours d’univers social. Cent vingt élèves ont pu venir visiter le Musée des Fusiliers », explique-t-il en précisant que l’activité a eu lieu peu avant le jour du Souvenir, plus tôt cet automne.

« C’est un projet-pilote qui a été un beau succès », souligne-t-il.

Parallèlement à tous ces projets, le lieutenant-colonel est aussi père de deux enfants, Louis, 11 ans, et Léa-Rose, 8 ans. « J’essaie de faire un bon dosage de mon temps et je mise beaucoup sur tous les moments du quotidien que nous pouvons passer ensemble. Mes enfants vont à l’école à Saint-Hyacinthe, donc ils voyagent avec moi le matin et le soir. Et l’heure des repas, c’est un moment privilégié pour la famille », indique-t-il.

Or le père de famille passe au moins une journée par fin de semaine avec les Fusiliers, parfois les week-ends complets. Il reconnait que c’est un sacrifice que font sa conjointe et ses enfants.

« Le samedi 26 septembre 2020, ce sera la passation de mon commandement des Fusiliers et probablement ma retraite des Forces armées canadiennes. J’aurai donné beaucoup, ma famille aussi, ce sera le temps de retrouver un rythme de vie un peu plus normal », indique-t-il.

REPÈRES

  • Né le 10 novembre 1979 à Arthabaska
  • Conjoint de Christine Bibeau et père de Louis, 11 ans, et Léa-Rose, 8 ans
  • Commandant des Fusiliers de Sherbrooke depuis le 23 septembre 2017
  • Membre des Forces armées canadiennes depuis 1998
  • Enseignant au primaire