Silence, on explore l'humain!

Du haut de ses 16 ans, Louis-Charles a déjà six courts-métrages sous la casquette. Et si on se fie à sa passion pour le monde cinématographique, il y a fort à parier qu’il en ajoutera plusieurs à filmographie. D’une grande sensibilité, le jeune réalisateur place brillamment l’être humain au cœur de ses histoires, souvent dramatiques et toujours touchantes.

Ne devient pas réalisateur qui veut. Forcément il doit y avoir quelques caractéristiques fondamentales afin de raconter des histoires à l’aide d’images et de scénarios capables de toucher le plus profond de nos âmes.

C’est en partie grâce à une sensibilité humaine innée et une passion évidente pour le cinéma que Louis-Charles Blais réussit à le faire merveilleusement bien. À travers ses courts-métrages, il fait voyager les spectateurs dans l’univers qu’il aime créer en s’inspirant la plupart du temps de ce que l’humain peut vivre au cours de son existence.

Cette passion débute à 8 ans alors qu’il réside à Waterville.

« On s’amusait à faire des films en stop motion à l’aide de Lego avec notre petit iPod touch et je me souviens que c’était vraiment long. C’est ce qui m’a donné le goût de projeter une histoire par le biais d’une image. Plus tard, c’est ce qui m’a motivé à m’inscrire à un premier Kino Kabaret », explique-t-il.

C’est donc à l’âge de 12 ans qu’il se lance en tant qu’acteur dans son premier Kino.

« J’ai eu un petit rôle dans le film, on doit me voir environ cinq secondes. J’avais passé toute la journée de tournage avec eux et j’ai beaucoup appris. C’est ce qui m’a donné envie de m’inscrire en tant que réalisateur les années suivantes », lance-t-il.

LA RÉALISATION

C’est à partir de 2015 que Louis-Charles réalise son premier court-métrage (Renouveau), lors d’un Kino.

« Depuis mon premier court-métrage, je sais que j’ai beaucoup évolué. J’ai quand même gardé une formule assez condensée comme dans les Kino, mais en étant plus libre. C’est ce qui m’a amené à réaliser Comme lui en 2016. Puis en 2017, j’ai travaillé encore plus fort sur la production pour Dépendance, en allant chercher un acteur avec une agence », ajoute-t-il.

Si les œuvres de Louis-Charles versent davantage dans un style dramatique, bien loin de ses premiers remakes de La Guerre des étoiles en Lego, c’est qu’il trouve motivant de changer les perceptions des personnes et de les toucher dans certaines réalités du quotidien.

« Dans le monde, il y a beaucoup de problèmes. On n’a pas toujours la possibilité de sensibiliser les gens autour de nous, alors pourquoi ne pas profiter du cinéma pour le faire? Je crois qu’on peut sensibiliser les gens à différentes causes grâce à l’art. Il y a des leçons de vie à retenir dans les œuvres cinématographiques dramatiques. J’aimerais que les gens qui regardent mon film réalisent qu’il y a aussi cet objectif derrière sa création », avance-t-il.

Son plus récent court-métrage, Le Dernier Jour, a comme sujet principal le cancer, et ce n’est pas du tout un hasard. Louis-Charles voulait parler de cette maladie et entrer en contact avec son public en transmettant un message empathique, dans lequel il est possible de reconnaître sa propre réalité, une espèce de réflexion d’image de notre propre existence.

C’est aussi ce qu’il a fait avec Comme lui, qui traite d’un personnage malvoyant, et de Dépendance, qui porte sur la toxicomanie.

Un beau moment dont Louis-Charles se souviendra longtemps est lorsqu’il a remporté son premier prix, celui du Meilleur Film au festival Silence on tourne pour son film Dépendance.

« Recevoir ce prix, c’est ce qui m’a fait réaliser que je ne faisais pas ça pour rien. Non pas que cela me valorisait, mais ça m’a donné une petite dose d’encouragements. Savoir que des gens apprécient ce que je fais me donne envie de continuer », commente-t-il.

ET LE PROCHAIN

Il ne se le cache pas du tout, la prochaine étape est de viser encore plus haut. Pour ce faire, Louis-Charles souhaite obtenir un budget afin de réaliser son prochain court-métrage.

Fidèle à son habitude, le jeune réalisateur optera pour un sujet sensible, l’amnésie épileptique transitoire. Mais comment en est-il arrivé à un tel sujet?

« J’avais une idée de scénario, mais je ne savais pas si une telle maladie existait. J’ai donc fait mes recherches et je suis tombé sur une maladie qui n’était pas très connue. Ça devenait donc le moyen idéal de pouvoir en parler » raconte-t-il. 

REPÈRES

- Il termine son secondaire à l’École Internationale du Phare.

- Il souhaite se diriger l’an prochain au Collège Ahuntsic en profil cinéma.

- Il aimerait continuer à l’Université Concordia.

- Il a occupé un emploi estival dans le domaine de la production vidéo publicitaire.

- Il a remporté le prix Meilleur Intégration de musique FCEQ pour Comme lui, et le prix du Meilleur film au festival Silence on tourne pour Dépendance.