Richard Bourassa

Richard Bourassa : le vétérinaire à l’écoute des éleveurs

« Un magnifique cadeau de la vie ». C’est en ces termes que Richard Bourassa parle de son métier après 37 ans de pratique.

Tous les matins de la semaine, le médecin vétérinaire franchit les portes de l’Hôpital vétérinaire de Sherbrooke dès 6 h. Vers 8 h, il enfile sa combinaison de travail et ses bottes pour aller prendre soin des élevages de grands animaux de l’Estrie. Il revient à la clinique seulement vers 18 h. Et après ces longues journées de travail, il lui arrive encore de troquer son pyjama pour sa « chienne » afin de répondre à l’appel d’urgence d’un éleveur.

Lorsque Dr Bourassa parle de son emploi du temps, ses yeux brillent. Et c’est même avec beaucoup d’émotion dans la voix qu’il revient sur son parcours de vétérinaire.

Élevé sur une ferme laitière, M. Bourassa sait dès sa huitième année qu’il veut devenir vétérinaire.

En 1982, il est embauché par l’Hôpital vétérinaire de Sherbrooke. Il devient copropriétaire en 1987.

Dès le début de sa carrière, il manifeste de l’intérêt pour les soins aux grands animaux. « C’était un intérêt naturel pour moi. Au début je faisais également des petits animaux, mais autour des années 2000 nous avons séparé ces deux volets de la clinique en ajoutant des vétérinaires qui ne faisaient que des grands animaux. C’était une évolution normale et désirable », explique Dr Bourassa.

Aujourd’hui au Québec, on compte environ 450 vétérinaires de grands animaux. Le ratio de praticiens pour les petits animaux versus les grands est de 3 pour 1.

« Je trouve mon plaisir dans mon métier puisque je suis capable d’aider des gens, grâce à des connaissances particulières que j’ai acquises au fil des ans. Il n’y a pas 100 000 vétérinaires au Québec, encore moins de médecins vétérinaires pour les grands animaux. On est quelques-uns à avoir ce privilège : avoir les connaissances pour aider les autres, les animaux comme les éleveurs pour qui j’ai une admiration sans borne. »

Évolution de l’expertise vétérinaire ovine

Pendant ses études, Dr Bourassa occupe un emploi au gouvernement. Il réalise alors des enquêtes épidémiologiques chez des producteurs ovins.

« Le constat était le même chaque fois : on voyait qu’il y avait un fossé entre les éleveurs et les médecins vétérinaires. J’ai saisi qu’il y avait un lien à rebâtir. »

Ce constat a naturellement guidé sa carrière. Dès son arrivée à l’Hôpital vétérinaire, il s’intéresse à la pratique ovine. La première année, il réalise une dizaine de consultations avec des producteurs ovins.

« Aujourd’hui il y a des journées où je ne fais que ça! »

Au fil des ans, il s’implique activement auprès du Centre d’expertise en production ovine du Québec.

Grâce à son travail, ainsi que celui de ses pairs, les connaissances sur l’élevage ovin au Québec ont grandement évolué.

« Soixante-quinze pour cent de ma pratique est bovine. Le quart restant est ovine. J’adore mon travail avec les producteurs bovins, mais le secteur ovin a marqué ma vie à cause de toutes les opportunités qu’il m’a amenées. »

En 2016, l’apport du Dr Bourassa à l’expertise québécoise a d’ailleurs été souligné lors du Symposium ovin du Québec. En 2017, c’était au tour de la Dairy Sheep Association of North America de le récompenser.

En 2018, c’est pour son travail à titre de président du Comité de l’assurance responsabilité professionnelle de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec que le copropriétaire de la clinique de la rue King Est a été honoré.

« À toutes les fois que j’ai remporté un honneur, j’ai été très surpris. C’est toujours un plaisir, mais honnêtement je reçois ces reconnaissances avec beaucoup d’humilité. Tout ce que j’ai réussi à faire dans ma carrière, toutes les opportunités que j’ai eues, c’est simplement parce que j’ai répondu présent quand on avait besoin de quelqu’un. J’étais et je suis encore, bien humblement, à l’écoute du monde. Selon moi, c’est une part très importante du métier de vétérinaire. »

Lorsqu’on lui parle de retraite, Dr Bourassa hésite. « Je travaille avec une magnifique équipe. L’ambiance dans la clinique est très agréable et c’est très stimulant d’être entouré d’une équipe jeune et dynamique. C’est un environnement idéal qui me permet au quotidien de bien vivre. Je sais que je vais devoir prendre ma retraite un jour, c’est la loi des chiffres, mais je ne suis pas prêt. À vrai dire, j’ai un peu le trac de quitter mon emploi. »

Gageons que plusieurs éleveurs de la région seront heureux d’entendre ça et se croisent les doigts pour qu’elle soit loin, très loin cette retraite.

REPÈRES

Natif de Valcourt;

Gradué en 1982 de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal à Saint-Hyacinthe;

Amoureux de la marche en forêt.