Réjean Fontaine : Un travail qui irradie

« Mon conseil aux jeunes : avoir des rêves et y croire. Le chemin n’est pas droit. »

Voici en résumé le message d’encouragement qu’adresse le professeur Réjean Fontaine, chercheur à l’Université de Sherbrooke, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en tomographie d’émission par positrons basée sur le temps de vol de photons. De la radiographie médicale, quoi.

Le professeur Fontaine parle par expérience. Il donne en exemple son parcours académique et professionnel comme arguments. « Dès le secondaire, je voulais faire médecine nucléaire », raconte ce fils de Waterloo, qui a passé une partie de son adolescence sur les bancs du Séminaire Verbe-Divin de Granby. Dans sa classe, peut-être même dans toute l’école, le jeune Réjean était sans doute le seul à nourrir ce type d’ambition professionnelle, nous dit-il. 

Sa cote académique ne lui permettant pas de rejoindre une formation universitaire en médecine, c’est vers l’électronique que le jeune homme s’est engagé. Depuis la fin des années 1990, diplôme en main, Réjean Fontaine multiplie tour à tour les expériences en entreprises et à l’université, développant de la microélectronique pour des implants cochléaires jusqu’aux scanners d’imagerie médicale.

Se considérant comme un généraliste, le spécialiste s’applique à rendre les examens d’imagerie par résonnance magnétique (IRM) les plus précis possible. « L’IRM, explique-t-il, permet de détecter la structure du patient. Ses os. Nous travaillons pour détecter le cancer aux rayons X, pour voir la masse et vérifier le niveau d’activité métabolique. »

Voilà qu’il s’est drôlement rapproché de son rêve d’adolescent.

Les travaux du chercheur et de son équipe ont permis, au cours des dernières années, de créer un scanner préclinique pour petits animaux qui a fait passer la résolution de l’image d’abord à une précision de 1,3 millimètre puis de 0,65 millimètre. « Il s’agit d’une très grande intégration », dit-il, qui permet de grandes applications en médecine. Un des objectifs est de créer un scanner pour le cerveau dans le but de détecter, entre autres, l’alzheimer chez les patients.

Avec l’équipe de la Chaire de recherche de l’Université de Sherbrooke, M. Fontaine s’applique aussi à diminuer la dose de radiation requise pour un examen à rayon X. Ce qui permettrait d’ouvrir la porte à ce type d’examen chez les enfants.

Le 28 octobre dernier, les travaux de Réjean Fontaine l’ont conduit à Manchester, en Angleterre, pour la conférence annuelle sur les sciences nucléaires et de l’imagerie médicale, où ses paires lui ont attribué le prix Emilio Gatti Radiation Instrumentation Technical Achievement Award, remis à un chercheur pour reconnaître ses contributions techniques importantes et novatrices en milieu de carrière dans les domaines des détecteurs de radiation, en instrumentation et/ou pour de l’électronique appliquée en sciences nucléaires et/ou en techniques de mesure pour la radiation ionisante.

Reconnaissant, le lauréat précise qu’il s’agit du prix le plus important que le plus grand regroupement de chercheurs au monde pouvait lui remettre à cette étape de sa carrière. « Je suis honoré de l’avoir obtenu. Ça dépasse le fait d’être connu. Je suis reconnu. » Il tient cependant à partager cet honneur avec toute l’équipe qui l’entoure. « C’est donc un prix qui n’est pas seulement pour moi, mais pour l’ensemble des chercheurs de Sherbrooke en imagerie par radiation. »

Comme tout passionné de son travail, Réjean Fontaine assure faire « le plus beau métier du monde ». Un métier qu’il partage aussi, depuis quelques années, avec une équipe de chercheurs australiens pour le développement d’un implant oculaire, un projet d’un autre niveau de complexité.

Revenant sur son rêve de jeunesse, Réjean Fontaine se dit très content. « Je crois à la destinée. On la prend quand elle s’adresse à vous. »

Repères

  • Natif de Waterloo
  • Études secondaires à Granby
  • Études universitaires à Sherbrooke en génie électrique
  • Marié à Chantal Viscogliosi
  • Père de quatre enfants : Anne-Catherine, Hans-Olivier, Émilie, Eliot
  • Joueur de soccer et de badminton
  • Il a été entraîneur au soccer pendant une quinzaine d’années 
  • Travailleur manuel, il habite dans la maison construite de ses mains, sa deuxième.