Jean-Charles Doyon

Rendre le monde heureux

Lorsque l'on rencontre Jean-Charles Doyon pour la première fois, on a l'impression de le connaître depuis des années. Il nous accueille aussi chaleureusement que s'il recevait un ami. Et quand on le recroise, il se souvient inévitablement (ou presque) de notre prénom, malgré les dizaines de personnes qu'il côtoie au quotidien dans ses diverses occupations. Car Jean-Charles Doyon a ce don : il sait créer des liens solides avec les gens, parce qu'il aime profondément les gens.
Directeur de la logistique et du financement privé au Festival des traditions du monde de Sherbrooke, directeur général de la Classique Pif et organisateur de la collecte des Paniers de l'espoir dans son quartier, Jean-Charles Doyon s'est toujours impliqué dans divers projets à la fois.
« Tu ne commences pas à faire du bénévolat à 40 ans, fait-il remarquer. Quand j'étais jeune, au primaire, j'étais président de ma classe. Ensuite, au séminaire, j'étais président du comité social, et c'est moi qui organisais les partys au collégial... Quand j'ai commencé à être pompier, à 18 ans, je me suis aussi impliqué beaucoup : j'ai été président du comité social. »
Mais d'où vient-elle, cette soif d'être partout en même temps, de contribuer à tous les projets et d'être connu de tous?
« J'ai perdu ma mère, j'avais 13 ans, confie M. Doyon. Elle est morte subitement, à l'âge de 37 ans. Quand tu perds ta mère aussi jeune, tu peux basculer. Mais moi, j'ai eu la chance d'avoir un bon mentor, Jacques Gaudet. Je travaillais à son épicerie. C'est lui qui m'a expliqué comment travailler avec le monde. J'allais porter les épiceries dans les autos des clients et je connaissais déjà tout le monde. Je pense que c'est là que ç'a commencé. »
« Depuis ce temps-là, j'aime ça rendre service. J'aime ça organiser. J'aime ça rendre le monde heureux. »
Dix nouveaux noms par semaine
Pompier à Sherbrooke depuis qu'il est majeur, Jean-Charles Doyon y ouvre en 1987, à l'âge de 27 ans, un restaurant La Cage aux Sports avec deux de ses amis. Il a alors trois jeunes garçons, dont sa femme, Linda Allard, s'occupe à la maison.
« Dans le temps de La Cage, je me donnais le défi d'apprendre au moins dix nouveaux noms de personnes par semaine, raconte-t-il. Mon truc, c'est que quand quelqu'un payait avec sa carte de crédit, je suivais la serveuse, je regardais le nom sur la facture, et j'allais attendre à la porte. Quand le client arrivait, je lui disais au revoir par son nom. Je me suis toujours dit que les gens aimaient être reconnus. »
En 1994, M. Doyon en a assez : il est fatigué. Il décide de vendre son restaurant et de prendre une pause du bénévolat.
« Il avait décidé qu'il arrêterait tout pendant un an pour se reposer. Ça n'a pas duré un mois qu'il s'ennuyait et qu'il voulait déjà repartir!, se souvient son épouse en riant. Je lui disais : je le savais que ça ne serait pas long! Je pense qu'il va toujours être occupé comme ça. Il en a besoin, ça fait partie de lui. »
Trois ans plus tard, le Sherbrookois se lance en politique et devient conseiller municipal de Fleurimont. Il travaille notamment à la mise sur pied du Festival des traditions du monde, qui célébrera cette année son 20e anniversaire.
Lors des fusions municipales, M. Doyon se retrouve dans l'obligation de quitter son poste puisqu'il est toujours pompier à Sherbrooke, mais se voit offrir la chance de devenir à la fois directeur général du Festival et de la Classique Pif, un grand tournoi de balle lente auquel il participait comme commanditaire lorsqu'il possédait La Cage aux Sports. Une occasion rêvée qu'il accepte avec enthousiasme.
Une reconnaissance à partager
Aujourd'hui pompier retraité, Jean-Charles Doyon poursuit son implication dans ces deux événements d'envergure, ainsi que dans les Paniers de l'espoir de la Fondation Rock Guertin.
Chaque année depuis 20 ans, M. Doyon réunit lors de la première fin de semaine de décembre une armée de bénévoles qui sillonnent les rues de son quartier reliant Fleurimont à Lennoxville en quête de denrées non périssables et de dons en argent pour les familles démunies. En deux décennies, ce sont plus de 310 000 $ en denrées et en argent qui ont ainsi été collectés.
Mais M. Doyon insiste : tous ces projets, il ne les a pas accomplis seul. « Pendant toutes ces années-là, il y avait Linda derrière moi, dans l'ombre de Jean-Charles, souligne-t-il. Si j'ai pu faire tout ça, c'est parce que je savais qu'elle était là derrière moi, à me soutenir dans tout ce que je fais. C'est un beau travail d'équipe. »
« Ce Mérite-là, je veux vraiment le partager avec elle, et avec le monde, répète-t-il à plusieurs reprises au cours de l'entrevue. Parce que si ces gens-là ne m'avaient pas suivi tout au long de ma carrière, je n'aurais pas réussi, jamais. Ça prend quelqu'un pour chauffer le train, mais s'il n'y a personne pour embarquer dans les wagons en arrière, on ne va pas loin! Ça, c'est important pour moi. »
Repères
- Amoureux de Linda Allard depuis 35 ans;
- Père de trois grands garçons de 28, 30 et 32 ans, et deux fois grand-père;
- Directeur de la logistique et du financement privé au Festival des traditions du monde de Sherbrooke;
- Directeur général de la Classique Pif.